Colmars des Alpes-28 juin 2010
COLMARS des Alpes-
Dernier effort avant les vacances, voici la première journée de notre semaine de fin
de saison des randos. C'est à Allos, dans un coin de montagne qu'il connaît bien et qu'il apprécie, que Jean nous a entraînés. Et ce sont 38 randonneurs qui se retrouvent sur le parking de la
Lance en ce lundi 28 juin. Les arrivées se sont étalées de 9 h 20 à 9 h 40, mais personne ne s'est trompé. Il fait 18 ° et le ciel est bleu. Par contre la météo n'est pas fameuse : on nous promet
des orages tous les après-midis.
A 10 h, Jean rassemble sa troupe sur un énergique coup de sifflet.
"Tout d'abord, je vous présente Danielle, surnomée Nanou, une petite nouvelle. Bienvenue dans le groupe
où nous espérons te revoir souvent. Quant à la rando d'aujourd'hui, elle est très facile, 7 km et 135m de dénivelée.
Nous allons marcher le long d'un canal d'irrigation : L'Adroit. Un petit passage
aérien sans risque et deux traversées de "roubines" demanderont un peu de vigilance. Enfin nous reviendrons pique-niquer ici pour ensuite rejoindre la cascade la Lance. Enfin, nous finirons la journée par une visite du musée".
Il ajoute, "J'ai choisi de commencer par Colmars car il faut absolument visiter cette charmante bourgade . Le lundi est un bon jour puisqu' il n' y a pas de marché ce jour-là. Par contre le mardi et le vendredi, il est très difficile de circuler dans la ville car le marché attire beaucoup de monde. Par ailleurs cette petite rando facile vous permettra de vous adapter à l'altitude".
Et c'est parti. 38 randonneurs ce n'est pas rien à manager ! Jean à placé des serre-files, la paire habituelle Jacky et Daniel et, au milieu du
peloton, un autre guide, Bruno.
Nous traversons ce sympathique village en laissant à notre gauche le Fort de France. Par les petites ruelles aux enseignes et boutiques bien conservées et un joli campanile nous gagnons la porte de France. Au travers
de ce monument, on aperçoit le fort de Savoie et en arrière plan le massif de Rochecline.
Jean nous fait remarquer la similitude entre
l'architecture du fort et celle de la montagne derrière.
C'est à partir de l'entrée du Fort de Savoie, surnommé
Dessaix, que l'on a une très belle vue sur le village. C'est de là, particulièrement, que l'on observe les superbes croix dessinées en tuiles vernissées oranges décorant les quatre pans du clocher de l'Eglise.
Petit rappel historique sur l'histoire de ce village, longtemps à cheval sur une frontière.
Au confluent de la Lance et du Verdon, Colmars dresse ses
remparts érigés pour contrer les invasions successives. D'origine celto-ligure, les romains y installent un camp. Puis ville frontière dès 1388, entre le duché de Savoie( dont
Allos faisait partie) et le Comté de Provence, elle fut détruite par les armées de Charles Quint en guerre contre François 1er, enfin en 1690 la
guerre de la Ligue d’Augsbourg contraint Louis XIV à doter Colmars d’un ensemble de fortifications plus développé. Et c'est Vauban bien sur qui fut chargé d'organiser la défense de la
ville.
La construction de tours pentagonales sur les remparts, des forts de Savoie et de France donne à cette cité Vauban, classée, son allure actuelle.
Derrière les murs épais, s’abritent de beaux édifices religieux : l’église Saint-Martin et la chapelle Saint-Joseph recèlent des retables classés du XVIIème
siècle et une vierge noire sculptée du XIIIème / XIVème siècle.
Nous allons à présent franchir le Verdon par un pont
qu'il faudra rejoindre par la route. Nos guides et serre-files endossent leurs gilets jaune fluo ce qui doit impressionner les marcheurs car c'est sur une file
indienne parfaite qu'ils parcourent les 500 m de route .Quelle discipline !!!
Maintenant ça devient sérieux car nous commençons à monter en lacets jusqu'au fameux canal d'irrigation. Le soleil tape fort et il fait très chaud.
Le canal n'est plus utilisé depuis fort longtemps semble-t 'il. Par endroit il est bien marqué mais la plupart du temps ce n'est plus qu'un modeste fossé. De temps en temps, il
passe pendant 1 ou 2 mètres sous le rocher. Enfin au passage d'un petit torrent il le traverse sur un pont où il est canalisé par des tôles.
Nous commençons à rencontrer pas mal d'espèces de
fleurs et quelques randonneurs passionnés se déchaînent en photographiant à tour de bras…. ce qui fait râler nos serre-files, qui ne se priveront
pas, au briefing du soir, de manifester leur impatience.
De nombreux orchis de Fuchs, des ombellifères non identifiées, des campanules bordent le canal et un bel arbuste reconnu par Maryse comme bois-joli ou bois-gentil (Daphne mezereum).
