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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 21:57

2019-01-31 - 573 - TANNERON LES CRETES - G1

 

Ce jour, Jean Bo nous emmène dans Le Massif du Tanneron, encore appelé le Massif du mimosa. En pleine floraison à cette date, nous profiterons  de ces belles fleurs soleil, en début et en fin de randonnée. Entre temps il nous faudra marcher et, fait assez remarquable, nous commencerons notre randonnée par une longue descente.

Par ce matin un peu frais (0°), nous sommes 28 à prendre le départ devant la statue commémorative de Tanneron, village perché à 400 m environ d’altitude.

Jean Bo a précédemment mené cette randonnée en 2005, 2008, 2012 et 2016. Pour éviter les redites, nous vous invitons donc à lire (ou relire) les blogs correspondant,  pour tout savoir sur le mimosa, de son importation d’Australie à sa culture.

Nous quittons la place de la mairie par le chemin de la Grille.

 

Patrick est notre serre file et vérifiera à plusieurs reprises lors de notre marche que le compte reste bon !

Jean nous fait observer, sur la paroi verticale d’un mur une grosse plaque de Nombril ou Ombilic de Vénus (Umbilicus rupestris).

« c’est une espèce de plantes  succulentes vivaces, parfois aussi appelée carinet, cotylédon, coucoumelle, cymbalion, escudet, gobelet, oreille-d'abbé. Les feuilles vertes, voire les tiges, sont comestibles crues (en dehors de la saison estivale) : très tendres, elles ont un goût de concombre juteux et une texture un peu gélatineuse. Les feuilles plus âgées peuvent être légèrement acidulées …  Elles peuvent être conservées dans du vinaigre à la manière des cornichons ou préparées en salade. »
Quelques randonneuses en feront la cueillette en fin de randonnée pour test culinaire. A suivre donc !

Jean nous arrête pour un premier panorama sur Grasse, surmontée à gauche par le plateau de Caussol  puis encore plus à gauche  Cabri et l’ Audibergue (hors photo). La visibilité n’est pas excellente mais nous devinons au fond les sommets du Mercantour.

Nous empruntons le chemin du Touordam vers la colle d’Embarque et découvrons les premiers mimosas.

 

Jean nous présente le parcours du jour (16 km  avec une dénivelée cumulée d’environ 600 m) et nous annonce une petite variante pour le retour : nous découvrirons  un chemin passant par les cultures de mimosas et éviterons ainsi de repasser dans le vallon des Serres.

 

Le groupe, bien attentif approuve le chef !

Nous repartons, toujours sur la route. Si le G1 ne peut aligner qu’un seul « octo », et non sept comme le G2, le nôtre marche en première ligne et avec quelle aisance !

Au col de la Colle d’Embarque  (335 m) nous bifurquons pour descendre par la piste DCFI du  vallon des Serres, jusqu’au fond du vallon de la Verrerie (150 m).

Nous avons quelques gués à passer puisque nous progressons alternativement entre rive gauche et rive droite de cette petite gorge. Mais cette année il y a peu d’eau et donc aucune difficulté de franchissement.

En levant la tête nous pouvons constater sur le versant opposé les mimosas sauvages.

Nous retrouvons la D38 qui franchit la Verrerie et nous poursuivons dans le vallon de l’Aubarie.

Nous marchons tranquillement en sous-bois : c’est toujours notre pain blanc, puisque les difficultés du jour sont devant nous.

Et oui, il nous faut remonter et le sol rocheux n'est pas le plus agréable.

A mi- grimpette Jean nous arrête pour la pause banane.

Nous reprenons notre montée, la partie la plus raide restant à faire. Le chemin, toujours aussi pierreux, s’est élargi.

Sur la colline opposée nous pouvons observer des plantations d’Eucalyptus.

