2026-06-11-580-Les 7 Tunnels de l'Aqueduc de Belletrud-G1
2026-06-11-580-Les 7 Tunnels de l'Aqueduc de Belletrud-G1
Nous sommes 13 sur le parking du Souterroscope de St Vallier de Thiey pour la randonnée G1 du jour.
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Joël nous présente cette randonnée inédite, plutôt sportive et pleine de surprises. Elle comporte notamment une très belle montée de 3 km cumulés le matin, et une belle descente de plus de 3 km, dont un passage bien raide l’après-midi. Le tout sera agrémenté de quelques passages insolites, comme une passerelle « rustique », quelques tunnels dont un long, un en descente et un autre en montée (une curiosité), et enfin la descente dans une grotte magnifique. L’ensemble du parcours fera 18 km pour 620 m de dénivelée.
Compte tenu de ces éléments il rappelle l’utilité d’avoir une lampe frontale et des bâtons.
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La randonnée commence par un beau chemin ombragé le long du Vallon de la Combe. Puis après une descente (qu’on trouvera bien raide à la montée au retour) nous voici arrivés devant la fameuse passerelle, sans parapet et dont les planches sont parfois cassées, espacées, ou manquantes. Mais chacun s’arme de courage et passe cet obstacle à la queue leu leu.
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Nous surplombons alors le sauvage et verdoyant Vallon de la Siagne sur le GR 510 et Joël nous explique que ce fut en fait la « vraie route Napoléon » ou passèrent l’Empereur et ses grognards au retour de l’Ile d’Elbe.
"Il faut imaginer ce qu'a dû être cette marche, sur le chemin même, là où nous sommes.
La colonne s'allonge. Il y a de la boue, de la neige fondue, cet après-midi du 2 mars 1815.
Les cavaliers ont mis pied à terre. Ils sont embarrassés dans leurs bottes et avec leurs sabres.
L'empereur marche à pied parmi ses hommes, parfois en tête, pas toujours.
Il porte sa légendaire tenue de campagne : habit vert des chasseurs de la garde, col à parements rouges, épaulettes d'or, gilet barré du grand cordon de la légion d'honneur, culotte de Casimir blanc, beau bicorne à cocarde.
Il a retroussé les pans de sa redingote et s'est muni d'un bâton. Tous trébuchent sur le mauvais dallage. On entend les grognards souffler dans la rude montée. Ils sont chargés de leur "barda" et leurs couvertures roulées sur leur havresac s'alourdissent.
Le "petit tondu" est là-bas devant avec son chapeau. Une telle expédition ne pouvait s'envisager sans argent. Depuis le départ d'Elbe c'est Peyrusse le grand argentier de l'affaire qui veille sur le trésor.
C'est deux cents millions d'or en pièces jaunes qu'il faut transporter à dos de mulets. On dit que cet argent avait été économisé sur la liste civile de Napoléon tant qu'il était en exil. Ce précieux chargement va connaître des avatars. A peu près là où nous sommes "après la borne 91", le chemin présente des à-pics. Là, un mulet glissa et tomba dans le ravin avec un coffre chargé de pièces d'or.
Toujours harcelés par la nécessité de ne pas traîner en route, les hommes ne prennent pas le temps de récupérer le chargement tombé dans un endroit difficile d'accès. Un paysan nommé Réal récupèrera le contenu".
Pour nous, ce fut plus cool, d'abord il ne pleut pas, notre barda est plus léger, nous n'avons pas de canon à tirer et nous savons où nous allons alors que les "grognards" ne savaient pas à quelle sauce ils allaient être mangés.
Comme il y a une superbe propriété au fond du vallon, Camille imaginera que ce sont les héritiers de monsieur Réal qui ont profité des écus de l'empereur...
Joli pierrier sur notre droite. On imagine très bien le mulet et son chargement d'écus roulant dans cette pente : pauvre bête !
Le chemin est bordé de grosses pierres, les chasse-roues, destinées à éviter aux chariots de basculer dans le ravin. Grosso-modo, nous sommes à 350m au-dessus de la Siagne.
