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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 08:20

Déconfinement 1- Herbier des randonneurs 2
Spécial montagne

 

Le voici, le voilà, votre herbier de montagne. Ne vous impatientez pas, même déconfinés nous avons du temps avant de reprendre toutes nos activités.

 
En préambule je voudrai remercier particulièrement Maryse, une ancienne randonneuse qui nous accompagné pendant plusieurs années et  nous a permis des identifications précises dans le Mercantour. Si un de nos lecteurs est resté en relation avec elle, merci de lui signaler ce blog.
Un grand merci aussi à nos blogueuses qui ont bien "mitraillé" pendant les séjours dans le Briançonnais et à Valberg même si il n'y avait qu'un concentré de blog à l'issue de ces séjours.
 

Notre montagne se limitera au Mercantour et au Briançonnais, deux secteurs où nous avons randonné.Là encore, je ne serai pas exhaustif, mais toutes les plantes décrites ci-dessous ont été photographiées au cours de nos randonnées. Certaines n'ont pas été identifiées sur le champ.

Les identifications ont été encore plus difficiles car mes séjours en montagne n'ont pas été assez fréquents pour m'imprégner de cette végétation. J'ai usé et abusé d'Internet-merci Wikipédia- et de mon Guide de la Flore des Alpes maritimes du Mercantour à la Méditerranée.
Si vous trouvez des erreurs, merci de me les signaler, je corrigerai et améliorerai ainsi ma culture botanique. 

Enfin, deux bonnes nouvelles:
1-Je ferai une version "light" avec uniquement des photos.
2- Anne-Marie a demandé une version PDF des blogs conditionnement et déconditionnement, donc imprimables. Je suis sûr que si vous lui demandez gentiment elle se fera un plaisir de vous faire parvenir en PJ ceux qui vous intéresse.

A ce sujet, je vous signale que tous les blogs depuis 2006 existent dans en PDF et nous pouvons toujours les mettre à votre disposition.

Vous remarquerez  la fréquence  des plantes toxiques. La nature n'est pas toujours sympa. Je les ai signalées en rouge.

Aconit
(Aconitum napellus) En fait, il vaudrait mieux dire aconit « du groupe napel

», car il existe plusieurs espèces ou sous-espèces proches, dont l'aconit napel et l'aconit de Corse. 
Photo Briançonnais 2019


Cette espèce est certainement l'une des plantes les plus toxiques de la flore d'Europe tempérée. La racine contient de 0,5 à 1,5 % d'alcaloïdes, le principal étant l'aconitine2, mais beaucoup d'autres alcaloïdes voisins sont également présents dans la plante : aconine, capeline, hypoaconitine, jesaconitine, lycaconitine, mésaconitine, néoline, néopelline3. Dans l'Antiquité, sa grande toxicité lui a valu d'être surnommée "arsenic végétal".

Mais cette plante est aussi utilisée en homéopathie…

 

 

 

 

 

 

 

Ancolie
 (Aquilegia alpina)  L'ancolie des Alpes est une endémique des Alpes

occidentales et des Apennins. La plante porte de une à cinq très grandes fleurs d'un beau bleu, à pétales tronqués et à gros éperons un peu arqués, et à étamines un peu plus courtes que les pétales.
Pas facile de la différenciée de l'ancolie commune(Aquilegia vulgaris)  . Photo Briançonnais-juin 2019.

 

Arnica
 

(Arnica Montana)Arnica des montagnes  est une espèce de plantes herbacées vivace rhizomateuse. Cette plante européenne principalement montagnarde est typique des sols acides et pauvres en éléments nutritifs.
En voie de disparition, elle est protégée.
L'arnica est l'une des plantes médicinales les plus anciennement évoquées par les auteurs. On trouve des descriptions de ses vertus thérapeutiques dans les traités de médecine de la Grèce antique. Ainsi, Pedanius

Dioscoride, médecin et botaniste grec réputé du Ier siècle, la nomme "alcimos" , soit "salutaire", et l'on peut supposer qu'elle fut utilisée dès la préhistoire. Cette popularité, parmi les thérapeutes, lui permit d'être, tout au long de l'histoire de la médecine, la plante la plus communément utilisée pour le traitement des traumatismes.

2011-06-29-Col-de-la-Sestriere-13-Arnica.

Elle était juste sur le chemin et c'est un miracle qu'elle n'ait pas été piétinée.
 

06-2020-Briançonnais
 

Ce sont les nombreuses molécules synthétisées par l'arnica qui confèrent à cette plante un usage si précieux en médecine. Parmi les principaux principes actifs, on peut citer les flavonoïdes, le thymol, l'arnicine, les coumarines et les caroténoïdes.
L'arnica s'utilisera principalement en usage externe, sous les formes de pommades, d'onguents, de teintures ou d'huile de massage. Le seul usage par voie interne concerne les préparations en homéopathie, réalisées par l'industrie pharmaceutique ou en officine.
Traitement des lésions traumatiques et/ou inflammatoires ( rhumatismes, piqûres d'insectes, dermatoses, phlébites peu profondes, etc.), selon les préparations.

Ne jamais utiliser des solutions d'arnica sur des plaies ouvertes ou ulcérées et, bien sûr, ne jamais avaler des solutions ou des extraits d'arnica. En cas d'ingestion, la présence d'arnicine, d'une grande toxicité, peut provoquer un empoisonnement, pouvant mener au coma et au décès.
 Il n'a pas été décrit de contre-indications en usage externe et en usage interne, en homéopathie, selon les dosages prescrits.
 On trouvera des granules homéopathiques dans toutes les trousses de soin des randonneurs.

Berardie laineuse
 

(Berardia lanuginosa)ou (Berardia subacaulis)Cette plante très prestigieuse a été recherchée et étudiée par de nombreux botanistes. Elle est assez commune dans les Hautes-Alpes où elle se rencontre dans les éboulis calcaires et schisteux. Ses feuilles sont très caractéristiques,  pétiolées à limbe très largement entier ou très faiblement denté fortement nervé, vert- grisâtre en dessus, blanc-tomenteux en dessous. 

2011-06-29-Col-de-la-Sestriere-

Pousse entre 1200 et 3000m. C'est une  plante protégée.

Barstie  des Alpes
 

(Bartsia alpina) La bartsie des Alpes, aussi appelée cocrète violette ou cocrète des Alpes. Cette Orobanchacée (plante parasite) se reconnaît à la couleur pourpre-violet foncé de ses fleurs et de ses feuilles. Elle pousse soit dans les prairies humides, soit dans les combes à neige. La bartsie fait partie des plantes «artico-alpines» qui se sont implantées dans les alpes à l’ère quaternaire.

