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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 15:01

Le Plateau de Calern

Aujourd’hui Jean Borel nous propose une randonnée au-dessus de Caussols.  Ce sera un parcours « sans grande difficulté » sur le plateau calcaire de Calern. Il nous conduira de l'observatoire du CERGA jusqu’au  bourg médiéval de Cipières. Randonnée de près de 14 km et 530 m de dénivelé … au moins. Sur la route qui nous mène à Caussols, le ciel est bien couvert. Heureusement un grand soleil nous attend sur le parking de l’observatoire. Nous voici 16 randonneurs au départ. Jean nous montre le profil de la rando. « Aujourd’hui on déroge au principe habituel : nous partons en effet du point culminant (alt. 1270 m) puis nous descendrons jusqu’au village de Cipières. Après avoir pique-niqué près du village, nous remonterons ici cet après-midi ».

Pour sortir du parking, Jean nous fait franchir un premier obstacle. Ce qui ne va pas sans mal pour certains. Et ce qui met en joie les copines ! Solidarité oblige ! Puis Jean nous conduit au point G, comme Géodésique. Et nous parle du C.E.R.G.A. (Centre d'Études et de Recherches Géodynamiques et Astronomiques). Le centre se visite. On y voit des interféromètres, des télémètres, des astrolabes et même un télescope de Schmidt. Ce centre d’études est spécialisé dans l’observation des mouvements de la terre.

« Nous sommes ici sur le plateau de Calern. Il forme un prolongement – surélevé de 200 m – du plateau de Caussols. Plateau de Caussols où nous fîmes une rando-resto le 21 avril 2005 ! », nous dit Jean. Quelle mémoire ! « Les calcaires massifs qui composent le plateau de Calern atteignent par endroits une épaisseur de 450 m. Son modelé est principalement commandé par les phénomènes karstiques (érosion des calcaires par l’eau et le CO2). ».

Après avoir fait un tour d’horizon et découvert les sommets qui nous entourent, nous commençons à marcher à travers le plateau. Le ciel est dégagé, le soleil brille. Par bonheur une forte brise nous rafraîchit. Nous passons devant une doline. (Petit rappel : Une doline est une petite dépression, créée par l'effondrement du sous-sol calcaire). « Sur le plateau de Calern, des dolines on en verra partout ». Le sol est recouvert de rochers calcaires qu’on appelle lapiés. (Petit rappel : Les lapiés sont des roches burinées de profondes cannelures, de cavités tourmentées, séparées par des crêtes aiguës et souvent coupantes). Attention les pieds !

Nous ne tardons pas à nous arrêter pour notre pause casse-croûte. « A présent nous passons sur l’autre versant, nous dit Jean. Nous allons descendre dans la vallée du Loup ». et nous voilà repartis. Mais que se passe-t-il soudain ? Annie a fait une mauvaise chute. Elle s’est mise à courir vers le groupe de tête pour rejoindre Jean. En trébuchant, elle s’est blessée à la jambe. Jean met un genou à terre, sort sa pommade miracle et lui prodigue des soins attentionnés. De toute évidence Annie souffre beaucoup. Ce qui a le don de faire rire ceux et celles qui l’entourent. Quelle tristesse ! Mais Annie repart sans une plainte. Quel courage ! A présent nous apercevons à l’horizon, devinez quoi !
Mais oui, c’est lui, c’est bien lui, le Mont Mounier !
Flanqué sur sa gauche du Petit Mounier. Puis nous pénétrons dans un bois de pins. Le sentier est ombragé. Un peu de fraîcheur, que c’est agréable ! « 
Regardez bien le Mont Mounier ! Après, vous ne le verrez plus ! » C’est donc avec émotion que nous jetons un dernier regard sur ce sommet splendide, témoin de nos exploits de juin 2008. Puis nous voici à nouveau à découvert. Nous marchons au milieu d’une prairie sèche mais couverte d’une multitude de fleurs, parmi lesquelles une variété de lupin (« micantrophe » dixit Jean-Marie) et la fameuse bourrache, chère à Françoise. Le parfum du thym et de la lavande nous accompagne. Des blocs de pierre sont couronnés d’églantiers en fleurs. Quelle splendeur !