Sur l'autre versant, on aperçoit parfaitement la DN 85, la route Napoléon, qui serpente parmi les montagnes.
Enfin des fleurs, de jolies Azurites (Echinops Ritro) au niveau de La Chapelle St Martin.
C’est ensuite que commence la longue montée dans la Forêt Communale de Briasq, heureusement assez ombragée avec quelques trouées permettant d’apercevoir l’Audibergue et la Montagne de Thiey. Vu l’heure matinale de levée, la pause banane prise devant la Chapelle Saint Jean sera la bienvenue.
« moment rare ! Denis semble sans voix »
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Joël encourage la petite troupe à poursuivre l’effort jusqu’au point le plus haut de la randonnée, le Cavalet à 958 m d’altitude, avant d’aborder le début de la descente.
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Et c’est juste avant d’aborder le Sentier de l’Aqueduc, surplombant le Vallon de la Siagne de la Pare, qu’il sait être en plein soleil, que l’animateur trouve un beau coin ombragé pour la pause pique-nique. Il profite de ce moment de détente pour nous donner quelques explications sur la construction de l’Aqueduc de Belletrud et sur toutes les péripéties de la mise en œuvre de ce projet :
"Quelques sources éparses, souvent taries, constituaient au début du XXe siècle la seule ressource pour alimenter en eau les communes du bas canton de St-Vallier. Ces sources, qui émergeaient de terrains peu profonds, étaient polluées par les eaux superficielles.
Tant et si bien qu'un hygiéniste départemental fut envoyé à Cabris le 16 novembre 1910. Son rapport fut accablant...
Il fut alors décidé, grâce à une subvention spéciale de la commission départementale, le transport d'eau potable par charrette...
Entre 1911 et 1916 un projet est élaboré pour dériver l'eau de la Siagne et mettre en place l'autorisation de travaux et les crédits. La guerre en arrêtera l'exécution....
C'est seulement en 1931 que l'eau pourra jaillir à Cabris.
Le réseau va se développer au fil des années et avec lui le syndicat en charge de sa gestion pour devenir en 1971 le Syndicat Intercommunal des Cinq Communes pour l'eau et l'Assainissement (S.I.C.C.E.A)...".
La randonnée reprend avec des vues magnifiques sur un vallon aussi sauvage et inconnu que magnifique, qui suscite de nombreux arrêts photos.
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C’est à partir du 11° km que nous abordons les fameux Tunnels. Chacun excité commence à préparer sa lampe. Les consignes de sécurité sont simples, on regarde où on met les pieds et on baisse la tête. Ces traversées de tunnel sont une aubaine pour les petits gabarits !!! Il y aura de tout : un petit tunnel très court, un long tunnel bien sombre et donc très obscur, un tunnel en descente assez glissant, et même un tunnel qui monte !!! et chacun s’interroge sur la solution utilisée pour faire monter l’eau dans la conduite.
"Comme à la Sécu, on attend son tour pour entrer"
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La traversée de ces tunnels aura été un vrai divertissement qui a enchanté chacun. Et entre chaque tunnel, les vues admirables et impressionnantes sur le profond vallon en contrebas rajoutent à ce sentiment d’être seuls dans l’immensité du paysage.
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Mais les bonnes choses ayant toujours une fin, nous abordons maintenant la longue descente attendue. Chacun suit prudemment Joël sur son tracé, et finalement tout le monde arrivera en bas sans bobo pour franchir une belle passerelle sur la Siagne.
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Puis nous retrouvons le Vallon de la Combe, parsemé de quelques trous d’eau et passages rocheux, pour découvrir la grotte des Deux Goules. On pose les sacs, mais on garde les frontales et les bâtons à cause du sol glissant. Une petite corde à nœuds facilite l’accès à la grotte qui s’étend sur 2 côtés à la fois. Chacun s’émerveille de découvrir ces stalagmites (ça monte) et stalactites (ça descend) aux formes parfois surprenantes. Joël déconseille de s’aventurer vers les deux extrémités de la grotte trop sombres et glissantes ; et un bon randonneur ne fait pas forcément un bon spéléologue.
