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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 15:27

Confinement 2è semaine - La levada do Caldeirão Verde  à Madère.

Afin de prendre de vos nouvelles et de maintenir le lien entre les randonneurs et les lecteurs habituels de randosboulouris2, Jean-Marie a proposé aux blogueurs d’éditer un blog un peu particulier chaque semaine aussi je vous propose aujourd’hui une randonnée à Madère si un jour vous avez l’occasion de vous y rendre.

7 randonneurs du lundi et/ou jeudi ayant participé au voyage à Madère organisé par le Cercle de Boulouris en mai 2019 ont profité d’une journée libre, accompagnés par un guide pour aller découvrir une levada.

Mais vous allez me demander ce que sont les levadas ?  

« Les levadas, canaux d’irrigation, furent créées à partir du XVI è siècle et jusqu’en 1940 pour la dernière, par la nécessité d'acheminer d'importantes quantités d'eau du versant nord-ouest de l'île, plus arrosé, vers le versant sud-est, plus sec mais plus habité et davantage propice à l’agriculture. L’île étant montagneuse, la construction des levadas fut une entreprise difficile, à laquelle furent affectés des esclaves ou des forçats, mais aussi des ouvriers salariés. La plupart suivent le flanc des montagnes, mais des tunnels ont dû être creusés sur environ 40 kilomètres. Les levadas ne permettent pas seulement l'irrigation mais aussi la production d'électricité d'origine hydraulique. Le réseau d'une longueur totale d'environ 2 150 kilomètres géré par l'État ou les communes, est actuellement aussi utilisé pour le tourisme : chaque levada est longée par un chemin qui permet son entretien constant.

Épousant les courbes de niveau, ces chemins permettent pour la plupart des randonnées aisées et à plat dans de magnifiques paysages mais attention certains sont toutefois étroits, ou situés sur des versants abrupts. ».

L'une des levadas les plus célèbres est la Levada do Caldeirão Verde que vous allez découvrir avec nous.

Le guide accompagné de 7 randonneurs allemands est venu en minibus nous chercher à l’hôtel. Nous voilà partis dans le nord de l’île dans la région de Santana, petite ville typique aux maisons en toit de chaume.

L’accès au départ de la balade dans le parc national de Queimadas est très impressionnant : route très - très étroite et pente en ligne droite à + de 30 %. Pourvu que les freins ne lâchent pas !!

Mais çà y est nous voilà arrivés à l’entrée du parc à plus de 900 mètres d’altitude. Parc dans lequel nous pouvons observer la forêt laurifère où se trouvent  76 espèces de plantes vasculaires endémiques de Madère, ainsi qu’un grand nombre d'invertébrés endémiques et deux oiseaux endémiques, dont le pigeon trocaz (allez le voir sur internet).

 Il y a des millions d’années, il y avait un volcan en activité (aujourd’hui éteint) dans cette zone actuellement entièrement couverte de végétation verdoyante et luxuriante.  

La levada do Caldeirão Verde, impressionnante oeuvre d’art construite elle au XVIIIe siècle prend sa source dans le lit principal de Ribeira do Caldeirão Verde et  traverse les versants abrupts pour transporter l’eau qui descend des montagnes les plus élevées de l’île et arroser les terrains agricoles de la localité de Faial. Destinée à des fins agricoles, cette levada représente une importante voie de pénétration à l’intérieur de la vallée profonde de Ribeira de São Jorge et offre au randonneur une vision spectaculaire et vertigineuse de l’orographie de l’intérieur de l’île.

Nous voilà enfin partis pour 6,5 km aller et une petite centaine de mètres de dénivelé.

La végétation est luxuriante : on peut admirer de très grands arbres. De nombreuses explications sont données par le guide alternativement en français ou en allemand mais il nous fait nous dépêcher car les randonneurs sont de plus en plus nombreux et il est préférable de ne pas se faire doubler. Le chemin large du début devient glissant par endroit et surtout se rétrécit. Des poteaux et fils métalliques protègent d’éventuelles chutes, aussi il est très difficile de s’arrêter pour régler l’appareil photo à chaque prise de vue.

Nous apercevons des filets d’eau et petites cascades sur notre gauche et le relief mouvementé sur notre droite. La vue s’étend au loin et des villages sont suspendus sur les plateaux.

Et voilà que nous arrivons à la difficulté de la rando : la traversée de 4 tunnels étroits, creusés à même la roche, avec la levada en bordure (heureusement prévenus nous avions  acheté des lampes de poche). Le plus long d’(environ 200 mètres) est appelé  » Quebra-cabeças » (casse-tête), car il nous oblige à marcher penchés ou accroupis. Ceux-ci furent traversés sans souci.

Nous arrivons au fond Chaudron Vert (hautes falaises recouvertes de verdure) où se trouvait déjà beaucoup de monde.

Avant de pique-niquer il nous a fallu continuer quelques centaines de mètres pour arriver à un bassin dans lequel tombait une cascade de près de 100 mètres de haut où quelques touristes se baignaient. En 2019 Madère a tout comme nous souffert de la sécheresse et la cascade avait un débit bien plus faible qu’habituellement au printemps.

Le retour s’est fait par le même chemin mais avec une difficulté supplémentaire et pas des moindres.

De nombreux marcheurs, partis plus  tard sans lumière se trouvaient face à nous, d’où croisements difficiles et exercices périlleux d’équilibristes sous les tunnels afin de ne pas tomber dans le canal, ou se faire scalper. Tout se passa bien pour nous jusqu'à l'arrivée, mais d’autres ont glissé dans l’eau et des pansements ont été donnés à un marcheur qui avait la peau du crâne bien arrachée.

A Madère le relief est très accidenté et la végétation extraordinaire. C’est le paradis pour les randonneurs. De nombreux circuits sont balisés. Quelques photos d’autres suggestions de balades pour une invitation au voyage.

Et pour terminer je vous offre quelques fleurs de là-bas avant de vous retrouver pour un prochain blog. En attendant protégez-vous bien.

Les photos sont de Jacqueline K. Michel S. et Rolande

 

 

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commentaires

JOEL 27/03/2020 15:55

Merci Rolande pour ce beau voyage et ce blog bien documenté qui nous fait oublier notre quotidien.
Bises virtuelles.
Joël