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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 19:30

2018 - 09 - 27 - 582 - BAUDUEN - LE LAC DE SAINTE-CROIX - G1

 

 

 

 

 

Il fait frisquet sur le petit parking en bord de route à 0840h - +6° - on n’a plus l’habitude !

Jean invite donc les 21 randonneurs présents à se regrouper au soleil un peu plus loin afin de nous présenter la randonnée du jour.  19 kms et 500m de dénivelé nous sont annoncés.

Il nous explique que nous allons faire le parcours en sens inverse de ce qui était prévu dû à un arrêté de la mairie des Salles-sur-Verdon remarqué sur internet par Jack et Claude la veille selon lequel «  la piste de Garuby est fermée aux véhicules motorisés à compter du 25 mai 2018 et ce jusqu’à nouvel ordre, étant considérée comme dangereuse en raison de l’érosion naturelle et mécanique du site ».  Toutefois, l’endroit précis de l’éboulement n’est pas indiqué et rien n’est mentionné au sujet des piétons.  Ceci dit, Jean n’a pas voulu prendre de risques et a préféré modifier l’itinéraire afin d’éviter de se retrouver face à un chemin fermé.

Il ajoute qu’il s’agit d’une randonnée sans difficultés particulières si ce n’est que quelques passages délicats dans la barre rocheuse.

En fait, nous devions faire la sportive 725 au Caïre Gros (13 kms et 1000m de dénivelé) mais Joël a souhaité modifier le programme officiel pour ménager les mollets de ceux qui avaient déjà répondu présent aux randonnées sportives de septembre et pour encourager la participation des autres G1 sur un parcours moins exigeant en ce début de saison.  C’est donc une moyenne *** qui nous attend.

Il est 9h, nous partons d’un bon pas sur une piste plate d’environ 3kms bordée de chênes. 

 

     

Et c’est très tôt que les semelles de Marc lâchent !

 

Premier petit arrêt où Jean nous indique le changement de direction à cause de l’éboulement.  On rejoint le GR99 et on part à l’ouest au lieu de l’est.  On voit qu’il s’agit d’un point stratégique car un repère de chasseurs se dresse à l’intersection.  Nous allons donc nous diriger sur Bauduen une fois la pause-banane terminée !

Jean en profite pour nous expliquer l’origine du barrage sur le Verdon,

 

document préparé par Bruno G et que je recopie ci-dessous :

« Avec l’aménagement d’un barrage sur le Verdon en 1972, EDF a créé une retenue d’eau d’une superficie de 2500 ha.   Ce plan d’eau artificiel s’étend sur environ 10 kms, sa largeur est de 3 kms et sa profondeur de 40 mètres.  C’est le plus vaste des lacs à la sortie des gorges. Il est alimenté par les eaux du Verdon au  niveau du pont d’Aiguines et par la source de Fontaine-l’Evêque désormais enfouie sous les eaux.  Cette source, une des plus belles résurgences de France, était située près du village de Bauduen.  Ce nouveau lac, qui a noyé l’ample cuvette de Sainte-Croix et submergé Les Salles-sur-Verdon, est encadré de villages perchés. 

Ce barrage ferme le défilé ouvert dans la barre de Baudinard où débouchent les gorges du Verdon, encadrées de falaises de 200 à 300 m de haut.

Mise en eau la première fois en 1973 et la seconde en 1974.  Le 5 mars de cette dernière à 1645h, une dernière charge de dynamite jette à bas le vieux clocher.  C’est fini : Les Salles-sur-Verdon sont mortes.  Le village est reconstruit et inauguré le 15 août 1974.  Le transfert des tombes a été effectué et seule la cloche qui continue de réciter les heures a été remontée.  Le Père Richard, le dernier occupant de l’ancien village, a été déménagé de force.

Désormais, à la place de l’ancienne vallée truffière, un lac de 2500 ha va s’étendre, aussi vaste que celui d’Annecy.  Une année durant, l’eau ne cesse de monter, jusqu’à la côte 496. Bouleversant la vie de paisibles communes paysannes, subitement muées en stations balnéaires.  Le paysage est d’une splendeur saisissante mais pour quiconque l’a connu « avant «  il demeure à jamais invraisemblable.

Ce bouleversement radical est aussi un drame humain, dont le traumatisme, quarante-six ans plus tard, est encore sensible. La menace pesait depuis des lustres, certes.  Mais qui imaginait ces 700 millions de m3 d’eau depuis lors adossés à ce mur de béton ? Qui supposait ce barrage-voûte haut de 95m, long de 135m, serti par EDF à l’entrée des gorges ? Qui pressentait ces 350 millions de KWh annuellement produits, ces torrents d’eau domestique déversés sur Marseille et le Var par le Canal de Provence ?

Expropriation, déchirement, exode : la mise en valeur hydroélectrique du Verdon est à ce redoutable prix.  Avec un dédommagement : sur le trajet obligé du célèbre canyon, des milliers de touristes, chaque été, hantent désormais ces rives artificielles, où catamarans et engins de plage remplacent les charrues de jadis.

Voyant que nous sommes tous très attentifs, Jean enchaîne sur le village de Bauduen, ce qui nous évitera un nouvel arrêt – on n’est pas là pour rigoler - ndlr!  Nous l’écoutons religieusement et seul le passage d’un hélicoptère au-dessus de nos têtes vient nous distraire !  Mais comme vous venez tous de lire la documentation sur le barrage, je réserve la présentation du village pour quand nous y serons !

Nous repartons d’un bon pas sur un chemin rocailleux

et sommes bientôt ravis d’apercevoir le lac sur notre gauche. 

