Chartreuse de la Verne : 10 juin 2010
La Chartreuse de la Verne
Aujourd’hui Roland nous emmène randonner « au cœur du Massif des
Maures, à l’écart des chemins battus ». Nous traverserons « une forêt de châtaigniers
antiques au milieu d’une verdure perpétuelle entretenue par une source abondante et pure qui ne tarit jamais ». Dans un site d’une rare solitude, nous pourrons visiter la
Chartreuse de la Verne.
Nous voici près du lac de la Verne, au nord de La Môle : 28 randonneurs parmi lesquels quelques revenants : Anne-Marie et Daniel, Bernard et Claire, Alain et Colette. Sans oublier Claude et Roland, de retour d’une « petite rando » de 200 km, sur la route de Compostelle. Félicitations à nos deux valeureux pèlerins !
Roland nous présente le profil de la randonnée. C’est simple : après avoir longé le lac, nous monterons jusqu’à la Chartreuse.
Après la visite, nous pique-niquerons. Puis nous redescendrons jusqu’au
lac. « Ce ne sera pas très long » nous dit Roland. « Nous ferons 18 km, pour un dénivelé d’à
peine 400 mètres ». Et il ajoute : « Je vous ai choisi un coin bien ombragé pour manger. On n’aura pas trop
chaud ! ».
Après la photo de groupe, nous attaquons la randonnée. N
ous ne tardons pas à atteindre le lac de la Verne. C’est une retenue artificielle qui sert à alimenter en eau potable, le Pays des
Maures et du Golfe de Saint-Tropez. Le ciel est couvert. Tant mieux ! Roland a raison, il ne fait pas trop chaud. Nous marchons sur une belle piste qui s’élève peu à peu au-dessus du
lac.
« Et voici la pierre
percée ! ». Nous marquons une petite halte pour admirer cette roche percée au sommet d’une falaise qui domine le lac de la Verne. Chacun va à tour de rôle admirer la vue sur
le lac, à travers la pierre percée.
Puis nous reprenons notre chemin. Quelques minutes plus tard, nous nous
arrêtons à nouveau. Il est 9 heures. C’est l’heure de la pause casse-croûte.
Roland nous parle du barrage de la Verne : « Cette retenue, née de la volonté de neuf communes de la Corniche des Maures, a été mise en service en 1991. Le plan d’eau a fait s’établir des familles de hérons cendrés et de cormorans. A l’automne, on peut y voir des oiseaux migrateurs. Au printemps, des tortues d’eau se baignent sous les cascades. Le plan d’eau s’étend sur 2,5 km en amont du barrage. Son eau est d’une grande pureté ».
Puis Roland nous parle de la pierre de serpentine, utilisée à la Chartreuse de la Verne pour orner portes ou colonnades. « Silicate de magnésium de formation très ancienne,
la serpentine, de couleur vert foncé, est souvent confondue avec le jade. La serpentine était réputée pour ses nombreuses vertus : elle protégerait des morsures de serpents.
Elle permettrait aussi de restaurer son assurance, de dissiper la crainte et d’améliorer la méditation. Sans compter qu’elle favoriserait la production de lait
maternel ??? » Mais d’où vient cette
serpentine ? On e
n trouve dans les Îles Britanniques, en Afrique du Sud ou en Chine. Mais c’est près de La Môle, qu’un
gisement aurait été exploité au XVIIème siècle.
Nous reprenons notre grimpette. « Regardez où vous mettez les pieds » nous dit Roland. « Vous marchez dans de l’or et de l’argent ! » Peut-être, mais les pépites sont trop petites. Et nous n’avons pas de petit tamis. Dommage !
Nous poursuivons notre montée, toujours régulière. A présent les nuages
se sont di
ssipés et le soleil brille. Plus nous grimpons, plus nous sentons le vent qui nous rafraîchit agréablement. Autour de nous, un
bois de chênes et de chênes-lièges.
Par endroits, la vue se dégage un peu. N’est-ce pas la mer que l’on
aperçoit sur notre droite ? Mais la végétation se referme à nouveau et vient masquer le paysage. Nous continuons à grimper à un rythme soutenu. Parmi les cistes (de Montpellier), le
s bruyères et les arbousiers.
