Thorenc - Le Castellaras : 31 mars 2011
Thorenc – Le Castellaras
Aujourd’hui, Jean nous emmène « dans le cadre grandiose de la petite Suisse, au cœur des Préalpes
d’Azur ».
Il nous propose un très beau parcours dans les environs de Thorenc, station climatique réputée depuis le 19ème siècle.
Nous découvrirons, à 1400 m d’altitude, les vestiges d’un étonnant village médiéval : Le Castellaras.
Nous voici arrivés au Pont du Loup. Jean nous explique que la randonnée démarrera d’un peu plus haut. Nous repartons à quelque 3 km, déposer les randonneurs au départ. Puis les chauffeurs viennent garer leurs voitures en bas, au Pont du Loup. Sauf deux voitures qui remontent au départ. Avez-vous compris la manip ?
A ceux qui s’interrogent, Jean explique qu’il a dû modifier le départ de la rando.
« Nous ne démarrerons pas du Pont du Loup. En
effet, nous sommes venus ici avec Nicole, il y a dix jours. Et avec effroi, nous avons eu 40 cm de neige sur la crête
sommitale. C’était l’enfer ! J’ai donc supprimé la partie enneigée ».
Puis Jean nous présente le parcours. Dont voici le profil … enfin celui d’origine.
« Nous sommes ici à 1260 m. On va monter au Castelleras, à 1400 m. Puis nous redescendrons. Nous suivrons une partie de route, car le chemin est fermé. Et nous pique-niquerons sur les berges du Lac de Thorenc, à 1130 m. Ensuite nous grimperons au col de la Baisse (1319 m) avant de rejoindre le Pont du Loup (1070 m) ».
Et, bonne – ou mauvaise – nouvelle : la rando ne fera plus que 10 km, avec un dénivelé positif de 418 m et négatif de 603 m.
Pour finir, Jean nous donne le bonjour de Bruno.
Petite photo de groupe avant de démarrer. Nous sommes 30 randonneurs.
Il est plus de 9 h 30 quand nous attaquons notre première grimpette. Il fait un peu frais, mais nous ne tardons pas à nous
réchauffer.
Bientôt nous apercevons au-dessus de nous, les ruines du Castellaras qui se profilent sur un ciel d’azur.
« Approchez vous » nous dit Jean. « Je vais vous parler du Castellaras ».
« Dans la roche, tout là haut, à 1400 mètres d’altitude, au sommet d’une colline rocailleuse et pyramidale surplombant les vallées du Loup et de la Lane, se dresse le Castellaras. Un petit triangle de métal servant de “balise géodésique” a été scellé dans le rocher.
Ce site est le vestige d’un Oppidum
celto-ligure remanié au fil des siècles et des occupations, brûlé, détruit, reconstruit, pillé puis abandonné.
Le Castellaras permettait aux vigies armées des légions romaines (IIème siècle avant J.C.) de surveiller la voie Aurélienne qui empruntait le flanc nord de la vallée du Loup, de Gréolières jusqu’à Andon.
Mais c’est à l’heure des “commanderies”, dans
un Moyen-Âge chevaleresque, au temps des saintes croisades, que commence véritablement la petite histoire du Castellaras ». Puis Jean nous conte l’histoire des Templiers, qui auraient occupé le Castellaras. Certains y chercheraient encore le fameux trésor…
Il nous reste encore quelques mètres à gravir pour atteindre le sommet. Jean nous met en garde : « Ne vous approchez pas trop près des murs branlants ! ».
Nous reprenons notre grimpette, escaladons quelques rochers. Et nous voici sur un vaste plateau parsemé de blocs
calcaires.
La vue est magnifique. Jean nous invite à un tour d’horizon.
« En bas, c’est Thorenc. Puis le Mercantour, Gréolières, le pic de Cheiron, la vallée du Loup. Et là-haut, c’est l’Audibergue et la station d’Andon ».
Puis il nous montre les vestiges du Castellaras.
« Là, vous avez la chapelle, les écuries. Ici une arche du château ». Marcel, quant à lui, est attiré par tout autre chose. Il scrute la vallée. « Ce sont des bisons ! » nous dit-il. Eh oui, ce sont les fameux bisons de Provence !
Jean, toujours dans les sommets, nous en désigne un autre.
« Ce sommet pointu là-bas, c’est la cime du Bauroux. Juste au-dessus de Caille ».
Tout en admirant le panorama, chacun a profité de cette pause pour casser la croûte. A présent que nous sommes frais et dispos,
il nous faut redescendre. Par le même raidillon qu’à la montée.
Arrivés en bas de la descente, nous prenons la direction de Thorenc.
Le sentier est agréable. Nous marchons à présent sur une
véritable pelouse. Nul besoin de regarder ses pieds. Tout à coup Martine s’écrie :
« Gérard ! Ne marche pas sur les crocus ! ». Pour une fois que l’on pouvait marcher le nez en l’air, il y a des crocus !
Les voici, ces jolis petits crocus.
Nous descendons parmi les buis. Puis nous voici sous les pins. Par endroits, on aperçoit quelques plaques de neige. Nous
traversons même un petit névé.