Pour se diversifier, les mimosistes cultivent l’eucalyptus, également importé d’Australie, non pas pour une destinée pharmaceutique, mais en tant que feuillages d’ornement utilisés par les fleuristes pour la composition des bouquets. « Les Eucalyptus font partie de la famille des Myrtaceae. Différentes variétés sont cultivées : Le cinérea, le parvifolia, le Populus (qui peut se travailler en graines), le guny ou gunii, le nicoli, le baby blue, le puveranta, le Robusta (qui peut être teint en rouge)…. Le principe de récolte des Eucalyptus est très simple, il suffit de raser la plante au sens strict du terme. L’année suivante, nous retrouverons la même qualité de feuilles et surtout la même quantité (en temps normal, sans sécheresse). En effet ce qui est recherché ici ce sont les jeunes feuilles, bleutées et  ovales et non celles allongées et vert luisant qui se développent quand l’arbre vieillit. » 

Annie nous présente un puits, bien profond. Perdu en pleine nature, il est sans doute un vestige d’exploitation agricole ancienne.

Nous retrouvons les mimosas et l’occasion d’une nouvelle pause pour une photo de groupe, avant d’atteindre le hameau des Farinas (470 m).

Nous retrouvons le bitume et passons à côté de belles constructions basses en pierres sèches.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une éclaircie nous permet de mieux distinguer le Mercantour enneigé, puis la baie de Cannes et les îles de Lérins.

Nous retrouvons la piste qui va descendre vers une aire de pique-nique (240 m), confortable car équipée de tables, mais pas assez nombreuses pour notre groupe.

En face de nous, la bâtisse de la Verrerie, transformée en gîte.

 « Tanneron était toujours fief de la famille des « Grasse » au XVI ème siècle ….et le massif du Tanneron était à cette époque couvert d'une magnifique pinède. Certains arbres atteignaient 30 m de hauteur et 7 m de circonférence. De ce fait, de nombreuses verreries voient le jour, les forêts alentours contribuant à alimenter leurs fours.Ceux-ci deviennent itinérants suivant les coupes de bois réglementées par la Marine Royale, forte consommatrice de bois de charpente pour ses navires. Tout cela, non sans graves dommages pour ces forêts.Mais, c'est à la fin du XVIIIème siècle, qu'un violent incendie ravage la majeure partie des forêts de Tanneron et que le mimosa, importé d'Australie, commence à recouvrir le massif. »

Respectueux des chemins,  nous ne coupons pas la prairie, mais faisons une petite boucle pour passer de l’autre côté de la bâtisse et découvrir ses deux puits.

Le nouveau chemin de Jean Bo s’élève plein nord en sous-bois.

Puis nous passons le long des exploitations de mimosas et pouvons observer de près ces magnifiques fleurs d’une couleur jaune éclatante et au parfum suave.

« Les fleurs se présentent sous forme de petits pompons jaunes et soyeux disposés en grappes ramifiées. Chaque fleur comprend un  calice constitué de 5 sépales très petits, duveteux. La  corolle est constituée de 5 petits pétales libres de couleur jaune. Ces pièces florales sont rapidement dépassées par de nombreuses étamines qui, s'épanouissant au bout de leur long filet, forment les pompons d'un jaune lumineux »

Puis nous longeons des Eucalyptus, avant de rejoindre le chemin des Carreiros  et  la boutique du mimosiste, la société Vial.

L’exploitant, pèlerin de Compostelle nous accueille, nous présente la culture du mimosa et de l’eucalyptus avant de nous inviter dans sa boutique.

Alain préfère préfère s'entretenir  avec le chien de la maison.

Nous passons aux voitures pour quitter nos chaussures avant de nous désaltérer au café de la place de la mairie, juste avant la pluie.

Nous remercions Jean pour cette randonnée botanique  toujours aussi superbe.

Les photographies sont de Brigitte, Claude C., Nelli, Gilbert et Jean Bo.

La semaine prochaine : Jeudi 7 février 2019

 

G1

Départ : 8h

Jean Ma

588-1 Forêt de Palayson

Moyen**

18,7km

Dh = 290 m

 

Randonnée en boucle dans le canton de Palayson de la forêt de la Colle du Rouet, sur de bons chemins et pistes. Beaucoup de plat, excepté quelques passages raides localisés

 

Parking : petite route vers la maison forestière de Palayson

Coût du trajet A/R : 11 €

 

                 

 

 

 

 

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 11:38

Les Veyssieres-Malavalettes-G2-900

 

Aujourd'hui nous sommes dans le "local", à la porte de chez nous, dans cet Esterel dont nous apprécions tant les chemins caillouteux... Jack nous avait invités pour un rendez-vous à l'extrémité de ce quartier nouveau de St Raphaël, les Veyssières.

