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1 mai 2020 5 01 /05 /mai /2020 12:00

Confinement n°7 : les Maisons Forestières de l'Estérel - 2020-05-01

 

Nos randonnées du jeudi nous amènent parfois à proximité de certaines maisons forestières du Massif de l'Estérel. Ce fut notamment le cas en mars 2018 à l'occasion d'une randonnée G2 organisée par Rolande sur ce thème,  "Maisons forestières et lacs¨ (2018-03-22-878),

 

 

qui conduisit le groupe aux abords de la maison forestière de la baisse des Charretiers, aujourd'hui en ruine, dont les derniers occupants ont été les chantiers de jeunesse pendant la deuxième guerre mondiale,

 

 

 

puis de celle de Malavalette, également en ruine, qui a servi de refuge aux habitants pendant les bombardements d'Agay et de Camp Long.

 

 

 

Une troisième maison forestière était au programme de cette même randonnée, celle du Roussivau, dont la situation, en grande partie cachée par les arbres qui bordent le sentier, la rend difficile à photographier

 

 

"Symbolique, c'est une réussite de reconversion, de remise en état où viennent transhumer avant le Mercantour l'été, près de 200 moutons mérinos et leur bergère. Elle est adossée aux coulées de rhyolite amarante des barres du Roussivau, et plus loin du Perthus, des sites d'escalade fréquentés depuis près de 50 ans" (http://www.esterel-pour-tous.fr/maisons-forestieres).

 

Plus récemment encore, en décembre 2019, une randonnée G1 organisée par Louis, dont le blogueur était Gilbert (2019-12-12-N°684-Mont Vinaigre depuis le Testanier) était l'occasion pour un groupe de 13 randonneurs d'approcher la maison forestière de la Duchesse :

 

 

 

 

 

La maison forestière de la Duchesse est "une mémoire de l'Estérel" selon Christian C. du Club Alpin Français de l'Estérel (http://www.esterel-pour-tous.fr).

Occupée par un garde de l'administration des Eaux et Forêts jusqu'en 1980, puis par un particulier jusqu'en 1988, elle était restée en bon état.

 

 

Depuis plusieurs années, en accord avec l' ONF, un bénévole s'investit dans sa réhabilitation

 

 

 

Cette maison forestière avait l'avantage de bénéficier d'un bon approvisionnement en eau, même pendant les périodes de sécheresse, grâce à son puits. Du fait de son emplacement dans le Massif elle servait aussi de poste de secours principal.

Son nom est lié à la pose de la première pierre à la demande de Napoléon III, par la Duchesse de VALLOMBROSA, figure de la haute société cannoise dans les années 1860.

 

Il semble qu'il y ait peu d'informations disponibles sur internet concernant l'histoire de ces maisons forestières de l'Estérel. La littérature à ce sujet s'accorde toutefois à souligner le rôle prépondérant joué par Auguste MUTERSE (1851 - 1922).

 

Ingénieur des  Eaux et Forêts, "garde général, il a dirigé la construction de la tour de surveillance du Mont Vinaigre et des Maisons Forestières, reliées par le télégraphe et servant au logement des gardes et de leurs familles" http://www.esterel-pour-tous.fr

Une stèle lui est dédiée dans l'Estérel. Elle a été évoquée à plusieurs reprises dans nos blogs et notamment dans celui réalisé par Rolande le 3 décembre 2015 à l'occasion d'une randonnée au Mont Vinaigre

 

 

Parmi les photos prises à l'occasion de cette randonnée, une vue de la tour de guet du Mont Vinaigre citée plus haut et la traditionnelle photo du groupe faite ce même jour

 

 

 

Mais pourquoi ces maisons forestières, dans quel contexte ont-elles été mises en place, dans quel environnement économique?

La forêt méditerranéenne n'est plus, depuis longtemps, un espace naturel. "Paysage modulable, elle change progressivement, mais elle peut également subir des transformations brutales. L'homme et la nature combinent ainsi leurs effets pour fabriquer une histoire de la forêt qui n'est pas exempte de retours en arrière et de récurrences (gel, tempête, déforestation, reboisement, incendie...)". http://www.foret-mediterraneenne.org

Trois grandes étapes sont repérées :

  • l'âge villageois, jusqu'à la fin du XIX° siècle
  • l'abandon de la forêt méditerranéenne (milieu du XIX° siècle - milieu du XX° siècle)
  • depuis le milieu du XX° siècle : le retour à la forêt

A l'âge villageois la forêt enregistre de grandes fluctuations en sens contraire, au rythme des contraintes naturelles (gel, épidémies végétales) et de la pression humaine plus ou moins marquée (peste, guerres, puis multiplication des hommes depuis le XVIII° siècle suivi de l'engorgement des campagnes au milieu du siècle suivant).

Dès lors "la forêt, toujours plus réduite, se voit attribuer trois types de vocations concurrentes" : http://www.foret-mediterraneenne.org

  • pour les communautés elle doit permettre l'exercice de droits vitaux pour l'économie domestique (bois de chauffage), l'artisanat (menuiserie, bois pour les fours à chaux, les tuileries), et pour l'agriculture enfin (défrichements temporaires ou non), véritables usages de survie qui intègrent complètement la forêt à l'économie villageoise.
  • pour les propriétaires privés, la forêt doit être gérée dans un but lucratif individuel. La demande industrielle (manufactures textiles, savonneries, tuileries, poteaux pour les mines, traverses de voies ferrées, etc.), celle du bâtiment, des villes, s'accroît. les prix du bois à brûler s'envolent. L'exploitation de l'écorce du chêne vert pour les tanneries et surtout du liège pour la bouchonnerie qui révolutionne l'économie de l'Estérel explose. Pour les propriétaires, les profits croissants de leur forêt ne peuvent plus être hypothéqués par les pratiques collectives
  • l'état enfin, doit être présent en qualité de conservateur éminent d'un patrimoine naturel menacé.

