Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 16:58

2019-01-24 - 899 - ST-JEAN - COL DES MONGES - G1


Nous sommes 19 à nous rassembler sur le parking boueux du chemin de Maure-Vieil à Mandelieu-la-Napoule.  Il a beaucoup plu dans la nuit et nos souliers vont en souffrir !   

Nous ne nous laissons pas abattre et écoutons avec attention Jack nous présenter notre rando à caractère géologique. La blogueuse l'enregistre!

 

 

Puis Claude nous donne des explications supplémentaires pour que nous comprenions mieux les paysages que nous allons découvrir.  Elle partagera ses connaissances à plusieurs reprises dans la journée et ses propos, adaptés à un public non spécialiste et fort reconnaissant, seront en italique et en gras dans ce blog. C’est ainsi qu’elle nous explique que le volcanisme dans ce qui deviendra l’Estérel s’est installé voici environ 280 millions d’années. Il a pris naissance au moment de distensions tectoniques du socle hercynien, causant un réseau de fissures Nord-Sud à l’origine  du bassin d’effondrement du Reyran  et  Est-Ouest. Ce volcanisme va perdurer pendant  40 millions d’années, avec des phases d’arrêt. Nous pourrons observer différents paysages correspondant aux trois dynamiques du volcan : fissurale avec montées de lave par des fissures du socle, explosive quand le volcan développe un cratère par lequel vont s’échapper des laves, des cendres, des nuées ardentes…. et pyromidale quand le réservoir volcanique se vide et que le  dôme sommital formé par des coulées de laves visqueuses s’effondre au cœur de la caldeira (le chaudron).

Au début de la piste des Œufs de Bouc, Claude pointe son bâton vers un conglomérat illustrant le débourrage de la cheminée d’un volcan au début de son activité : de grosses roches de nature variées sont arrachées du substratum et  sont projetées avec la lave.

 

Patrick se propose comme serre-file, nous passons la barrière et empruntons un chemin sur la droite, bonnet sur la tête car il fait frais à 9h du matin !

Nous nous retournons pour voir Théoule-sur-Mer s’étaler derrière nous et prenons un nouveau chemin pierreux sur notre gauche.  Il est raide et nous marchons en file indienne tout en regardant le paysage alentour : forêt de l’Estérel, Mont St-Martin, les Grues sans oublier la mer.

En bas au loin, on devine la Chapelle et la Verrerie de Maure- Vieil que nous aurons l’occasion de voir de près dans l’après-midi. 

Nous sommes à la limite de la Caldeira et passerons au pied du Mont Pelet.   Premier effeuillage car la montée a réchauffé nos muscles encore endormis.

Nous sommes au-dessus de Mandelieu et Cannes s’étend sur notre droite.  Nous voyons aussi l’antenne du Pic de l’Ours et le sommet du Marsaou.  Nous continuons de monter. 

Le Cap d’Antibes se dessine au loin ainsi que les îles Lérins.  Claude arrive une roche à la main pour nous en expliquer les stries.

  

Il s’agit d’un morceau de lave caractéristique de la phase terminale, avec présence  de stries  parallèles de couleurs différentes : la lave est tellement visqueuse que les différents minéraux ont le temps de migrer selon leurs caractéristiques et de se regrouper en couches.

Nous poursuivons sur une large piste DFCI, (Défense des Forêts Contre l’Incendie, donc entretenue pour et utilisée prioritairement par les véhicules des sapeurs-pompiers comme me l’explique Joël). 

Nous avons repris notre souffle et les bavardages vont bon train. 

Claude prend la parole face à un ensemble de roches qui se dressent sur notre droite au cœur de l’Estérel 

 

et nous décrit cet exemple de volcanisme fissural. 

Les laves en fusion montent par des fissures, formant des cheminées,  alignées le long d’une faille (dyke). Ces laves peuvent être projetées  dans l’atmosphère (lave ignimbritique) ou s’épandre sur de grandes surfaces (lave effusive). Quand les cheminées se ferment la lave se solidifie à l'intérieur. Ultérieurement, l’érosion fait apparaitre ces cheminées verticales. Quand un tel filon de lave est isolé, on parle de neck.

Le Mont Saint Martin et le Marsaou sont des exemples de dykes.

 

Nous continuons sur notre belle piste avec toujours vue sur le Cap d’Antibes.  Le Marsaou s’élève devant nous dans un bel écrin de verdure à perte de vue. 

 

Nous croisons plusieurs engins de chantier qui entretiennent les chemins DFCI donc Jack négocie notre passage 

et nous en empruntons ensuite un qui monte de nouveau sur la gauche.  Il fait toujours frais à l’ombre mais la pause-banane au soleil va bientôt nous redonner des forces. 

