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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 22:00

ROCCASPARVIERA : Village Maudit 


Notre objectif en ce 8 mai est un village "maudit" dans l'arrière-pays niçois, ou plutôt ses ruines, occasion de découvrir un site superbe et une région remarquable. Le rendez-vous est fixé à COARAZE.

La seule quasi-certitude quant au nom du village est qu'il vient de cauda rasa,  queue rasée .... Pourquoi "queue rasée" ? Plusieurs hypothèses s'affrontent... La première prétend que ce nom est issu de la mode en matière de coiffure qui régnait à la fin du Moyen Âge. Contrairement aux habitants des hameaux alentour, les natifs de Coaraze auraient à cette époque porté les cheveux courts et rasés sur la nuque...

Pas du tout ! S'indignent les partisans d'une autre hypothèse, beaucoup plus glorieuse pour le lieu. Selon eux, voilà bien longtemps, les habitants de Coaraze étaient parvenus à capturer... le Diable en personne ! Et pour s'assurer qu'il ne s'enfuirait pas, ils l'auraient attaché avec de la glue, par la queue. Et pour s'échapper, dans un geste désespéré, celui-ci aurait été contraint de la sectionner... Il semble bien, en définitive, que l'explication soit d'ordre géographique. Car tout près du village, le confluent du torrent du Gravier et du Paillon prend la forme d'un lézard sans queue, le même animal mutilé qui figure sur le blason de Coaraze et comme girouette de la Chapelle bleue....(cf.WIKIPEDA)

Jean BOREL avait prévu deux parcours, l'un sportif avec 890 m de dénivelée et l'autre qu'il qualifiera de promenade, de "simple mise en jambe", avec 550 m de dénivelée. La différence de distance entre les deux parcours était faible,  un kilomètre. Le second groupe doit effectuer un aller retour; il est constitué de 8 marcheuses et 4 marcheurs sous la houlette de Daniel MANGIN.

Jacqueline porte son superbe maillot jaune. Jean l'appellera "Bouton d'or". C'est un surnom qui risque de lui rester.

 Le groupe "sportif", dont l'effectif réduit permet de citer ses participants comprend seulement une marcheuse, la courageuse Annie qui fera un parcours formidable, puis Gérard, Camille, André, Jean-Marie et notre guide Jean BOREL. Ce groupe va emprunter un chemin qui le conduira à 1200 m et rejoindra l'équipe de Daniel aux ruines de ROCCASPARVIERA.

  Roccasparvièra   apparaît pour la première fois dans l’Histoire dans deux chartres du XIIème siècle recensant les paroisses dépendantes de l’évêché de Nice .Le 6 mars 1271, un des membres de l’illustre famille niçoise des Riquier prête hommage au souverain, ils seront co-seigneurs de Roccasparvièra, avec un certain Faraud en 1309.
En 1271, le village compte 150 habitants son église paroissiale est déjà dédiée à Saint Michel. Le château est mentionné en 1358 dans le contrat d’inféodation et acquis avec son fief pour 700 florins d’or par  Pierre Marquesan de Nice. En 1364, la Reine Jeanne élève le fief au rang de baronnie, mais une invasion de sauterelles anéantit les cultures.

La misère se poursuit au point qu’en 1376 la petite communauté est déclarée insolvable.

Mais un sort funeste semble s’acharner sur ce malheureux village victime d’une série d’épidémies de peste au XVI e siècle emportant  une partie de la population.De plus, une suite de redoutables tremblements de terre vont détruire une partie des maisons entraînant le début de son abandon : 20 juillet 1564, un des plus violents de France, 31 décembre 1612, suivi en 1618 d’importantes secousses du 14 au 18 janvier mettant bas maisons et église avec chutes de rochers.

L’abandon progressif de cette commune qui aurait compté jusqu’à 350 âmes avant ces bouleversements, avec administration communale et même un notaire, va s’échelonner tout au long du XVIIème siècle.

 Si en 1690 quelques irréductibles s’accrochent encore aux ruines, dix ans plus tard, seuls le curé et sa servante y résideront encore avant de se résigner à partir eux aussi en 1723.

L’abandon s’explique d’une part par l’absence d’eau sur ces hauteurs au relief tourmenté où seules des citernes d’eau de pluie devaient permettre une vie précaire, d’autre part les destructions des tremblements de terre qui malmenèrent effroyablement les villages plantés sur le roc.

(http://pays-d-azur.hautetfort.com/archive/2007/04/index.html)

 Trois de nos amis finissent, qui une bronchite, qui une rhinopharyngite et ce n'est pas la grande forme. Et qui plus est, Jacqueline pense que ce sont les suites des bains de pieds dans l'eau glacée du Jabron !!!  Espérons que l'air pur des montagnes leur permettra de retrouver la "pêche".

Il est 8 h 30 lorsque les deux groupes démarrent, le temps est superbe et la température agréable. Après avoir dépassé la chapelle bleue (c'est son nom et elle est peinte en bleu vert), fermée, les deux groupes se séparent. Jean emmène son groupe a une forte allure.

Depuis qu'il est équipé de son altimètre, il contrôle la vitesse de montée, et lorsqu'il constate qu'il monte à 10 m/minute, il décide de ralentir…à 9 ! Quel soulagement pour ses marcheurs ! Nous grimpons alors sur un versant sud où le soleil tape déjà fort, d'autant plus que le milieu est assez aride et manque d'arbres. Quelques cistes roses, du thym, des euphorbes "hérisson" et de jolies petites fleurs bleues, non identifiées, constituent la seule végétation.



Mais contrairement au jour où Jean a fait la reconnaissance nous ne verrons pas la Corse car une brume de chaleur sur la mer masque les lointains.

 

 

 La "pause banane" aux deux tiers de la montée sera la bienvenue. A partir de la cote 1141, la pente diminue et la végétation se fait plus luxuriante avec des odeurs délicieuses que nous attribuons, à tort à des acacias aux panaches blancs. Nous verrons plus tard qu'il ne s'agit pas de cette variété. Mais ceci conduit André à proposer de rendre le blog "odorant". On peut rêver. Jean, d'un seul coup, nous demande de faire silence. Sont-ce les voix du deuxième groupe ou un troupeau de chèvres ? Jean-Marie, toujours mauvaise langue, va suggérer qu'il y a certainement des chèvres dans ce groupe !

Pendant ce temps le groupe de Daniel progresse et après avoir fait sa "pause banane"va éviter un mauvais passage en dévers en grimpant dans les rochers.

 
Notre"Bouton d'or" fatiguée par son traitement antibiotiques et son lever matinal pour accompagner Bruno au départ de son voyage à St.Petersbourg est prête d'abandonner mais courageusement elle va continuer.

Après le col St.Michel l'accès aux ruines se fera par le contournement du rocher, le plus souvent à l'ombre, très appréciable ce matin car la montée avait été bien chaude. Petite pause devant la chapelle St Michel avant la visite des ruines et l'installation sur une plate forme  herbue.

Quant au premier groupe, il atteint  la cote 1180, à la Baisse de la Minière. Ouf ! Au-dessus de nous le Férion que nous avions gravi le 5 avril 2007 en venant de l'autre vallée.

 

Mais d'un seul coup, Camille fait preuve d'une grande agitation et se met fébrilement à vider son sac. Il ne retrouve plus ses lunettes ! Après un "interrogatoire serré" il se souvient que, dans la première partie de la grande montée, il avait quitté son tee-shirt et certainement posé ses lunettes. Jean lui conseille, au retour, par le chemin du bas, de remonter à partir de la bifurcation pour retrouver l'endroit où il s'était déshabillé.

Jean nous fait pénétrer dans une forêt de sapin, extrêmement fraîche, en nous recommandant de rester grouper car il n'y a pas de chemin bien marqué et le risque de se perdre n'est pas négligeable. Et là, il part comme un dératé, suivi de près par Annie, sur une pente en dévers plus faite pour les dahuts que pour les humains. Les quatre autres suivent péniblement, le repérant parfois plus au bruit des branches cassées  qu'a la vue. Au cours du repas, il expliquera que lorsqu'il ne connaît pas bien le chemin, il va le plus vite possible afin de ne pas perdre sa trajectoire. Cette théorie "borélienne" fait beaucoup rire ses interlocuteurs.

 Finalement tout le monde se retrouve sur une arête sommitale (il y avait longtemps qu'on n'en avait pas parlé)avec une vue extraordinaire sur les vallées de la Vésubie et des Paillon. Nous sommes complètement entourés de sommets que Jean nous fait connaître ou reconnaître pour les avoir déjà parcourus. Mais maintenant le vent s'est levé et la température ressentie s'est allégée de quelques degrés. Nous allons donc progresser en descente, sur cette arête que Jean nous recommande de suivre rigoureusement.

Nous progressons parmi des buissons de buis et commençons à apercevoir les ruines du village. Elles sont encore loin, mais presque à notre altitude…mais nous aurons à descendre, puis à remonter pour les atteindre.

Nous ne nous lassons pas d'admirer le paysage et lorsque nous arrivons à la pointe de l'arête, nous apercevons le second groupe qui arrive dans les ruines. Grands échanges de signaux, ils nous ont vus et Yvette va même photographier notre descente. Mais que nous sommes petits !  Heureusement quelques vêtements rouges  lui permettent de nous repérer sur son écran.

La fin de la descente se fait à toute allure sur un chemin pentu où Jean nous conseille de "laisser aller". Voici le col St.Michel, convergence caractéristique de deux arêtes et de deux vallons.

Alors que le groupe de Daniel a contourné le rocher par le chemin normal, Jean nous conduit tout droit en-dessous du rocher et en 10 minutes  nous atteignons la chapelle St.Michel, mais quelle montée ! Par endroits le vide à notre droite  est impressionnant. Pourtant la montée est superbe avec ses touffes d'euphorbes hérisson et de thym en fleurs.

La statue de St Michel, sur l'autel de la chapelle, est très stylisée, un peu  déplacée dans ce milieu rustique.

 

Nous rejoignons le second groupe, bien installé au soleil avec ses joueurs de cartes déjà "au boulot".