 

 

Nous descendons ce même chemin bordé de rochers immenses sur notre droite

et après une petite montée

nous dominons les toits du village de Bauduen avec le lac en arrière-plan. Admirez ces reflets entre jade et émeraude ! Une vraie carte postale s'étale sous nos yeux!

 

Nous prenons une photo de groupe à proximité. 

 

 

Jean suggère alors à Marc de se rendre dans un petit magasin pour essayer de faire réparer temporairement ses souliers.  Il en ressort avec des semelles scotchées et heureux de pouvoir marcher dans de meilleures conditions ! Sachez qu’il remercia le magicien chaleureusement, lui acheta le rouleau de scotch et se vit même offrir un petit sachet de lavande en prime !

 

Et maintenant, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur ce petit village pittoresque, de nouveau d’après le texte de Bruno  et enrichi de nos photos :

Dernière étape avant les gorges du Verdon de la voie romaine reliant Fréjus à Riez, Bauduen dominait autrefois la rivière à plus de 1000m de hauteur.  Ancien village fortifié qui a été, un temps, annexé par les Sarrasins.  Le château fort et une partie du village qui occupait le haut de la falaise a été rasé et il n'en reste que des vestiges. Il fut déperché et reconstruit au XIIè siècle à l’emplacement actuel. 

Avec la création du lac, le village a échappé de peu à l’immersion.  Il est sans doute le village à qui le lac a donné le plus bel écrin.  Assis au bord de l’eau, plein sud, il s’étale au soleil, au pied de la colline qui le protège des vents du nord.  Son petit clocher provençal fait la pointe du triangle. 

 

D'étroites rues pittoresques montent vers l’église, remaniée aux XVIè et XVIIè siècle. 

 

Nous nous arrêtons aussi devant un panneau intitulé « Faire l’Escurancho » que je vous laisse lire

 

 

 

 

  

Un premier passage rocheux pour nous rendre sur les ruines de l’ancien château,

 

 

nous amène dans une autre partie du village.   Nous descendons une ruelle et un escalier de pierres près de l’église St Pierre 

 et continuons d’admirer les maisons  

 

 

avant d’atteindre les berges du lac le long desquelles nous cheminons gaiement sur un chemin plat

avant d’entamer une grimpette 

 et l’ascension de la fameuse barre rocheuse.

 

 

 

Tout au long de ce passage périlleux, nos efforts sont récompensés par de magnifiques vues sur le lac. 

 

Mais le scotch a rendu l’âme et le pauvre Marc marche de nouveau sans semelles ! Ceci dit elles lui ont parfois servi d'appui sur les roches donc il les a gardées précieusement aux mains!

Semelles-gants!

Nos regards croisent des sportifs en aviron et en canoé

 

et même quelques baigneuses plus tard.

Vers la fin de notre périple, Bernard propose d’essayer de réparer une fois encore les chaussures de Marc

et nous voilà repartis !

Peu de temps après, vers 1245h, nous apercevons une belle plage où Jean nous propose de pique-niquer.  Mais quelle surprise !  Il repère parmi les galets une paire de baskets abandonnées et les tend à Marc 

qui les accepte avec joie et qui l’eut cru ? Elles lui vont !  Un peu grandes certes mais quel bonheur d’avoir de nouveau des semelles ! Et quel look ! On ne va pas le perdre !

Nous reprenons des forces

Trouvez l'intrus...!

en admirant la barre du Grand Margès et le plateau de Valensole (Alpes de Haute Provence) réputé pour sa lavande.

 

 

 

Nous distinguons au loin les maisons de Moustiers-Sainte-Marie et celles de La Croix-sur-Verdon à l’opposé.

 

1340h : départ, même si nous resterions volontiers dans ce cadre idyllique! Direction les Salles-sur-Verdon.  Il fait chaud ! Une photo  de groupe quand même avant la prochaine étape.

Piste facile où les discussions vont bon train. 

Jean attire notre attention sur l’éboulement qui lui a donné quelques soucis la veille au soir.

Il est 1420h. Nous quittons les bords du lac pour nous enfoncer sur un chemin de terre battue en sous-bois. Une montée qui semble ne jamais vouloir se terminer nous attend.

Enfin du plat en sous-bois puis de nouveau une montée raide sur un chemin rocailleux.  Les arbres filtrent peu le soleil et nous avons chaud et soif !  On continue de monter, les bavardages ont cessé.

Nous voici à 697m d’altitude avec l’agréable perspective de relonger le chemin par lequel nous étions venus ce matin.  Mais Jean a une idée !  Il rêve depuis si longtemps d’aller au sommet du Grand Défens dont nous sommes si prêts puisqu’il culmine à 712m – qu’il nous invite à l’y accompagner après nous avoir couverts de compliments sur nos capacités physiques ! Nous ne pouvons qu’accepter et nous voilà repartis pour 2 kms supplémentaires aller-retour, d’où la différence entre la distance annoncée et celle parcourue ! Mais comment aurions-nous pu résister à la suggestion de Jean qui évoque une vue plongeante sur le lac ?  Eh bien, la voici la vue !

"Si les arbres avaient été coupés, nous le verrions le lac!"

Nous le taquinons et rebroussons chemin sans rancune.  Nous sommes contents de regagner les voitures et de nous arrêter à Villecroze au café « Cercle de l’Avenir » - joli petit clin d'oeil - au centre d’une agréable place bordée de platanes pour le pot de l’amitié. 

 

 

Merci à Jean pour cette superbe randonnée. 

Les photos sont de Claude, Gilbert, Jean et Dominique.

 

La semaine prochaine, jeudi 4 octobre:

G1 - Animateur: Jack -  880 - 1 Barjols - Le Petit Bessillon - Moyen *** - 15 kms, 700m Dénivelé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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