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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 11:00
La Cime de La COLMIANE

 

Après Bruno la semaine passée, il n'était que justice que Jean BOREL ait sa rando mouillée. Mais n'anticipons pas !

Il nous avait convoqués à 7 heures au parking de Boulouris et il fallait beaucoup de courage pour être présent au vu des prévisions météorologiques de la veille. Pourtant nous étions là…sauf Camille. Après quelques recherches téléphoniques, Cathy arriva à savoir qu'il s'était trompé d'heure. Récupéré devant chez lui, pas très brillant nous avouait-il, conséquences de la fête de la veille, l'essentiel était de ne pas l'avoir "oublié".

C'est donc 23 marcheuses et marcheurs qui se retrouvent sur le parking de l'église de Saint Damas de Vadeblore pour une rando courte, 9 kilomètres et une dénivelée de 620 m. Les nuages sont très bas, il ne fait pas très chaud mais il ne pleut pas…encore.

Jean nous a expliqué, au préalable, que le début du parcours comporte une montée très raide sur 1,5 km mais qu'elle se fera à allure modérée. Petit passage à la boulangerie du village, renommée paraît-il, afin de compenser les affres des virages de la montée. Puis nous traversons le village, fort beau par ailleurs avec ses passages voûtés.

Et nous attaquons la montée. Effectivement la pente est sévère mais il tiendra ses engagements et nous montons tranquillement jusqu'à une grande clairière où nous ferons la pause "banane". Jean en profitera pour nous faire son premier topo sur la région.

Cité en 1067 "In valle Blora", ce Territoire qui fut toujours composé des trois villages de Saint-Dalmas, la Bolline et la Roche fut confirmé en 1667 puis le hameau perdu de Molières(souvenir douloureux pour un petit groupe de marcheurs de Boulouris) a été agrégé à la commune. Seigneurie des Thorame-Glandevès qui fut confisquée par la Savoie en 1388 puis inféodée et érigée en comté (1699) en faveur des Ribotti. D'après une étymologie fantaisiste le nom signifierait "Val des pleurs".  Il s'agit tout simplement d'un val qui s'ouvre par le quartier de Blour (commune de Rimplas), "Blour" venant du celtique et signifiant "pente herbeuse sur la montagne". Commune pastorale, actuellement tournée vers le tourisme d'été et les sports d'hiver (station de La Colmiane).

Site vaste et beau territoire de moyenne et haute montagne. Au nord, hauts sommets de la frontière italienne : Cime de Tavel , Tête de Clans (2795 et 2 897 m), Cime de la Frémamorte (2 730 m); ces hauts reliefs, coupés ouest/est par le vallon de Molières, se poursuivent jusqu'au centre de la commune avec la Pointe Giegn (2 888 m), la Tête de Margès (2 550 m), le mont Pépoiri (2 674 m). Reliefs dégradés jusqu'à la terrasse glaciaire fertile (1 000 m en moyenne) est/ouest portant les agglomérations, qui remontent en limite sud jusqu'au Cayre Gros (2 087 m) et le mont Viroulet (1 869 m). Nombreux ravins nord/sud découpant massifs et barres rocheuses. Beaux lacs alpestres : lacs de Tavel, Nègre, des Bresses, de Frémamorte (5 principaux), Scluos, au nord; lacs du Barn, Gros, des Millefonts (4), d'en Veillos, au centre. Sauvage vallon de Molières est/ouest. Forêts de Malaterra et du Bois Noir : sapins, épicéas, mélèzes, pins sylvestres, châtaigniers.  

Profitez bien de cette photo, dans cinq minutes la pluie va commencer et il va falloir s'équiper en conséquence.

Jean a laissé s'échapper un petit groupe de cinq leur donnant rendez-vous au col du Varaire : aucun risque de se tromper, il n'y a qu'un seul chemin. Le gros de la troupe monte à son rythme dans ce beau sous-bois de mélèze. Après avoir admiré des gentianes bleues un peu plus bas nous nous retrouvons dans les renoncules sauvages.

 On sent que la saison a été bien humide car toute la végétation est d'un vert lumineux, bien que nous soyons juste au-dessous des nuages qui s'effilochent sur les reliefs.

Aujourd'hui, n'espérez pas de photos de paysages lointains, ils sont complètement bouchés, mais nous aurons quand-même quelques images intéressantes à vous présenter !

Au col, notre "détachement précurseur" nous attend patiemment.

La dernière montée vers la cime est très raide sur un chemin rendu glissant par la pluie.
Nous traversons un immense champ d'asphodèles, a peine fleuries, alors que dans  notre Esterel, elles sont déjà passées. A notre gauche, même champ immense de renoncules sauvages, blanc crémeux. Mais ça devient dur d'admirer les fleurs alors que la pluie redouble de violence. Lorsque nous atteignons le sommet du télésiège, nous sommes dans le brouillard, il est 11 h 30.