Jean nous annonce : «  Nous arrivons à une borie. Vous allez voir, c’est une suite grand luxe ! » Effectivement c’est en fait un ensemble de deux bories que chacun s’empresse de visiter. A l’intérieur, Jean-Marie découvre une nichée de chauves-souris. Dont le gris (gris souris) est en parfaite harmonie avec le gris du calcaire. Puis nous poursuivons notre descente jusqu’au point près duquel nous pique-niquerons tout à l’heure.

« Ceux qui ne veulent pas descendre jusqu’à Cipières peuvent nous attendre ici ». Car si descendre n’est pas un problème, après être descendus, il faudra bien sûr remonter. Ils (ou elles ?) sont 5 à renoncer à visiter le village de Cipières. Dommage pour elles ! Nous ne tardons pas à apercevoir le village au détour du chemin. « Vous allez voir, nous dit Jean, c’est le pays des cerisiers et des amandiers ». Puis il nous  raconte : « Le village de Cipières, dominé par la masse imposante de son château, surplombe la vallée du Loup. La baronnie de Cipières passera au fil des siècles, aux mains de Maisons importantes, dont celle de René Le Grand Bâtard de Savoie, oncle du roi François 1er. Outre son château, la commune possède également de belles maisons cubiques, un village ancien aux ruelles pittoresques, la chapelle St Claude (XVIIe siècle) à la magnifique grille en fer forgé et l’église paroissiale St Mayeul (XVIè - XVIIè siècles) dont le clocher est surmonté d’un très beau campanile. »

Nous pénétrons dans Cipières. Jean nous dit le plus grand bien du restaurant du village. Nous le découvrirons peut-être lors d’une prochaine rando. Puis nous nous engageons dans les ruelles ombragées. Nous empruntons la Rue Longue, en évitant prudemment la rue « Roumpe Cuou ». Nous avons déjà une blessée, inutile de jouer les casse-cous ! Nous admirons la vue sur la Montagne du Cheiron qui domine le village de Gréolières. Puis nous contournons le château et reprenons le chemin du retour. Certes, nous avons parcouru plus de la moitié de notre randonnée. Mais peut-être avons-nous « mangé notre pain blanc », car à présent ça va grimper. Et le soleil tape ! Et il n’y a pas la moindre ombre ! De fait la grimpette nous paraît un peu longuette. Enfin nous rejoignons le petit groupe des « petites jambes ». Nous nous installons dans l’herbe ou sur des rochers. Certains choisissent l’ombre, d’autres préfèrent le soleil, car le fond de l’air est frais. Nous sommes ici au-dessus du vallon des Pesses. Nous savourons notre déjeuner, bien mérité… comme toujours ! Des nuages font leur apparition dans le ciel. « Ce sont des entrées maritimes ! » Tant mieux, nous aurons de l’ombre pour grimper ! Nous reprenons la montée vers l’observatoire. Le ciel hélas est à nouveau dégagé et le sentier bien ensoleillé. Nous marchons parmi les blocs de calcaire. Jean nous encourage : « On s’arrêtera à l’ombre ! » Mais l’ombre tarde à venir et notre groupe s’étire. A l’arrière, certains (certaines ?) décident de s’arrêter pour se désaltérer. Nous les attendons patiemment avant de poursuivre. Enfin voici un arbre secourable qui nous offre son ombre. Arrêtons-nous cinq minutes ! Jean nous rassure : « On a fait le plus dur ! A présent une brise va nous caresser le visage ! » Des caresses, une brise fraîche, il n’en faut pas plus pour nous décider à repartir. En cheminant, nous passons devant deux puits. Chacun se presse pour apercevoir l’intérieur. Ce sont des puits profonds mais bien remplis d’eau. Un peu plus loin, nous découvrons la Grotte du Tombeau. Personne ne se bouscule pour la visiter ! Un peu plus loin encore, à la cote 1246 m, (décidément ce plateau est plein de richesses souterraines) voici l’Aven des Baudillouns. Bien connu des spéléologues, son puits d’entrée est cerné par un grillage, afin de protéger bêtes et hommes d’un abîme de plus de 80 m ! Au-delà de ce point un réseau complexe de méandres et de galeries amène le spéléologue à une profondeur de - 433 mètres ! Nous ne visiterons pas. Nous terminons notre grimpette, atteignons le sommet et le parking. Puis en route pour St Vallier-de-Thiey où nous prenons un pot … bien mérité !