Notre sentier longe un ruisseau, alimenté sans doute par la fonte des neiges. Ce sentier à l’ombre des pins est vraiment très sympathique. Le sol est doux. « On dirait une vraie moquette ! ». Mais la moquette est un peu humide.
Jean marque une pause. « C’est ici que le chemin est barré. Ils ont mis des tas de panneaux : INTERDIT, DANGER, PIEGES,… ». Mieux vaut donc prendre la route, c’est moins dangereux !
Moins dangereux ? C’est à voir. « On va
marcher à gauche, en restant très serrés » nous demande Jean.
Tout le monde obéit sagement. Sauf Claude qui ose enfreindre les consignes du chef. Il traverse la route …. Mais c’est pour la bonne cause. On l’aperçoit ici à droite, prêt à photographier le groupe.
Plus de deux kilomètres de route, c’est un peu long ! Certains y trouvent leur compte. On peut enfin avancer sans regarder
par terre. Ici il n’y a ni cailloux, ni crocus.
Enfin nous quittons la route. Nous pénétrons dans un espace aménagé autour du lac
de Thorenc. Il est 11 h 50. Que rêver de mieux comme emplacement de pique-nique ?
« On a fait les 2/3 de la randonnée » nous annonce Jean. Puis il nous parle de Thorenc.
« Dans un cadre
grandiose, la vallée des Thorencs, à 1200 mètres d’altitude, déroule son tapis vert, coupé de futaies aménagées en parcs, traversé par
la Lane, cristalline, chantante et peuplée de truites et d’écrevisses... Ici sur 5000 hectares de pelouses et de forêt de pins et de sapins,
règne un climat particulièrement sain, apte à soigner l’anémie, la dyspepsie, la congestion du foie, le scrofule, les affections nerveuses, le
surmenage physique et intellectuel... ». Exactement ce qu’il nous faut !
« Oui, la Vallée des Thorencs : c’est la Petite Suisse des Alpes-Maritimes !
Au début du siècle dernier, la Presse vante les mérites de cette station alpestre très en vogue
auprès des gens fortunés, des aristocrates, Princes Russes et autres grands mondains de l’époque.
Quelques années plus tôt, Guy de Maupassant est venu ici et a fait l’éloge de Thorenc.
Mais c’est dans les années 1880 qu’un certain Maurice Esmonet a constaté que son épouse, gravement malade, avait retrouvé en ces lieux une éclatante santé. Il a alors investi sa fortune pour développer et faire connaître Thorenc ».
Nous avançons près du lac, où nous attendent bancs et tables de pique-nique. Mais attention, car le sol est spongieux et l'herbe
trempée !
Heureusement les bancs, eux, sont bien secs ! Nous nous installons pour déjeuner. Confortablement assis, face au lac et sous les rayons chauds du soleil. Quel bonheur !
Nous avons pour spectacle, le ballet des canards et des poules d’eau. « Et là-bas entre les arbres, qu’est-ce que c’est ? ». « Un héron ! ».
Nous déjeunons dans le calme et le silence, interrompu soudain par un claquement d’ailes : un canard exécute pour nous un amerrissage de toute beauté !
Après le pique-nique, quelques-uns s'ébattent dans la pinède. D'autres papotent sur un banc. Leurs bavardages n'empêchent pas
certains de faire la sieste.
Mais les meilleures choses ont une fin. « Dans dix minutes, nous partons » s'écrie Jean.
Le ciel se voile, le soleil disparaît. Nous quittons donc sans trop de regrets ce lieu enchanteur.
Nous franchissons le pont qui enjambe la Lane.
Puis nous suivons le sentier qui grimpe le long du Vallon de l’Ubac.
Ubac, vous avez dit « ubac » ? Il fallait s’y attendre, nous progressons sur le versant Nord qui mène au col de la Baisse. Le ciel est couvert, le temps se rafraîchit. Et les
premières plaques de neige apparaissent.
Bientôt il faut se rendre à l’évidence, nous allons faire toute cette grimpette dans la neige.
Attention donc à bien emboîter le pas des premiers, car la neige, ça glisse !
Attention aussi à éviter les plaques de glace, encore plus dangereuses !
Nous progressons lentement. Mais sûrement. Sûr que notre moyenne va en prendre un coup !
Notre groupe s’étire un peu dans la montée.
Enfin nous apercevons le col de la Baisse (1319 m).
L’arrière-garde nous rejoint.
Nous marquons une petite pause pour récupérer de notre grimpette dans la neige.
Devant nous, une crête enneigée sous un ciel nuageux. Nous attaquons la descente.
La neige c’est fini. Voici à présent les cailloux !
Le groupe s’étire. Chacun descend à son rythme, rapide ou … prudent.
Nous apercevons le Pont du Loup. Nos voitures sont bien là. Toutes sauf deux. Après avoir tous récupéré nos voitures et nos passagers, nous filons sur Saint Vallier-de-Thiey.
En terrasse installés,
Au soleil retrouvé,
Terminons la journée
Par un pot mérité.
Merci Jean, pour cette très belle randonnée et cette balade dans la neige.
Merci aux photographes : Jean, Jean, Gérard, Claude.
Encore quelques photos :
Jean et son serre-file
Descente
Photos au sommet
Le Castellaras
Dans la neige
Prochaine randonnée : voir programme ci-dessous