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21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 17:11

Duranus

Aujourd’hui Jean Borel nous a fixé un rendez-vous très matinal (6 h 45 !) sur le parking de Boulouris. Il fait nuit encore, l’air est frisquet, mais nous sommes très motivés. D’abord c’est jour de resto ! Ensuite la météo nous promet un temps ensoleillé. Ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Nous allons randonner à partir du petit village de Duranus, au-dessus des Gorges de la Vésubie. Puis nous déjeunerons à Plan-du-Var, à l'auberge des 2 Vallées.

Nous voici donc 23 randonneurs au départ, près de la petite église de Duranus. « Ce sera une randonnée courte ! » nous dit Jean. Effectivement elle ne fait que  9,5 km de longueur. Mais le dénivelé est annoncé à 687 mètres. Quelle précision ! 

Comme indiqué dans le profil, nous commençons par une descente. Elle nous conduit dans le vallon de Duranus. Il est à peine 9 heures. Comme prévu, le ciel est clair, nous aurons un temps superbe. Mais pour l’instant nous restons emmitouflés car il fait froid. Après avoir franchi sans difficulté un gué, nous commençons à grimper. A découvert d’abord puis sous les arbres. Le sentier est jonché de feuilles mortes un peu humides, car nous sommes sur un versant nord qui ne voit jamais le soleil. Attention à ne pas glisser !  Puis la pente s’accentue. Qui a dit : «  La côte est rude et le derrière est lourd » ? Mais non, mais non, nous grimpons avec légèreté. Et puis c’est bien agréable de grimper, ça nous réchauffe un peu. Mais certaines marches sont hautes, n’est-ce pas Marcel ! Après un passage difficile, Jean n’hésite pas à encourager ses troupes : « Bravo, Nicole ! Bravo, Denise ! » « Et moi, tu ne me dis rien ? » proteste Marinette. Il est 10 heures passées, peut-être pourrions-nous faire une petite pause ? « Attendons d’être au soleil ! » « Tu parles, le soleil est encore loin. C’est à croire qu’il tourne dans le même sens que nous ». Ce qui est faux. Il faut donc se résigner à une pause casse-croûte à l’ombre. Mais devant un magnifique paysage ensoleillé. Jean nous montre le village fantôme de Roccasparvièra (signifiant Rocher de l’Epervier), où nous randonnâmes il y a peu. Il nous conte les belles histoires qu’il affectionne tant. Ainsi celle de la Reine Jeanne, qui après sa fuite de Naples, se réfugia au château de Roccasparvièra et vit ses enfants assassinés un soir de Noël (Elle vit, couchés sur un plat, leurs corps nus avec un large couteau planté dans la poitrine). Ou encore celle de ce crâne d’enfant, découvert le 31 décembre à Duranus, au sommet de la barre de l’Ours. L’enfant aurait peut-être été assassiné par son père. Merci Jean pour  ces belles histoires !

Nous continuons notre route vers le sommet. De temps en temps une petite descente périlleuse vient pimenter cette longue montée. Puis arrivés sur une crête, nous apercevons les vestiges d’une mine abandonnée qui exploitait un gisement de réalgar (voir plus loin). A présent nous découvrons une vue splendide sur les cimes enneigées du Mercantour. Plus proche de nous : la madone d’Utelle. Jean nous montre un sommet au loin. Bon sang, mais c’est bien sûr le Mounier ! Avec sur la gauche le petit Mounier ! Ô souvenir glorieux de nos exploits de juin dernier ! Quelle belle journée ce fut ! Ce jour-là il n’y avait pas une ombre pour nous protéger du soleil. Aujourd’hui c’est différent, nous lui courons après.  Et puis enfin le voici, le voilà ! Le soleil ! Nous terminons notre grimpette. Le sourire revient sur les visages. Qu’il fait bon sous les rayons du soleil ! Il est midi, la vue est magnifique. Ce serait le lieu idéal pour pique-niquer. Nous nous arrêtons au pied d’un pylône pour prendre une photo de groupe, la première de la journée. Puis Jean nous conte l’histoire de Duranus. Duranus relevait en 1679 de la communauté médiévale de Roccasparvièra. En 1793 une troupe révolutionnaire fut précipitée dans la Vésubie du haut d’une falaise, appelée depuis « Saut des Français ». On retiendra notamment que la commune de Duranus est apparentée à celle de la Queue-en-Brie (94) et Bourg-la-Reine (92) - d’après des recherches effectuées par Jean pendant ses loisirs.