C'est sous l'auvent du restaurant d'altitude, fermé bien sûr à cette saison, que nous trouvons un coin au sec pour, malgré l'heure, prendre notre repas. Une partie du groupe choisit le côté sud, l'autre le côté opposé. Quelques chaises disponibles amélioreront le confort de certains alors que d'autres s'installent comme sur l'herbe. Gérard va préférer la position debout, vu la longueur de ses jambes. Certains se téléphoneront, d'un côté à l'autre du bâtiment, pour s'inviter au café à la fin du repas…

Bonne nouvelle par le biais du téléphone, il pleut à verse à St Raphaël !

Tout au long de cet arrêt, la pluie a redoublé puis s'est un peu calmée au moment de repartir. Néanmoins, il faut repasser les vêtements de pluie ce qui permet une belle présentation, à 1800m, de la dernière mode en matière de protection  : le strict imperméable avec une ligne très près du corps, facile à enfiler, le classique ensemble Kway + pantacourt, léger, idéal pour faire apprécier ses mollets, le traditionnel poncho qui recouvre le sac, le bob imperméable, ravageur de mise en plis. Merci à nos charmants modèles.

Alors que nous abordons la descente, sortis du brouillard, deux magnifiques chevaux accompagnés d'un poulain font leur apparition et défilent devant nous, en toute liberté : d'où sortent-ils?

 C'est un crachin léger qui nous accompagne jusqu'au lac où Jean avait prévu de pique-niquer. Le reste d'une énorme congère de neige nous rappelle que l'hiver n'était pas trop loin à cette altitude. Lors de la reconnaissance il y a une dizaine de jours, elle faisait, paraît-il, 15 mètres. Les pieds dans l'eau du déversoir, c'est Jean qui va immortaliser son groupe.

Nous remontons jusqu'à la route, puis par un petit sentier en descente, nous regagnons le village alors que la pluie s'est remise à tomber.

Mais notre journée n'est pas terminée. Jean avait pris rendez-vous avec Micheline de l'Office de Tourisme pour une visite de l'église et du musée. Micheline va nous faire pénétrer dans cette église qui fut édifiée par des moines bénédictins venant de l'Abbaye Pédona à Borgo San Dalmazzo en l'an Mil. A l'origine, elle ne comportait que la crypte centrale, les cryptes nord et sud n'étant rajoutées qu'en 1100-1150 lorsque le prieuré reçoit la relique Insigne de la Ste Croix. Transformée au 16ème et 17ème siècle, c'est un mélange de Premier Art Roman Lombard et de Baroque. Les cryptes ont été bien protégées car suite à un séisme au 17ème siècle, les villageois avaient complété la coulée de terre en nivelant à 1, 50m le sol de l'édifice. Actuellement, il a retrouvé son niveau initial.

Pour  y accéder, on descend d'abord cinq marches avant d'en remonter sept pour atteindre l'autel, original n'est-ce pas. Aujourd'hui elle est classée Monument Historique mais a été cambriolée et vandalisée récemment.

La légende dit que les pèlerins qui descendent dans la crypte avec leurs péchés en remontent purifiés. Nous c'est plutôt dans la difficile montée vers la Cime de La Colmiane que nous avons gagné notre paradis.

Après cette très intéressante visite, nous traversons la place pour visiter le musée qui renferme des objets et machines anciennes dont une curieuse armoire pour ficeler des bottes de foin. D'un seul coup, Jean tombe sur un théodolite qui lui rappellera son ancien métier : dommage il manque la lunette de visée.




Nous remercions  Micheline pour ces deux visites, très documentées.

Le pot sera pris dans le PMU du village mais Chantal n'est pas là pour faire un RAPIDO. Dommage, elle aurait pu payer l'addition. Mais tu vois on a pensé à toi !

Pratiquement nous chassons un autre groupe déjà installé, beaucoup plus réduit en effectif.

 

Merci Jean, une fois de plus tu as sauvé notre pique-nique mais il faudra revenir car le paysage a l'air superbe comme nous avons pu le supposer au travers du brouillard.

 

Merci aux photographes, Jean BOREL, Gérard CHARPY, Bruno GUERIN, Jean-Marie CHABANNE.

 

La semaine prochaine, Bruno GUERIN nous propose une balade au Val de Siagne.

 

Quelques photos en vrac :
Le groupe, au départ avant la pluieEn plein effort !
Que de vert !












Prêts au départ.
C'est au bord du lac que Jean avait prévu le pique-nique.
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