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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 10:22

Le Caïre Gros

Ce matin dès 7 h 30, nous nous retrouvons au petit déjeuner. Nous, les « grandes jambes », car les « petites » ont droit à une grasse matinée. Certains ont mal dormi. Auraient-ils rêvé d’avalanches, à la suite de notre randonnée de la veille ? Il est 8 h 30 quand nous prenons la route pour Saint-Dalmas. Nous sommes 16 randonneurs, répartis dans 4 voitures. Arrivés devant l’église du village, nous nous groupons autour de Jean qui nous présente la rando. « Notre objectif est le Caïre Gros (alt. 2087 m). Nous nous dirigerons vers le col des deux Caïres (entre le Petit et le Gros). Ceux qui le souhaitent pourront nous attendre au col, tandis que les autres grimperont au sommet du Caïre Gros. De retour au col, nous irons dans le Bois Noir rejoindre les « petites jambes ». Nous pique-niquerons tous ensemble avant de rejoindre Saint-Dalmas en franchissant  le vallon du Bramafan ». « On est ici dans la commune de Valdeblore, à 1290 m d’altitude. On va suivre le fameux GR 5 qui mène de Nice au Chablais », ajoute Jean.

Le temps d’une photo de groupe devant l’église de Saint Dalmas et nous commençons à grimper, en douceur. Quelques minutes plus tard, à une bifurcation, Jean nous dit : « Vous allez voir la différence entre les grandes et les petites jambes. A droite voici le chemin que prendront tout à l’heure les « petites jambes ». Nous, nous allons tout droit ! ». Effectivement notre sentier grimpe raide. Bien trop raide pour les « petites jambes » ! Il fait chaud mais le sentier est ombragé et agréable. Nous montons à un rythme soutenu mais sans excès (merci Jean !). Le silence se fait dans les rangs. Pas de doute, rien ne vaut une bonne grimpette pour profiter pleinement des bruits de la nature. Un peu plus tard nous nous arrêtons pour une première pause, Jean nous dit : « Nous sommes montés de 145 mètres. A l’heure qu’il est, les « petites jambes sont entrain de partir ». Nous nous désaltérons, à l’ombre des pins, devant un paysage magnifique. Que la montagne est belle ! Puis nous repartons. « A présent nous abordons un faux plat descendant ». « On n’en veut pas ! » s’écrie André. Mais le faux plat est de courte durée. Nous grimpons à nouveau. Le sentier est toujours très agréable, à l’ombre des mélèzes à présent. A travers les arbres on aperçoit de temps en temps la vallée.
Puis nous atteignons le col du Varaire (alt. 1710 m). C’est l’heure de la pause casse-croûte dans un coin de prairie au milieu des épicéas et des mélèzes. Le mélèze : « son bois dur et résistant est utilisé en charpente. On en fait des bardeaux ». Il n’en faut pas plus à Cathy et Gérard pour entonner « 
Là-haut sur la montagne … Murs blancs, toit de bardeaux … ». Quel chant superbe ! Un nuage passe,… mais le ciel reste dégagé.

« On a fait une petite moitié de la montée : 390 mètres. Notre prochain objectif, c’est le col des deux Caïres : 210 mètres plus haut ! » nous dit Jean. Nous reprenons donc notre chemin vers le prochain col. Bientôt nous abordons une montée en lacets. Sur notre droite, voici une large trouée dans les arbres. « Encore une coulée d’avalanche ? » A travers la trouée on aperçoit tout en bas le village de Saint Dalmas.

Et puis voici le col des deux Caïres, à 1921 m. Il est temps alors d’avoir une pensée pour les « petites jambes », dont Jean-Marie nous conte les aventures.

Bruno et ses 21 "petites jambes", soit 42 pieds ont quitté Saint Dalmas à 10 h pour une rando de 9 km et 560 m de dénivelée, intitulée "Les bois noirs". Même Grand Pierre est présent !

Il fait beau et déjà chaud mais Bruno a promis de l'ombre dans les sous-bois. La première partie se fait en suivant les courbes de niveau, puis nous abordons une montée plus sévère à toute petite vitesse… 2 km/h. A l'arrière, un petit groupe s'est formé avec les deux serre-files, Jacky et Daniel et l'ambiance y est à la franche rigolade.