Un équilibre difficile à trouver entre des besoins et des revendications contradictoires.

Du fait du surpâturage et du défrichement excessif "la forêt se morcèle, les grands massifs se réduisent, le taillis et le déboisement progressent. Au début du XIXème siècle le code forestier encourage l'orientation vers une nouvelle forêt plus durable ((chênes-lièges, pins d'Alep, pins maritimes)". http://www.foret-mediterraneenne.org

Après le grand incendie de 1868 (11 000 ha ravagés dans les Maures et l'Estérel), le feu passe au premier rang des préoccupations.

La loi de juillet 1870, spécifique aux Maures et à l'Estérel, prévoit un quadrillage des massifs par des routes forestières, facilitant la prévention (surveillance) et la lutte contre le feu.

C'est dans ce contexte qu'Auguste MUTERSE va diriger la construction dans le Massif de l'Estérel d'un réseau de Maisons Forestières, reliées par le télégraphe et par un maillage de pistes et de sentiers.

Outre les quatre citées plus haut, celle des Charretiers et celle de Malavalette aujourd'hui en ruine, celle de la Duchesse en cours de rénovation, et celle du Roussivau reconvertie, il semblerait qu'un dizaine d'autres aient été construites.

Certaines sont encore habitées par des agents de l'ONF (la Louve et Gratadis)

 


 

 

La maison forestière des Trois Termes se trouve au col éponyme. C'est la frontière entre le Var et les Alpes Maritimes.

 

 

Au col se rejoignent trois communes, Fréjus, St Raphaël et Mandelieu. Jusqu'en 2000 on pouvait traverser l'Estérel en passant par le col Notre Dame et le col des Trois Termes, d'Agay à St Jean de Cannes.

 

 

Le week-end il y avait affluence au col car c'était un départ de rando très intéressant. Mais ceci générait aussi une circulation automobile importante incompatible avec l'état de la route, étroitesse, virages et revêtement. Dans un premier temps le passage entre les deux départements fut interrompu. On pouvait accéder au col par les deux côtés. Puis, l'état de la chaussée se dégradant, l'accès au col fut interdit en fermant la route au col Notre Dame, côté Var, et au niveau du cimetière de St Jean de Cannes, côté Alpes Maritimes.

 

 

La particularité de cette maison forestière était son potager en restanques.

 

 

Elle a abrité les chevaux des gardes forestiers tant qu'elle fut en activité.

 

 

Maintenant occupée par un retraité, les chevaux ont été remplacés par une femelle wallaby qui a eu un petit.

Emotion le jour où elle a fugué. Grosse battue pour retrouver la fugitive...

 

 

D'autres maisons forestières seraient réservées aux retraités ou aux familles de l'ONF (le PoussaÏ, pas de photo la concernant, et la Maison Forestière des Cantonniers)

 

 

Certaines conserveraient une activité (miel au Rastel d'Agay, agriculture aux Ferrières) - pas de photos disponibles pour ces deux maisons.

 

La maison forestière du Porfait serait mise à la disposition des chasseurs. Les deux photos qui suivent ont été prises à l'occasion d'une randonnée du 29/10/2015 "cantine du Porfait - Petites Jambes" organisée par Camille

 

 

 

Et il y a, pour terminer, celle du Malpey, dont on dit que l'agent des Eaux et Forêts en poste au moment du débarquement de Provence, en août 1944, aurait permis la capture par les anglais des soldats allemands qui gardaient le Mont Vinaigre

 

 

Cette maison forestière devrait être aménagée pour devenir une des portes d'entrée dans le Parc de l'Estérel dans le cadre des projets portés par le S.I.P.M.E. (Syndicat Intercommunal pour la Protection du Massif de l'Estérel) - (Var Matin 03/10/2015).

 

Il est difficile de prévoir ce qu'il adviendra dans un futur proche des réalisations d'Auguste MUTERSE, maisons forestières et réseaux de pistes et de sentiers.

Avant de renvoyer vers les projets en cours et les structures qui les portent, un bref rappel de l'évolution de la forêt méditerranéenne au cours des 150 dernières années : http://www.foret-mediterraneenne.org

 

L'abandon de la forêt méditerranéenne (milieu du XIX° siècle - milieu du XX° siècle) :

"L'essor d'une agriculture de marché (la viticulture, mais aussi sur la côte les cultures florales et maraîchères), la décompression humaine, née de l'exode rural, réduisent jusqu'à l'effacer l'intérêt économique des bois pour les communautés villageoises" laissant le champ libre à l'Etat et au privé.

En fait, assez rapidement, le profit forestier, aléatoire et déclinant, décourage les propriétaires privés laissant l'Etat face à des communes peu motivées.

Malgré les efforts des forestiers (cf. Auguste MUTERSE), la forêt dont ils reprennent la gestion est dégradée et vit sous la menace permanente de l'incendie, favorisée par un enrésinement accru.