 

 

Claude en profite pour nous parler des Œufs de Bouc :

Nos anciens ont trouvé des espèces de pierres, des nodules sphériques ou ellipsoïdaux très durs aux surfaces boursoufflées entre 10 et 40 cm pour les plus grosses.  Comme ils ignoraient la provenance de ces formations bizarres ils les ont diabolisées et les ont appelées Œufs de par leur forme et Bouc pour le diable. En fait, ce sont des lithophyses (du grec lithos, pierre et phusa, bulle).   Elles  sont constituées essentiellement de silice (SiO2). 

 La base de la coulée de lave (rhyolite riche en silice) a dû, dans cette zone, s’écouler dans un lac créé par un barrage de lave. Après une nouvelle éruption, des «bulles» gazeuses (vacuoles) de la lave vont alors  se remplir plus ou moins complètement d’eau chaude qui s’est chargée en minéraux et oxydes lors de  sa pénétration dans la lave en fusion. Lors du refroidissement, il y a cristallisation à partir de substances initialement dissoutes dans cette solution : A la périphérie de ces vacuoles la silice se dépose ce qui  donne une dureté et une inaltérabilité remarquable de la lave « silicifiée ». Lorsque, ultérieurement, la rhyolite s'altère ou disparait sous l'effet de l'érosion,  les lithophyses se trouvent dégagées. A l’intérieur des vacuoles, la précipitation et la cristallisation minérale se déroulent progressivement en  formant des couches de microcristaux de calcédoine, diversement teintée par des oxydes (rouge, rose, bleue, grise.. .) et de formes variées. Puis, si les conditions sont favorables, peuvent se déposer d’autres minéraux, de l’extérieur vers l’intérieur de la cavité, en fonction de l’espace resté libre, comme le quartz (silice cristalline), et plus rarement l’améthyste.

 

 

Nous repartons  le long d’une large piste rocailleuse au soleil.

 

Le Mont Pelet s’élève devant nous et Claude ajoute qu’il illustre le volcanisme explosif. La formation du cratère est liée à une violente explosion. Dans les falaises sont visibles des cavités liées au dégazage, qui a également formé des grottes. Puis  il y a émission de brèches au sein desquelles  les différences de dureté font que les paysages liés à l’érosion sont ruiniformes. Nous les observons quand nous marchons entre les Trois Termes  et les Suvières et le Marsaou.

 

Nous empruntons un petit chemin rocailleux sur la droite après ce magnifique point de vue sur la mer. 

Nous descendons sous le soleil enveloppés par la végétation verdoyante de l’Estérel.

 

 

 

 

Le chemin se transforme en crevasse étroite qu’il faut descendre avec prudence surtout que le terrain glisse et que quelques racines en surface ajoutent à la difficulté.  Nous avançons en file indienne au milieu des pins et des bruyères. 

Nous sommes heureux de nous retrouver sur une grande piste après cette épreuve !

Le Marsaou baigne à l’Ouest dans la lumière du soleil mais nous endurons les polaires.  Nous croisons quelques cyclistes que nous saluons et arrivons au Col du Trayas.

Nous continuons sur une belle piste face à la mer en contournant le Marsaou.  Nous apercevons au loin Notre-Dame d’Afrique mais à peine visible sur la photo prise donc je vous laisse l'imaginer! 

 

Jack nous indique un petit sentier que personne n’aurait remarqué et nous prie de redoubler de prudence car très glissant.  Nous sommes de nouveau en file indienne au milieu de la végétation dense et sauvage.

Nous en sortons pour nous retrouver sur une belle piste et en profitons pour faire une photo de groupe. 

Nous nous dirigeons vers le Pont Sarrazin, dominé par le Mont St-Martin, où nous déjeunerons. 

Nous pique-niquons sur des roches partiellement couvertes de mousse.  Nous déjeunons bercés par la musique apaisante d’une cascade. 

Radis blancs et noirs, biscuits, café, chocolats  et liqueur de myrtes circulent généreusement. 

 

Nous voici ragaillardis et prêts à repartir.  Il est 1345h quand Jack donne le signal  .  A brandir ses bâtons comme une raquette et avec son bandeau, il me fait penser à un joueur de tennis!

Nous sommes éblouis par les premiers mimosas en fleurs. 

 

Nous regagnons une route goudronnée qui nous amène à l’ancienne verrerie et à la Chapelle de Maure-Vieil.  Cette dernière est surmontée d’une coupole mauresque, témoin de la présence des Maures dans la région.  Nous passons devant l’amphithéâtre et quittons cet endroit intrigant.