 
Tiens sur la photo du premier groupe, il y a 7 marcheurs, trouvez l'erreur, l'intrus(e) qui est venue se mêler aux "sportifs".

   Rapidement le groupe de Jean fait le tour des ruines où fleurissent de

nombreuses "Dames de 11 heures" (Ornithogalum umbellatum) et, en terme d'apéritif, il nous racontera les malheurs de la Reine Jeanne.

 "La terrible malédiction de la Reine Jeanne expliquerait pour certains les malheurs successifs de Roccasparvièra.

De passage à la Noël 1357, dans son fief de Roccasparvièra, la Reine Jeanne tint à assister à la messe de minuit dans l’église du village voisin de Coaraze.

Elle laissa ses deux enfants à leur nourrice et au chapelain qui s’était fait porter malade afin de goûter les vins du réveillon.

En chemin, la Reine Jeanne fut saisie par un pressentiment accentué par les croassements d’un sombre vol de corbeaux qui semblaient répéter : « la Reine va à la messe, lorsqu’elle reviendra elle trouvera table mise ! ».

 A son retour au château, la reine découvrit un horrible spectacle : le chapelain ivre mort, la nourrice gisant dans le bûcher et  sur la table du festin, couchés sur un plat, les corps nus des pauvres enfants avec un large couteau planté dans la poitrine.

Folle de douleur, la Reine Jeanne repartit le lendemain vers Naples, après avoir fait incendier le château.

Sur le chemin de Coaraze, elle se retourna vers le rocher de Roccasparvièra et proféra cette terrible malédiction : « Roche sanglante, roche maligne, un jour viendra où sur tes ruines ne chanteront plus ni le coq ni la poule »."

(http://pays-d-azur.hautetfort.com/archive/2007/04/index.html)

 Puis chacun profitera de son pique-nique et d'une petite sieste bien méritée.

Aujourd'hui, outre nos joueurs de cartes nous avons une lectrice.

 

 

 Ah ! Ces intellectuelles!

 

 

Puis c'est le signal du départ. Jean et quatre marcheurs vont emprunter le même chemin qu'à l'aller, Jean-Marie préfèrera emprunter la voie "normale".

 

Nous allons découvrir le chemin qu'a parcouru le groupe de Daniel et nous en conclurons que ce n'était pas si facile que ça et en tout cas ne justifiait pas le qualificatif de "promenade" de ce matin. Les descentes, qui étaient pour eux des montées ce matin, sont raides et quelques passages étroits, en dévers, les ont fait certainement transpirer.
Tout un coteau a été ravagé par un incendie, récent semble t'il. Les pompiers ont certainement eu du mal à le maîtriser par des moyens terrestres, vu la pente.  Nous retrouvons nos "acacias" de ce matin et leur odeur délicieuse mais Simone, sans pouvoir les identifier, les déclarent non-acacias ce que nous constatons en prélevant fleurs et feuilles pour une identification ultérieure. En fait, il s'agit de frênes à fleurs (Fraxinus ornus).

Sur le flan droit de la montagne, la roche présente une surface oblique striée comme si on avait creusé des sillons.





Cette surface se termine plus bas par une falaise verticale de même constitution. Ceci montre l'intérêt de faire des allers-retours sur le même chemin, car, ce matin, dans le sens de la montée, on ne devait pas voir ce détail géologique.

 
                                                                                                                                                   

Petit passage délicat où Denise qui avait bien franchi la partie glissante se retrouve…sur les fesses, au bord du petit ruisseau. On peut faire confiance à Gérard pour  être là au bon moment …

Jean reçoit un appel téléphonique de Camille parti en avant : incroyable, il a retrouvé ses lunettes, juste là où il pensait les avoir posées.

C'est la fin de la rando, derrière nous le ciel s'est un peu couvert, comme souvent en fin d'après-midi en montagne. Retour aux voitures pour le meilleur moment de la journée, le changement de chaussures.

Puis Jean nous emmène visiter ce joli village, un des plus beaux des Alpes maritimes, très authentique et qui n'a pas été transformé pour le tourisme. Au hasard d'une ruelle, un superbe vieillard barbu nous souhaite la bienvenue et nous remercie de venir visiter son village : sympa. Ensuite ce sera le pot traditionnel dans le café-épicerie du village.

Merci Jean pour cette superbe balade, préparée depuis notre montée au Férion. Merci aussi à Daniel MANGIN qui a accompagné le second groupe.

 

Merci aux photographes, Gérard CHARPY, André TUPIN, Yvette et Jean-Marie CHABANNE.
La semaine prochaine, le jeudi 15 mai  Jean BOREL nous fera découvrir la partie Ouest de la presqu'île de Giens.
Encore quelques photos "en rab" : il y en avait tant !

                                                               Intéressante prise de vue  dans les ruines






Toujours nos joueurs de cartes













Au col St Michel, André à découvert ces cinq  magnifiques orchis...
qu'il a qualifiées de gentiane tant il était ému !

 

 

 

 

 

Une histoire "salace" au bord du lavoir





Chapelle St Michel

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Published by Jean-Marie - dans Loisirs
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