Lorsque nous atteignons la balise 124, la montée est terminée et nous devons, en principe trouver un chemin en descente qui, sur la carte, est matérialisé comme piste forestière partant vers l'ouest. Petit numéro d'Yvette (celle de Marcel), Grand Pierre et Daniel qui nous racontent quelques histoires un peu…lestes. Tout ceci détend tout le groupe et nous partons sur la grande piste forestière, riant encore de ces bonnes blagues.

Tout à coup, Jean-Marie prend conscience que nous sommes en montée et le GPS indique que nous dévions à gauche. Remontant le groupe il trouve un Bruno perplexe car il a, lui aussi, détecté l'anomalie. Nous sommes sur un chemin trop au sud, figurant sur la carte comme un simple sentier alors que nous cheminons sur une large piste forestière. Bruno décide de retourner à la balise 124. Il part devant au pas de course !!! Nous le suivons, sans précipitation, on ne sait jamais. En tout cas ce retour en arrière nous permettra de découvrir un magnifique paysage sur les montagnes enneigées.

Effectivement il y a un autre sentier, en descente, très étroit qui doit nous diriger vers la balise 125, puis la 126, notre objectif, point de rendez-vous avec l'autre groupe. Effectivement, c'est la bonne direction et le GPS est satisfait…

Il n'y a plus qu'à se laisser descendre. A la balise 125, nous recevons, sur la droite, une large piste forestière portée sur la carte comme un sentier ! Décidément, on ne peut se fier à personne… En 10 minutes nous arrivons à l'aire de pique-nique où il ne nous reste plus qu'à attendre nos valeureux conquérants du Caïre Gros qui auront déjà 800 m de dénivelée dans les jambes. Un petit comité d'accueil s'est formé mais il manquait les majorettes et les dames présentes ont prétendu avoir oublié leur costume.

Mais revenons au col des deux Caïres et aux (futurs) valeureux conquérants ! « Qui monte au sommet ? » demande Jean. Seules Madeleine et Nicole se dévouent pour garder nos sacs. Nous pourrons ainsi grimper légèrement jusqu’au sommet du Caïre Gros. Nous voici à présent sur un petit sentier qui monte à travers un alpage. D’ici on n’aperçoit pas encore le sommet. Derrière nous, la vue est magnifique. Chacun monte à son rythme. Le sentier décrit des lacets à travers l’alpage, nous permettant d’admirer le paysage qui nous entoure. A présent les premiers d’entre nous parviennent au sommet. Jean attend que nous soyons tous regroupés, puis raconte : «  Le Caïre Gros, sommet mitoyen des vallées de la Tinée, de la Vésubie et du Valdeblore, constitue l'un des principaux belvédères du département malgré une altitude modeste. On pourra y détailler la chaîne frontière franco-italienne avec les cimes majeures du Mercantour (Argentera, Gélas, Malédie, Clapier ...) qui dépassent allègrement les 3 000 m. Selon la saison, la cueillette des fraises des bois, des framboises, des myrtilles ou des champignons ("sanguins" essentiellement) viendra égayer cette randonnée sylvestre au coeur du Bois Noir peuplé d'épicéas, sapins et mélèzes. Pour les connaisseurs, il sera possible également de cueillir en début d'été des feuilles d'épinard ou d'oseille sauvage, avant que les troupeaux de vaches n'investissent les lieux, tondant méticuleusement les alpages environnants. » Nous admirons longuement le panorama splendide qui s’offre de tous côtés à nos yeux éblouis. « Là-bas vous reconnaissez bien sûr le mont Mounier. Ici c’est la vallée de la Vésubie. Là-bas voici le mont Gélas. Et tout en bas vous apercevez les trois villages de la commune de Valdeblore : la Bolline, la Roche et Saint-Dalmas ». On resterait des heures à contempler ce paysage. Mais il nous faut redescendre sur nos pas. Certains n’hésitent pas à couper à travers l’alpage. La descente est rapide. Nous sommes accompagnés par un chœur sublime de voix féminines « Elle descend de la montagne à cheval, elle descend de la montagne à cheval,… » Nous aussi nous descendons. En 10 minutes seulement ! Alors que nous avions mis ¾ heure pour atteindre le sommet ! Nous retrouvons nos deux vestales qui, à défaut d’entretenir le feu sacré, ont veillé jalousement sur nos sacs. Il est midi, il ne reste qu’à descendre retrouver les « petites jambes ».