« La Goule est une créature monstrueuse du folklore arabe préislamique qui apparait dans Les Contes des Mille et une Nuits » C’est une sorte de vampire femelle qui dévore les cadavres dans les cimetières, pour les faire revenir des morts sous une forme déformée et sauvage »
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Sur le chemin du retour la chaleur commence à arriver, et la petite descente du matin vers le GR510, va s’avérer une montée bien « casse pattes ».
Une magnifique photo de groupe pour clore cette belle randonnée.
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On prendra le pot en terrasse à St Vallier de Thiey, où les randonneurs unanimes remercieront Joël pour cette randonnée jugée par eux assez exceptionnelle. Et nous remercions tous notre ami Denis qui a tenu à offrir le pot pour fêter un évènement très proche.
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Le texte est de Joël ; les photos sont de Claude et Joël ; le blog est de Claudette et Jacques
2026-06-11-715-2-Ampus-G2
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Nous sommes 15, dont 6 randonneurs, réunis sur le parking situé à l'entrée du beau village d'Ampus, pour découvrir cette randonnée, classée moyen x de 9,7 km pour une dénivelée de 225 m, qui sera animée par Thierry.
Il nous la présente : "Village perché de la Dracénie, Ampus a su garder l'authenticité du Haut Var. Une promenade dans les ruelles conduit à la découverte d'un jardin d'Eden jalonné par les stations du chemin de croix qui mène au panorama superbe au dessus de l'église Saint-Michel. Nous découvrirons le dolmen de Marenq et La Chapelle N.D de Spéluque, de style roman. Pique-nique au bord de la Nartuby, et retour par le vallon de Valségure, le canal de Frontignan, et le "chemin de l'eau".
Le profil ne montre pour seule difficulté qu'une montée longue.
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Il est 9h30, le ciel est bleu et la température dépasse déjà, malgré une altitude de 570 m, les 20 degrés, ce qui augure d'une belle journée.
Comme notre nombre est limité nous n'aurons pas de serre-file.
Dans un premier temps, direction la Mairie en empruntant les ruelles étroites du village.
La place est charmante, ornée d'une belle fontaine et d'une terrasse accueillante où nous prendrons le pot de l'amitié à notre retour.
Pour le moment nous attendons Thierry, qui a obtenu de se voir confier la clef de l'église que nous pourrons ainsi visiter tranquillement.
L'église Saint-Michel, construite en 1085, fut alors rattachée au monastère des Iles de Lérins.
Thierry prendra le temps de nous dire quelques mots de cette église :
"Pendant les guerres de religion l'édifice subit d'importantes dégradations, réparées le calme revenu. C'est probablement à cette époque qu'elle fut dédiée à l'archange Saint-Michel.
De pur style roman elle est d'allure massive à l'extérieur. L'intérieur révèle voûtes de plein cintre, collatéraux et abside en cul de four. Un clocher carré coiffé d'un campanile flanque la façade.
"Parmi les cloches, l'une est du 17ème siècle. D'un poids de de 150 kg, elle est classée "monument historique" au titre des objets mobiliers.
Une statue en bois représentant l'Archange Saint-Michel terrassant un dragon à figure humaine daterait de la première moitié du XVI° siècle. Cette statue a été classée comme monument historique en 1912".
En quittant l'église nous parcourrons le magnifique chemin de croix initié par Adonis Volpato, qui fut curé d'Ampus de 1961 à 1994.
Thierry nous relate le rôle joué par ce curé dont le travail est une fierté pour tout le village :
"Egalement tailleur de pierres Adonis Volpato viendra au chevet de son église. Par deux fois il fut lauréat du concours national des chefs d'oeuvre en péril. En 1962, il entreprend la restauration de l'église paroissiale. Les travaux durent quatre ans et demi....