22 participants pour cette nouvelle aventure que Jack nous présente brièvement : 12.2  km et 355m de dénivelée. Beps sera notre serre-file.

 

La météo nous garantit une journée sans pluie jusqu'à 16 h.

Pile à 9 h nous attaquons tranquillement la piste direction nord. Jack se fera huer pour un petit détour de 25 m à la première bifurcation.

Revue d'effectifs en image.

Nous sommes dans cette zone de maquis bien caractéristique. En face de nous le Mont Vinaigre.

Un premier petit rayon de soleil éclaire le vallon de la Cabre et la piste Castelli.

Après avoir passé le pont de la Cabre,  1ère photo de groupe.

Jack nous annonce que nous allons commencer à monter en direction du carrefour de la Colle Noire. Le sentier est bien défoncé par endroit.

C'est en fin de montée que nous ferons "la pause banane". Nous y serons rejoints par un petit groupe de vététistes qui feront aussi une pause avec nous.. Que de belles machines !

Nous changeons complètement de direction, plein ouest en direction  du Col de l'Essuyadou.

Une suite de petites montées et de petites descentes nous conduit à la Maison forestière de Malavalettes, ou tout du moins ce qu'il en reste. Mais c'est un lieu plein d'histoire comme toutes les maisons forestières.

Les maisons forestières furent un atout majeur dans la renaissance des forêts françaises, plus de 2000 furent construites sur l’ensemble du territoire, en bordure et au centre des massifs, habitées généralement par deux familles, celles du garde forestier responsable d’un secteur et celle d’un cantonnier, tous deux agents des « eaux et forêts » (service d’Etat redéfini en 1966 sous le vocable de l’ONF).   Le garde devait veiller à la progression des plantations, surveiller bucheronnage et braconnage, superviser les travaux d’aménagement dont son équipier et voisin le cantonnier était chargé.  

 Dans l’Estérel, sous l’impulsion de l’inspecteur Auguste Muterse et de ses successeurs, 23 retenues d’eau furent aménagées, 400 km de pistes, chemins et sentes furent tracés et entretenus et le massif se couvrit de la végétation que nous lui connaissons aujourd’hui.  

 D’après le témoignage de la petite fille d’Auguste Muterse qui partagea ses jeux sur le chemin de l’école avec les enfants des agents forestiers occupant les maisons, Il semble que celles-ci étaient encore toutes utilisées dans les années 1930.   

De nos jours seules celles érigées en bordure de massif sont encore occupées par les agents ONF et leur famille : Palayson, la louve, Gratadis, le Dramont et le Trayas. Celle des Trois Termes est louée à un particulier. Celles du Malpey et des Cantonniers accueillent l’été des agents ONF en vacances. Pour le Malpey il existe un projet concret de réhabilitation dans le cadre de la Chartre de l'Esterel. La cantine du Porfait et une partie du Malpey sont louées à des sociétés de chasse. La Duchesse est fermée après avoir été louée de nombreuses années à un particulier. Les Charretiers et Malavalette laissées à l’abandon tombent en ruine. Et Roussiveau, la plus vieille, toujours là, toujours occupée mais par qui ?    

En fait la maison forestière de Roussiveau était construite depuis bien longtemps lorsque les autres apparurent, c’est pourquoi elle ne leur ressemble pas. En effet, depuis plusieurs années déjà existait là une bâtisse appartenant avec  les prairies environnantes au Seigneur d’Agay. Une ferme bergerie  y était installée, d’ailleurs depuis les romains ces terres engraissent moutons et chèvres pour le plus grand plaisir des populations alentour. En 1850, lors du partage domanial et communal un troc avec le Seigneur d’Agay permis à l’Etat de récupérer la bâtisse et ses terres qui faisaient une enclave privée dans la forêt domaniale, en échange le Seigneur d’Agay obtint les deux versants du Rastel éponyme. La ferme réaménagée devint la première maison forestière du massif de l’Estérel. Aujourd’hui elle est louée à une bergère, les moutons sont donc de retour dans l’Estérel, ils entretiennent naturellement prairies et sous bois selon les directives des agents ONF qui veillent encore et toujours à la destinée de la flore et de la faune de notre massif.