Depuis le milieu du XX° siècle : le retour à la forêt :

Le développement du tourisme revalorise la forêt. C'est d'abord la qualité du cadre de vie qui est perçue, puis plus massivement la notion d'écologie :

  • "la forêt, écosystème fragile, est vitale pour tous
  • il faut donc la protéger par une politique de lutte et d'aménagement fortement mobilisatrice"

 

L'avenir du Massif de l'Estérel et de sa forêt :

C'est dans la dynamique ci-dessus que parait s'inscrire le S.I.P.M.E., structure porteuse de la Charte Forestière de Territoire du massif Grand Estérel (CFTGE) et de l'Opération Grand Site (OGS) de l'Estérel :

"Le diagnostic réalisé dans le cadre de la CFTGE a mis en évidence que les fonctions paysagères, écologiques et sociales de ce massif périurbain sont essentielles. L'amélioration de l'accueil du public dans le massif et la gestion de la fréquentation, dans un souci de préservation environnementale, a donc été identifiée par la CFTGE comme un des principaux enjeux à traiter. La démarche OGS est alors apparue particulièrement pertinente pour relever ce défi".

 

Le site de la charte forestière est une source de renseignements d'une grande richesse sur l'Estérel, les données actuelles et les projets à l'étude. Il propose en outre de magnifiques photos. http://www.charte-forestiere-esterel.com 

NB : selon les fonctionnalités internet dont vous disposez il est possible que ce site ne soit pas accessible depuis le blog. Il faudra alors insérer directement le lien dans votre navigateur.

 

"La phase de diagnostic permettant d'établir un état des lieux et d'identifier les enjeux s'est terminée fin 2019...Dans un second temps est développée une phase de stratégie où...des choix d'aménagement du territoire en termes d'accueil du public et d'interprétation du patrimoine sont proposées."

 

Dans ce contexte il est permis d'espérer que certaines des maisons forestières de l'Estérel puissent bénéficier de mesures de réhabilitation et de reconversion. Cela devrait au moins être le cas pour celle du Malpey...

 

 

Merci aux blogueurs et aux photographes qui ont permis d'illustrer ce blog, ainsi qu"à Jean-Marie pour ses recherches et son apport (photos du Porfait, texte et photos concernant la maison forestière des Trois Termes).

Nous avons également puisé, pour nourrir ce blog, dans la documentation proposée par les sites "esterel-pour-tous.fr", "foret-mediterraneenne.org" et "charte-forestiere-esterel.com" dont les liens figurent plus haut.

 

A suivre : nous espérons que la fin du confinement va se confirmer et que nous aurons dans les semaines qui viennent l'opportunité de nous réunir à nouveau sur les sentiers de notre belle région, en respectant les barrières sanitaires, bien entendu.

Bon 1er mai à toutes et à tous.

 

La semaine prochaine => confinement 8 :

Les mégalithes  du Var et des Alpes Maritimes  par Claude C.

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22 avril 2020 3 22 /04 /avril /2020 14:08

Confinement n°6 - La Réunion – Paradis des randonneurs

En cette 6ème semaine de confinement  je vous invite aujourd’hui à imaginer que vous êtes à près de 10 000 kilomètres de la métropole en plein milieu de l’Océan Indien prêts à atterrir pour découvrir ou redécouvrir pour certains ce qui enchante les randonneurs.

                                                carte Didier Mercadal - Webside

La Réunion d’environ 2500 km2  (moins de la moitié du département du Var) est une île volcanique qui a seulement 3 millions d’années. Elle a été créée par un point chaud culminant à 3 070 m au Piton des Neiges. Son relief est escarpé et travaillé par une forte érosion qui forme en son centre trois vastes cirques : Salazie, Mafate et Cilaos. Les pentes de l'île sont sillonnées par de nombreux cours d'eau creusant des ravines plus ou moins profondes.  Le cœur de la Réunion est appelée les Hauts de l’île en opposition à la frange du littoral jusqu’à 500-600 m d’altitude dénommée les Bas de l’île. Les cirques  avec leurs pitons et remparts sont inscrits au parc mondial de l’Unesco et avec le volcan le Piton de la Fournaise ils font partie du Parc National de la Réunion créé en 2007.

Le cirque de Cilaos, caldeira arborée et sauvage est accessible en une trentaine de kilomètres du littoral par une route étroite et sinueuse , célèbre route aux  400 virages. La ville de Cilaos, connue pour ses sources thermales, ses lentilles et son vin  est localisée à 1200 m. d’altitude au pied du Piton des Neiges, volcan escarpé et inactif. Le nom Cilaos dériverait du mot malgache, "tsilaosa", qui signifie qu'on ne quitte pas.

Vues du cirque et de la route depuis la Fenêtre des Makes.

Pour accéder au sommet du Piton des Neiges vous devrez monter en continu (le départ est à un peu plus de 1300 m.) en empruntant de nombreuses marches dans la forêt qui, en un 1er temps vous conduiront au gîte situé à 2400 m. de la Caverne Dufour où vous pourrez bivouaquer si vous souhaitez monter au sommet à 3070 m. par un chemin en partie fait de gratons et pierres volcaniques, tôt et assister au lever du soleil.

Il est à noter que nombreux sont les randonneurs qui partent du bas entre minuit et deux heures du matin avec la frontale pour faire l’aller-retour dans la journée.

Salazie se situe à l’Est sur la côte au vent et bénéficie d’un climat plus humide.

C’est le plus accessible des 3 cirques, et le plus verdoyant. Ici la nature se donne en spectacle, et l’eau omniprésente y jaillit en d’innombrables cascades dont le célèbre  « Voile de la Mariée » ou encore le « pisse en l’air » qui tombe directement sur la route.

L’eau est ici omniprésente et si on ne la voit pas, on l’entend souvent ruisseler le long des falaises ou sous la végétation. Le cirque abrite sur son territoire des trésors du patrimoine naturel réunionnais, comme la forêt primaire de Bélouve et celle de Bébour limitrophe avec ses fougères arborescentes et ses ravenales (arbres du voyageur).