 

Merci Jean pour cette très belle randonnée, aux parfums enivrants.

 

Merci aux photographes : Jean BOREL, Nicole BRINSDON, Jean-Marie CHABANNE, Gérard CHARPY.

 

Encore quelques photos :

Parcours d’obstacles






















Randonneurs en débandade























Plateau de Calern


















Que de pierres !


















Jean à genoux devant Annie























Pose devant la borie
























En visite à Cipières

 






























Prochaine randonnée
: Jeudi 11 Juin à 8 h 00 : SAINT VALLIER DE THIEY (06) - L'Oppidum du Malle.

Ce que l'on prend de loin pour un éboulis gigantesque se révèle être l'enceinte fortifiée de l'oppidum construit plusieurs siècles avant notre ère. Panorama exceptionnel.

4 h 15 – 14,800 km - Dénivelé 600 m - Moyen/Médio –

Repas et boisson tirés du sac

Responsable : Jean BOREL 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 12:42

Le BAOU de LA GAUDE

 

Pour cette dernière sortie du mois de Mai (ça sent déjà la fin des classes...) Bruno GUERIN nous avait préparé une petite rando de 8 km et 455 m de dénivelée à St Jeannet. Au dessus de ce charmant petit village des Alpes Maritimes se dressent deux "baous" jumeaux (en provençal : masses rocheuses). Impossible de les rater quand vous sortez de Nice par la route de Digne, sur votre gauche ce sont les premiers contreforts des montagnes de l'arrière-pays. Leur escalade est un grand classique et déjà, début 2008, nous avions grimpé au sommet du Baou de St. Jeannet, l'occidental, et cette année Bruno nous avait proposé l'oriental, celui de la Gaude.

Mais toujours indisponible, il a confié la conduite de cette rando à Roland.

Nous sommes 17 aujourd'hui avec une nouvelle Monique qui, selon Jean BOREL, fait avec nous un "galop d'essai". Enfin espérons que nous n'allons pas trop galoper car vu la distance à parcourir, nous serions de retour avant midi !

Il fait beau et déjà chaud. Roland nous a prévenus que les 500 premiers mètres sont très pentus. Ensuite nous continuerons de monter régulièrement jusque au  sommet. Il précise que vu la température une réserve d'eau est indispensable : aux petits soins notre guide ! 

La principale montée se fait sur le même chemin que pour le baou occidental. Franchis les 500 premiers mètres, comme nous l'avait indiqué Roland, nous sortons du village sur un large chemin bien empierré, modérément pentu, avec à notre droite notre "baou" du jour. C'est la-haut que nous allons.

Derrière nous, le paysage se dévoile petit à petit et au delà des toits du village nous commençons à découvrir le paysage, jusqu'à la mer, un peu estompé par une brume de chaleur. Ce n'est pas encore aujourd'hui que nous verrons la Corse...

Laissant le chemin de l'autre baou sur notre gauche nous poursuivons notre marche dans un décor de plus en plus aride. Pourtant ce pays a été occupé par des hommes qui ont cultivé ou exploité la terre ,vu les restanques encore en bon état que nous pouvons observer. Petite pause "banane" sous l'ombre maigre d'un des rares arbres bordant le chemin. Il fait de plus en plus chaud et quelques visages commencent à rougir.

Lorsque nous atteignons l'altitude de 750 m, un petit vent de mer vient subitement nous rafraîchir et déjà la montée est plus facile.



C'est ainsi que nous attaquons la dernière partie de la montée parmi les thyms et les euphorbes hérissons. A notre droite le Baou de St. Jeannet dessine sa silhouette très abrupte, la falaise paraît impressionnante. Tout le coteau semble avoir été travaillé par les bergers car de nombreux tas de cailloux ont été rassemblés, soit pour dégager des zones de pâture , soit pour préparer des restanques. Le vent est maintenant assez soutenu, plus rien ne l'arrête entre nous et la mer et nous avons oublié la chaleur de la montée.