 

Pour en savoir davantage, je vous invite à lire ce qui suit.

"Dans les années 1960, le Docteur Guyot, un ancien banquier, adepte du mouvement NEW AGE fit construire cet ensemble immobilier. Il rassembla en ce lieu denombreux artistes New Age en quête d'une nouvelle spiritualité.L'ensemble comprend une chapelle surmontée d'une coupole mauresque (syncrétisme

ou rappel de la présence des Maures dans le secteur-cf. le Pont Sarrazin), un mphithéâtre, des logements. Très vite abandonné, le bâtiment fut vandalisé et particulièrement tagué".

 

Nous remontons un chemin pierreux

et arrivons sur un plat, le carreau d’une mine de fluorite.

Jack teste nos connaissances – on ne rigole pas en G1 ! - et nous lit ce qui suit

Sous l'action de la chaleur, la fluorite décrépite laissant une poudre blanche. C'est à cette propriété que l'on doit, à la suite de l'un de ces incendies qui ravagent périodiquement la région méditerranéenne, la découverte vers le milieu du XIX siècle, du gisement de Fonsante.

La fluorite est un fondant dans la production des verres ou des céramiques, ou encore de la fonte de hauts-fourneaux (laitiers). La fluorite abaisse la température de fusion du mélange des constituants minéraux des verres, des céramiques et des laitiers de hauts-fourneaux. Verres, céramiques et laitiers, sont des alliages de minéraux qui obéissent à des lois physico chimiques. Les diagrammes ternaires sont les mieux compris car les plus simples - par exemple celui des alliages de silice, chaux et alumine - pour lesquels on a établi les températures de fusion en fonction des proportions respectives de chaque constituant. Ces travaux sont dûs à Henri le Chatelier. En introduisant une certaine quantité de fluorite, on passe à un mélange quaternaire, mais en continuant d'observer le comportement du système ternaire silice, chaux et alumine, on constate une baisse des températures de fusion.

Les filons de fluorite sont dans les fractures de volcans et furent les mines de l’Esterel arrêtées recemment  Fontsante 1987,  Les mines de Garrot 1975, Les trois Termes 1968, Maure6Vieil 1976, Les mines de l’Avellan  1971 

La fluorite servait aux maitres verriers de Théoule.

 

Une fois digéré, il nous explique que nous allons passer au pied de la piste où nous étions et faire un aller-retour pour nous rendre à une grotte dans les Œufs de Bouc.  Nous voici donc de nouveau en sous-bois, sur un chemin plat et terreux pour commencer mais les difficultés ne vont pas tarder. 

Il fait frais, nous glissons parfois mais nos efforts sont récompensés quand nous apercevons la falaise contenant la grotte.

 

Sous l’effet de l’érosion, la nature hétérogène de la  lave prend  des formes surprenantes.

On continue d’avancer dans cette jungle en faisant attention aux ronces.

15h15 - Nous y voici ! 

 

Il s’agit d’une grotte d’explosion d’où les trous un peu partout formés lors du dégazage!

Après en avoir apprécié l'intérieur,

 

 

nous quittons la magie de ce lieu, fiers de nous y être tous rendus.  Nous rebroussons chemin et sortons de ce tunnel une demi-heure plus tard.

Nous nous retrouvons avec soulagement sur une belle piste ensoleillée.  Nous sommes à 1km des voitures et longeons  d’immenses falaises qui se dressent sur notre gauche au niveau de la carrière.  Claude nous invite à observer les différentes couches de laves et de tufs (la plus haute correspondant au dôme), le sens des écoulements et nous explique le pourquoi des différentes couleurs (la couleur verte est liée à l’oxydation de fer en milieu aqueux, la violacée à l’hématite).

 

Il est 16h quand nous arrivons au parking et une fois déchaussés, nous remontons en voiture pour nous rendre au Café La Napoule à Mandelieu où nous partagerons le pot de l’amitié.

 

 

Nous avons parcouru 16,6 kms pour un dénivelé de 700m.

Merci à Jack pour cette randonnée à caractère géologique, à Claude qui a su captiver notre attention par ses explications à notre portée, à Patrice notre serre-file et à nos chauffeurs.

Les photos sont de Brigitte, Claude, Gilbert et Dominique

Jeudi 31 janvier:

G1:  Départ 0730h - Jean Bo

Les Crêtes de Tanneron - Moyen ** L: 15,2 km, D: 575m

Parking: Tanneron - Parking de la mairie

G2: Départ 0830h - Jack

Les Veissière-Malavalettes - Moyen ** L: 12 km, D: 335m

Parking: Les Veissières

 


 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires