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29 juin 2008 7 29 /06 /juin /2008 09:42

Le Mont Mounier

Il est 6 heures 30. La salle des petits-déjeuners se remplit peu à peu. Camille nous annonce : « Bruno n’a pas fermé l’œil de la nuit. Il ne sera pas des nôtres. » Jean fait ses comptes. Nous sommes 16 à table. Mais voici le dix-septième : Christian n’ayant pas voulu abandonner sa Claudie hier soir – est parti avant l’aube pour nous rejoindre. Car c’est aujourd’hui le grand jour ! Nous partons à l’assaut du grand, du mythique Mont Mounier ! Dont Jean nous a parlé si souvent (bassiné les oreilles, disent certains !). A présent voici Jacqueline, Monique Blandin, Nicole Borel. Vont-elles se joindre à nous ? Ou viennent-elles nous encourager ? A moins qu’elles ne soient seulement attirées par l’odeur du café, le pain, le beurre et les croissants ? Il faut dire qu’après les repas frugaux de la veille, tout le monde a besoin de reprendre des forces !

Il est 7 heures 15, nous quittons l’hôtel. Un quart d’heure plus tard, nous attaquons une première pente douce. Il fait un peu frais, c’est la température idéale pour marcher. Le ciel est dégagé, l’air est pur, la journée sera splendide. A droite de la photo, regardez bien ! On aperçoit un arbuste. Ce sera le dernier de la journée ! Le sentier monte paisiblement à travers un paysage pastoral de prés et d’anciens champs. Jean-Marie me prie d’insérer ici le profil de l’étape. Car ce profil est majestueux, à l’image du Mont Mounier. Il est remarquable aussi par sa parfaite symétrie. Etonnant n’est-ce pas ? Le dénivelé atteindra 1278 mètres pour une distance de 17 km.

A présent nous approchons d’une première crête. Nous profitons d’un faux plat pour faire une première pause. Où l’on voit le photographe sur la photo ! Bravo le cadrage ! Nous poursuivons notre chemin. Jean emmène le peloton de tête. En nous retournant nous pouvons admirer la vallée et le peloton de queue dont Camille a pris la tête.

Pour tromper la monotonie de la marche, Jean-Marie nous annonce l’altitude : « Nous voici à 2000 mètres ! » Aussitôt chacun calcule le dénivelé restant à gravir. Rien de tel qu’un peu de calcul mental pour rester éveillé. « Maintenant nous entrons dans le parc du Mercantour ! » nous dit Jean. Qui nous rappelle les principales règles du Parc : « pas de chien, pas de cueillette, pas d'arme, pas de déchets, pas de bruit ! ». 

Nous continuons donc à monter, en silence. « Nous faisons du 8 mètres / minute ! » nous dit Jean pour faire travailler nos méninges. Autrement dit, nous sommes sur une base de 480 mètres de dénivelé à l’heure. Allons nous tenir la distance ? Non, car très vite, nous redescendons à 7 m/min.  Fini l’herbe maigrichonne. Le sol devient aride et caillouteux mais le sentier est confortable. Nous apercevons nos premiers névés. Jean-Marie : « Nous voici à 2200 mètres ! » Puis nous nous arrêtons devant un long névé. L’endroit est idéal pour une pause casse-croûte, mais pas pour s’isoler à l’abri des regards ! Pas la peine en effet de chercher un arbre propice – comme dirait Daniel (qui à cette heure va prendre en mains ses « petites jambes »).

Après la pause nous franchissons le névé, en marquant bien nos pas dans la neige pour ne pas glisser en arrière. Encore quelques minutes et nous atteignons la crête désertique du Démant, à la balise 47 où nous rejoignons le GR5. Nous redescendons légèrement jusqu’à la baisse du Démant (2438 m). Sur notre droite se profilent le Petit Mounier (2727 m) et le Mont Mounier (2817 m). Puis nous grimpons une crête caillouteuse avec en ligne de mire la stèle Vallette (2585 m). « Nous sommes à 2500 mètres ! » annonce Jean-Marie. Il est 10 heures. Dans une heure nous devrions être au sommet.