Accessible uniquement par les airs, même si un sentier permet d’accéder à son point de vue, le Trou de Fer constitue un des sites les plus majestueux et spectaculaires de l’île.

A Salazie vous verrez de nombreuses plantations de bananiers et « chouchoux », nom local des chayotes ou christophines. Le nom  de "Salazie" viendrait de "Soalazy" (terme malgache désignant une marmite à trois pieds dont on se sert pour cuisiner), en référence aux trois rochers situés entre les Cirques de Salazie et de Cilaos.

Cœur d’un volcan délabré, le cirque de Mafate est un monde à part (700 habitants). C’est un écrin géologique dessiné par des remparts abrupts d’où on a une vue plongeante depuis quelques crêtes environnantes. Des sentiers abrupts depuis entre autres Le Maïdo (ouest de l’île),

le Col des Bœufs (Salazie), le Col du Taïbit (Cilaos) permettent de s’y rendre. Seule  la marche à pied par des petits sentiers de montagne ou en hélicoptère permet d’accéder à un des 10 ilets (hameaux sur petits plateaux). Mafate est originellement le nom d'un chef de clan d'esclaves « marrons » (l’abolition de l’esclavage à la Réunion date du 20 décembre 1848). Celui dont le nom signifie « Celui qui tue » en malgache devint le chef d'une communauté traquée par des chasseurs d'esclaves, qui s’enfuirent dans le cirque.

Les habitants restent plus que jamais attachés à leur terre  et perpétuent leurs traditions. Ils pratiquent la polyculture vivrière et accueillent les randonneurs dans une cinquantaine de gîtes d’étapes.  8 écoles  accueillent les enfants du cirque qui doivent regagner le littoral en internat pour le collège et le lycée. Le ravitaillement qui était autrefois porté à dos ou sur la tête par les hommes et les femmes ou qui était acheminé avec des bœufs est désormais assuré par des rotations d'hélicoptères. Les secours et un service médical périodique sont également assurés par voie aérienne. Il en est de même pour l'évacuation des déchets. En revanche, les tournées des facteurs se font à pied.

 

Le climat de La Réunion est tropical humide. Mais il se singularise surtout par de grandes variabilités liées à la géographie de l'île. Il existe deux saisons marquées à La Réunion : la saison "des pluies" entre janvier et mars et principalement la saison "sèche", plus longue, qui débute au mois de mai pour s'achever au mois de novembre. Mais en saison sèche, les précipitations restent importantes sur la partie Est de l'île et notamment sur les flancs du Volcan. C’est là qu’on trouve surtout les plus belles cascades et les mares. La pluviométrie montre une grande dissymétrie entre l'Est et l'Ouest de La  Réunion. Ci-dessous les cascades de Ste Suzanne, Grand Galet , Anse aux cascades et Trou Noir.

A l'ouest, les précipitations sont peu abondantes. En revanche, plus on se décale  vers l'est, plus les cumuls de pluie augmentent, jusqu'à atteindre des valeurs dépassant 10 mètres par an.

L’île d’aujourd’hui est constituée de deux massifs volcaniques : le plus ancien, le Piton des Neiges est éteint depuis environ 12 000 ans. Il émergea de l’océan il y a 3 millions d’années environ, après une période de construction sous-marine à peu près identique. Le plus récent, le Piton de la Fournaise, s’est construit sur le flanc Sud-Est du Piton des Neiges il y a 500 000 ans environ. Il culmine au cratère du Dolomieu, et avec une éruption annuelle voire plus, le volcan du Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs du monde. C’est un volcan effusif qui ne présente pas de danger immédiat pour la population, offrant ainsi un spectacle grandiose lors de ses éruptions.

Situé sur la route forestière de 24 kms de long qui mène au volcan avant d’arriver au Pas de Bellecombe à 2311 m. d’altitude, le plateau de la Plaine des Sables dévoile des paysages lunaires et désertiques et seule la piste qui la traverse nous rappelle que nous sommes encore sur terre.

En amont une petite balade de 2 kms quand l’accès y est possible vous conduira au seul lac de La Réunion : Piton de l’eau, lac de cratère à plus de 1800 m. d’altitude entouré en juillet-août d’une multitude d’arums.

Au bout de la route un spectaculaire panorama sur le Piton de la Fournaise et l’enclos Fouqué qu’il surplombe s’ouvre à nous. C’est la seule porte d’accès au volcan qui permet d’emprunter les sentiers de randonnées qui sillonnent l’enclos, et grimpent, au sommet du cratère Dolomieu à 2632 m, point culminant de La Fournaise dernière caldeira formée par le volcan.

Son ascension permet d’admirer le vaste cratère d’un diamètre de 1 km  qui s’est effondré de 350 m. en 2007. Une grande vigilance s’impose. Il faut impérativement suivre les marques blanches au sol car de nombreuses failles sont de part et d’autre et le chemin peut être instable. De plus même par grand soleil il faut prendre avec soi, en plus de l’eau et d’une trousse de secours, vêtement chaud, couverture de survie, en-cas et lampe. Le brouillard arrive très vite même quand on ne l’attend pas et il est fort recommandé, où que l’on se trouve, de s’arrêter sur place et d’attendre plusieurs heures voire la nuit entière qu’il se lève.