Cf : http://www.nature-passions.com/marcher-papoter-le-resume-a115075318.

Tout cela méritait bien une deuxième photo de groupe.

Par un joli sentier bordé d'eucalyptus, nous rejoignons le Col de l'Essuyadou. 

Au passage nous découvrirons le Bonnet du Capelan si caractéristique ainsi que, tout au loin, la mer, la baie de Fréjus-St Raphaël.

C'est dans cette zone que nous découvrirons les premières globulaires avec ces fleurs d'un bleu intense.

C'est la pleine saison, nous allons en voir de plus en plus.

 De là, une très forte montée jusqu'au carrefour de la Roche Noire. Là encore la piste est sévèrement creusée et nous progressons en file indienne au début. 
Notre doyenne en pleine effort.

 

Et nous arrivons à notre lieu de pique-nique, il est 11 h 45, nous avons bien marché et Jack est en avance sur son timing. Yvette et Jean-Marie se sont installés sur une grosse branche supportée par deux grosses racines. Cinq minutes après leur installation la branche casse et ils se retrouvent par terre. La branche était complètement pourrie…Hélas, pas de photo !

A l'issue du repas, moment historique, photographie des "octos" qui sont au nombre de 7. Ce nombre augmente sans cesse, pourtant ils ne se reproduisent pas ! En fait, il en manque un. Vous le retrouverez dans le G1 à Tanneron.

Avant de reprendre la route Jack fait un petit briefing sur la grande descente que nous allons emprunter. Un ou deux passages sont difficiles et demanderont peut-être une assistance pour certains. Il y veillera personnellement.

Nous rentrons maintenant dans une zone touchée par l'incendie de juillet 2003 qui avait contourné le Bonnet du Capelan. 

Les chênes-lièges ont conservé la couleur noire de la combustion de leur liège qui les a protégés. Les arbousiers sont repartis du pied quant aux bruyères elles ont oublié qu'elles ont été complètement brûlées et elles se sont régénérées.

Très beaux points de vue sur l'intérieur du massif et vers la mer.
 

L'arrière-garde du groupe apparaît dans le virage.

Tout le monde est bien arrivé en bas et nous nous retrouvons sur la grande piste Castelli après avoir traversé la Barban presque à sec. 

Jack modifiera un petit peu son parcours en contournant un des étangs. Ceci nous permettra d'admirer ces superbes eucalyptus.

Encore une montée, la dernière, assez raide et avec quelques gouttes de pluie. Puis nous retrouvons la civilisation et nos voitures. Il est 14 h 45.
Jack a organisé le pot sur place avec cidre, jus d'orange et crêpes dentelles.

​​​​​​​Il était temps de rentrer, la pluie commence avec une heure d'avance.

Merci Jack pour ce pot  et cette belle rando.
 

Merci aux photographes Nicole B et Jean-Marie.

La semaine prochaine jeudi 7 février 2019

 

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 16:58

2019-01-24 - 899 - ST-JEAN - COL DES MONGES - G1


Nous sommes 19 à nous rassembler sur le parking boueux du chemin de Maure-Vieil à Mandelieu-la-Napoule.  Il a beaucoup plu dans la nuit et nos souliers vont en souffrir !   

Nous ne nous laissons pas abattre et écoutons avec attention Jack nous présenter notre rando à caractère géologique. La blogueuse l'enregistre!

 

 

Puis Claude nous donne des explications supplémentaires pour que nous comprenions mieux les paysages que nous allons découvrir.  Elle partagera ses connaissances à plusieurs reprises dans la journée et ses propos, adaptés à un public non spécialiste et fort reconnaissant, seront en italique et en gras dans ce blog. C’est ainsi qu’elle nous explique que le volcanisme dans ce qui deviendra l’Estérel s’est installé voici environ 280 millions d’années. Il a pris naissance au moment de distensions tectoniques du socle hercynien, causant un réseau de fissures Nord-Sud à l’origine  du bassin d’effondrement du Reyran  et  Est-Ouest. Ce volcanisme va perdurer pendant  40 millions d’années, avec des phases d’arrêt. Nous pourrons observer différents paysages correspondant aux trois dynamiques du volcan : fissurale avec montées de lave par des fissures du socle, explosive quand le volcan développe un cratère par lequel vont s’échapper des laves, des cendres, des nuées ardentes…. et pyromidale quand le réservoir volcanique se vide et que le  dôme sommital formé par des coulées de laves visqueuses s’effondre au cœur de la caldeira (le chaudron).