Jean nous propose d’éviter la stèle et de continuer directement sur la longue crête caillouteuse (leitmotiv de la rando) qui conduit au Petit Mounier. La pente est régulière et se grimpe sans difficulté. Arrivés sur le plateau du Petit Mounier, nous retrouvons un peu de neige et une vue magnifique de tous côtés. Vue sur les sommets environnants dont bien sûr le Mont Mounier. Qui se dresse fièrement sous nos yeux émerveillés ! Ne dirait-on pas une œuvre d’art, aux lignes épurées et aux coloris sobres ? D’ici, l’arête qui conduit au sommet paraît impressionnante. Jean nous conte alors l’histoire de l’Observatoire du Petit Mounier. En 1893, le député Bischoffsheim fait construire ici, une annexe de l’Observatoire de Nice. Détruit par un incendie en décembre, il est reconstruit l’année suivante. Demeurant sur place été comme hiver, le gardien transmet chaque jour les relevés météorologiques à Nice et à Paris. L’Observatoire sera à nouveau détruit par un incendie en 1910 et cessera toute activité en 1918. Il n’en reste plus que quelques ruines.

Le temps de prendre quelques photos et nous voici partis à l’assaut du Mont Mounier. Nous redescendons de quelques mètres avant d’attaquer le beau final aérien qui mène au sommet. Aérien, mais sans réelle difficulté. L’arête qui impressionnait certains, se révèle assez large. Il suffit de bien regarder où l’on met les pieds. En suivant le sentier ou en marchant sur les rochers plats prévus à cet effet. La montée est régulière, juste un peu plus longue qu’il n’y paraissait.

Il est 11 heures passées quand les premiers parviennent au sommet. Les suivants grimpent à leur rythme. Camille, juché sur un rocher, surveille chacun et chacune dans son ascension, prêt à proposer son aide en cas de difficulté. Puis il monte à son tour. Et se joint à nous pour la photo du sommet du Mont Mounier, la photo de la victoire !

Merci à Jean d’avoir imposé un rythme raisonnable qui a permis à chacun d’atteindre le sommet. Tandis que Maurice propose du gingembre pour nous redonner un coup de fouet, Jean célèbre « le mont Mounier, qui impose sa présence massive en maître incontesté de ce relief majestueux ». Plus haut massif calcaire des Alpes-Maritimes, le Mounier constitue sûrement l’un des meilleurs belvédères de toutes les Alpes du Sud. C’est aussi le paradis du botaniste avec une flore exceptionnelle ! Jadis appelé "mons niger", sans doute en raison de la couleur noirâtre de la roche, le Mounier, sommet aujourd’hui dénudé et aride, était autrefois boisé ». Mais il est temps de redescendre. Attention à ne pas s’égarer en dehors du sentier. Car de chaque côté, la pente est raide et en cas de faux pas, il n’est pas question de se rattraper aux branches. Il n’y en a pas !

Nous revoici sur le plateau du Petit Mounier. Il est midi. Nous nous installons autour des ruines de l’Observatoire. Assis au soleil (il n’y a pas un brin d’ombre), nous savourons notre pique-nique bien mérité.

Après quelques instants de repos, nous reprenons notre descente. Cette fois-ci nous ferons un petit détour par la stèle Vallette. Du nom d’un lieutenant, mort ici en janvier 1936, à la tête de ses skieurs. Puis nous prenons le chemin du retour. La descente est rapide, trop rapide même. Le groupe s’étire, laissant à la traîne Gérard qui râle et Maurice qui voudrait bien prendre en photos cette flore exceptionnelle dont parle le guide : oreilles de lapin (Stachys byzantina) aux feuilles duvetées, gentianes (de Bavière ?), renoncules des montagnes, entre autres. Jean freine ses troupes et impose un rythme plus modéré.

Nous arrivons aux voitures. Il est 15 heures. Chacun estime la difficulté de notre randonnée en la comparant à la « petite facile » de la veille. Les avis sont partagés. Ce qui est sûr, c’est que nous avons gravi un beau sommet, découvert un panorama exceptionnel. Nous sommes tous enchantés de notre journée. 

 

Merci Jean pour cette très belle randonnée qui clôt en beauté cette saison. Et dommage pour Bruno dont nous regrettons l’absence.

 

Merci aux photographes : Jean-Marie CHABANNE, Gérard CHARPY, Maurice QUADRI, André TUPIN.

 

Lundi 30 juin, ce sera la dernière mini-randonnée, avec Bruno.

Bonnes vacances à tous et rendez-vous en septembre pour de nouvelles aventures.

 

Encore quelques photos :

Avant le départ vers le Mont Mounier

       


Le Mont Mounier

   Vers le Petit Mounier














Vers le Mounier    

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Published by Gérard - dans Loisirs
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