Lors de l’éruption de 2007 le débit des laves était estimé à 100 mètres-cubes par seconde, et le volume total des laves émises durant les 3 semaines les plus intenses a atteint 120 millions de mètres-cubes, ce qui en fait une des éruptions les plus importantes jamais enregistrées sur la planète. Les éruptions se produisant à de rares exceptions dans « l’Enclos » zone inhabitée, ne sont pas dangereuses. Elles sont de type effusif, provoquant des coulées fluides et relativement lentes.

Le risque majeur d’une éruption à La Réunion est une éruption « hors enclos » (comme en 1977 à Sainte-Rose et en 1986 au Tremblet), mais qui ne devrait provoquer que des dégâts matériels (routes, maisons ou infrastructures). Le volcan est surveillé en continu par l'Observatoire Volcanologique de La Réunion, en liaison avec la Préfecture chargée de l'annonce d'une éruption plus ou moins imminente et de la fermeture des chemins et éventuel accès possible par balisage, des milliers de personnes étant prêtes à marcher plusieurs heures, même de nuit, pour voir le spectacle.

En cas d’éruption, et même si toutes les dispositions sont prises, il faut pour autant rester très prudent à proximité des coulées, particulièrement avec l’eau (pluie, vagues…), la vapeur pouvant gravement bruler. L’éruption d’avril 2007 a recouvert la nationale sur 1.600 kms avec jusqu'à 60 mètres de hauteur de lave coupant l’île en 2 durant 7 mois jusqu'à ce qu'il soit possible d’ aménager une nouvelle route.

On se demande comment la végétation brûlée peut repartir.

Le spectacle de la lave se jetant dans l'océan est impressionnant et il n'est pas rare que l'île s'agrandisse alors de quelques hectares.

Pour avoir une idée de l’éruption de 2007 allez consulter le site : https://fournaise.info/eruption-2-avril-2007/.

Je ne vous parlerai pas des 207 kms du littoral où vous pourrez rencontrer des paysages très différents : les plages et les zones de baignade sont concentrées sur la côte Ouest où se trouvent les récifs et lagons, tandis que le reste des côtes est plus sauvage : ce sont des plages de sable noir ou de galets, des falaises et même d'anciennes coulées de lave. 

Pour information : Il existe trois sentiers principaux de Grande Randonnée : le GR R1 ou « Tour du Piton des Neiges », le GR R2 ou « Grande Traversée de l’île » et le GR R3 ou « Tour de Mafate », qui offrent de très nombreuses possibilités, et qui viennent s’ajouter à la longue liste des autres randonnées et promenades qui existent à La Réunion. Il existe 6 cartes IGN 1/25000ème qui couvrent le territoire et affichent les sentiers, et qui seront vos meilleures alliées pour préparer ou suivre votre parcours sur l’île.

carte-reunion-ign

La spécificité des sentiers réunionnais est qu’ils sont, en général, assez difficiles et techniques (hautes marches, échelles, passerelles, rochers, végétation, passage à gué / glissant / instable / vertigineux…) et avec un dénivelé important. Par ailleurs, les conditions climatiques peuvent être très variables et changer rapidement dans l’intérieur de l’île (pluie, vent, brouillard…), et être très rigoureuses en haute montagne au- dessus de 2500 mètres.

La Réunion est aussi, une terre de trail et de course en montagne. Elle accueille chaque année en octobre le mythique Grand Raid, ou Diagonale des Fous, une des plus belles mais difficiles course au monde, véritable course de l’extrême : 165 km, 10 000 mètres de dénivelé positif, en tout juste 24 h pour les premiers.

En cette période de confinement prenez le temps de regarder le film de 2018 fait par Réunion Première (26 minutes) - https://www.youtube.com/watch?v=_2Afc6tRtJM.

Il y aurait tant de choses à relater que j’espère vous avoir fait voyager et peut-être qu’un jour vous irez à votre tour découvrir cette île aux multiples couleurs où j'ai eu le plaisir de vivre durant presque 16 ans.

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 06:51

Confinement n°5  - L'herbier des randonneurs  1

Certains de nos amis randonneurs  ne s'intéressent pas beaucoup à la nature et aux petites fleurs qu'ils croisent le long des chemins-Marcher pour marcher, seuls comptent les kilomètres et les dénivelées dans le temps le plus court. C'est à eux que je dédie cet herbier. Aujourd'hui vous avez le temps, vous piaffez certainement de ne pas pouvoir retrouver vos sentiers, alors profitez de cette possibilité de découvrir ce que vous avez raté.

Après la brillante étude géologique de Claude, cette semaine, nous allons nous plonger dans la botanique en vous présentant les plantes que nous rencontrons au cours de nos randos. Bien sur ce ne sera pas exhaustif à moins que le confinement dure encore quelques mois (il est fou !!!) mais on va s’intéresser aux plus originales et aussi à celles... que je préfère.

Bien sûr, ces informations ne proviennent pas toutes de mon savoir (!!!), j'ai pioché sur Internet et dans mes bouquins.

 

Hepatique

(Hepatica nobilis)-Famille du bouton d’or – Ranunculaceae

Jolie petite anémone mauve ou blanche, habituée des sous-bois au sous-sol riche. Photo du 26/03/2009-Mons-Les Megalithes

Petite et au raz du sol, il faut faire attention à ne pas la piétiner.

Cette plante ne doit pas être arrachée avec ses racines, par exemple pour la planter dans un jardin car elle ne se régénère pas très efficacement et peut donc disparaître du site. L’anémone hépatique est une plante toxique.

 

Hellebore de Corse

 

(Helleborus argutifolius Viv.) Nous aimons bien cette plante car c'est la première qui se réveille avant la fin de l'hiver. Son vert très tendre attire le regard.