Encore quelques mètres et, à la cote 844 nous découvrons un magnifique cairn nous indiquant que nous avons fini de monter, ce que confirme Roland. Il en profite pour faire un large tour d'horizon, car d'ici, nous pouvons faire un magnifique 360°. A l'ouest tout d'abord, l'Audibergue (coucou Huguette !), le plateau de Caussols, le Col de Vence, Gréolières, tout au fond dans le Mercantour ouest, le Mt.Gelas, 3143 m, le Mt.Clapier et le Bégo, vers la vallée des Merveilles, tous les trois enneigés. Enfin à l'est, plus proche de nous les monts Cime,Chauve et Agel , ce dernier bien caractéristique avec ses antennes.

Bien entendu, vers le sud, la mer... et toutes les villes côtières que nous connaissons bien.  De plus Roland nous fait remarquer que outre les deux baous de St. Jeannet, il en existe deux autres moins hauts, le Baou Blanc à l'ouest et le Baou Roux à l'est.Belle leçon de géographie appliquée, merci Roland d'avoir bien préparé ce tour d'horizon. Ceci méritait bien une photo de groupe. Il nous fait ensuite un petit topo sur les genévriers  qui nous entourent, leur feuillage, leurs fruits et l'emploi qu'on en fait généralement. Jean-Marie fait remarquer qu'il s'agit du "cade" et non du "genévrier commun" car ses feuilles portent deux bandes plus claires. Petit débat sur cade et genévriers mais Wikipedia a tranché il s'agit bien du cade.

 

Le genévrier cade (Juniperus oxycedrus), ou cade, ou encore oxycèdre, est un petit arbre ou un arbrisseau fréquent en région côtière méditerranéenne (du Maroc à l'Iran), où il est l'une des plantes caractéristiques des garrigues et des maquis. Les cônes, comestibles frais, sont bruns à orange.

Feuillage persistant se présentant sous forme d'aiguilles. Ces aiguilles, à pointe fine et piquante, sont disposées en verticilles de 3 sur 6 rangs. Leur face supérieure porte deux bandes blanches, ce qui permet de faire la distinction avec le genévrier commun (aiguilles à une seule bande blanche).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Oxyc%C3%A8dre

 

Quittant la géographie et la botanique, nous redescendons vers l'extrémité sud du baou après les recommandations de prudence de Roland. Petit commentaire devant le vieux chêne quadricentenaire  au pied duquel nous reviendrons pique-niquer tout à l'heure.

Le bord de la falaise est moins abrupte que celui de son jumeau occidental mais le spectacle sur la vallée du Var est impressionnante. La rivière scintille au soleil. Toujours un peu de brume, mais sur les premiers plans, la vue est bien dégagée avec le très beau château des Templiers à la Gaude, un autre château, plus moderne celui-là...et énorme,  le siège social d'IBM en forme de X étiré, tout en bas la villa du champion de F1, Schumacher et à notre droite, Vence. Ce qui est remarquable vu d'ici, ce sont les grandes étendues boisées qui ont été préservées.

Nous revenons vers notre chêne remarquable et juste à côté, une grande prairie bien plate, certainement une ancienne dolline, nous permet de nous installer pour le pique-nique. Il est 11 h40 ! Deux choix, ombre ou soleil. Mais bien que l'ombre soit encore fraîche elle est préférée par le majorité des marcheurs qui commencent par déguster une excellent vin d'orange préparé par Denise. Merci, c'était fameux !

Aujourd'hui la pause déjeuner durera 1 h 35 ... à la grande joie des joueurs de carte, toujours aussi bruyants selon les dormeurs.

Roland donne enfin le signal du départ en nous rappelant que dans la descente, nous devons rallonger nos bâtons et surtout bien respecter le balisage sans couper les virages afin de préserver la nature. La descente est assez raide et nous  donnerons quelques mauvaises notes à Gérard, Daniela et Denise qui vont emprunter des raccourcis.