Photo 25/06/2018-Briançonnais
 

B. alpina est une plante hémiparasite. Elle est donc capable de photosynthèse, mais tire la partie principale de son carbone organique de son hôte. De par ce fait, son activité photosynthétique est réduite au minimum. Elle  s’implante donc sur les racines de son hôte en utilisant ses rhizomes. Sa gamme d’hôtes est assez large, comprenant de nombreuses plantes herbacées.  
Comme la majorité des plantes parasites, elle est nocive pour ses hôtes. Dès lors, elle modifie divers paramètres au sein des populations de ces derniers, comme la répartition dans l’espace ou la compétition pour les nutriments.
La présence de B. alpina dans une communauté n’est toutefois pas nocive à tous points de vue. En tant qu’hémiparasite, elle concentre les nutriments dans ses feuilles et les y conserve même pendant le vieillissement. La concentration de ces nutriments est alors de 1,4 à 20,6 fois supérieure à celle des plantes non-parasites.
Cette particularité fournit une couche de feuilles mortes qui se décompose plus vite et en donnant plus de nutriments une fois la partie aérienne est morte et en décomposition. Cette couche se retrouve enrichie en azote et en phosphore et appauvrie en lignine, ce qui peut s’avérer très bénéfique pour d’autres plantes ayant des besoins en nutriments que le sol ne peut fournir.

 

Centaurée
 

(Centaurea montana) La Centaurée des montagnes, Bleuet des montagnes, ou Bleuet vivace  est parfois appelée Barbeau des montagnes, Bleuet de montagne, Jacée de montagne.

Photo 2018-06-27 Lac de L'Orceyrette.
 

 Le bleuet vivace est considéré comme une plante attirant les insectes. C'est une plante mellifère possédant un pollen de haute valeur calorique et qui contient une quantité relativement importante d'amidon et de graisses. Ce facteur est même constant au sein des plantes de l’espèce. Les insectes prédominants sur les fleurs de cette centaurée sont les bourdons (77,7 % des insectes observés). On y trouve aussi, du plus au moins abondant, des abeilles communes, des abeilles solitaires, des diptères, de lépidoptères et des guêpes. La présence d'une quantité importante de bourdon par rapport aux autres types d'insectes est due à la longueur du tube corollaire. Celui-ci fait, en général, 7,2 mm ce qui est un désavantage pour les abeilles communes car elles ont une langue de 6,6 mm de long en moyenne, alors que les bourdons en possèdent une d’environ 7,8 mm8.
Photos 2018-06-27 Lac de L'Orceyrette.

Dans le genre Centaurea, beaucoup d'espèces ont longtemps été utilisées dans la médecine traditionnelle pour soigner diabètes, diarrhées, rhumatismes, hypertension, … Les fleurs contiennent des substances digestives et diurétiques . Les graines possèdent une grande quantité de flavonoïdes, de glycosides et d'indoles que l'on trouve dans beaucoup de produits pharmacologiques et médicinaux différents. La plante possède aussi, des lignines et des lignanes (comme l'artigénine) trouvables dans les parties aériennes.
Le bleuet vivace possède un indole alcaloïde dimérique, la montamine, qui a été isolé de ses graines et qui est unique à cette plante. Ce composé possède une activité cytotoxique et anti-cancer. Il aurait un effet contre le cancer du côlon. Après analyse, elle aurait une concentration inhibitrice médiane (CI 50) maximale de 43,9 µM, ce qui signifie qu’elle est plutôt efficace9. On y trouve aussi la montanoside qui a aussi des activités anti-cancers mais qui est bien moins efficace (CI 50 = 153,4 µM)

Cirse épineux

(Cirsium spinosissimum)Plante très piquante,

souvent confondue avec la carline

photo du 01/09/2011-refuge de longon

quand elle est jeune, comme sur la photo ci-contre, ou avec le chardon des Alpes quand elle fleurit.
Photo 2012-06-27-Lacs-de-Prasles-


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cityse

(Laburnum alpinum)C'est un arbre haut de 5 à 8 mètres à feuillage caduc. Les fleurs d'un jeune flamboyant sont disposées en grappe. 

2013-06-25-St-martin-Vesubie 

Ses fruits sont des gousses glabres virant au brun noirâtre à maturité et contenant des graines très toxiques.
Nous avons pu l'observer à St Martin Vésubie sur la route en montant à la Madone de Fenestre où il est très abondant.


 
Le bois du cityse était utilisé pour faire les "chambis", ces sortes de collier portant un cloche et accroché au cou des chèvres-

                                               le lauvet d'Ilonse-18 mai 2007 

 

 

 

 

 

Digitale
 
(Digitalis grandiflora) La digitale à grandes fleurs est une plante herbacée vivace ou bisannuelle. Autre variété commune  

(Digitalis purpurea)
Elle est appelée parfois Doigtier, Gant-de-Notre-Dame, Gant-de-bergère, Gantelée, Gantière ou Gantillier.
En France, on peut rencontrer cette plante dans les Ardennes, les Vosges, le Jura, les Alpes, la bordure orientale du Massif central et les Pyrénées. La digitale à grandes fleurs se rencontre à l’étage montagnard, sur le bord des chemins, dans les bois clairs, les rocailles ou les prairies. Altitude : 400 à 2 000 m.

 

 Photo Briançonnais-06-2019 (avec en prime quelques œillets)

Il existe environ vingt espèces de digitales. Les digitales sont originaires d'Europe, d'Afrique du nord-ouest et d'Asie occidentale et centrale.
Toutes les parties de la digitale sont toxiques. Elles contiennent de la digitaline, utilisée en médecine pour ralentir le rythme cardiaque. Il ne faut en aucun cas en absorber.

 

 

 

 

 

 

Gentianes
Comment ne pas s'intéresser à cette grande famille très représentée de l'Auvergne aux Alpes. Famille très diversifiée où le nom doit toujours être accompagné d'un qualificatif. Nous nous intéresserons à trois d'entre elles, la Gentiane  Vera, la gentiane Acaule et la gentiane jaune.
Le terme Gentiana, fait référence à Gentius, roi d’Illyrie (actuelle Albanie) au 2ème siècle avant JC qui, selon Pline l’Ancien, découvrit les propriétés médicinales et curatives de la racine de la Gentiane jaune. Le qualificatif acaulis, ou acaule, signifie la fleur ne possède pas, ou peu de tige apparente, reposant directement sur la rosette des feuilles.