Jean arrête le groupe : " attention, nous atteignons le passage aérien"…mais pas de quoi fouetter un chat, ou plutôt, un randonneur. En tout cas , à cet endroit, la vue
est bien dégagée et nous pouvons bien détailler le fort de France en vue aérienne. Le passage est en corniche, ce
qui peut être impressionnant pour certains.
Déjà apparaissent les "roubines", arêtes schisteuses gris foncé. Deux petits torrents qui les coupent nous
obligent à quelques acrobaties. Mais pas de casse, tout le monde passe. Mais bien sur, comme d'habitude, les photographes sont à
l'affût.
Il ne reste plus qu'à redescendre vers le village. Jean nous rassemble sur le vieux pont qui enjambe le Verdon pour une nouvelle photo de groupe.
Derrière le pont, Jean nous fait découvrir une fontaine très particulière, elle est intermittente.
Son débit s'interrompt huit fois en une heure. L'eau emploie une demi-minute pour monter en formant un jet de la grosseur du bois. Elle sourd ainsi pendant quelques minutes puis elle diminue sensiblement et cesse de couler pendant une minute avant que le cycle ne recommence.
Jadis les habitants du pays ne manquaient pas d'accorder à ce phénomène une origine magique.
Nous retrouvons le parking où Grand Pierre nous a préparé un fastueux apéritif avec
trois cubitainers de vin : blanc, rosé et rouge, du pastis et du sirop de cassis pour le Kir. Voilà de quoi nous remettre de nos efforts de la matinée, merci beaucoup Pierre.
Dans l'euphorie générale une de nos amies va renverser son verre de vin …rouge évidemment, sur son pantalon. Nécessité immédiate d'une rechange mais heureusement les voitures sont à côté.
Et chacun s'installe autour des tables pour déguster son repas.
Mais voici les premières gouttes de pluie qui
apparaissent et on voit sortir les parapluies, les impers et même une coiffure originale représentative d'un religion certainement bizarre
!
La pluie cesse mais le tonnerre commence à gronder. La foudre n'est pas l'amie des randonneurs, c'est bien connu et certains déjà s'inquiètent.
Jean propose de zapper la sieste et d'aller tout de suite voir la cascade. Il pleut un petit peu mais surtout l'orage se rapproche.
Deux des marcheurs vont nous abandonner pour revenir aux voitures mais le reste de la troupe continue de progresser vers la cascade qui, effectivement vaut le coup d'œil.
Profitant du temps qu'il nous reste avant la visite du musée, Jacky, notre grand pêcheur, a décidé de taquiner la truite et il va sortir son matériel bien replié dans son sac.
Sur le chemin du retour, le photographe va immortaliser deux superbes escargots qui "se font du bien". Ah ! ces paparazzis.
A 15 h, nous nous retrouvons devant la maison musée. Jacky a pris une petite truite, hors norme et il l'a remise à l'eau. Ce soir, nous serons 45 à table et il aurait fallu un
sacré miracle pour que chacun ait sa part.
L'effectif étant important, deux
groupes seront constitués. Le premier sera guidé par Mme Jeanine ETIENNE et le second par Alphonse CARRERO.
Cette maison-musée est une ancienne maison bourgeoise du XVIIème siècle appartenant à une famille de notaires. Elle permet de découvrir la vie dans le Haut-Verdon au cours des siècles
passés.
Jean BOREL parviendra à maintenir Mme ETIENNE dans une
visite de 1 h 30 mais rien n'arrêtera M.CARRERO qui, pendant 2 h 15, n'épargnera pas un détail au second groupe. En particulier il insista sur la salle de l'art religieux où il détailla presque
toutes les statues de la mère de Jésus. Nous retiendrons deux particularités de ce musée, le premier remonte-pente datant de
1936, où l'on avançait, assis sur un traîneau et le chemin de ronde qui passait dans le
salon. Enfin, parmi les objets insolites, un soufflet pour gonfler les têtes de veau avant d'enlever les poils…
Fin de la visite et départ pour notre hôtel à la Foux d'Allos.
Petit briefing avant le repas, demain, nous respecterons le programme avec le départ à 8 h 30 de deux groupes.
Le groupe n°1, conduit par J.BOREL, fera le Tour des lacs avec 12,5 km et 680 m de dénivelée en atteignant l'altitude de 2639 m. Le groupe des "Petites jambes", conduit par Daniel et Jacky ira directement au lac d'Allos dont il fera le tour : 292 m de dénivelée et 8,8 km.
Après le repas, un petit plaisantin cachât quelques clefs de chambre et Bruno fut accusé de ce méfait. Mais le blogueur qui sait tout... assure que Bruno est parfaitement innocent. Par déontologie, il ne dénoncera pas le coupable.
Merci Jean pour cette première journée qui nous a permis de bien préparer la suite.
Quelque photos en bonus :
Devinez qui se cache derrière ce menhir. Serait-ce Obélix ?
Le Fort de Savoie
Le Fort de France
Passage "aérien"
Dans les "roubines"
Passerelle devant la cascade : le photographe a pris des risques
Les
escargots amoureux
Chemin de ronde