Saint Aygulf - la Gaillarde : 4 mars 2010
Saint Aygulf – La Gaillarde
Aujourd’hui
Roland nous propose une randonnée à deux pas de chez nous,
à Saint Aygulf. Après une journée de tempête, la météo nous laisse espérer un temps clément, avec même quelques éclaircies. Profitons-en !
Nous avons rendez-vous au bout de la Grande plage de Saint Aygulf. Nous
sommes 21 randonneurs. Roland nous présente le parcours : « Nous allons tourner tout autour de la zone urbanisée, en suivant le sentier du littoral
jusqu’aux Issambres. Puis nous reviendrons par les hauts de Saint Aygulf ». C’est un parcours de 14,5 Km. Le dénivelé a l’air impressionnant sur le profil, mais il ne
dépasse pas 260 m. Nous faisons un petit tour d’horizon avant de partir : à l’Est : l’Estérel, à l’Ouest : les Maures
et la pointe de St Tropez. Bien sûr, c’est du déjà vu !
« Nous démarrons de la plage de
la Galiote » nous précise Roland. « Nous allons commencer par un léger é
chauffement ». Nous ne demandons que ça : nous réchauffer un peu, car l’air est frisquet. « Je
crains un peu pour les chaussettes » ajoute Roland. Que veut-il dire ? Mystère !
Nous descendons sur le sable et traversons la plage de la Galiote. Nous
atteignons bientôt les pre
miers rochers. Attention à ne pas glisser, ils sont humides. Nous contournons la Pointe de St-Aygulf. Le sentier du bord de mer est
bien aménagé, large. Mais au détour d’un virage, tout change. Plus de macadam, rien que des rochers entrecoupés de passages de sable ou de graviers. Le ciel est gris, le temps est maussade. Mais
surtout, la mer est agitée. Pas besoin d’être Jérémie pour deviner le sort qui nous est promis. (Merci Georges !) Nous risquons fort de nous tremper les pieds … et les cha
ussettes.
Premier test : il nous faut longer un mur. Un mur que vient battre la mer. A intervalles irréguliers, bien sûr, pour pimenter le jeu. Il ne suffit pas de regarder où l’on met les pieds. Avant de nous élancer, il nous faut évaluer la distance à parcourir, observer la vague qui se prépare, évaluer sa vitesse, sa force. Et surtout courir, courir vite. Sans trébucher !
Le test est concluant : « Je suis trempée, j’arrête ! » s’écrie Annie (la grande).
Mais après ce passage délicat, la suite lui paraît plus facile. Annie se décide à rester parmi nous.
D’ailleurs, nous quittons les rochers pour faire un bout de route. Puis
nous revenons sur le sentier du littoral. Nous traversons à nouveau une calanque. A son extrémité, il nous faut franchir un petit chenal, devant l’entrée d’un garage à bateaux. Le chenal est
envahi par la mer. De temps en temps la mer se retire. Mais pas longtemps ! Roland ouvre la voie. Il nous prévient : « Attention, c’est très
glissant ! » En effe
t, nous devons poser le pied sur des dalles et des rochers bien polis par la mer. A l’arrière, ça bouchonne un
peu ! Chacun hésite quelques secondes avant de trouver le moment favorable, entre deux vagues, pour franchir ce passage délicat. Nicole glisse et chute. Elle se relève, mais sa décision est
prise : « Je rentre à la maison ».
Quelques instants plus tard, nous voici sur la plage du Petit
Boucharel. Il est 10 heures. C’est l’heu
re de la pause casse-croûte. C’est aussi l’heure pour Nicole de nous abandonner. Jean la raccompagne. Auparavant il passe le
flambeau à Daniel : en l’occurrence une bouteille de rosé offerte par Danielle. Merci Jean, tu peux rentrer, la bouteille est sauve.
Chacun contemple ses vêtements mouillés. Annie a les chaussettes
trempées. Mais elle en a une paire de rechange. Quelle prévoyance ! « Moi, je suis trempé beaucoup plus haut » nous dit Alain. En
fait, personne n’est totalement sec.
Avant de nous quitter, Jean annonce : « On a fait 4,09 km » ; Toujours aussi précis, Jean !