 Gentiane de printemps
 

(Gentiana Vera) C'est l'une des gentianes les plus répandues. On la trouve sur les alpages ensoleillés de toute l'Eurasie de l'Irlande à la Russie. Elle est commune en Europe centrale et du sud, en moyenne montagne comme le Jura et les Balkans jusqu'à une altitude de 2 600 m et dans les régions montagneuses allant du haut Atlas du Maroc, les montagnes de Turquie, d'Irak et d'Iran.

Rando à Valberg-06-2017
 

Elle a tendance à prospérer sur les prairies sèches à sol calcaire ou siliceux. Sa rareté dans certains pays européens a entraîné sa protection comme espèce menacée
Des superstitions sont associées à la Gentiane de printemps, ainsi cueillir une Gentiane pour la mettre dans une maison porterait malchance car l'individu risquerait d'être frappé par la foudre.
 

Gentiane Acaule

(Gentiana acaulis) Plante vivace alpine tapissante de petites dimensions, au feuillage lustré vert moyen, en rosette

 Lac Lerié-Plateau d'Amparis-25-09-2019

  basale, au-dessus duquel jaillissent, sur de très courtes tiges, en mai-juin, de grandes fleurs dressées, en forme de trompette, d’un sublime bleu intense, ponctué de vert à l’intérieur de la corolle. Une espèce très proche, Gentiana Alpina, apporte un peu de confusion au niveau de l'identification. Personnellement je ne fais pas de différence.

12-2012-06-27-Lacs-de-Prasles


 
Gentiane  Jaune

 (Gentiana lutea), La gentiane jaune  encore appelée grande gentiane, est une espèce originaire d'Europe méridionale et d'Asie mineure, présente notamment dans divers massifs montagneux européens, dont les Alpes, le Massif central, le Jura, les Pyrénées et les Vosges. Elle a toutefois été observée en 2013 dans les hautes Ardennes belges. La gentiane jaune est aussi appelée gentiane officinale, jouvansanne, quinquina d'Europe, quinquina des pauvres, lève-toi-et-marche, jansonna, bananier des Alpes et quinquina indigène. On considère que cette plante fait partie de la flore obsidionale de France ( plante disséminée par les armées-ndlr)
Grande herbe robuste et vivace, elle peut vivre 50 ans et met 10 ans pour fleurir la première fois. Les feuilles sont opposées et nervurées. Elles sont pétiolées à la base et sessiles embrassantes sur la tige. Les grandes fleurs jaunes sont serrées à la base des feuilles supérieures. La corolle est divisée en 5 à 9 lobes presque jusqu'à la base.
Elle est parfois confondue avec le vérâtre blanc (ou hellébore blanc), qui est

violemment toxique, mais dont les fleurs sont blanches et les feuilles alternées, alors que les fleurs de la gentiane sont jaunes et les feuilles opposées. Il pousse dans les mêmes stations que cette dernière. Il y a donc risque de confusion au moment de la récolte.

Photo 27/06/212-lac de Prasles
 

Plante connue depuis des temps très anciens pour ses propriétés apéritives. Sa forte racine, qui contient des glucosides amers, sert à fabriquer des boissons apéritives très réputées. Mais la gentiane est surtout utilisée dans des apéritifs comme la liqueur de gentiane (Suze, Salers, Avèze, etc.) ou l'alcool de gentiane, Bière de Fleurac, et le Picon, auxquels elle apporte son amertume.
 

Il faut attendre sept à dix ans avant de pouvoir les récolter. La récolte est réalisée essentiellement dans le Massif central par les « gençanaïres ». À l'aide d'une fourche spéciale appelée « fourche du diable », ils peuvent extraire plus de 200 kg de racines par jour. C'est un travail pénible qui s'effectue de mai à octobre.
Ce sont près de 1 000 à 1 500 tonnes qui sont utilisées chaque année pour satisfaire les besoins de l'artisanat et l'industrie. En volume, la gentiane est une des trois premières plantes médicinales et aromatiques utilisées en France et ses applications sont nombreuses (pharmacie et médecine humaine et vétérinaire, boissons et spiritueux, cosmétique, fabrication d'arômes et d'extraits, gastronomie…)
La gentiane jaune est utilisée :
•    comme tonique digestif,
•    pour stimuler l'appétit,
•    pour faciliter la digestion,
•    comme roborant,  (redonne  des forces, de l'énergie, qui stimulent la santé, l'organisme.Ndlr)
•    pour traiter la dyspepsie atonique,
•    pour traiter l'atonie gastro-intestinale,
•    pour traiter la dyspepsie,
•    comme anti-scrofuleux,
•    pour diminuer la diarrhée,
•    comme sialogogue,(capable de stimuler la sécrétion salivaire.Ndlr).
•    comme amer digestif,
•    comme antiémétique,
•    pour soigner la fatigue due aux maladies chroniques,
•    pour soulager l'épuisement,
•    pour traiter contre les vers, comme anthelminthique,
•    comme antiseptique.
•    pour élaborer des liqueurs de gentiane et apéritifs amers.
  

Edelweiss  
 

(Leontopodium alpinum), L'edelweiss appelé aussi pied-de-lion, étoile d'argent, immortelle des neiges ou étoile des glaciers, est la fleur emblématique de montagne qui tient son nom de l'allemand : edel (noble) et weiss (blanc).  
En France, l'edelweiss est protégé à diffèrent niveaux : dans les espaces protégés (Parc National de la Vanoise, réserves naturelles, etc) et dans six communes des Hautes-Alpes où sa cueillette est interdite depuis 1993, mais ailleurs en France elle est possible dans la limite "de la contenance de la main d'une personne adulte". Malgré tout, comme sa cueillette a été excessive pendant très longtemps, l'edelweiss est devenu assez rare dans la nature où la plante pousse surtout en altitude (2000 à 3000m).

Photo du 01/09/2011- Refuge de Longon 
 

L'edelweiss est une plante vivace très rustique qui forme une touffe avec des feuilles basales, en rosette, gris vert, linéaires, oblongues, de 2 à 4cm de long, couvertes d'un feutrage qui permet à la plante de limiter les pertes d'eau.
Des inflorescences laineuses émergent de la plante, entre juillet et septembre : les fleurs sont en forme d'étoile, mesurant entre 3 et 10cm de diamètre, avec des bractées blanches duveteuses autour de petits capitules jaunes. Les fleurs peuvent se faire sécher et former des bouquets secs pour l'hiver.
On prête à l'edelweiss des propriétés médicinales contre les maux de ventre, les affections respiratoires et la diarrhée, et depuis peu, ses vertus antioxydantes sont louées par l'industrie cosmétique, mais rien de scientifique à ce jour.