Le vent a chassé une grande partie de la brume et la vue sur les toits de St Jeannet est très jolie, un peu gâchée par des arbres morts : merci Messieurs de l'ONF de les faire disparaître...pour le plaisir des yeux.

Il est 14 h15. Traversant le village, Roland nous fait découvrir la tour sarrasine datant du 15° siècle et le lavoir où nos marcheurs retrouvent leur enfance, s'arrosant comme des gamins, en profitant pour se rafraîchir. Le village est très fleuri et cette superbe façade avec son jasmin en est la plus belle illustration.

Retour aux voitures pour changer de chaussures avant d'aller faire un tour dans le vieux village.

Roland fait un rapide historique sur les origines de St.Jeannet.

Ligures à l'origine, les habitants de la région vécurent la "Pax Romana" puis après le déclin de l'empire romain, les invasions sarrasines ruinèrent le pays le ramenant à l'état de friches. C'est au XIII° siècle qu'une dizaine de familles s'installèrent sur l'emplacement de l'actuel cimetière et dénommèrent ce lieu "Castrum  Sancti Johannis".  Le développement de la petite ville se poursuivit et elle se mura contre la peste et les ennemis. Placé à la limite de la France et des Etats du Duc de Savoie, le village eu à subir plusieurs mises à sac mais il continua de progresser avec une agriculture orientée sur la vigne et l'olivier. Le village est nommé Sancti Johannis d'après saint Jean le Baptiste ou saint Jean Apôtre, sous sa forme occitane et avec un suffixe diminutif local, qui a été francisée  par la suite. Sous la Révolution, la commune changea de nom pour Jeannet, suivant un décret de la Convention. Après un dépeuplement au cours de la 1ère moitié du 20 ° siècle, Saint-Jeannet est en pleine croissance et est promis à un grand avenir touristique.


Joli panorama sur la vallée et visite de l'Eglise St Jean-Baptiste datant de 1666, du baroque pas trop marqué et un très beau vitrail. Sur la place de l'Eglise, une fontaine qui, comme dans la plupart des village de Provence, est un symbole de progrès républicain célébrant l'arrivée de l'eau.

Notre pot habituel (un seul aujourd'hui, attention aux mauvaises habitudes), fut pris sur la terrasse du restaurant Ste. Barbe.

 



Merci ROLAND de nous avoir guidé avec beaucoup de professionnalisme sur ce petit parcours simple, mais avec de beaux paysages.

 

Merci aux photographes, Jean BOREL, Jean-Marie CHABANNE, Gérard CHARPY.

 

La semaine prochaine,   le Jeudi 4 Juin à 7 h 30 : CAUSSOLS (06) - Le Plateau de Calern

 Randonnée sans grande difficulté sur les plateaux calcaires de CALERN qui nous proposera la découverte de l'observatoire de CERCA et la visite du bourg médiéval de CIPIERES-

5 h- 13.2 km-Deniv. 530 m- Moyen-Médio. Repas et boisson tirés du sac

Responsable : Jean BOREL

 
Quelques photos en bonus : 
Les randonneuses au départ
Les randonneuses pendant la pause
Les randonneuses à l'arrivée- Seule Cathy sourit au photographe !

Non, ils ne vont pas sauter. 1ère photo de groupe...de dos !Beau jardin avec Baou
Sous les arcades

Jolie rue caladée et fleurie
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 09:00

La CROIX-sur-ROUDOULE
En ce beau jour férié de l'Ascension, 19 marcheuses et marcheurs du Cercle de Boulouris sont "au boulot" comme chaque jeudi. Bien sûr, nous allons nous élever nous aussi et je passerai sur les nombreux jeux de mots que cette journée et notre activité favorite ont provoqué. Jean BOREL nous a préparé un parcours dans un coin perdu au nord de Puget-Théniers : où va t'il chercher tout ça  ?

Avec beaucoup de plaisir nous avons retrouvé Denise, arrêtée depuis plusieurs mois et accueilli Irma, l'épouse de Roland,  profitant vraiment de son jour férié et  à qui le groupe a souhaité la bienvenue.

