Les Gorges du Blavet : 3 février 2011
Les Gorges du Blavet
Aujourd’hui, nous partons randonner à deux pas de chez nous, dans les Gorges du Blavet.
« Ah bien sûr, ce ne sont pas les Gorges du Verdon …! Mais un site grandiose et sauvage qui nous permet de descendre au Paradis des Gorges du Blavet et nous offre une randonnée pleine de fraîcheur et de curiosités méconnues. ».
Ce matin, Joël se trouve bien seul sur le parking de Boulouris. Inquiet de ne voir personne. La randonnée serait-elle annulée ? Impossible : C’est Joël lui-même qui la conduit !
Voici enfin qu’arrivent deux randonneurs. Sans doute les autres sont-ils allés directement au point de départ de la rando. Moralité : Si vous ne passez pas par le parking de Boulouris, prévenez le responsable. C’est plus sympa !
Nous voici à présent 32 randonneurs en bas de Bagnols-en-Forêt, près
du nouveau cimetière.
Joël nous présente trois nouveaux, ou presque : Jean, Philippe… et Camille, de
retour parmi nous. Bienvenue à tous !
Puis il nous présente la rando : C’est un parcours en forme de deux boucles successives. La première boucle passe par l’Oppidum de la Forteresse. La deuxième fait le tour des Gorges du Blavet.
Au total, c’est une rando de près de 15 km et 480 m
de dénivelé.
Nous empruntons une piste qui grimpe gentiment à travers bois. Gentille grimpette,
mais à l’arrière, Jean et nos deux serre-files à nouveau réunis, Daniel et Jacky, sont un peu distancés. « On va trop vite pour
vous ? » s’inquiète Joël.
Il y a quelques minutes, il faisait tout juste 0 °. Mais avec le soleil (il fait un temps splendide) et la grimpette, nous ne tardons pas à nous réchauffer. Nous marquons donc une petite « pause effeuillage ».
Puis nous reprenons notre grimpette et atteignons le Col de la Pierre du
Coucou. « Nous sommes ici sur le GR51, le fameux Balcon de la Méditerranée » nous fait observer Joël. Du col, une vue superbe
s’étend sur la plaine de l’Argens, le Rocher de Roquebrune, les Maures à l’Ouest, l’Estérel à l’Est et la mer au Sud.
Nous attaquons à présent un sentier montant, raide et escarpé. Avec par endroits, de
hautes marches à escalader.
On peut apercevoir près du sentier, les restes de meules, dont Joël nous parlera plus
tard. Pour l’instant, il nous dit : « Regardez à gauche ! Voici l’Ecureuil ». Ce sont des roches rousses, qu’on croirait
taillées en forme d’écureuil, avec sa queue en panache.
Nous escaladons encore quelques rochers et parvenons sur une petite esplanade
ensoleillée.
Joël s’apprête à nous parler de ces fameuses meules. Mais les conversations se
poursuivent. Daniel, qui ne s’était pas encore manifesté, intervient alors : « Si ces dames veulent bien se taire … ». Ce qui
ramène aussitôt un peu de silence.
Ecoutons donc Joël :« La rhyolite amarante, roche extrêmement dure, célèbre dans l’Estérel pour sa couleur, était utilisée autrefois pour fabriquer des meules : meules de moulins à huile ou à grains.
Près d’un siècle avant JC, les premières
meules ont été taillées dans cette roche, avec des outils rudimentaires. Le commerce de ces pierres, recherchées dans tout le Midi méditerranéen, était
florissant. Mais le village de Bagnols, décimé par la peste de 1348, puis pillé par les bandes de Raymond de Turenne en 1392, fut complètement déserté. C’est en 1477, que l’Evêque de Fréjus,
seigneur de Bagnols, fit revivre le village en faisant venir d’Italie, 30 familles de Pieve di Teco (Ligurie) afin de poursuivre l’exploitation des tailleries.
Des centaines de meules de tailles différentes, furent ainsi extraites de la roche, au prix d’un long labeur incroyablement difficile, dans les
conditions climatiques que l’on connaît: sous le soleil de plomb de l’été et le vent glacial de l’hiver.
Et puis brutalement au milieu du XVII° siècle, les «Peyriers» ont disparu, emmenant tous leurs outils, abandonnant de nombreuses meules, plus où moins entamées, certaines même sur le point d’être finies ! Et pourquoi ce départ subit ? On suppose que les tailleurs de meules ont été victimes de la concurrence d’autres sites, plus accessibles, donc plus rentables ».
Joël nous explique ensuite la technique de taille des meules. Puis nous invite à visiter les lieux. « On va voir en continuant, des meules taillées, à moitié ou entièrement. Puis on ira sur le site de la Forteresse ».
Nous escaladons quelques rochers avant de découvrir l’emplacement d’une meule de plus
d’un mètre de diamètre, formant baignoire.
« On pourrait y prendre un bain » remarque Martine. Chiche, Martine !
Daniel, fort à propos, fait remarquer à Gérard : « Aujourd’hui, débute l’année du lièvre ». C’est en effet aujourd’hui,le Nouvel An Chinois. Merci Daniel de cette remarque qui apporte un éclairage nouveau à cette randonnée. Car le lapin ou lièvre 兔 (tù), selon le zodiaque chinois, est sociable, discret, raffiné, astucieux, perspicace, sensible. Et
il s'entend bien avec la Chèvre ou le Cochon…
Mais trêve de chinoiseries, nous attaquons une petite descente. Suivie d’une
grimpette. Et nous voici en contrebas du mur d'enceinte de l’Oppidum de la Forteresse. Vestige de ce qui fut jadis « un camp
fortifié datant d'environ 1 000 ans avant J-C (Age du Bronze). Ce site a été occupé jusqu’à la fin de l’âge de fer, par une quarantaine de personnes ».