Joubarde

(Sempervivum montanum) C'est une plante grasse de montagne poussant entre 900 m et plus de 2 500 m dans les massifs du sud de l'Europe. En Provence, cette plante robuste avec des fleurs en étoiles roses qui s'épanouissent en juillet/août devient rare. 
Elle est à protéger absolument du fait de sa rareté dans cette région, elle y fleurit en juillet lorsque la sécheresse et la canicule ne sont pas trop sévères, sinon les boutons floraux ne s’épanouissent pas et se dessèchent. 
 Elle se rencontre sur des sols siliceux. Ses feuilles sont couvertes de poils collants et glanduleux.

Photos  de Valberg-06-2017


Pour pouvoir vivre sur des rochers ou des zones sèches, il faut être bien adapté. La joubarbe a adopté la stratégie des cactus : quand ses racines ont de l'eau, elle en puise pour boire mais aussi pour faire des réserves dans ses feuilles et sa tige. Ses racines n'ont pas poussé dans la roche, bien sûr ! Elles se sont glissées dans de petites fentes où s'est accumulé un peu de terre. Ainsi, elle en aura à sa disposition quand il fera chaud et sec !

C'est pour ça que ses feuilles sont épaisses et ne ressemblent guère aux feuilles des autres plantes. Si on en coupe une en deux et qu'on la presse doucement entre les doigts, il en sortira de l'eau. 
 

Laser
 

(Laserpitium) Pas facile cette famille des ombellifères, 3500 espèces caractérisées notamment par leur inflorescence typique, l'ombelle, d'où leur appellation   (Umbelliferae, nom alternatif). De la carotte sauvage comestible à la cigue, poison mortel, en passant par le persil et le fenouil, pas toujours de certitudes à l'identification. Avec les blogueurs de juin 2017 à Valberg, nous avons identifiée celle-ci comme étant un Laser.

Lis de Saint Bruno
 

(Paradisea liliastrum) Ce beau lis blanc pousse sur les sols calcaires, dans les prairies et les pâtures sub-alpines. Cette fleur parfumée aime beaucoup le soleil. A ne pas confondre avec la phalangère à fleurs de lis, bien plus courante.

Photo 2010-07-01-Les-Balcons-d-Allos 
 

Appelé aussi Paradisie faux-lis, Lis des Alpes, Lis des Allobroges.
 

St.Bruno : Bruno le Chartreux, appelé aussi Bruno de Cologne, né à Cologne vers 1030, mort le 6 octobre 1101 à l'ermitage de la Torre, aujourd'hui chartreuse de Serra San Bruno en Calabre, est un saint catholique fondateur de l'ordre des Chartreux. Son culte dans l'Église universelle est autorisé le 19 juillet 1514 lorsque le pape Léon X accorde oralement sa béatification, tandis que le pape Grégoire XV introduit la fête de saint Bruno au Missel romain le 17 février 1623.


Lys martagon  
(Lilium martagon) Une espèce protégée dans la nature, surtout présente dans les bois et les prairies des régions de montagne d'Europe méridionale et médiane. On le trouve en France, à l'état sauvage, dans les Alpes par exemple. Cette espèce longtemps recherchée par les collectionneurs présente des fleurs pendantes, rose violacé, ponctuées de tâches pourpres ou brunes.

2010-07-01-Les-Hameaux-d-ALLOS
 

Ce grand lis dont la tige peut atteindre 180 cm au maximum est emblématique des Alpes. Il pousse dans les prairies, les broussailles et les alpages. Cette plante est rare bien que ponctuellement très présente. La floraison, dégageant le soir un parfum douceâtre, a lieu en juin, juillet ou août selon le climat.

Sur chaque tige tubulaire, lisse, légèrement pourprée, s'épanouissent jusqu'à 50 fleurs comme de petites lanternes à six sépales rose violacé et moucheté de pourpre. A maturité, les sépales se recourbent vers le haut et laissent pendre six belles étamines orangées. Le feuillage, caduc, est vert clair, les feuilles sont spatulées et présentent 7 à 8 nervures longitudinales fortement marquées.

Les fleurs du lis martagon sont visitées la nuit par des papillons sphinx qui s'immobilise en vol stationnaire devant la fleur, comme le font les colibris. Son bulbe est comestible, il est formé d'écailles ovales, pointues, jaune d'or.                 

                              Juin 2019-Briançonnais

 

 

 

 

 

 

Nigritelle rose
 

(Gymnadenia nigra subsp corneliana) Petite orchidée des pelouses alpines calcaires, haute de 10-30 cm, endémique des Alpes du Sud, se rencontre de 1600 à 2300 m des Alpes maritimes à la Savoie. Floraison de Juin à Juillet. Odeur de vanille.

Photo 25/06/2019 Briançonnais

Panicaut
(Eryngium alpinum) Le chardon bleu est protégé au niveau national d'après l'arrêté du 20 janvier 1982, il est donc strictement interdit de ramasser ou d'arracher cette plante à son milieu naturel. Il est cependant possible de trouver des plants ou des fleurs coupées à la vente, produits par des professionnels, et il faut savoir qu'ils doivent être délivrés avec un document officiel indiquant la date et le lieu de la récolte, ainsi que le nom du cultivateur, afin de prouver que ces derniers n'ont pas été prélevés dans la nature. 
La plante photographiée le 25/06/2019 dans le Briançonnais n'était pas

encore à l'état mature. Elle fleurit en juillet-août et devient alors bleue d'où son nom.

Raiponce
(Phyteuma ovatum)  Ce sont des plantes aux feuilles cordiformes ou lancéolées, les basales pétiolées, aux tiges non ramifiées, portant une inflorescence en épi dense ou en tête globuleuse au-dessus d'une collerette de bractées. Les fleurs sont petites, en partie tubulaires, aux étamines libres.
Briançonnais-25/06/2019

Le genre comprend environ 45 espèces principalement en Europe et dans l'ouest de l'Asie.

