THORENC-Le Pic de l'Aiglo-3 juin 2010
THORENC ou Le Pays du chevreuil fou.
C'est au cours de la reconnaissance de cette rando que
Jean s'était fait attaquer par un chevreuil. Cet événement nous avait paru à ce moment extraordinaire et exceptionnel. Extraordinaire, il le reste certes, surtout
pour l'intéressé, mais pas si exceptionnel que cela puisque ce bon Google nous a appris qu'il y avait eu déjà des comportements identiques dans d'autres régions de France. Nous vous avons
sélectionné quatre liens à ce sujet.
http://lci.tf1.fr/science/2006-08/joggeurs-agresses-par-chevreuil-4894306.html
http://chevreuils.skyrock.com/
Il apparaît que ces délicieuses petites bêtes aiment beaucoup la bourdaine, arbrisseau, qui au printemps produit des alcaloïdes les rendant fous. Autre hypothèse pouvant être retenue , le chevreuil, chassé par les autres mâles aurait cherché à délimiter un nouveau territoire et y aurait rencontré un concurrent, et quel mâle, dans la personne de Jean…
C'est ce que ce dernier nous expliqua près du petit lac de Thorenc où il avait réuni 18 marcheuses et marcheurs
pour nous présenter le programme de la journée.
Attention donc, Mesdames, quand vous irez vous isoler, le chevreuil "shooté" est peut-être toujours là !
Mais abandonnons un peu ces charmantes bestioles, pour revenir à nos moutons. Petit effectif, certains
auraient-ils eu peur de la "bête". Non certainement pas, car nous sommes en groupe. Mais nos amis pèlerins de St.Jacques de Compostelle viennent juste de rentrer et se reposent et quelques autres
fréquentent l'infirmerie. Nous pensons bien à eux et leur adressons notre amical salut.
Il fait très beau, un peu frais car nous sommes quand même à 1138 m.
"Le parcours initial a été modifié, nous précisera Jean, non à cause du chevreuil, mais parce que le parc des bisons situé au Haut-Thorenc a absorbé le sentier prévu pour le retour.
Nous effectuerons donc un aller-retour jusqu'au pic de l'Aiglo à 1632 m, via le Col de Bleine, avec une dénivelée de 630 m et une longueur de 12 km.
Nous allons monter toute la matinée et redescendre après le pique-nique. Au retour nous traverserons le village, ancienne station
climatique qui eu son heure de gloire à la fin du 19ème siècle. Les habitations sont disséminées dans une nature verdoyante. Certaines très imposantes ont gardées le style de cette "
Petite Suisse de la Provence".
Nous sommes déjà passés dans ce village et avons pique-niqué au bord de ce lac en novembre 2006 lorsque nous étions montés aux ruines du Castellar, château des templiers qui défendait la route du sel au 13ème siècle."
Depuis notre descente vers la vallée du Loup, nous avions, en voiture, découvert un paysage verdoyant. Certains
ont même vu un chevreuil au bord de la route. De grandes prairies, des superbes forêts de sapins au troncs rectilignes et aux sous-bois herbeux. Ici tout est vert sauf les falaises qui nous
dominent.
A 9 h 07, nous quittons ce petit coin de paradis et attaquons notre première grimpette. Jean nous arrête assez vite pour nous montrer le profil de notre randonnée, non pas sur le papier, mais "en vrai", dans un éclaircie de la forêt que nous traversions. Il est là, devant nous, en relief, tout d'abord le col de Bleine qui permet le passage entre la vallée de l'Esteron et de la Gironde et celle de la Lane et du Loup. Puis la grande barre qui, vers l'Est nous mènera au pic de l'Aigle ( Aiglo en provençal).
Nous montons régulièrement, alternant chemins bitumés et
larges pistes. Nous sommes sortis de la grande forêt et découvrons le Castellar qui se dresse, forteresse naturelle, que nous avions découvert il y a quelques années. Il semble
inaccessible de ce côté mais, par le sud-est, bien que la montée soit raide, on peu l'atteindre plus facilement
Au carrefour de plusieurs chemins, au pied de la falaise, Jean nous invite à la "pause banane".
Nous allons attaquer la montée la plus raide de la journée et il
faut prendre des forces. Effectivement ça monte bien mais il y a assez d'ombre pour que nous ne souffrions pas trop de la chaleur. Nous débouchons un
peu en dessous du col, devant la maison communale. La maison forestière est juste au dessus. Jean a regroupé ses troupes pour nous parler de la curiosité du lieu : le dahut
!
Gaston RAYNAUD, bûcheron poète l'a vu plusieurs fois dans les phares de sa voiture
: "Deux
paires de pattes asymétriques, du poil ras et du poil long, quelques plumes ici ou là, des cornes sur le crâne mais
aussi un superbe appendice en ivoire, bien plus inoffensives que celles des sangliers et des éléphants…le dahut aperçu dans les hauteurs du col de Bleine devait bien peser ses 40 kg".