Les "Petites Jambes" auront un parcours  raccourci de 1 km et une dénivelée plus faible d'à peine 100m. C'est Jean qui les accompagnera, les pauvres..., elles vont souffrir, alors que Roland conduira le premier groupe jusqu'à la cote 1390. Onze participants dans le premier groupe et huit dans le second.

Il fait très beau lorsque nous arrivons dans le village de la Croix-sur-Roudoule après une montée impressionnante à partir de Puget-Théniers, d'autant plus qu'il y a des travaux qui rétrécissent encore plus la chaussée. Certains feront un rapprochement avec la montée à Ilonse. Heureusement nous n'avons eu à croiser qu'une seule voiture. L'accès au parking est assez tordu mais la vue sur l'esplanade est à couper le souffle.

Petit topo habituel de Jean qui nous présente le village et la randonnée.

La Croix-sur-Roudoule,  avec sa population actuelle de 97 habitants, a été le fief des Templiers, puis des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem et  a conservé quelques vestiges de son passé médiéval avec quelques morceaux de remparts et  une porte fortifiée. Un ancien pont romain situé en contrebas du village fera, d'après Jean, l'objet d'un arrêt lors du retour.

Il fait très beau et la température agréable nous permet de nous mettre tout de suite en tenue d'été. Et voilà, c'est parti pour 10,2 km et 600 m de dénivelée pour le premier groupe. Nous quittons très vite la grande piste pour emprunter le GR 510 par un raccourci assez pentu nous donnant une jolie vue sur le village qui s'accroche, tout en longueur, sur un piton. Tout en bas sur la grande piste nous apercevons l'autre groupe.

Sans nous en rendre compte et tentés par un large chemin, nous quittons le GR en piquant plein sud, nous écartant anormalement de notre itinéraire. Le GPS nous rappelle à l'ordre. Ce n'est pas grave, nous allons rattraper le GR un peu plus haut et la pente sera plus douce même si nous devons faire 500 m de plus.

Après "être rentré dans le droit chemin", nous poursuivons notre montée qui devient de plus en plus difficile sur un terrain glissant constitué d'une sorte de sable gris. Il commence à faire très chaud. Heureux d'arriver sur un petit plat à la cote 1208, doublement car Roland décide que c'est l'heure de la pause banane, super !

En plus des bienfaits de cette pause, le paysage est formidable. Vers le nord-ouest le Mont St. Honorat est encore bien enneigé, à l'est le dôme de Barrot nous cache le mont Mounier . Ah ! il y a longtemps qu'on n'en avait pas parlé. Devant nous, en premier plan, les roches rouges bien caractéristiques de la vallée du Cians et tout au fond, les montagnes bien enneigées surplombant la vallée d'Allos.

Lorsque Roland donne le signal du départ, de la montée, nous voyons surgir Jean avec deux sacs à dos, puis "les Petites Jambes" qui se pointent les unes après les autres.
Tout ce petit monde a l'air en forme et nous leur cédons bien volontiers la place.
le premier groupe va continuer sa progression. En bas nous apercevons le minuscule village d'Auvare où les deux groupes se rejoindront pour le pique-nique. La descente que vont entreprendre les "Petites jambes" est assez impressionnante.



Le chemin est maintenant en corniche étroite.
A peine parcourus quelques centaines de mètres, Cathy s'aperçoit qu'elle a oublié ses bâtons lors de la pause. Suspendus à une branche pour ne pas les oublier… elle est bien partie sans. Heureusement la difficulté du chemin l'a fait réagir immédiatement. Le groupe s'arrête pendant qu'elle fait demi tour. Nous repartons ensuite vers le col du Mont, terme de la montée pour les petites jambes, alors que

poursuivant la montée, le premier groupe emprunte une piste mal balisée. Après avoir traversé un très beau champ d'orchidées sauvages  il arrive à la cote 1390, son objectif. Au passage, Daniela a découvert un magnifique Chardon des Alpes qui avait poussé sans aucune tige, directement au ras du sol… une nouveauté pour tous.

Rejoignant la Baisse de Fleirel, nous attaquons la grande descente vers Auvare, 270 m parmi le thym en fleur et les euphorbes hérisson : le rose de l'un et le vert jaune de l'autre cohabitent harmonieusement.