Mais elle particulièrement toxique, irritation de la bouche et du pharinx, hyper-salivation, vomissements, coliques, suffocation, vertiges, arrêt cardiaque.

 

Photo du 26/03/2009-Mons-Les Mégalithes

 

 

 

 

On la retrouve dans nos jardins avec de jolies fleurs bien colorées, sous l’appellation Rose de Noël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aphyllante de Montpellier   

(Aphyllanthes monspeliensis), ou œillet bleu de Montpellier est une espèce de plante méditerranéenne. Elle appartient à la famille des Liliaceae selon la classification classique.

 Elle est aussi appelée : Bragalò, Barjavon, Bragalon, Bregaloun, Balhon, Bragala, Blavet, Giusses, Giussa, Blavet, Dragon et surnommée localement "herbe à lièvres" et est très appréciée des chevaux et des moutons.

 

C'est l'une des plantes les plus caractéristiques des garrigues de la Méditerranée occidentale, où elle fleurit abondamment au printemps, formant des touffes rappelant les joncs. Les fleurs sont bleues mauves, très rarement blanches.

Son nom signifie en grec « fleur sans feuilles ». Les feuilles sont en effet réduites à des gaines membraneuses à la base des tiges.

Son parfum est inexistant, son goût est légèrement sucré,la fleur est comestible.La photo ci-dessous a été prise le 7 mai 2008 lors de la randonnée dans la région de Coaraze (06), Rocasparviera-Le village maudit.

Mais elle est très courante et on aurait pu la trouver dans un autre de nos  blogs.

 On la confond souvent avec la plante suivante, le Lin de Narbonne

Lin de narbonne

(Linum narbonense) Nom provençal : Lin-sóuvage

Coteaux secs - principalement sur les sols rocailleux, mais aussi en plaine De la région méditerranéenne, jusque dans les Hautes-Alpes, la Drôme, l'Ardèche, la Lozère et l'Aveyron. – Portugal ; Italie ; Basse-Autriche ; Algérie.
Le Lin de Narbonne est une plante herbacée vivace à tige grêle. Les fleurs de couleur bleu ciel ont cinq pétales. Elle peut atteindre 50, voire 60 centimètres de haut. Sa floraison s’étale de mai à août jusqu’à 1700 mètres d’altitude.

Poussant  dans le même milieu que l'Aphyllante et d'une couleur identique, on les confond souvent mais cette dernière vit en touffe alors que le Lin de Narbonne est la plupart du temps isolé, parfois mélangé avec l'Aphyllante comme sur la photo ci-dessous prise le 22 mai 2008 lors de la rando à la-Montagne de la Loube dans les Maures(83).

Les Euphorbes

Les euphorbes (Euphorbia L.), nom féminin, sont des plantes dicotylédones de la famille des Euphorbiacées. Elles possèdent des inflorescences particulières nommées cyathes, particularité que les euphorbes partagent seulement avec quelques genres voisins. Comme toutes les Euphorbiaceae, ce sont des plantes toxiques, qui possèdent un latex parfois très irritant. 

Dans la région nous rencontrons 4 variétés d'Euphorbes : l'euphorbe réveille-matin dont le "latex", très toxique, était utilisé pour soigner les verrues (l'azote liquide est plus efficace !), l'euphorbe arbustive que vous trouverez au pied du Rocher St Barthélémy où elle a envahi l'ancien chemin qui rejoignait la Maison Forestière de la Batterie, la Grande Euphorbe et l'Euphorbe Hérisson. Nous nous intéresserons à ces deux dernières.  

  Euphorbe Hérisson-

(Euphorbia acanthothamos) est une petite euphorbe très jolie de forme semi-sphérique rappelant un hérisson. Au printemps elle porte des pseudo-fleurs jaunes.Cette photo a été prise le 17/04/2008 lors de la randonnée Le Thoronet-Cabasse.

Grande Euphorbe

(Euphorbia characias)  Cette variété peut atteindre 1 m. Feuillage bleu vert à grosse inflorescence. Comme précédemment son latex est toxique. Elle forme des touffes parfois importantes. Au milieu de cet ensemble verdâtre, rien ne ressemble à une fleur. En effet, celles-ci, telles qu'on se les imaginent, n'existent pas ! Ce qui ne veut pas dire qu'elles sont absentes au sens anatomique du terme. Toute la curiosité de celles des euphorbes réside dans le fait qu'elles ont perdu sépales et pétales, renommées pour l'occasion des cyathes. Pistil et étamines se nichent au coeur des petites "coupes" qui résultent en réalité de la soudure entre deux bractées florales.
C'est une plante qui s'exporte facilement dans nos jardins où elle constitue de jolis massifs, mais attention elle égrène beaucoup.

Cette photo a été prise le 28/03/2019 au cours de la rando Cabris-La chevrerie du Bois d'Amont.

Globulaire

(Globularia Alypum)- Appelée Globulaire Turbith, Séné de Provence,herbe terrible, petit globe. En anglais "Globe Daisy". C'est encore une belle petite plante bleue, basse,20 cm, en buisson qui fleurit de la fin de l'hiver au printemps

Plante vivace, commune, poussant dans les lieux rocailleux et broussailleux secs, de préférence sur calcaire, parfois aussi dans les maquis. On trouve fréquemment des buissons poussant sur de gros rochers isolés ou sur les falaises. Distribution : pratiquement tout le pourtour méditerranéen.  