Gaston que j'avais enterré un peu vite(toutes mes excuses) vit toujours.Sa fille, qui habite la maison communale nous a autorisé à passer sur
son terrain pour rejoindre le col. Merci beaucoup.
Nous atteignons très vite le col où se trouve une stèle commémorative. Elle évoque le crash d'un bombardier B 24
Libérator, n°42-52399, partant détruire le terrain d'aviation de Salon de Provence, le 27 mai 1944.
Touché par les tirs de la défense allemande au niveau du cap d'Antibes et ayant largué ses
bombes dans la mer, son équipage le dirigea sur l'arrière pays avant de sauter en parachute Les 10 hommes d'équipage furent
sains et saufs. Cinq furent fait prisonniers et les cinq autres cachés par les familles locales seront récupérés par les troupes Us ayant participé au débarquement. L'avion s'écrasa au pic de
l'Aiglo.
La stèle comporte un morceau du blindage de l'avion.
Bien sur, nous allons nous intéresser aux petites fleurs bien qu'ici
elle soient en retard par rapport au bord de mer puisqu'il y a encore des violettes et des coucous. Mais d'une façon général, elle sont petites, au ras du sol
et les photographes vont avoir du mal.
Scabieuse de crète(Scabiosa Cretica) et Arnica des montagnes (Arnica montana).
Même Jean BOREL s'y est mis… Par ailleurs, nous ne sommes pas sur "nos terres" et l'identification sera plus délicate avec cette flore alpine. Merci à tous ceux qui pourront nous aider.
Pour l'instant nous quittons le col , direction est. Au nord-ouest,
Jean nous désigne le sommet de l'Arpille bien caractéristique avec sa tour de guet et son antenne-relais. Notre chemin, très facile, un faux plat montant, est
assez éloigné du bord de la falaise. Il alterne sous-bois, prairies, zones de rochers.
La marche est facile et le moral au plus haut. Nous croisons deux randonneurs d'Antibes et nous parlerons… chevreuil. Ce sera d'ailleurs le fil rouge de la journée et pourtant nous n'en verrons ni la queue ni les cornes d'un seul. A croire qu'écœurée par la rencontre avec Jean, la "bête" ait passé le mot à ses congénères qui ont déménagé.
Premier contact avec la falaise : paysage
extraordinaire, surtout au sud où l'horizon est barré par l'Audibergue, ses pistes et le restaurant d'Huguette...nostalgie ! Tout en bas la plaine, bien verte, le village de Thorenc et le Château
des Quatre Tours. Nous sommes à la cote 1587, il reste encore une cinquantaine de mètres à monter mais il faudra d'abord redescendre un peu ce qui rajoutera de la dénivelée.
Nous avons quitté la grande forêt pour une zone plus aride.
Nous sommes maintenant en-dessous du pic de l'Aiglo mais les pieds de Claude qui le font souffrir depuis ce matin décide de s'arrêter là. Trois marcheuses vont lui tenir compagnie.
Voici le sommet.
Quel paysage !
Dommage, le temps est en train de se gâter. Le ciel devient gris sur le Mercantour alors que nous profitons encore du soleil.
Jean va nous faire un superbe 400 grades qui part de Gréollières et ses pistes de ski, le Mercantour enneigé avec le Gelas et…le Mt. Mounier, la barre du Col de Bone et la montagne de Chamarel, l' Arpille et tout la-bas au nord-ouest, le village de St.Auban et sa célèbre clue (quel beau coup de zoom). Plus à l'ouest, la montagne de Séranon, impressionnante vue d'ici.
Au sud, le plateau de Caussol, celui de Calern, l'Audibergue.
Tout en dessous de nous , en pleine verdure, mi-prairie, mi-forêt, s'étale l'immense propriété du Haut-Thorenc (un territoire de 700 hectares) où on réintroduit le Bison d'Europe et le Cheval de Przewalski.
On distingue très bien les chevaux dans la zone de prairie près des étangs. Quelques bisons sont visibles en bordure de
forêt. Dommage que nous n'ayons pas de jumelles.
Il est midi pile, l'heure d'aller
retrouver le petit groupe des quatre pour notre pique-nique un peu plus bas.
Claude est bien installé, les pieds au frais.
Vin de citron délicieux et rosé encore frais servis par Madeleine et Daniella
commencent nos agapes. Nous ne serons pas seuls à nous régaler, une dizaine d'énormes fourmis se sont attaquées à un papillon de nuit : les ailes y
sont déjà passées.
Le soleil nous quitte de temps en temps, masqué par les nuages qui viennent du nord. Mais il ne fait pas froid.
Alors que les joueurs de cartes sont en pleine activité (!!!), nous voyons débouler du pic de l'Aiglo un randonneur lourdement chargé.