Le chemin n'est pas aussi agréable, si on peut parler de chemin. Nous effectuons de grands zigzags pour atténuer la pente et réduire les risques de glissades. Le village se rapproche et sur notre droite, un appel nous permet de localiser le groupe des "Petites Jambes" qui semble cheminer péniblement dans les roubines ( en provençal, pente d'éboulis, de petits cailloux, parfois friables, pas facile à franchir) que Jacqueline n'a pas aimées du tout, selon ses "premières déclarations".

C'est au cœur du village que les deux groupes vont se rejoindre avec un synchronisme parfait, Nicole en tête. Mais il est midi,  temps d'installer notre pique-nique au bord d'un ruisseau. L'eau court sur un fond de roches volcaniques très noires, ce qui la rend peu attrayante. Pourtant Daniela y baignera ses pieds avec beaucoup de bien-être semble t'il !

Le temps s'est un peu embrumé mais il fait toujours chaud.

On voit bien que Denise est de retour car une partie de cartes s'organise très vite. Ils nous manquaient les joueurs de cartes !

Nous avons découvert un coffre : le trésor de la Reine Jeanne ? Hélas, il est vide…mais joli, et finira dans le sac de Daniela.

Après avoir présenté le village d'Auvare, Jean donne le signal du départ.

Son nom (azoara), ligure, d'après Charles ROSTAING, atteste que les tribus de « montani capilatti » ont occupé cette contrée. Un vaste site sur le Mont d'AUVARE où se trouvent d'étranges constructions de pierre toutes orientées pareillement, pourrait peut-être donner des renseignements sur ces hommes agiles qui portaient de longs cheveux en signe d'indépendance et préféraient la mort plutôt que l'esclavage. Leurs conquérants romains eurent fort à faire pour les assujettir et gravèrent leurs noms sur le trophée d'Auguste à LA TURBIE en 14 avant J.C.

Pendant les 5 siècles de « Pax romana » la région d'AUVARE fit partie des Alpes-Maritimes dont le procurator vivait à Cimiez. AUVARE dépendit toujours de l'évêché de Glandèves. ROME décadente laissa les Barbares envahir son empire. Vers 580 Cimiez et NICE furent complètement détruites par les Lombards ainsi que VENCE et Glandèves.

 

« Nos ancêtres dont les biens devenaient la proie des flammes furent contraints de se réfugier sur des rocs inaccessibles. Les habitants de Glandèves fondèrent DALUIS, SAINT-LÉGER, LA CROIX et AUVARE en 574 ».

Ces quatre villages furent donc des refuges. C'est pourquoi AUVARE fut construit au flanc abrupt d'un rocher protecteur, surplombant des clues profondes, douves naturelles. Ses plus vieilles maisons, celles du barri (le rempart), sont des fortifications, on y voit encore quelques meurtrières, et au sommet du village un portail de pierre témoigne de ce passé. Un château fort fut construit sur le rocher d'où l'on a un point de vue très étendu.

En 1860, Nice et la Savoie durent choisir entre la France et l'Italie. AUVARE vota à l'unanimité pour la France et reprit ses anciennes habitudes. En 1887 un chemin fut ouvert dans la paroi rocheuse du « château » et permit un meilleur accès au village. En 1923 la route de PUGET-THÉNIERS à AUVARE fut achevée.

 

Après la Grande Guerre le village s'est dépeuplé. L'hiver, il n'est habité que par deux familles de bergers. Pendant l'été, des auvarois de souche reviennent y passer leurs vacances.

AUVARE, la citadelle, comme disent encore les plus anciens en parlant du village, n'a plus son château mais demeure toujours le gardien d'un domaine plus que jamais à défendre en ces temps de gâchis « civilisateur ». Ses bois, ses sources, ses rochers, et aussi le témoignage de la vie des hommes, murettes des paysans, « courtils » des bergers ou anonymes constructions du Mont d'Auvare, parlent d'un monde où l'homme a des racines.

http://www.ecpva.fr/pays/auvare/visite.html

 

Malgré sa petite taille et  sa population de  37 habitants, AUVARE est une commune très étendue de 18 km2

 

 Encore une  montée pour franchir une sorte de petit col, la dernière, promis ! Puis par un chemin en corniche, très agréable, nous rejoignons la route et la cote 1088 à  partir de laquelle nous retrouvons la grande piste   nous conduisant à la Croix-sur-Roudoule. Il fait chaud et lourd.  Les derniers héliotropes de Corse se mélangent avec différentes  euphorbes.