Rhododendron
 

(Rhododendron ferrugineum),  Egalement appelé Laurier-rose des Alpes, Rosage ou Rose des Alpes . Longue durée de vie (pouvant atteindre 300 ans au moins), domine et structure des landes aux versants nord à nord-ouest de l’étage subalpin (1 400 m-2 400 m). Sa floraison spectaculaire (en moyenne 300 inflorescences de 5 à 22 fleurs/m2) et sa croissance débutent simultanément environ 15 jours après la fonte des neiges et se déroulent sur à peine plus d’un mois lorsque les conditions climatiques lui sont favorables (entre fin mai et début août selon les altitudes).

Photo de Valberg-Juin 2017

Il forme des buissons de 30 à 120 cm de hauteur, épousant les formes du relief. Les feuilles sont persistantes, glabres à bord entier non cilié, de couleur vert foncé et luisantes en dessous. Les fleurs sont odorantes d'un beau rose vif, groupées par 6 à 10 à l'extrémité des rameaux. La floraison s'étale de juin à août.
Graines aéroportées  et  marcottage discret et efficace, en font une plante  envahissante et elle n'est pas appréciée des forestiers car elle réduit l'espace disponible. Mais tellement belle !
 Il renferme de l'arbutine, de l'aricoline et de rhodoxanthine. Ils sont considérés de
toxicité moyenne, provoquent des vomissements, des troubles digestifs divers, des troubles nerveux, respiratoires et cardiovasculaires


Rinanthe-Crête de coq
 

(Rhinanthus alectorolophus)

Plante annuelle de 10-80 cm, velue ou pubescente, semi-parasite des prairies, se rencontre  jusqu'à 2000 m dans les prairies d'une large partie de la France. Semi-parasite, elle vit sur les racines de graminées mais peut aussi elle-même pratiquer la photosynthèse.

                      Photo Briançonnais juin 2019
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saponaire de Montpellier
 

(Saponaria ocymoidies) Cette petite fleur rose est fréquente dans les rocailles et les pelouses sèches. Elle fait partie de la même famille que le silène ou l’œillet et affectionne les sols secs et calcaires. Son nom vient de sa faculté à produire de la mousse lorsque elle est frottée entre des mains humides. Les plantes poussant en altitude possèdent des pétales plus larges et des fleurs d’un rose plus foncé.

 26-06-2017-Découverte des lacs –Col de la Cayolle.

Sauge 
 

(Salvia pratensis) La sauge des prés était donc la sauge "officinale" en climat tempéré. Ses propriétés médicinales sont semblables à celles de la sauge officinale: digestive et antispasmodique mais avec une action moins forte.

Photo Forêt domaniale de la Clarée-25/06/2019 
 

 Toutes les sauges sont comestibles. Il est conseillé d'utiliser la plante sous forme séchée afin d'éviter toute risque avec la thuyone neurotoxique- (La thuyone est une molécule présente dans l'absinthe. Elle est très convulsivante et provoque des sensations de désinhibition et même, à fortes doses, des hallucinations)
Avant l'apparition d'aérosol pour l'asthme, les asthmatiques la fumaient en raison de ses vertus antispasmodiques et sédatives. D'autre part, fumer la plante fait entrer des composés comme les huiles essentielles qui ont une action puissante sur l'organisme à faible dose, il est donc conseillé d'être vigilant sur ce type d'utilisation.

 

 

 

 

 

 

 

Soladanelle
 

(Soldanella alpina) Une délicate petite fleur

 de 5 à 15 cm de haut.Ses feuilles sont  coriaces et luisantes, arrondies, situées à la base de la plante.  Son nom   dérive du latin solidus, « sou », en référence à la forme de leurs feuilles arrondies comme des pièces de monnaie.

Photos  2010-06-30- Allos Rochegrande- 
 

Fleurs  en cloche penchée et découpées à moitié en lanières, avec des corolles bleu violacé. Nous en avons trouvé une blanche ce qui est rare. Elle pousse dans les suintements de neige fondante de divers milieux (pelouses, pâturages, landes, rocailles, combes à neige...) entre 900 et 300m.

 

 

 

 

Trolle
 

(Trollius europaeus) Trol du vieil allemand qui signifie « globe », allusion à la forme globuleuse de la fleur. C'est une plante des prairies humides ou bois clairs de montagne d'Europe, de 500 jusqu'à 2 500 m. La fleur qui ne s'ouvre jamais. 

2010-07-01- Les Balcons d'Allos 

On la trouve en France  dans tous les massifs montagneux : Vosges, Jura, Alpes, Pyrénées, Corbières où elle fleurit de mai à août. Fleurs jaune vif de 3 à 5 cm.Hauteur de la plante : jusqu'à 1 m.

Peut couvrir de grandes étendues. Trolles-Lac Lerie-Plateau d'Amparis- 

Le Trolle d'Europe a la particularité d'être pollinisée par une mouche. Six espèces du genre Chiastocheta sont concernées par cette interaction mutualiste. Les mouches pondent leurs œufs qui se développent au détriment des graines, dévorées par les larves.

Son rhizome est toxique (il contient des substances révulsives). La plante est légèrement vénéneuse, car contenant un alcaloïde, la proto-anémonine.

Velar (sous toutes réserves)
(Erysimum cheiranthoides )  C'est une plante de la famille des Crucifères qui comprend la moutarde, le colza, l'œillette,… ). L'erysimum possède des effets neutralisant de douleur ainsi que des principes actifs similaires à ceux de la prométhazine
 Photo 25/06/2019-Briançonnais 


Voilà, c'est fini. Ce n'est pas comme la pandémie en cours. Soyez prudents, protégez vous. 

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 06:51

C'est la fête du déconfinemement. Nous vous proposons de vous aérer sur le Mont Mounier-2817 m

"sans attestation".

Aujourd'hui, alors que nous sommes déconfinés depuis ce matin, une bonne surprise pour le blog, un animateur nous propose la réalisation de son rêve. Pour nous spécialement, Jean Ma a ressorti de ses fichiers des photos inédites de 2017 de plus commentées par lui. Merci Jean.

Alors pourquoi pas toi, ami lecteur, tu vois, tu as une tribune pour t'exprimer. Un texte et des photos, c'est tout, nous nous chargeons du reste.

Déconfinement 0

Spécial Mounier déconfiné
 

Quand en 2017, au cours des réunions préparatoires du séjour

de juin  Jean Bo m’a proposé de conduire une randonnée G1 sportive, je n’ai pas hésité une seconde….


Chaque fois qu’il le pouvait, Jean nous en parlait…Il nous le montrait au loin….tellement loin de quelque endroit où l’on randonnait. Il faut dire que c’est le plus impressionnant dans notre secteur d’activité.
 