S'arrêtant près de notre campement, il nous expliquera que parti en
parapente il n'avait pu contrôler sa direction. Se dirigeant trop à l'est, il avait eu à choisir entre le parc des bisons et la forêt. Optant pour
cette dernière il avait eu à remonter toute la falaise pour retrouver son chemin et sa voiture garée vers le col de Bleine. Portant sa voilure, son énorme sac, très encombrant pesait entre 20 et
25 kg. Dominique a testé, il peut témoigner, c'est lourd.
Et, avec lui, nous reparlâmes de… chevreuils.
Ce n'est qu'à 13 h 40 que nous plions bagage. Les joueurs de carte et les dormeurs en ont bien profité. En principe nous n'avons plus qu'à redescendre mais souvenez-vous, à l'aller il y avait eu une petite descente qu'il faut remonter maintenant et Yvette avait oublié qu'elle avait été aussi importante.
Bon maintenant ça descend vraiment. Claude a beaucoup de mal
avec les zones très caillouteuses. C'est au tour de Gérard de se tordre le genou. Décidément ces descentes sont bien difficiles. Un petit coup de bombe rafraîchissante et ça repart…doucement.
La descente est finie et nous nous dirigeons vers le centre du village avec ses maisons à l'architecture très
typée et ses superbes lampadaires. Un panneau nous annonce que nous sommes à 824 km de Paris. Quelques bâtiments en mauvais état montrent que le village
est en perte de
vitesse. Pourtant des ravalements sont en cours et il règne une certaine activité de maintenance. Cependant, dans les années
1910, cette station alpestre étaient très en vogue auprès des Princes russes et des grands mondains de l'époque. Guy de Maupassant y était venu en famille participer à un fête des framboises et
en avait fait l'éloge.
Nous nous arrêtons d'ailleurs près
d'une importante construction en cours, non pour l'admirer mais parce que le téléphone de Jean vient de sonner.
Trois égarés errent dans le village. Il s'agit de Claude, dont les pieds sont de plus en plus douloureux,accompagné
de Daniéla et de Madeleine. Mais que faisait le serre-file ?
Jean retourne pour les récupérer. Tous les trois nous font un peu de cinéma, Claude dans son rôle de blessé -mais il souffre réellemnt-et ses deux acolytes en infirmières dévouées. Daniela a même mis son bandana à croix rouge !!!
Très vite maintenant nous rejoignons nos voitures. Qu'il est bon de changer de chaussures.
Le pot de l'amitié fut pris à St Vallier. Suite à une maladresse de la serveuse, Claudie fut douchée à la bière.
Merci Jean, nous nous sommes régalés lors de cette rando très agréable, sans trop de fatigue malgré une bonne dénivelée…et quels paysages.
Merci aux photographes : Claudie , Jean , Jean , Jean-Marie , Gérard . Merci à Beps pour sa doc sur le bombardier.
La semaine prochaine, Jeudi 10 juin 2010 à 7h00: La Chartreuse de la Verne
Départ de la randonnée depuis le barrage de la Verne : retenue artificielle servant à alimenter en eau potable, toute l'année, la population du Pays des Maures et du Golfe de Saint-Tropez. Nous chercherons le gisement de « serpentine », encore non découvert à ce jour !.
Nous sommes sur des sentiers, au cœur du Massif des Maures, à l’écart des chemins
battus et protégés des rayons du soleil. Nous découvrirons un site admirablement choisi, sur le flanc d’une hauteur d’une indépendance absolue et d’une rare solitude.
Nous traverserons une foret de châtaigniers antiques au milieu d’une verdure perpétuelle entretenue par une source abondante et
pure qui ne tarit jamais. Dans ce lieu merveilleux de fraîcheur, le sol semble recouvert d’une poussière d’argent et d’or…au tournant d’un chemin, apparaît soudain l’ensemble des bâtiments qui
occupe une superficie de près de deux hectares. Ils ont gardé l’aspect d’une forteresse et les toitures récemment refaites, mettent une tache de couleur au milieu du vert de la
foret : La Chartreuse de la Verne.
Prévoir 5€ pour la visite du monastère. (Ici vivent des Chartreux dans la tradition de la vie cartusienne. Il est recommandé de ne point apporter aux Religieux les bruits de ce Monde.) Depuis le 22 mars 2007, date de la dernière rando à la Chartreuse de la Verne des Randonneurs du Cercle, les travaux de rénovations sont achevés.
Repas sorti du sac Coût trajet : 22 €
Responsable : Roland.
Quelques photos en bonus : Pas d'hésitation sur le sens du vent dominant
L'Arpille
Quand Madelon vient nous servir à boire…
La
montagne de Seranon
Montagne
de Charamel Gentianes
bleues Amélanchier
ovalis
Vieille carline à feuilles d'acanthe
En
plein boulot
On sort la grande carte
Bravo Yvette, tu y es !
On redescend
Zoom sur St.Auban et sa clue
Joli coup de zoom sur le Mounier