Cette photo a été prise le 28/02/2008 lors d'une rando particulièrement difficile à La Mangiarde (06)

Les Orchidées

Combien d'orchidées sur terre ? Environ 25 000, sans compter les hybrides

Sous d'autres latitudes, ce sont des plantes épiphytes. Elles croissent sur la canopée, au sommet des arbres. "Leurs racines aériennes absorbent l'eau chargée de substances nutritives qui dégouline des arbres, et elles profitent de la lumière du soleil pour leur photosynthèse". Dans le Var, on répertorie une centaine d'espèces. Ici, elles ont les pieds sur terre, et sont entièrement dépendantes de leur hôte, un champignon microscopique, avec lequel elles vivent en symbiose. Aussi, il est inutile de déterrer une orchidée trouvée dans la nature, pour la replanter dans son jardin. Ôtée de son milieu, elle ne survivra pas. On observe sur les racines des orchidées, deux tubercules en général, dont l'apparence est à l'origine de leur nom, orchis signifiant testicule en grec. Ils renferment les réserves de nourriture de la plante. Tandis que l'un l'alimente et se ratatine, l'autre élabore des provisions pour l'année suivante.

Les fleurs constituent une grappe, échelonnée le long de la tige, ou rapprochée vers le sommet.Hermaphrodite, l'orchidée possède une partie mâle sous forme de deux pollinies. L'ovaire, vrillé, sert de pédoncule https://www.api-movie.fr/haut-var/les-orchid%C3%A9es-du-var/

Nous allons nous arrêter  sur 3 variétés courantes dans nos régions, la Céphalantere, l'Orchis de Robert, et la Serapias

Céphalanthere

(Cephalanthera longifolia)

Plante élancée à feuilles dressées, étroites (environ 1,5 cm de large) et engainantes (englobant la tige florale) , à inflorescence lâche de 8 à 20 fleurs d'un blanc pur .

Elle pousse souvent en touffes, mesure de 20 à 60 cm. Confusion possible avec la Céphalanthère de Damas dont les fleurs sont moins blanches, moins nombreuses, les feuilles plus larges et ayant les gaines foliaires généralement de couleur marron 1.

Orchis de Robert

(Himantoglossum robertianum) - Du nom du botaniste G-N-Robert-(1 776-1 857)
 L'Orchis géant  ou orchis à longues bractées est une espèce d'orchidée terrestre européenne.

C'est une plante robuste, pouvant dépasser 50 cm, à inflorescence dense, fréquente en région méditerranéenne de la fin de l'hiver au début du printemps, où on peut la rencontrer notamment sur les talus herbeux des bords de routes ou de chemins.

 Le Férion (06)-05/04/2007

Longtemps protégée, elle ne l'est plus car elle est devenue très commune. Parfois seule, parfois en groupe souvent important, elle fleurit de janvier-février à Avril. On la confond souvent avec une jacinthe.

La Croix sur Roudoule (Maures)-21/05/2009

  • Serapias
     
     
    (Serapias olbia) -Serapias de Provence

    La Sérapias de Provence est endémique de Provence et de Corse, elle se distingue des autres par son labelle recourbé et sa callosité entière.C'est une plante bizarre par sa forme. Souvent en groupe sur des terrains arides. Floraison d'Avril à Mai.


    Photo du 25/03/2010-St.Tropez-Littoral 2
     

    Mais pas la peine d'aller très loin pour la trouver : voir au CRAPA de Boulouris

    Origine de son nom  : Sarapis ou Sérapis (en grec ancien Σάραπις / Sárapis) est une divinité syncrétique créée à l'époque hellénistique par Ptolémée Ier , premier souverain de la dynastie lagide, afin de se faire accepter par le monde égyptien. Sarapis rassemble des traits d'Hadès, du dieu-taureau Apis et d'Osiris

     
  •  

 

 

 

 

 

 

Alysson Maritime

(Lobularia maritima)

 

Cette plante est de la même famille que le chou ,(Brassicaceae) . Très ramifié et se présentant sous forme de touffes, l’Alysson a des feuilles étroites en forme de lance. Les fleurs de l'espèce ont une agréable odeur de miel. Elle se trouve fréquemment en bord de mer ou sur sol calcaire. Ses très petites fleurs blanches apparaissent d'avril à septembre (pratiquement toute l'année).

Fleurs et feuilles se consomment: poissons, crustacés, viandes blanches, carpaccios, salades d'été, glaces et sorbets.

Photo du 3/10/2019-L'Escalet et les deux caps-G2

 

Elle s'acclimate bien dans nos jardin sous le nom de Corbeiile d'or ou d’Alysse  odorant avec différentes couleurs. Mais attention, elle est très envahissante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oxalis

(Oxalis pes-caprae)

L'Oxalis des Bermudes, encore appelé Oxalis pied de chèvre est une espèce de plantes herbacées vivaces du genre Oxalis de la famille des Oxalidacées. Originaire d'Afrique du Sud, elle s'est dispersée dans toute l'Europe méditerranéenne, devenant envahissante.

Photo du 3/10/2019-L'Escalet et les deux caps-G2

L'épithète pes-caprae, « pied de chèvre », fait référence au dessin des feuilles.

Elles sont formées de trois folioles en forme de cœur, avec des taches brunes. A cause de cette forme on les confond souvent avec du trèfle.

 Durant la nuit ou en cas d'ombre ou de pluie, les feuilles se replient vers le pétiole et les fleurs s'enroulent en fuseau torsadé. 

Floraison printanière, Avril-Mai. Les fleurs jaunes (20 - 25 mm) sont groupées en ombelle, comprenant 2 à 8 fleurs, au bout d'une tige de 20 ou 25 cm de haut.