Quand il en parlait, il y avait ceux qui y étaient déjà allés, qui l’avaient vaincu et qui en gardaient de la buée dans les yeux. Ils écoutaient Jean raconter avec des trémolos dans la voix « le Mounier à travers les ans » et chacun en rajoutait fièrement ou se contentait d’acquiescer  avec un petit sourire qui en disait long.
Et puis il y avait les autres, dont je faisais partie, ignorants et tristes de ne pas pouvoir en parler…car ils ne le connaissaient pas.
Mais enfin, un jour de juin 2017, j’ai eu le plaisir avec un petit groupe, de passer…….


   


    
Peu de volontaires ce jour là, il faut dire que la rando avait été faite avec grand succès un an avant. C’est donc une sorte de reconnaissance que nous allons faire à cinq depuis le parking du col de l’Espaul à 1748m d’altitude. Parmi les cinq, une « mordue » qui a mal dormi car elle craignait de nous ralentir, la suite prouvera le contraire. Nous sommes donc là, à pied d’œuvre, par un beau ciel encore pur.


    Nous partons d’un bon pas, puisque une heure, nous sommes montés de 300 m. La végétation se raréfie, pas le moindre buisson…Une voix féminine nous demande de nous retourner, nous obéissons.


    Après 2h à un bon rythme, les  2400 m. sont atteints, je dois suivre les précieux conseils de Daniel et boire et reboire pour éviter les crampes que je sens venir ; heureusement ça passe.


Encore 300m à gravir pour atteindre le « Petit Mounier» qui néanmoins nous conduira à 2727 m. Nous sommes ici prés du mont Démant et là je me demande si je ne suis pas en route pour la démence ?

 Sur notre droite, de superbes falaises. Nous attaquons la rocaille, on aperçoit la limite de l’herbe.

La borne  47 nous rassure quant au parcours, mais nous signale que nous allons encore en baver. De plus, le temps commence à changer.

Le sol également, devient plus inégal

Enfin, nous avons atteint le « Petit Mounier » à 2727 m. C’est désertique, nous prenons le temps de faire la première photo du groupe (en deux fois car nous sommes nombreux)

Et devant nous, nous le découvrons ; ou plutôt nous pensons le découvrir car il va nous réserver quelques surprises.

 

Nous hésitons  (je devrais dire j’hésite) : est-il prudent de continuer ? sachant qu’il y en a pour une demi-heure encore pour atteindre le sommet et autant pour revenir au petit Mounier et marcher dans le brouillard n’est pas pour nous sécuriser. 
Seule Brigitte n’a aucune hésitation. Elle nous sort la fameuse phrase qui la rendra célèbre : « eh les gars, je ne suis pas venue jusqu’ici pour m’arrêter !!!!!». 
Cela nous porte chance puisque après avoir jeté un coup d’œil à gauche et à droite, 

C’est le miracle….nous avons une fenêtre de tir que nous estimons suffisante.

 Voici ce qui nous attend

Sachant qu’il va falloir trouver un chemin « à caractère sportif » pour arriver au sommet.

 OUFF !!!! on y est …enfin c’est ce que l’on croit.

 Mais, regardez l’air étonné de Joël. Et Brigitte qui veut enlever son sac….Elle rêve. Daniel est Zen comme d’hab.

Et moi je rigole et je bois un coup (de l’eau pour ceux qui ne connaissent pas mes bouteilles)

Après encore quelques minutes d’effort nous avons enfin atteint « La croix » à 2817 m.
Cela nous a pris 4 heures pour monter les 1100 mètres, nous l’avons fait !!!

Nous commençons à redescendre vers le « petit » pour faire la pause repas. Dans notre dos, le sommet qui nous a fait rêver, commence à nouveau à se cacher dans les nuages. Nous avons eu beaucoup de chance ce jour là.

Suit une descente longue mais facile, qui nous ramène vers la végétation et soudain……..

C’est trop beau

Merci à mes accompagnants du jour ; ça a été un plaisir de reconnaître  ce site avec eux,  ils m’ont soutenu et encouragé à réaliser mon rêve.
Merci à Jean Bo de m’y avoir incité.

J’espère que ce grand espace de liberté vous aura fait passer un moment agréable dans ce temps de confinement, puisque nous venons de passer ensemble « un jour sur le Mounier »
 

Données techniques enregistrées ce jour :
Longueur : 17 km         Dénivelé ; 1174 m       Altitude maxi : 2817m   Vitesse moy. déplacement : 3 km/h
Temps total : 7 h       dont 1h15 de pauses        IBP = 140
Profil :

Parcours :
   

Déconfinnez-vous bien mais soyez prudents, le virus est toujours là.

Protégez-vous ainsi que vos proches. Jean-Marie

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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 13:40

CONFINEMENT 8 – MEGALITHES DU VAR ET DES ALPES MARITIMES

 

 

Les menhirs et dolmens que nous avons observés lors de nos diverses randonnées sont plus généralement appelés mégalithes : ce sont des constructions monumentales, constituées d’une ou de plusieurs pierres brutes de grandes dimensions, associées sans mortier ni ciment.

Dans le sud de la France la période la plus active de construction mégalithique se situe entre 3500 et 2900/2800 avant JC (période du Néolithique final, Chalcolithique). Ensuite les édifications se raréfient  avant de disparaître entre 2100 et 1500 avant JC (Age du bronze). Les mégalithes ont pu être réutilisés par les romains.

Les mégalithes observables aujourd’hui, ne sont certainement qu'une infime partie de ceux qui ont été érigés. En effet, l’érosion, le vandalisme et l’agriculture sont des causes principales de destruction. Environ 70 mégalithes ont été répertoriés dans le Var et une trentaine dans les Alpes Maritimes. Mais beaucoup ne sont pas (ou plus) significatifs et ne méritent pas d’être visités.

Hélène Barge a dirigé de nombreuses fouilles et a initié et coordonné, dès 1987, un programme de restauration et de mise en valeur des mégalithes du Var. Les informations descriptives infra sont souvent reprises de son ouvrage « Les Mégalithes du Var ».

Nous avons visité 20 Mégalithes au cours de nos randonnées. 

Les mégalithes observés par les randonneurs du Cercle de Boulouris

 

Il faut distinguer les simples pierres dressées (menhirs) des pierres multiples associées avec une architecture plus ou moins complexe (dolmens, allées couvertes, alignements, cercles de pierres…).