Dans le même temps, le Père Volpato à qui l'on avait donné le terrain autour de l'église, a l'idée d'y édifier un chemin de croix. Pour cela, il fait appel à un céramiste britannique installé depuis quelques années dans le village : Geoffrey Hindy dit Geoff.
Pendant que Geoff travaille à ses panneaux de céramique, le curé prépare le terrain...il plante des centaines d'arbres, d'arbustes et des fleurs".
Les quatorze stations sont réalisées sur deux ans.
Geoff passionné par cette entreprise décide, avec l'accord de l'Abbé Volpato, de créer un quinzième panneau qui mélangera céramique et galets, plus abstrait dans sa conception".
La beauté du site nous incitera à faire une première photo de groupe au sommet du chemin de croix
sous la protection de Notre Dame
et à deux pas d'un somptueux panorama en direction du Bois des Prannes.
Nous quitterons le village en empruntant la descente de Ratton en direction du pont éponyme.
Mais avant de l'atteindre nous tenterons d'apercevoir une ancienne glacière, construite au XVIIème siècle. Elle n'est plus guère visible, son accès étant protégé par une grille.
Ce sera toutefois l'occasion pour Thierry de nous rappeler que l'usage de glace à rafraichir remonte à l'Antiquité et que de nombreuses glacières ont été construites dans le Var (une activité spécialement importante, notamment sur la Sainte Baume, du XVIIème au XIXème siècle - voir le blog G2 du 7 mai 2026).
Depuis le pont de Ratton nous pouvons contempler le cours, complètement à sec à cet endroit en ce moment, de la Nartuby d'Ampus.
Un panneau d'information, à proximité, rappelle le sabotage, par les maquisards d'Aups et d'Ampus, le 19 juillet 1944, du pont de Ratton pour gêner la circulation des véhicules de l'armée allemande.
Nous suivrons un moment cette petite route bordée de plantations d'oliviers
qui nous conduira en montée
en direction du dolmen de Marenq
que nous atteindrons après avoir suivi un étroit sentier ombragé.
Le dolmen a été découvert en 1922 et restauré en 1990. C'est l'un des rares dolmens de Provence a avoir conservé sa table de couverture, particulièrement volumineuse.
Thierry, qui s'interrogeait sur le volume de la pierre tabulaire et sa masse, ne resta pas longtemps dans l'expectative. Une rapide inspection par Jean M. livra une estimation du volume de l'ordre de 6 m3 soit une masse d'environ 10 tonnes, estimations rapidement validées par les autres sachants du groupe.
L'une d'entre nous ne résistera pas à la tentation d'explorer l'intérieur du monument.
Après cet aller et retour pour visiter le dolmen nous obliquerons à gauche et, après avoir emprunté un sentier étroit et caillouteux en forte montée, nous longerons une zone de culture offrant de jolies vues sur la campagne et la forêt.
Pour éviter une portion de route Thierry nous propose de suivre un sentier qui sera plus agréable tout en permettant de raccourcir légèrement le parcours.
Nous nous heurterons, comme cela arrive malheureusement parfois ces derniers temps, à une clôture interdisant le passage dans une propriété privée.
Nous trouverons rapidement une alternative pour poursuivre en pleine nature en empruntant le chemin de Turquet.
Les genêts en fleur offrent de beaux contrastes
avec la forêt en toile de fond.
"Sur notre circuit, la forêt est très présente. Riche en chênes verts et en chênes blancs, elle abrite de nombreuses espèces animales tels que chevreuils, sangliers et même des aigles.
Dans un proche passé, l'alimentation de nombreux gazogènes provenait de ces bois.
Aujourd'hui en hiver l'homme y "cave" la truffe, mais attention ces forêts sont surveillées".
Au long de notre périple nous nous efforcerons, sans succès, de distinguer, entre chênes verts et chênes blancs. Un peu plus tard, à l'occasion du pique-nique Thierry, avec le concours de l'I.A., nous fournira des éléments permettant de les différencier :
"En résumé le chêne vert a des feuilles petites, coriaces et persistantes, alors que les feuilles du chêne blanc sont grandes, lobées et caduques.