Nous ne sommes plus à présent que 19. Roland nous propose : « Voulez-vous continuer par la route ? » « Non ! » A la majorité, nous choisissons le sentier du littoral. C’est plus amusant ! « Je vous raconterai plus loin l’histoire de la soupe de poissons » nous dit Roland.
Nous reprenons le sentier. Mais voici à nouveau un passage délicat
entre deux rochers. Le pass
age est rarement libre. Et entièrement recouvert d’eau, dès qu’une vague se jette à l’assaut. Chacun se débrouille du mieux qu’il peut
pour franchir ce mauvais pas. Mais cette fois-ci, Annie, restée à l’arrière, tourne les talons. Roland la rejoint et l’accompagne sur la route.
Quelques dizaines de mètres plus loin, tout le groupe regagne la
rou
te.
Nous contournons la plage du Grand Boucharel. Passée la pointe de la Tourterelle, nous voici à présent aux Issambres.
Puis nous atteignons la plage de la Gaillarde. Nous en avons terminé avec le parcours « plat » (qui comptait pour zéro dans le dénivelé !) Nous allons quitter la côte pour grimper sur les hauteurs de Saint Aygulf.
« On entre dans le vallon de la Gaillarde » nous dit Roland. « C’est l’un des derniers vallons littoraux non urbanisés de la côte varoise. Incendié en 1990, il conserve un potentiel écologique et constitue un site témoin des activités sociales, agricoles et pastorales de l’homme depuis le néolithique ».
Nous arrivons à un panneau indiquant « Les Petites Maures ». Nous marquons une pause. Roland nous parle du Conservatoire du littoral.
« Le Conservatoire du littoral
est un établissement public créé en 1975. Il
mène une politique foncière visant à la protection définitive des espaces
naturels et des paysages sur les rivages maritimes ou lacustres. Il acquiert des
terrains fragiles ou menacés. Après avoir fait les travaux de remise en état nécessaires, il confie la gestion des terrains aux communes ou autres collectivités
locales. En janvier 2003, le Conservatoire assurait la protection de
500 sites représentant 861 km de rivages, soit plus de 10 % du linéaire côtier ». Parmi ces sites :
le vallon de la Gaillarde (les Petites Maures) et les étangs de Villepey.
« Nous allons là-haut, sur la
colline. On va emprunter le circuit de l’histoire : on y trouve des vestiges du néolithique, des dolmens, une ferme, un puits ». Nous commençons à grimper gentiment.
Roland nous indique le point de départ du parcours des petites jambes. S
i petites jambes il y avait eu.
Nous marchons à présent entourés de mimosas. Voici enfin les mimosas en
fleurs que Bruno nous avait promis, il y a déjà un mois. Par ce temps gris, ces bouquets d’or illuminent le paysage. Tout à coup, nous percevons un bourdonnement qui ne cesse de croître. Nous
sommes environnés d’abeilles. « On va rester en bas » nous dit Roland. Nous revenons sur nos pas pour emprunter un autre sentier. Les
abeilles n’ont pas pour autant disparu. Nous nous dirigeo
ns vers les ruines de Roqueyrol.
Nous poursuivons notre grimpette. Derrière nous, nous apercevons la côte, sous un ciel toujours gris. Une large tache jaune éclaire un peu le paysage. Ce sont les mimosas qui envahissent le vallon.
Nous atteignons les ruines de Roqueyrol : une ancienne ferme. Que l’on devine ici, juste derrière le groupe de randonneuses. Nous marquons une pause, le temps de profiter du paysage.
« On a fait la moitié
d
e la distance. Et la moitié du dénivelé » nous dit Roland. « Pour vous situer, on est pas loin
du col du Bougnon ».
Et nous reprenons notre grimpette. « Il nous reste encore 100 mètres à gravir. On mangera après la montée » nous dit Roland pour nous encourager. Car la dernière côte est raide, très raide. Le
groupe s’étire. Chacun grimpe à son rythme. 