Mais il est temps de rejoindre notre restaurant. Nous quittons alors Catherine, Françoise, Jean-Marie et Yvette qui, dédaignant l’excellente daube de sanglier qui nous attend, ont choisi de pique-niquer ici même. Jean nous informe que dorénavant le resto sera facultatif. Il pourra donc y avoir des « marcheurs-pique-niqueurs », des « marcheurs-restaurants ». Seront tolérés – par dérogation – des « non-marcheurs-restaurants ». Le groupe de 2ème catégorie attaque la descente. Ce sera une descente non-stop – avec quelques « faux plats montants » - jusqu’à Duranus. Nous ne tardons pas à atteindre la Mine de l’Eguisse qui exploitait donc un gisement de réalgar, sulfure naturel d'arsenic, à la couleur rouge orangée. En haut du ravin de l'Eguise, on aperçoit l'usine et sa cheminée. Au début du XXe siècle l’extraction journalière atteignait 3 tonnes, pour un effectif de 18 ouvriers. Une usine de grillage (chauffage de minerai à l’air libre) fut installée à partir de 1913, dont on devine encore les installations massives au bord du précipice. Quelques rails tordus, un squelette de chariot, une entrée de galerie, d’anciennes cabanes ruinées servant de dortoir ou de réfectoire surgissent çà et là, peu à peu repris par une végétation régnant en seul maître depuis la fermeture de la mine en 1931.   Après la mine, nous longeons une immense paroi rocheuse au pied de laquelle jaillit une minuscule cascade. Attention aux pierres humides et glissantes ! Jusqu’en bas ce sera le même refrain : « Regardez où vous mettez les pieds ! » Sur sol humide aux feuilles glissantes ou sur sol sec aux cailloux traîtreusement cachés sous un tapis de feuilles mortes, il est très facile de trébucher ! Et nous avons devant nous près de deux heures de descente ! Nous cheminons parmi les cistes et les genets, à l’ombre des pins et des chênes. Mais nous parviendrons sains et saufs à Duranus. Jean nous avouera à l’arrivée : « Il faut plutôt compter une dénivelée de 815 mètres ». A la sortie de Duranus nous faisons une halte près du « Saut des Français ». Impressionnant ! Un petit quart d’heure de voiture et nous arrivons au restaurant où 5 convives « non-marcheurs-restaurants » nous attendent patiemment – mais pas sobrement avouent-ils. Et parmi eux Bruno, à qui Jean souhaite la bienvenue. Après la daube, nous avons la visite de nos 4 « marcheurs pique-niqueurs ». Les trois groupes s’étant ainsi retrouvés, une belle journée s’achève …  

 

Merci Jean pour cette très belle randonnée.

 

 

 

Merci aux photographes : Jean BELLACHES, Jean-Marie CHABANNE, Gérard CHARPY, Jean-François ZISSEL.

 

Prochaine sortie : Jeudi  27 Novembre à 7 h 30 Départ des véhicules  pour une randonnée en pays dracénois. Des gorges profondes creusées par le torrent de la Nartuby (83), offrent des points de vues spectaculaire et de hautes falaises boisées - Nous relierons également deux sites fortifiés, qui au XIII° et XIV° siècle, appartenaient au même seigneurs : Arnaud de Villeneuve - Belles vues sur ces sites – Repas et boisson à sortir du sac – Longueur : 16 km 850 - Durée : 5 h - Dénivelée : 300 m  -  Moyen /Medio - Boulouris – N° 638             

  

Encore quelques photos :

 

Cimes enneigées

Couleurs d’automne

Vue sur Duranus

Cool la descente après le pique-nique !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicole et Nicole

 

 

 

 

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Published by Gérard - dans Loisirs
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