Pour les distinguer rapidement : en automne les feuilles du chêne blanc jaunissent alors que celles du chêne vert demeurent d'un vert foncé. En hiver le chêne vert garde ses feuilles, le chêne blanc est nu.
Le chêne blanc préfère les zones tempérées avec des sols profonds, frais et fertiles. Son tronc droit et massif au bois dur et résistant est prisé pour la charpente, les tonneaux, les meubles".
Nous longerons quelques exploitations agricoles et notamment des élevages de chèvres et de moutons jalousement gardés par des chiens peu commodes
avant d'atteindre ce site où deux charbonnières témoignent de l'époque, "entre les deux guerres, où les producteurs de charbon de bois recherchaient un appareil mobile, d'une conduite facile, demandant moins de technicité que la meule traditionnelle, et autorisant un cycle de carbonisation rapide".
A partir de là nous nous dirigerons vers le sud en direction de N.D. de Spéluque
au pied de laquelle nous nous installerons pour notre pique-nique.
Un endroit très agréable, et un moment convivial que nous prolongerons volontiers et que Thierry mettra à profit pour nous donner des précisions sur cette chapelle, malheureusement fermée, mais où un office a encore lieu chaque dimanche et les jours de fête.
"Cette petite chapelle qui remonte au Xe siècle, fut consacrée le 10 janvier 1090 par Bérenger III, évêque de Fréjus sous le nom de Beate Marie de Speluca.
On la désigne de nos jours également sous le nom de Chapelle Notre Dame du Plan. Elle a été classée monument historique par arrêté du 26 juin 1990.
Cet édifice, situé en bordure de la Nartuby, au pied du plateau des Rouvières et de celui de Canjuers comprend une nef unique, de trois travées, voûtée d’un berceau brisé et terminée par une abside en cul-de-four avec meurtrière. A gauche du choeur, la sacristie occuperait l’emplacement d’une chapelle primitive du Xe siècle.
Au temps où les Sarrasins occupaient la région dite du Fraxinet (les alentours de l’actuel village de la Garde-Freinet) ceux-ci firent irruption dans la plaine de Tourtour.
Les habitants résistèrent à l’invasion et jurèrent, s’ils remportaient la victoire, de construire une chapelle en témoignage de leur reconnaissance à la Vierge Marie.
Ils chassèrent l’envahisseur et construisirent l’édifice selon le vœu qu’ils avaient fait. En 990, Almerade, évêque de Riez, la dota d’un « Autel en Val d’Empure » consacré à la Vierge. (Autel en Val d’Empure = Acte de donation du Vallon d’Empure, Empure ayant donné le mot Ampus).
Par la suite, cette chapelle primitive étant devenue trop petite, on lui en adjoignit une autre qui fut consacrée en 1090 par Béranger, évêque de Fréjus. Il existait à la même époque un monastère et un village regroupés autour de cette église.
Quelques années plus tard, un chevalier félon, nommé Truan, et des membres de sa famille saccagèrent ce joyau de l’art roman ainsi que le monastère et le petit village. Seule fut réparée la chapelle située au milieu de la petite plaine. Elle fut pourvue d’un prieur et desservie par quatre moines.
Puis, en 1793, elle fut vendue comme bien national et achetée par Madame Autran, puis par la famille de Jerphanion qui la rendirent alors au culte. D’importantes réparations ont été entreprises depuis".
A deux pas de cette chapelle un petit pont de bois enjambe la Nartuby d'Ampus. Il sera l'occasion d'une nouvelle photo de groupe.
A partir de là nous suivrons un PR en direction du sud, matérialisé dans un premier temps par une piste large, plate et confortable
qui nous permettra d'accélérer la cadence en direction du vallon de Valségure.
Nous passerons devant ce premier retable dédié à Saint Hubert, patron des chasseurs et des forestiers.
Une pause bienvenue, à l'ombre, car il commence à faire bien chaud.
Le chemin du Plan d'Ampus, qui nous ramène en descente progressive, est caillouteux à travers le maquis.
Les endroits fortement ravinés laissent apparaître une terre rouge.