Alors que le chemin tourne à gauche, la Chartreuse de la Verne nous
apparaît soudain, telle une forteresse. Tache brune au milieu du
vert de la forêt. Nous marquons une pause. Le
temps d’admirer ce site magnifique. Certains se souviennent en quel état de ruine se trouvait la Chartreuse, il y a plus de trente ans. Quel changement !
Nous reprenons notre grimpette. Un peu plus loin, Roland nous fait admirer un splendide châtaignier. Bien vivace encore, malgré son grand âge et son tronc creux.
« On se retrouvera ici, après
la visite, pour pique-niquer ». Et nous atteignons le mur d’enceinte de la Chartreuse et sa porte monumentale.
La plupart d’entre nous choisissent de visiter la Chartreuse. Ou de la revisiter, car depuis mars 2007, date de notre dernière randonnée en ces lieux, les travaux de rénovation de la Chartreuse ont été achevés.
La Chartreuse fut fondée en 1170. Pour certains, l’église romane aurait été construite sur un temple païen consacré à la déesse Laverna, protectrice des voleurs auxquels l’épaisse forêt des Maures offrait un asile sûr. Abandonnée à la Révolution par les Chartreux, la Chartreuse sera classée monument historique à titre de "vestiges dans la forêt". Après d’importants travaux de restauration, la Chartreuse est occupée de nouveau par les moniales de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno.
Nous pénétrons dans le bâtiment. « Ici vivent des moniales. Il est recommandé de ne point
apporter aux Religieuses les bruits de ce Monde » nous prévient Roland. Mais n’est-ce pas trop demander à un groupe de randonneurs ?
Nous voici dans une grande salle : la Grange. Roland nous sert de
guide : « Vous voici
dans le monastère, ancienne Chartreuse du XIIème siècle dont l’architecture est conçue pour favoriser la vie de prière, dans la solitude et le silence. Le monastère comprend trois
espaces : les bâtiments de l’hospitalité, les bâtiments de la vie communautaire (chapitre, bibliothèque, réfectoire) et le grand cloître, constitué par les 13 cellules des mon
iales ».
Puis nous pénétrons dans la Boulangerie. Elle comporte un four à pain de grandes dimensions : 5 mètres de longueur. Il servait à cuire le pain ainsi que tous les plats. Il faut l’allumer 24 heures avant la première fournée. Il reste ensuite chaud pendant 8 jours.
« On va descendre à la chapelle
d’adoration » nous dit Roland. Les photos sont interdites dans ce lieu de recueillement. On n’y entre que pour prier. Nous en ressortons vite.
Puis nous allons à l’extérieur contempler les remparts qui entourent la
Chartreuse, construite sur un promontoire rocheux. Jean-Louis déniche une fleur qu’il identifie aussitôt comme étant un "Nombril de Bonne
Sœur" ou Nombril de Vénus (Umbilicus rupestris).
Retour à l’intérieur, pour admirer le Petit Cloître et ses magnifiques
arcades en serpentine.
Et voici l’Eglise romane qui s’écroula au XVIIème siècle. Elle a été entièrement refaite en grès, comme à l’origine.
Par une fenêtre on aperçoit le grand cloître de solitude : c’est
là le cœur du monastère. Autour des galeries, s’ouvrent les cellules où les moniales demeurent dans la prière, la solitude, le silence et le sacrifice.
Nous visitons une cellule témoin. Pour susciter peut-être des vocations parmi nos randonneuses ??
Retour à l’extérieur, où nous écoutons religieusement – cela va sans
dire -Roland nous parler de la vie des moniales. Vie entièrement consacrée à la prière.
Puis nous pénétrons dans l’huilerie. Où l’on voit notre groupe se recueillir silencieusement devant une vidéo présentant la vie des monastères de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de Saint Bruno.
D’où l’on retiendra que les moniales doivent être supervisées par un homme. Et que Saint Bruno, réputé pour sa grande sagesse – nous le savions déjà – est le préféré de ces dames (les moniales). Sacré Bruno !
La visite est terminée. Nous sortons de la Chartreuse. Le soleil
brille. Il fait bon. « On redescend j
usqu’à la source » nous dit
Roland.