Joli point de vue sur le village et sa porte ancienne. Une fontaine à l'eau glacée nous permet un bon rafraîchissement extérieur et après le changement de chaussures, parfois de maillot, le groupe a retrouvé la forme pour visiter les deux édifices religieux du village où nous attend monsieur Marin MOREAU, détenteur de l'énorme clé de l'église Saint-Michel. Mais petit changement de programme, la buvette du village a été ouverte pour nous et nous ne pouvons éviter d'y aller nous rafraîchir le gosier bien que Jean ait réservé une table dans une auberge de la vallée. Tant pis, on boira deux fois, ce qui ne semble pas déplaire à certains !

L'église Saint Michel est de pur style roman. Elle date du 11° siècle mais a été agrandie au 15° ce qui lui a retiré une partie de son charme. Restaurée au début du 19°siècle, elle a pris les couleurs du baroque Niçois… Petit tour jusqu'en haut du village accompagnés par notre guide, la petite Laure. C'est pour profiter de  tout cet entourage de montagnes, mais aussi pour repérer le point géodésique ( ces points, si chers à Jean BOREL!) que nous avons parcouru les ruelles étroites et les passages couverts. C'est Daniel qui le trouvera, ce coup-ci, le point géodésique que Jean n'avait pas pu dissimuler.

Après la visite de la chapelle Notre Dame du Rosaire, nous remercions la petite Laure et reprenons la route pour aller, un plus bas, admirer le pont suspendu mais surtout le pont romain. La gorge est impressionnante.

Nouveau départ en voiture jusqu'au second arrêt pour notre deuxième "abreuvoir". C'est une première pour notre groupe, mais il avait fait bien chaud aujourd'hui… De plus notre table était préparée avec parasols et divers gâteaux secs et grignotages : ça aurait été dommage de ne pas en profiter. Marinette avait préparé son fameux cake qui vint s'ajouter aux agapes…mais il s'en fallut de peu que nous ne puissions le goûter, Jean-Marie- vas donc maladroit !- ayant renversé sur ses genoux les délicates tranches précieusement découpées par Dominique. Enfin le cake fut sauvé et prétexte à  une belle rigolade.

Ainsi que toutes les belles journées, elle se termina en embrassades et comme d'habitude la conclusion fut que nous râlons toujours à priori quant il faut aller loin mais que, à posteriori, personne ne regrette plus le temps et les kilomètres.

 

Merci Jean de nous avoir fait découvrir ces deux beaux villages. Merci aussi à Roland d'avoir accompagné les dix courageux qui voulaient monter plus haut en ce jour d'Ascension*

 *(je n'ai pas pu éviter !).


Merci aux photographes: Jean BELLACHES, Jean BOREL, Jean-Marie CHABANNE et Claude LALANDE. 


La semaine prochaine,
jeudi 28 mai à 7 h 30 : SAINT JEANNET (06) - Le Baou de la Gaude


Point d'orgue du parcours, le crochet sommital vers le "Gros Chêne", témoin moyenâgeux du troisième millénaire, apportera aux marcheurs une émotion à la mesure de cet arbre prestigieux large de six brassées qui défie allègrement les siècles.

     
 
4 h 45 - 8.000 kms - Déniv. 500 m - Moyen/Médio –
Repas et boisson tirés du sac

Responsable :
Roland COLLOMB  

 

Quelques photos en bonus.
         Les "Petites jambes"


















            Protection totale

                      Dames de 11 heures



















                                         Thym et euphorbes hérisson
                                   Clocher d'AUVARE
Pique-nique

Le coffre de la Reine Jeanne
                                                   Chapelle ND du Rosaire
Belle demeure à la Croix-sur-Roudoule

                             Fontaines à Croix sur Roudoule et Auvare
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