Nous atteignons un nouveau pont en bois pour franchir le Vallon de Valségure, affluent de la Nartuby d'Ampus.
La fin du chemin du Plan d'Ampus est moins caillouteuse, et surtout ombragée, ce qui est apprécié de tous.
Au bord du sentier, de nombreux figuiers de barbarie, dont celui-ci, dont la fleur magnifique parait fort appréciée par un bourdon très affairé.
Un autre retable,
et une petite chapelle, fermée elle aussi.
Nous sommes arrivés sur les hauteurs du village et allons parcourir le chemin de l'eau.
"Le chemin de l'eau met en exergue l’utilisation du canal de Fontigon, vieux de 500 ans.
L’aqueduc du village fut construit pour permettre une arrivée d’eau régulière, essentielle au bon fonctionnement du moulin à farine, du lavoir du milieu et de la fontaine de la Place de la Mairie.
Cet aqueduc assurait aux villageois une eau indispensable à l’irrigation des prés et des jardins ainsi qu’à leur propre alimentation.
Par la suite une conduite métallique fut aménagée dans la montée de l’aqueduc reliant le canal de Fontigon à une turbine, elle-même reliée à une dynamo, qui se trouve toujours dans le moulin à farine.
C’est au XVè s. qu’on construisit dans le village un moulin à farine, plus proche des habitants que l’ancien qui se trouvait au lieu-dit Moulin Vieux.
Afin d’alimenter ce nouveau moulin, on creusa le long canal de Fontigon (la Font d’Hugon) qui permit par ailleurs d’irriguer les terres et d’alimenter le village, le Tournaou, les fontaines et les lavoirs.
La source et le séculaire canal de Fontigon, sur les hauteurs de Ampus, résonnent d’un passé pas si lointain où les “bugadières” s’affairaient aux lavoirs et les hommes autour du “tournaou” (meule à aiguiser communale.
La suite du chemin de l’eau vous conduira de citerne en aqueduc au coeur du village".
Nous ferons une pause au grand lavoir pour savourer un peu de fraicheur.
Pour nous détendre Thierry nous fera la lecture d'une réponse savoureuse d'un étudiant à un devoir de chimie proposé à Nanterre sur le thème
"L'enfer est-t-il exothermique...et de ce fait a t-il gelé?".
L'eau du canal actionnait le "tournaou", meule solidaire d'une tour à aubes, qui servait à émoudre et affuter les outils. Cette meule était publique.
Une vue de l'église Saint-Michel en amorçant la descente.
La descente des marches le long de la Montée de l'Aqueduc entre le grand lavoir et la tour du moulin.
La tour du moulin vue du bas.
La porte sarrasine qui marque l'entrée du village.
La descente vers le centre du village.
C'est sur la place de la mairie que nous prendrons le pot de l'amitié et que nous remercierons Thierry pour cette belle randonnée, très documentée
avant d'emprunter cette ruelle étroite pour rejoindre nos véhicules.
Nous aurons accompli 11,4 km pour une dénivelée de 241 m
La semaine prochaine :
lundi 15 juin :
GL1-GL2-91-2-Le tour du Dramont par Denis (pique-nique des randonneurs)
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jeudi 18 juin :
G1-G2-890-2-Sainte Anastasie sur Issole par Patrick
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2026-06-04-561-1-Caussols-Cipières-Plateau de Calern-G1
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Le plateau de Calern semble apprécié par l’animateur du jour car c’est la quatrième fois qu’il y emmène un groupe. Cette fois ci ce sont treize G1 qui se sont joints à lui pour une boucle de 15,2 kilomètres… environ et 520 mètres de dénivelé... environ. Boucle qui doit les mener à Cipières.
Aucun des randonneurs présents n’avait participé aux précédentes éditions et Thierry leur annonce dès le départ qu’ils bénéficieront d’une petite nouveauté en supplément.