Au début de la piste des Œufs de Bouc, Claude pointe son bâton vers un conglomérat illustrant le débourrage de la cheminée d’un volcan au début de son activité : de grosses roches de nature variées sont arrachées du substratum et  sont projetées avec la lave.

 

Patrick se propose comme serre-file, nous passons la barrière et empruntons un chemin sur la droite, bonnet sur la tête car il fait frais à 9h du matin !

Nous nous retournons pour voir Théoule-sur-Mer s’étaler derrière nous et prenons un nouveau chemin pierreux sur notre gauche.  Il est raide et nous marchons en file indienne tout en regardant le paysage alentour : forêt de l’Estérel, Mont St-Martin, les Grues sans oublier la mer.

En bas au loin, on devine la Chapelle et la Verrerie de Maure- Vieil que nous aurons l’occasion de voir de près dans l’après-midi. 

Nous sommes à la limite de la Caldeira et passerons au pied du Mont Pelet.   Premier effeuillage car la montée a réchauffé nos muscles encore endormis.

Nous sommes au-dessus de Mandelieu et Cannes s’étend sur notre droite.  Nous voyons aussi l’antenne du Pic de l’Ours et le sommet du Marsaou.  Nous continuons de monter. 

Le Cap d’Antibes se dessine au loin ainsi que les îles Lérins.  Claude arrive une roche à la main pour nous en expliquer les stries.

  

Il s’agit d’un morceau de lave caractéristique de la phase terminale, avec présence  de stries  parallèles de couleurs différentes : la lave est tellement visqueuse que les différents minéraux ont le temps de migrer selon leurs caractéristiques et de se regrouper en couches.

Nous poursuivons sur une large piste DFCI, (Défense des Forêts Contre l’Incendie, donc entretenue pour et utilisée prioritairement par les véhicules des sapeurs-pompiers comme me l’explique Joël). 

Nous avons repris notre souffle et les bavardages vont bon train. 

Claude prend la parole face à un ensemble de roches qui se dressent sur notre droite au cœur de l’Estérel 

 

et nous décrit cet exemple de volcanisme fissural. 

Les laves en fusion montent par des fissures, formant des cheminées,  alignées le long d’une faille (dyke). Ces laves peuvent être projetées  dans l’atmosphère (lave ignimbritique) ou s’épandre sur de grandes surfaces (lave effusive). Quand les cheminées se ferment la lave se solidifie à l'intérieur. Ultérieurement, l’érosion fait apparaitre ces cheminées verticales. Quand un tel filon de lave est isolé, on parle de neck.

Le Mont Saint Martin et le Marsaou sont des exemples de dykes.

 

Nous continuons sur notre belle piste avec toujours vue sur le Cap d’Antibes.  Le Marsaou s’élève devant nous dans un bel écrin de verdure à perte de vue. 

 

Nous croisons plusieurs engins de chantier qui entretiennent les chemins DFCI donc Jack négocie notre passage 

et nous en empruntons ensuite un qui monte de nouveau sur la gauche.  Il fait toujours frais à l’ombre mais la pause-banane au soleil va bientôt nous redonner des forces. 

 

 

Claude en profite pour nous parler des Œufs de Bouc :

Nos anciens ont trouvé des espèces de pierres, des nodules sphériques ou ellipsoïdaux très durs aux surfaces boursoufflées entre 10 et 40 cm pour les plus grosses.  Comme ils ignoraient la provenance de ces formations bizarres ils les ont diabolisées et les ont appelées Œufs de par leur forme et Bouc pour le diable. En fait, ce sont des lithophyses (du grec lithos, pierre et phusa, bulle).   Elles  sont constituées essentiellement de silice (SiO2). 