 

LES MENHIRS

 

Ils sont difficilement interprétables et datables, car les fouilles ont rarement livré des objets ou ossements à leur pied. Diverses significations ont été émises : bornage d’un territoire, indicateur de chemin ou d’un lieu de rassemblement, culte d'un personnage, d'une famille, d’une divinité ou d’une idole, célébration d'un événement …. Beaucoup de légendes entourent ces monuments.

  • St Raphaël - Menhir de l'aire de Peyronne (Classé Monument Historique en 1910) 

 

 

 

Cette pierre levée de 1m60 de haut environ, s'enfoncerait d'un petit mètre dans la terre. Elle est ornée de plus de deux cents cupules (petits creux) et d'un serpent à tête couronnée sur sa partie haute. Surnommé Pierre Guérisseuse on lui a attribué la collecte d’ondes magnétiques souterraines aux effets bienfaisants.

 

 

 

  •  St Raphaël - Menhirs  des Veyssières (Classés Monument Historique en 1938 pour le nos 1 et 2 et en 1969 pour le no 3)

Il s’agit d’un groupe de 5 menhirs dont seuls 3 ont été découvert dressés : Le menhirs no 1 mesure 1,65 m de haut pour 0,50 m de large. Le menhir no 2, déplacé au Rond Point des Veyssières mesure 2 m de haut pour 0,50 m de large. Ces deux menhirs, Photographiés par Marc L. sont en arkose (grès grossier).
Le menhir no 3, a été déplacé dans la cour du musée archéologique de Saint-Raphaël. Il comporte une gravure serpentiforme surmontée d'une représentation humaine sur l'une de ses faces.

 

  • St Raphaël - Menhirs de Belle Barbe : le défi 

En fouillant les inventaires des Mégalithes Varois nous avons découvert la description d’un alignement de menhirs couchés au Col de Belle Barbe. Ils nous ont bien échappés ! Voici le lien source descriptif : http://pons.robert.free.fr/DolmensMenhirs/Les%20Menhirs/Men-BelleBarbe/BelleBarbe.html.

Quel animateur partira le premier à leur recherche et nous mènera à leur découverte ?

 

  •  Collobrières - Menhirs de Saint Lambert (Classés Monument Historique en 1988)

Ces deux menhirs, en gneiss taillé, sont les plus hauts du Var (2m82 et 3m15). Leur origine locale s’explique par un affleurement situé à une centaine de mètres au sud du site, et présentant des traces de « plusieurs excavations de la taille des menhirs ». Ils sont distants d’environ 8 m. Le menhir le plus haut a été découvert quelques années après le premier (1886), en position couché et à demi enterré, par le propriétaire du terrain qui l’a redressé.

Selon la légende locale, ces menhirs marqueraient l'entrée d'un souterrain creusé par les moines et conduisant à la Chartreuse de la Verne, pourtant distante d’environ 4 km.

  •  Les Arcs-sur-Argens - Menhirs des terriers

Découvert en 1993, cet édifice regroupait un ensemble de pierres levées alignées pour former une enceinte : il s’agit donc d’un cromlech. Celui-ci était composé 6 stèles de petites tailles (2 m x 0,15 m) et 3 stèles plus imposantes (3 m x 0,2 m).

Le site a été nettoyé et réaménagé en 2002. Mais les pierres se sont détériorées et des restes de casse et chutes sont visibles lors de nos passages.

  • Tourrettes  - Menhirs du jas de la Maure

 

Jack a découvert ce site lors de la reconnaissance de la randonnée Adrech du Bataillon et l'a fait découvert aux randonneurs du G2 en septembre 2018. Il est constitué par deux pierres levées d’environ de 1,30 m de haut. L’une se dresse sans doute à son emplacement d’origine ; la seconde qui gisait à proximité aurait été redressée ce qui aurait occasionné une cassure et lui donne un air penché. Les trous visibles sur les pierres ne seraient pas préhistoriques.

 

Nous n’avons trouvé trace que d’un seul menhir dans les Alpes Maritimes, celui de Tiecs, situé en pleine forêt, sur la commune de Roure, près de la Chapelle Sainte Anne et de la Tinée. Il nous reste à le découvrir.

 

LES DOLMENS

 

Un dolmen (en breton, de dol « table » et men « pierre ») est généralement un monument funéraire : les fouilles y ont retrouvé des restes humains et, souvent un mobilier funéraire varié permettant la datation. Il semble que les dolmens soient devenus des sépultures collectives dans un deuxième temps. Cela signifie que l’on y a pratiqué plusieurs inhumations successives (et non simultanées) au cours d’une période plus ou moins longue.  Toutefois certains dolmens ont été découverts vide de tout reste humain, ce qui pourrait laisser penser alors à une sanctuarisation du mégalithe. 

Le dolmen est constitué d'une dalle en pierre reposant sur des piliers, appelés orthostates également en pierre. Les formes architecturales sont variées mais possèdent toujours : une chambre funéraire (ou sépulcrale), un couloir d’accès et un tumulus englobant, à l'origine, l’ensemble de la structure et la protégeant. Mais le couloir peut être inexistant, la chambre débouchant directement vers l’extérieur.

Selon Hélène Barge, « l’architecture des dolmens de Var est à base de dalles et de murets en pierres sèches. La plupart des monuments sont des dolmens simples, à petite chambre sépulcrale carrée. Quelques monuments, situés sur la frange côtière sont de type différent : à chambre allongée et antichambre »
 

 

Dolmens du Centre Var

 

  • Ampus - Dolmen de Marenq

 

Vue latérale
Vue de l'entrée

Découvert en 1922 et restauré en 1990, cet édifice en calcaire a conservé sa volumineuse table de couverture. La chambre sépulcrale, de forme rectangulaire (2 m x1,50 m) est délimitée par deux murs latéraux en pierres sèches, une dalle de chevet et deux piliers (orthostates) qui ouvrent sur un court couloir.

  • Draguignan - Dolmen de la Pierre de la Fée (Classé Monument Historique en 1887)  

Ce dolmen est un des plus imposants de Provence. Il a été fouillé en 1844 et restauré en 1951 puis après son dynamitage en 1975.
Il est daté du début du chalcolithique (2500/2000 avant JC.) et a été utilisé comme sépulture collective.

Nous observons, dressés verticalement la dalle de chevet et les deux piliers latéraux en calcaire (de 2,20 à 2,40 m de haut) et reposant dessus l'énorme table de couverture ( 6m x 4,7 m x 0,5 m ) d'un poids avoisinant les 20 tonnes.
Ce dolmen est la source de nombreuses légendes, dont celle de la fée Estérelle, qui en fait un lieu de fécondité.