Enfin nous arrivons au sommet. Nous prenons quelques
minutes pour reprendre notre souffle avant de poursuivre notre chemin. Au loin on aperçoit la côte. Pas une seule vague à l’horizon. La mer s’est calmée. « Je vous suggère de rentrer par le bord de mer » plaisante Roland.
Nous commençons la descente. Et voici bientôt un emplacement idéal pour le pique-nique. Nous nous installons parmi les chênes-lièges. Devant nous, au loin, les sommets enneigés.
Le ciel re
ste
couvert, mais de temps en temps, un rayon de soleil vient nous réchauffer. Après le déjeuner, le rosé, le café, nous nous préparons à reprendre la route. Roland nous explique :
« On va rester sur les hauts de St Aygulf. Puis on va redescendre par le vallon du Reydissart. Et arriver aux étangs de
Villepey ».
Nous démarrons. « Au fait, j’ai oublié de vous raconter l’histoire de la soupe de poissons ». Ce sera pour plus tard !
Nous descendons parmi les troncs noircis. Vestiges du dernier incendie
de forêt. Puis nous atteignons le vallo
n du Reydissart. Le sentier court dans les rochers, le long du torrent. Dont le chant nous accompagne
tout au long de la descente. De ci de là, quelques bouquets de fleurs mau
ves nous intriguent. (Roland les identifiera comme « aster amelle », ou marguerite de la St Michel ou Oeil du
Christ).
Nous arrivons à présent sur une piste boueuse. Comme le dit Jacky, « on voit qu’on approche des étangs ! ». Le sol est glissant, spongieux. Avec par endroits de grandes flaques que nous essayons de contourner. Mais par la gauche ou par la droite, nous nous embourbons de la même façon.
A présent nous pénétrons dans le d
omaine
des étangs de Villepey.
« Les étangs de Villepey forment une des rares zones humides littorales entre la Camargue et l'Italie. Ils ont été formés dans le delta de l'Argens, par les divagations du fleuve au fil des siècles, et par les activités humaines d'extraction de sable.
Ces espaces naturels sont remarquables du fait des échanges continus entre eaux douces et marines. Ils sont constitués d'une mosaïque de milieux spécifiques, tels que étangs, lagune, vasière, sansouire, prairies humide et sèche, dunes, ripisylve, pinède. Ce vaste éventail d'habitats favorise la présence d'une flore et d'une faune diversifiées et constitue un paysage exceptionnel ».
Après la ripisylve, voici la prairie humide. Nous marchons au-dessus de
la prairie, sur un sentier fait de planches montées sur pilotis. Et nous voici au bord de l’étang.
Le groupe s’arrête pour suivre le manège des cygnes et des canards qui
viennent nous saluer. Mais soudain : « Oh ! un ragondin !
»
Voici en effet un énorme ragondin qui s’approche de la rive. E
spère-t-il quelques miettes de pain ? Sans doute. Mais c’est sans
compter avec les cygnes et les canards, qui s’avèrent plus rapides que lui. Après ce spectacle inédit, nous allons prendre un pot pour conclure agréablement cette belle journée.
C’est alors que Roland se décide enfin à nous conter la fameuse
histoire de la soupe de poissons : « Cela se passe vers 1850, entre l’embouchure de l’Argens et Ste Maxime. Retour de pêche d’un
pointu, avec à son bord le patron, deux matelots et un mousse. (…) N’ayant pas grand-chose, ils mettent tout ce qu’ils ont en commun : poissons et autres ingrédients. Le mousse prépare la
soupe. Elle est excellente. "Comment as-tu fait ? " lui demande le patron. Et le mousse répond : " Quand ça bouille tu baisses "… le feu
évidemment ». 
Ainsi serait née, selon cette légende, la bouillabaisse, varoise … et non marseillaise.
Merci Roland pour cette belle histoire et cette belle randonnée, très variée, entre bord de mer, collines, vallons et étangs.
Merci aux photographes : Jean , Gérard .
Pour apprécier nos exploits du matin, consultez le diaporama intitulé Le sentier du littoral.
Encore quelques photos :
Roland surveille ses
troupes
Atten
tion à la vague!



Ca g
rimpe !
Et ça descend
Ragondin et cygnes
Martin qui nous proposera le menu suivant :