 La base de la coulée de lave (rhyolite riche en silice) a dû, dans cette zone, s’écouler dans un lac créé par un barrage de lave. Après une nouvelle éruption, des «bulles» gazeuses (vacuoles) de la lave vont alors  se remplir plus ou moins complètement d’eau chaude qui s’est chargée en minéraux et oxydes lors de  sa pénétration dans la lave en fusion. Lors du refroidissement, il y a cristallisation à partir de substances initialement dissoutes dans cette solution : A la périphérie de ces vacuoles la silice se dépose ce qui  donne une dureté et une inaltérabilité remarquable de la lave « silicifiée ». Lorsque, ultérieurement, la rhyolite s'altère ou disparait sous l'effet de l'érosion,  les lithophyses se trouvent dégagées. A l’intérieur des vacuoles, la précipitation et la cristallisation minérale se déroulent progressivement en  formant des couches de microcristaux de calcédoine, diversement teintée par des oxydes (rouge, rose, bleue, grise.. .) et de formes variées. Puis, si les conditions sont favorables, peuvent se déposer d’autres minéraux, de l’extérieur vers l’intérieur de la cavité, en fonction de l’espace resté libre, comme le quartz (silice cristalline), et plus rarement l’améthyste.

 

 

Nous repartons  le long d’une large piste rocailleuse au soleil.

 

Le Mont Pelet s’élève devant nous et Claude ajoute qu’il illustre le volcanisme explosif. La formation du cratère est liée à une violente explosion. Dans les falaises sont visibles des cavités liées au dégazage, qui a également formé des grottes. Puis  il y a émission de brèches au sein desquelles  les différences de dureté font que les paysages liés à l’érosion sont ruiniformes. Nous les observons quand nous marchons entre les Trois Termes  et les Suvières et le Marsaou.

 

Nous empruntons un petit chemin rocailleux sur la droite après ce magnifique point de vue sur la mer. 

Nous descendons sous le soleil enveloppés par la végétation verdoyante de l’Estérel.

 

 

 

 

Le chemin se transforme en crevasse étroite qu’il faut descendre avec prudence surtout que le terrain glisse et que quelques racines en surface ajoutent à la difficulté.  Nous avançons en file indienne au milieu des pins et des bruyères. 

Nous sommes heureux de nous retrouver sur une grande piste après cette épreuve !

Le Marsaou baigne à l’Ouest dans la lumière du soleil mais nous endurons les polaires.  Nous croisons quelques cyclistes que nous saluons et arrivons au Col du Trayas.

Nous continuons sur une belle piste face à la mer en contournant le Marsaou.  Nous apercevons au loin Notre-Dame d’Afrique mais à peine visible sur la photo prise donc je vous laisse l'imaginer! 

 

Jack nous indique un petit sentier que personne n’aurait remarqué et nous prie de redoubler de prudence car très glissant.  Nous sommes de nouveau en file indienne au milieu de la végétation dense et sauvage.

Nous en sortons pour nous retrouver sur une belle piste et en profitons pour faire une photo de groupe. 

Nous nous dirigeons vers le Pont Sarrazin, dominé par le Mont St-Martin, où nous déjeunerons. 

Nous pique-niquons sur des roches partiellement couvertes de mousse.  Nous déjeunons bercés par la musique apaisante d’une cascade. 

Radis blancs et noirs, biscuits, café, chocolats  et liqueur de myrtes circulent généreusement. 

 

Nous voici ragaillardis et prêts à repartir.  Il est 1345h quand Jack donne le signal  .  A brandir ses bâtons comme une raquette et avec son bandeau, il me fait penser à un joueur de tennis!

Nous sommes éblouis par les premiers mimosas en fleurs. 

 

Nous regagnons une route goudronnée qui nous amène à l’ancienne verrerie et à la Chapelle de Maure-Vieil.  Cette dernière est surmontée d’une coupole mauresque, témoin de la présence des Maures dans la région.  Nous passons devant l’amphithéâtre et quittons cet endroit intrigant.

 

Pour en savoir davantage, je vous invite à lire ce qui suit.

"Dans les années 1960, le Docteur Guyot, un ancien banquier, adepte du mouvement NEW AGE fit construire cet ensemble immobilier. Il rassembla en ce lieu denombreux artistes New Age en quête d'une nouvelle spiritualité.L'ensemble comprend une chapelle surmontée d'une coupole mauresque (syncrétisme

ou rappel de la présence des Maures dans le secteur-cf. le Pont Sarrazin), un mphithéâtre, des logements. Très vite abandonné, le bâtiment fut vandalisé et particulièrement tagué".