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A 1260 mètres d’altitude la température est idéale et le groupe se met rapidement en marche. C’est le moment de parler un peu du Centre de recherches en géodynamique et astrométrie (Cerga) associé à l'observatoire de la Côte d'Azur où nous nous trouvons. Dominique, l’autre animateur présent, partagera ses connaissances sur le sujet.
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"Dissous en janvier 2004 à la suite d'une réorganisation des départements scientifiques de l'observatoire, au début des années 2020, la société Acri-ST, laboratoire privé de réception et de traitement des données satellitaires, s'installe dans les anciens locaux du CERGA, en conservant le nom du site.
Ses thématiques scientifiques comprenaient : l’astrométrie, la cosmologie et analyse de données, la géodésie spatiale, la télémétrie laser et métrologie du temps, la mécanique céleste et l’histoire des sciences.
Il est crédité pour la découverte de 24 astéroïdes numérotés par le Centre des planètes mineures (MPC), entre 1984 et 1998. De nombreux autres astéroïdes y ont été découverts mais ils sont attribués à des chercheurs individuels".
Nous observerons pour notre part des vautours venus du Verdon mais pas la rarissime vipère d'Orsini, dont le plateau de Calern constitue un des derniers bastions en France.
Un très beau panorama sur le plateau de Caussols est l’occasion de rappeler l’usage aéronautique de la grosse boule installée à son sommet.
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Arrivée à la borne 116, au lieu de s’engager sur le GR4 c’est sur le chemin de Notre Dame qui rejoint Caussols que le groupe s’engage. Le but est de découvrir la chapelle Notre Dame de Calern.
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"Notre Dame de Calern a été aménagée entièrement à l’intérieur d’une grotte, sur les pentes sud de la montagne du même nom qui domine le petit village de Caussols. De ce fait, elle n’apparaît pas dans le paysage et il n’est pas facile de la trouver. La grotte s’ouvre une trentaine de mètres au-dessus du sentier, au N.O. de celui-ci, après des rochers caractéristiques, et environ 300 m avant d’arriver sur le plateau de Calern. Son orifice, à ras du sol est surmonté d’une petite croix blanche en fer que l’on n’aperçoit que lorsqu’on y arrive".
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"Une tranchée a vraisemblablement été creusée devant l’orifice pour permettre de mieux y accéder.
On a alors un porche de 3m de large pour 1,6 m de haut, où deux murs laissent un passage d’un mètre de large. On accède alors à une galerie de 11 m de long, d’une largeur moyenne de 3m et haute de 1,6 à 2 m. Le fond est fermé par une grille en fer. On débouche alors dans une salle de 7m de diamètre, éclairée par un orifice grillagé qui s’ouvre dans le plafond à 7 m de hauteur. C’est dans cette salle qu’a été aménagée la chapelle. Quelques bancs, un autel de maçonnerie rustique, au-dessus duquel trône une belle statue taille humaine de Notre-Dame de Calhern (avec un h). Devant l’autel, sur la dalle cimentée formant le chœur, une petite table plus pratique fait maintenant office d’autel".
Après cet aller-retour le groupe débute la boucle par le GR4 (qui va de Royan à Grasse, soit 1470 km). Calern est un plateau karstique mais la marche est très aisée sur un étroit chemin fait de pelouse sèche agréable pour les pieds. Les dolines et les vieilles bergeries se succèdent.
A un moment Thierry quitte le sentier pour traverser une doline et rejoindre une borie en ruine et un puits à eau. La piste n’est plus que la marque des chaussures des randonneurs précédents.
A proximité de bosquets ce sera la pause banane traditionnelle.
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Peu après débute la descente de 250 mètres en sous-bois sur un chemin toujours très confortable. Au sortir du bois nous entrons dans un monde minéral fait de restanques et de clapiers.
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C’est à croire qu’ici seules les pierres poussent.
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La vue sur le Gros Pounch est magnifique avec le Cheiron en arrière-plan.
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Arrivés au fond du vallon des Pesses c’est désormais une piste caillouteuse fort désagréable qu’il faut prendre.
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Thierry met en garde les randonneurs d’un risque de glissade, une randonneuse s’était bien abimé un genou il y a quelques années à cet endroit.