Peu après, nous arrivons près du chêne creux. Voici la source. D’où s’écoule une eau délicieusement fraîche. Nous permettant de procéder à quelques ablutions, avant de passer à table.
Table ? Vous avez dit table ? Eh oui ! Après l’austérité monacale, voici le confort et la vie douce et agréable des randonneurs. Nous nous
installons autour des tables. Et attaquons notre pique-nique avec grand appétit. Le rosé coule à flots. Puis viennent gingembre et café. Et pour finir, la sieste pour certains, la belote pour
d’autres. Bref tous les plaisirs de la vie (enfin, presque tous) s’offrent à nous.
Pendant la sieste, quelques-uns vont admirer le chêne creux. Claude semble fasciné par cet arbre plusieurs fois centenaire. Il prend la pose devant le chêne.
« Dans dix minutes, nous repartons » nous prévient Roland. Les beloteurs en font une petite dernière. Où l’on découvre que Bruno, dont on nous a vanté la sagesse, ne coupe que quand ça l’intéresse ! Malin comme un sage, Bruno !
Nous voici à nouveau harnachés. « On va redescendre au bord du barrage. Puis nous rentrerons le long du lac » nous dit Roland. Nous empruntons sur la gauche un petit s
entier qui descend rapidement en direction du lac.
Le sentier est un peu ombragé. Mais au fur et à mesure que nous descendons, la température monte. Il fait chaud à présent !
Le sentier devient de plus en plus malaisé. Nous marchons sur des blocs de rochers. Attention à ne pas trébucher dans la caillasse ! Les amateurs de descente cavalent en tête. Derrière eux le groupe s’étire.
Enfin nous atteignons le lac. Nous voici à présent sur la piste qui
longe le lac. Piste qui serait agréable s’il ne faisait si chaud. Car les nuages nous ont quittés depuis longtemps et le soleil cogne fort !
Qu’il nous semble long le chemin du retour ! Beaucoup plus long que ce matin !
Nous marquons une dernière pause. A l’ombre, bien sûr. Le temps de nous désaltérer et nous repartons. Quelques centaines de mètres plus loin, nous parvenons enfin aux voitures. Ecrasés de chaleur et fourbus !
Nous reprenons la route en direction de St Tropez. Roland nous propose de nous arrêter après le carrefour de la Foux, dans une brasserie. Où nous prenons avec plaisir un pot bien mérité !
Une très belle et très chaude journée s’achève …
Merci Roland pour cette très belle randonnée, à la Chartreuse de la Verne.
Merci aux photographes : Jean-Marie, Gérard, Bruno, Claude.
Encore quelques photos :
Le long du lac

Grimpette
La Chartreuse (maquette)
La Chartreuse (intérieur)
La Chartreuse (église)
La
Chartreuse (remparts)
Claude et le chêne
Bruno Tony Roland
Prochaine randonnée : Jeudi 17 Juin à 7 H 00 : ROURE (06) - Les Balcons de la Vionène
Magnifique circuit entre les villages de ROURE et de ROUBION parcourant, en suivant les courbes de niveau, la profonde vallée de La
Vionène.
Nous suivrons à l'aller un sentier facile qui offre une très intéressante vue panoramique sur les deux villages perchés, le Lauvet d'Illonse, le Col de la Couillole et le Mont Mounier.
Après un passage un peu plus technique, mais très court, dans un couloir d'avalanche, le pique-nique sera sorti du sac le long des berges
du torrent Vionène.
Pour les plus courageux il sera proposé une traversée du torrent et un aller-retour au village de Roubion bâti à flanc de falaise et dominée par d'impressionnantes barres rocheuses.
Le retour se fera en empruntant un astucieux petit sentier qui longe un canal d'irrigation jusqu'au village de Roure. Il s'agit d'une randonnée moyenne ne présentant aucune difficulté particulière.
Parcours N ° 1 : Longueur : 14 Km 387, Dénivelée : 553 m, Niveau : Moyen Alto, Responsable : Joël.
Parcours N ° 2 : Longueur : 10 Km 756, Dénivelée : 360 m, Niveau : Moyen Médio, Responsable : Jean
Grimpette