Il existe des variétés cultivées, Oxalis Articulata, roses, envahissantes, avec le même type de feuilles. Certaines variétés sauvages, à petite fleurs jaunes, envahissent nos jardins. Système radiculaire important d'où une éradication difficile.

D'une façon générale, les Oxalis sont comestibles mais très riches en oxalates. Attention aux reins. 

Bourrache

(Borago officinalis) Plante assez commune que l'on retrouve au bord des

chemins. Ses fleurs, de petite taille sont d'un bleu délicat. Mais son intérêt  réside  sur toutes ses propriétés médicinales. Elle fait jeu égal avec la sauge dans ce domaine.

USAGE INTERNE
•    Huile : améliore la souplesse et l'élasticité de la peau, renforce les ongles et les cheveux cassants, retarde le vieillissement de la peau, prépare la peau à l'exposition solaire, atténue les rhumatismes et les douleurs prémenstruelles.
•    Parties aériennes : actions diurétiques, émollientes, toniques, aphrodisiaques, cicatrisantes, laxatives, antitussives, expectorantes, soulagent les troubles respiratoires, fleurs sudorifiques.
USAGE EXTERNE
•    Huile : lutte contre la sécheresse de la peau, les dermatoses (herpès, eczéma, psoriasis), les rides, les vergetures.
•    Parties aériennes : action contre les irritations cutanées.

Elle a par contre quelques contre-indications

•    Les parties aériennes de la bourrache sont déconseillées aux femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi qu'aux personnes souffrant de troubles hépatiques, à cause de leur teneur en alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui peuvent se révéler toxiques. L'huile de bourrache, ne contenant pas d'alcaloïdes pyrrolizidiniques, ne présente aucune contre-indication connue.

La bourrache a toujours été l'objet de discussions entre Jean-Marie  et Françoise L. Extrait du blog du 08/04/2010-Fayence-Circuit des chapelles
Françoise s'exclame : " De la bourrache ! Ma bourrache, viens vite voir Jean-Marie". Il y a en effet entre eux une vielle polémique au sujet de cette plante banale. Ce coup-ci, il y aura photo, ce qui y mettra fin…jusqu'à la prochaine fois. 

Barbe de Jupiter

(Anthyllis barba-jovis)

Ses rameaux sont dressés et les plus jeunes gris argentés. Grâce au revêtement pileux des feuilles, cette espèce est particulièrement résistante aux vents violents chargés d’embruns. On la rencontre justement essentiellement sur les îles d’Hyères, la presqu’ile de Giens, et on trouve également une colonie sur le sentier du littoral au Pradet.

Photo du 08/04/2010-Bormes-Bregançon

La floraison s’étale durant le printemps (d’avril à juin). Les fleurs  blanc-jaunes sont regroupées aux extrémités des rameaux et brunissent en vieillissant. Cette espèce fait l’objet d’une protection sur l’ensemble du territoire national français, évitez donc de la cueillir.

Lors d'une rando, un garde forestier nous a indiqué qu'arracher cette plante entraînait une amende de 900€ ! Beaucoup ont péri dans l'incendie de juillet 2017 mais c'est une plante résistante, elle est repartie.

Quant à l’origine de son nom, une ancienne flore (atlas répertoriant et décrivant les espèces, et servant à déterminer et identifier les plantes) affirme que cette détermination est difficile. Qui sait ? Les anciens ont peut-être trouvé quelques rapports entre les rameaux, les feuilles soyeuses couleur argent et la barbe du père des Dieux ?...Et ils ne connaissait pas un certain Emmanuel.

Palmier DOUM

"Chamaerops humilis est l’une des deux seules espèces de palmiers natifs d’Europe,  
C'est un élément typique du faciès le plus thermophile du maquis méditerranéen.

Photo du 2010-03-25-St.Tropez- sentier Littoral N°2- 

C'est le palmier dont l'aire de répartition naturelle est la plus étendue vers le nord, avec comme limites extrêmes les localités de Hyères (France) à 43° 07' N [1], et de l'île de Capraia au large de la Toscane (Italie) à 43° 04' N.
Présent dans le département de l'Aude, en France, le palmier nain est absent de la Corse et existe encore sur le littoral de la Côte d'Azur très localement, dans le Var et les Alpes-Maritimes, où il a été aussi cultivé dans le courant du XIXe siècle dans les parcs et jardins."
Il semble également avoir été rencontré à l’état sauvage dans l’île de Malte. Le palmier nain occupait d'importantes surfaces dans le Tell algérien avant la colonisation française.
Sur le plan écologique, cette espèce est très utile pour lutter contre l'érosion et la désertification car elle se régénère naturellement après les incendies en émettant de nouveaux drageons." Cf. Wikipedia.

Nous avons beaucoup craint pour lui lors de l'incendie de juillet 2017 mais nous avons eu la joie de le retrouver, intact en 2019.Photo du 03/10/2019-L'Escalet et les deux caps.

A Suivre

En ce temps de confinement j'espère que vous avez apprécié cette escapade parmi les fleurs de notre belle région. Mais ce n'est pas fini, il y a encore de la réserve. Je vous prépare un n° spécial sur les fleurs de  montagne, vous allez vous régaler.

Merci à tous les photographes qui ont participé à cet herbier. Et merci aussi à nos "experts" qui, avant l'arrivée de Plant'net sur nos mobiles ont permis l'identification : Annette et Guy, Annie F, Monique L, Maryse, Jean-louis, Jean-Marie, et d'autres que j'ai peut-être oubliés, pardon.

La semaine prochaine G1 et G2 : rando confinée

 

 

 

 

 

 

 

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