 

Nous remontons un chemin pierreux

et arrivons sur un plat, le carreau d’une mine de fluorite.

Jack teste nos connaissances – on ne rigole pas en G1 ! - et nous lit ce qui suit

Sous l'action de la chaleur, la fluorite décrépite laissant une poudre blanche. C'est à cette propriété que l'on doit, à la suite de l'un de ces incendies qui ravagent périodiquement la région méditerranéenne, la découverte vers le milieu du XIX siècle, du gisement de Fonsante.

La fluorite est un fondant dans la production des verres ou des céramiques, ou encore de la fonte de hauts-fourneaux (laitiers). La fluorite abaisse la température de fusion du mélange des constituants minéraux des verres, des céramiques et des laitiers de hauts-fourneaux. Verres, céramiques et laitiers, sont des alliages de minéraux qui obéissent à des lois physico chimiques. Les diagrammes ternaires sont les mieux compris car les plus simples - par exemple celui des alliages de silice, chaux et alumine - pour lesquels on a établi les températures de fusion en fonction des proportions respectives de chaque constituant. Ces travaux sont dûs à Henri le Chatelier. En introduisant une certaine quantité de fluorite, on passe à un mélange quaternaire, mais en continuant d'observer le comportement du système ternaire silice, chaux et alumine, on constate une baisse des températures de fusion.

Les filons de fluorite sont dans les fractures de volcans et furent les mines de l’Esterel arrêtées recemment  Fontsante 1987,  Les mines de Garrot 1975, Les trois Termes 1968, Maure6Vieil 1976, Les mines de l’Avellan  1971 

La fluorite servait aux maitres verriers de Théoule.

 

Une fois digéré, il nous explique que nous allons passer au pied de la piste où nous étions et faire un aller-retour pour nous rendre à une grotte dans les Œufs de Bouc.  Nous voici donc de nouveau en sous-bois, sur un chemin plat et terreux pour commencer mais les difficultés ne vont pas tarder. 

Il fait frais, nous glissons parfois mais nos efforts sont récompensés quand nous apercevons la falaise contenant la grotte.

 

Sous l’effet de l’érosion, la nature hétérogène de la  lave prend  des formes surprenantes.

On continue d’avancer dans cette jungle en faisant attention aux ronces.

15h15 - Nous y voici ! 

 

Il s’agit d’une grotte d’explosion d’où les trous un peu partout formés lors du dégazage!

Après en avoir apprécié l'intérieur,

 

 

nous quittons la magie de ce lieu, fiers de nous y être tous rendus.  Nous rebroussons chemin et sortons de ce tunnel une demi-heure plus tard.

Nous nous retrouvons avec soulagement sur une belle piste ensoleillée.  Nous sommes à 1km des voitures et longeons  d’immenses falaises qui se dressent sur notre gauche au niveau de la carrière.  Claude nous invite à observer les différentes couches de laves et de tufs (la plus haute correspondant au dôme), le sens des écoulements et nous explique le pourquoi des différentes couleurs (la couleur verte est liée à l’oxydation de fer en milieu aqueux, la violacée à l’hématite).

 

Il est 16h quand nous arrivons au parking et une fois déchaussés, nous remontons en voiture pour nous rendre au Café La Napoule à Mandelieu où nous partagerons le pot de l’amitié.

 

 

Nous avons parcouru 16,6 kms pour un dénivelé de 700m.

Merci à Jack pour cette randonnée à caractère géologique, à Claude qui a su captiver notre attention par ses explications à notre portée, à Patrice notre serre-file et à nos chauffeurs.

Les photos sont de Brigitte, Claude, Gilbert et Dominique

Jeudi 31 janvier:

G1:  Départ 0730h - Jean Bo

Les Crêtes de Tanneron - Moyen ** L: 15,2 km, D: 575m

Parking: Tanneron - Parking de la mairie

G2: Départ 0830h - Jack

Les Veissière-Malavalettes - Moyen ** L: 12 km, D: 335m

Parking: Les Veissières

 


 

 

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