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Heureusement la fin de la descente, jusqu’ à une station de pompage très taguée, se fait via un sentier pédestre.
A présent c’est un nouvel aller-retour qui nous conduit jusqu’au village de Cipières. A cet endroit les GR4 et GR51 se rejoignent sur 500 mètres. D’un coup, le village apparait dans toutes sa splendeur, dominé par son château.
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Au loin, le village de Gréolières et le massif du Cheiron. On distingue parfaitement les sentiers empruntés lors de la dernière randonnée restaurant et la vallée du Loup.
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"Cipières est un village perché à 780 mètres d'altitude, faisant face au village de Gréolières situé de l'autre côté du Loup, face également à la montagne du Cheiron. Le village de Cipières est un village un peu isolé car il est situé sur une petite route parallèle à la route des gorges du Loup qui relie Gourdon à Gréolières ou Coursegoules. Cipières constitue néanmoins un de ces nombreux villages de l'arrière-pays des Alpes-Maritimes qui possède beaucoup de charme et où il est toujours très agréable de s'y arrêter. Cipières est un lieu de séjour idéal pour toutes les personnes qui recherchent calme et quiétude, loin des sites les plus courus des Alpes-Maritimes.
Cipières possède beaucoup de charmes avec ses ruelles et le panorama qui s'ouvre sur la vallée du Loup. Le patrimoine culturel de Cipières est principalement constitué par :
- la chapelle Saint-Claude (XVII° siècle), avec un cœur de style baroque et son beau portail en fer forgé. Cette chapelle est située à la sortie du village, en direction de Gourdon.
- l'église Saint-Mayeul (XVI° et XVII° siècle).
- le château, reconstruit à la fin de l'époque moderne. Cet imposant château est visible uniquement depuis l'extérieur (pas de visite).
- la fontaine, sur la place du village.
- le lavoir de la fontaine, aménagé depuis le 17° siècle"
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Après le tour du village c’est à sa sortie que le déjeuner sera pris sous un grand tilleul avec table et bancs.
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Ceci fait, il va falloir remonter sur le plateau. Le chemin du retour au pied du Bau d’Aussel permet de réchauffer les muscles avant d’attaquer la montée de quatre kilomètres toujours par le GR4.
Dernier petit coup d'œil sur Cipières.
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L’arrivée au vallon du Pas de l’Estrugue sera l’occasion de prendre la photo de groupe.
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La piste est à nouveau plus facile et les genêts en fleur foisonnent entre les lapiès.
Un peu plus loin, petit arrêt au puits où l'eau bien fraîche est très accessible.
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Plus haut nous passerons près de la grotte du tombeau qui ne présente pas d’intérêt particulier.
Au loin, à la Clapaud, une magnifique ferme bien restaurée mais très isolée. C’est à ce moment que nous apercevons une biche qui a dû être effrayée par nos voix.
L’endroit est également parsemé d’avens. A la cote 1246 m, voici l’Aven des Baudillouns. Bien connu des spéléologues, son puits d’entrée est cerné par un grillage, afin de protéger bêtes et hommes d’un abîme de plus de 80 m. Au-delà de ce point un réseau complexe de méandres et de galeries amène le spéléologue à une profondeur de - 433 mètres !
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A présent le dernier kilomètre qui ramène tout le groupe aux voitures se fait à nouveau sur de la pelouse sèche.
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Finalement la distance et le dénivelé annoncés auront été respectés.
Le restaurant de Caussols étant fermé c’est la terrasse habituelle de Saint Vallier de Thiey qui accueillera cette équipe pour une boisson rafraichissante et bien méritée.
Photos : Frédérique L – Annick T
Texte : Thierry P
La semaine prochaine :
Lundi 8 juin :
- GL1-GL2-201-Lac Aubert menée par Thierry
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Jeudi 11 juin :
- G1-580-St Vallier les Sept Tunnels de l'Aqueduc de Belletrud par Joël
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- G2-715-2-Ampuis par Thierry