Il est 10 heures. Joël nous invite à une pause casse-croûte fort appréciée.
Après nous être restaurés, nous reprenons notre chemin. Direction Ouest, en direction du Blavet.
Sur un sentier très agréable qui descend à travers bois. Nous marchons parmi les pins aux troncs tordus sous l'effet du
vent. En voici un particulièrement torturé. Françoise accepte, pour la photo, de passer le tronc à son cou, au risque de s’étrangler.
Puis la descente devient caillouteuse. Heureusement nous atteignons vite le Col de Bayonne (alt. 329 m).
C’est ici que débute notre deuxième boucle qui fait le tour des
Gorges du Blavet.
Nous bifurquons à droite puis empruntons la piste de Bayonne.
« On est dans le bois du Défens » nous dit Joël. Nous progressons sur un sentier à nouveau très agréable, en sous-bois.
« Vous vous souvenez de la rando que nous
avons fait ici sous la neige ? » demande Camille. Le blogueur s’en souvient parfaitement. « C’était la mi-novembre. Nous étions 13 randonneurs
courageux car la météo prévoyait de légères pluies. Et au bout d’une heure de marche, nous avons dû rebrousser chemin … sous la neige !! ». Et voici la photo souvenir
de ce jour mémorable !
A présent la descente devient plus difficile. Le sentier est raviné. Le bruit de la rivière toute proche nous accompagne.
Un énorme tronc barre notre chemin. Il nous faut nous courber jusqu’à terre pour
franchir l’obstacle. Au fur et à mesure que nous approchons du Blavet, la fraîcheur nous gagne.
« Randonnée pleine de
fraîcheur » avait dit Joël. Nous sommes servis !
Nous apercevons le gué que nous devons franchir. L’eau ne semble pas très profonde,
mais la rivière est large. Il faut choisir avec soin ses points d’appui pour ne pas se mouiller les pieds. Et attention aux rochers humides ! Ca glisse !
Les premiers à passer aident les suivants. Hormis les photographes qui préfèrent
mitrailler à tout va, toujours à l’affût d’une petite glissade spectaculaire ! Mais tout se passe bien.
Sur l’autre rive, nous attaquons une grimpette à travers bois. Puis nous suivons le
sentier à flanc de coteau. Joël nous avertit : « A droite, ceux qui le souhaitent peuvent monter voir la grotte ». Les plus
courageux suivent Joël. Un peu plus loin, le sentier longe une
immense falaise.
Et voici la Grotte du Muréron, remarquable par sa vaste entrée et sa belle hauteur de plafond. Jadis, elle abritait nos ancêtres : on y a retrouvé des traces de présence remontant à 12 000 ans avant J-C. Aujourd'hui, elle fait le bonheur des escaladeurs.
Mais il est temps de rejoindre les paresseux (le blogueur en fait partie) qui n’ont pas souhaité visiter ou re-visiter la grotte. Les voici qui se prélassent au soleil !
Nous poursuivons la descente et atteignons une piste qui nous conduit sur le pont qui
enjambe le Blavet.
En amont la vue sur les gorges est très belle. En aval, la rivière a creusé
dans la roche une cuvette qui se termine en cascade. ("Ici nous
sommes encore dans l'Estérel. Ses contreforts Ouest sont toujours ocre mais le massif s'est ici
fracturé. La faille s'est produite dans une épaisse coulée de lave. Un volcanisme fissural a ainsi donné naissance aux gorges du
Blavet" ).
C’est l’heure du pique-nique. La majorité choisit de s’installer sur la rive droite.
« Vu d’en haut, ne dirait-on pas le rocher de
Vincennes ? » Mais Daniel n’entend pas, il est assis sur le rocher !
Le reste du groupe a opté pour une position dominante, sur la rive gauche du Blavet.
Mais qu’importe. Le soleil brille, il fait bon. Et les deux groupes cohabitent paisiblement … mais à distance. Signe de bonne entente : les deux parties procèdent en fin de repas, à des échanges de café ou de
chocolat.
Puis quelques-uns attaquent une petite sieste. Mais bientôt Joël sonne le signal du départ.
« On a fait un peu plus de la moitié de la rando. Il reste 7 km ».
Nous nous regroupons sur la rive gauche du Blavet. Puis nous attaquons une montée à travers bois. Qu’elle nous paraît longue cette grimpette ! Sous le soleil ! Et après un repas quelque peu arrosé !
Enfin nous atteignons le Col de Bayonne. La boucle est
bouclée !
Il ne nous reste qu’à emprunter la Piste de Bayonne. Bientôt nous apercevons sur notre gauche, le village de Bagnols-en-Forêt.
Et voici le parking du cimetière. Nous regagnons nos voitures.
Et pour terminer cette belle journée, nous allons prendre un pot bien mérité à l’entrée de Fréjus.
Merci Joël, pour cette agréable et très belle randonnée, dans l’Estérel occidental.
Merci aux photographes : Jean, Jean, Jean-Marie, Gérard, Claude, Jean.
Encore quelques photos :
Randonneurs
Ca grimpe !
Attention ça glisse !
Pique-niqueurs
Vues sur l’Estérel
Prochaine randonnée : voir programme ci-dessous