« Nous allons rejoindre le col de la Madeleine. Puis nous prendrons à droite une descente un peu raide sur 200 mètres (de dénivelé !), puis une piste sur 2 km. » Bref la descente est raide par endroits, rapide ailleurs, longue de toute façon. Nous traversons des sous-bois, à l’ombre des épicéas et des mélèzes. Sans prendre le temps de regarder les petites fleurs ! Une heure plus tard nous rejoignons les « petites jambes ». Certains, très impatients, ont déjà avalé leur pique-nique. Nous nous installons dans l’herbe ou autour des tables. Excellente nouvelle : Jacky nous offre le rosé. Nous nous pressons autour du cubitainer pour remplir nos verres (gobelets fournis par Grand Pierre). Nous dégustons la cochonnaille aimablement offerte par Marco, beau-frère de qui vous savez (merci Roland !). Après un excellent café offert à certaines privilégiées, Jean nous informe : « Pour le retour, nous allons constituer 3 groupes : les « très petites jambes », les « petites jambes » et les « grandes ». Décidément c’est une randonnée à la carte ! Les deux premiers groupes rejoindront Saint Dalmas directement et sans peine. « On se retrouvera aux voitures puis au bar-tabac en face de l’église ! » Quant aux « grandes jambes » elles grimperont à St Dalmas en franchissant le vallon du Bramafan, soit 150 mètres de dénivelé supplémentaire !

« Dans 5 minutes le départ ! » prévient Jean. « Nous étions 16 ce matin. Plus 22 petites jambes, cela fait 38. Moins 14 qui ont pris le chemin le plus court. Nous voici donc 24 ! ». Ce sont donc 8 « petites jambes » (car 22 – 16 = 8 !) qui ont cru bon de se frotter aux grandes ! Pour le meilleur et pour le pire. Hélas pour eux, le meilleur nous l’avons fait en gravissant le Caïre Gros. Le pire reste à faire ! Nous abordons la descente par un sentier agréable, sous la pinède. Une fois arrivés dans le vallon, changement de décor. Nous progressons à présent sur une piste caillouteuse, sous un soleil voilé. Le temps est lourd. Au loin, des nuages sombres s’accrochent aux sommets. Voici une petite fontaine; tout le monde se presse pour se rafraîchir un peu. Mais la fraîcheur est de courte durée. Nous grimpons à bonne cadence, pressés sans doute d’atteindre ce fameux bar-tabac que Jean nous a fait miroiter. De part et d’autre, les mêmes mots reviennent : « il fait chaud, .. c’est long, .. c’est dur, .. vivement qu’on arrive ! » Enfin nous apercevons au-dessus de nous le village de Saint Dalmas, sur fond de sommets perdus dans les nuages. Encore un petit effort avant d’atteindre la place de l’église : « église de l'Invention-de-la Sainte-Croix, ancien prieuré du 11ème sur 2 cryptes, clocher carré latéral, peut-être du 9ème, 3 nefs à absides voûtées en cul-de-four; retables, trésor, calices,reliques… » . On s’en fiche ! Nous, ce qu’on veut visiter, c’est le bar-tabac !  Notre souhait sera exaucé ! Après avoir abandonné nos croquenots dans les voitures, nous allons nous installer au frais, dans le jardin du bar-tabac. Et là, Jean nous annonce : « Nous avons atteint un dénivelé de 1010 mètres ! ». Ce qui n’est pas mal ! C’est donc avec fierté que nous pouvons savourer notre boisson … bien méritée.

Mais le ciel se couvre. L’orage gronde. Que ferons-nous demain ? La randonnée alpine de Bruno est-elle compromise ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode des randonnées du Cercle de Boulouris. Qui paraîtra en début de semaine. A bientôt sur le blog !

 

Merci Jean pour cette très belle randonnée. Sommet et paysage splendides ! Merci aussi à Bruno de la part des « p’tites jambes ».

 

Merci aux photographes : Jean BOREL, Jean-Marie CHABANNE, Gérard CHARPY, Claude LALANDE.

 

Encore quelques photos :

Randonneurs et randonneuses



















L’arrière-garde


















Ca grimpe !























Dur dur la montée !























Pique-niqueurs
















































Au bar-tabac

 

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Published by Gérard - dans Loisirs
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