 

  • Les Arcs-sur-Argens – Dolmen des terriers

Découvert à la suite de l'incendie de 1993, il est constitué par des dalles de schiste.

La chambre funéraire est de forme ovoïde (4m x 3m) et s’ouvre comme à l’habitude par un couloir à l’ouest. Il n’y a plus de dalle de couverture.

 

  • Cabasse  - Dolmen  de la Gastée (Inscrit  aux Monuments Historiques en 1988)

Quatre dalles et un muret de pierres sèches circonscrivent la chambre, à peu près carrée et séparée en deux, dans le sens N-S, par une dalle verticale aujourd'hui cassée. La dalle de couverture a été remise en place lors de la restauration.

Le mobilier trouvé a permis une datation au Chalcolithique et les fouilles ont mis en évidence une sépulture multiple sur deux niveaux : l’étude des 1 600 dents indiquerait la présence de 70 à 80 individus.

 

  • Cabasse – Dolmen du Pont Neuf

Ce dolmen, initialement trouvé sur le plateau calcaire dolomitique au-dessus du confluent de l’Issole et de la Caramy, a été déplacé après sa fouille et restauré en 1990.

La chambre sépulcrale n’est pas très grande (1,5 m x 1 m) et s'ouvre à l'ouest par un couloir fermé à son extrémité par une pierre dressée qui a pu être interprétée comme une stèle. Le couloir est borné par un muret en pierres sèches côté nord et par une dalle côté sud. La chambre et le couloir comportent un dallage au sol.

Six ou sept individus furent inhumés dans le dolmen au cours de deux périodes d'utilisation successives :  4 à 5 au Chalcolithique, période d'édification du dolmen et 2 à l’âge de Bronze.

 

  • Figanières – Dolmens de la Cabre d’Or

Il s’agit de deux dolmens distants de 300m, découverts en 1958.

Lors de la randonnée de septembre 2010, un seul a été observé, celui également dénommé dolmen de San Vas. A l'état de ruines, seuls sont visibles  deux orthostates et la dalle de chevet, en calcaire.

 

Dolmen du Var côtier

 

  • La Lande des Maures - Dolmen de Gaoutabry (Inscrit aux Monuments Historiques en 1988)

Ce monument , découvert en 1876 a été daté du Néolithique final et utilisé jusqu'au Chalcolithique récent comme tombe collective (au moins 34 individus). Avec  ses 6 à 7 m de long, c'est le plus long du Var. Il est constitué d'une chambre funéraire à peu près rectangulaire, d'une courte antichambre  et d'un couloir allongé se rétrécissant vers l'entrée. La dalle de chevet est entourée de deux murets en pierre sèche.

 

  • Ramatuelle – Dolmen de Briande

Fouillé en 1935 et restauré en 1995, il présente une chambre rectangulaire avec une imposante dalle de chevet et une dalle latérale en granit. Les autres dalles, en gneiss, sont séparées par des pierres sèches.

 

  • Roquebrune – Dolmen de l’Agriotier

Découvert en 1978 et daté du Chalcolithique, il a été endommagé par un engin de chantier lors du tracé d’une piste.

La chambre, orientée sud-ouest, est délimitée par cinq dalles reliées par des murets en pierre sèche.

 

  • Dolmen de la Gaillarde (Classé Monument Historique en 1910)

A l’origine il s’agissait d’un groupe de 3 monuments. Mais rien n’arrête la promotion immobilière, qui n’a pas hésité à détruire deux de ces édifices classés, lors de la création d’un lotissement.

Le dolmen sauvé a été restauré en 1990. Il est en schistes et gneiss et présente une chambre (2,5m x 2m) donnant sur un couloir ouvert vers l’ouest. La dalle de couverture est bien trop petite pour être d’origine.

 

Dolmens du Var oriental et des Alpes Maritimes

 

 Mons - Dolmen de Riens (Inscrit aux Monuments Historiques en 1988)

La chambre funéraire

 

Vue du couloir

Cet édifice, restauré en  1990 est en calcaire. Il est constitué de cinq grandes dalles réunies par des murettes en pierres sèches, formant une chambre rectangulaire (2m x 1,5m). Le couloir est fermé par une « porte » ovale entre les deux piliers.

  • Mons - Dolmen de la Brainée

C’est un grand dolmen en calcaire qui a été restauré en 1990. La chambre sépulcrale est rectangulaire (2,5mx1,6m) et délimitée par une imposante pierre de chevet et deux dalles dressées latérales. Deux piliers perpendiculaires le séparent du long couloir, ouvert vers l’ouest et constitué d’une dalle et de pierres sèches.

  • Mons - Dolmen de la Colle

A un peu moins d'un kilomètre au sud-ouest du dolmen de la Brainée, celui de la Colle est visible dans les restes de pierrailles du tumulus. Il a également été restauré en 1990. C'est un dolmen de petite dimension en calcaire local. La chambre sépulcrale (2,10 m x 1,60 m) est délimitée par deux grands orthostates latéraux et une grande dalle de chevet séparés par une rangée de dallettes. Elle ouvre à l'ouest sur un petit couloir dont il ne demeure qu'une grande dalle (1,70 m de long) au sud-est.

 

  • St Vallier de Thiey – Dolmen de Verdoline

Ce dolmen est l’un des mieux conservés de la région. Il possède encore trois dalles et deux piliers. Le poids de chacune des deux dalles latérales dépasserait 1,2 tonne. La dalle de chevet montre de nombreuses cupules  et des croix (christianisation ultérieure).Les fouilles qui ont été entreprises ont permis de mettre à jour des squelettes, en position semi-fléchie, disposés en deux rangées séparées, quelques perles et un objet en bronze.

 

Pour conclure ce blog je lance un deuxième défi à nos animateurs. En effet, les inventaires indiquent la présence d’un groupe de dolmens à Brignoles. Les photos disponibles révèlent des beaux édifices. Ils sont accessibles dès le déconfinement et je donne un lien donnant toutes les explications utiles.

https://www.archeoprovence.com/archeo/index.php?option=com_content&view=article&id=79%3Adolmens-des-adrets-brignoles-var&catid=46&Itemid=1

Quel animateur partira le premier à leur recherche et nous mènera à leur découverte ? 

 

 

Merci aux animateurs, aux blogueurs et aux photographes, sans qui ce blog n’aurait pas vu le jour.

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