Madone d'Utelle-10 mai 2012
La Madone d’UTELLE
Pas facile la petite route qui monte jusqu’au hameau de La Vilette. Pas facile de trouver une place sur
le petit parking. Pourtant 21 marcheuses et marcheurs parviennent à se retrouver. Il fait beau, tout le monde est en forme pour attaquer une belle journée de randonnée.
JEAN va essayer de trouver une situation élevée pour nous présenter sa rando. Après deux tentatives spectaculaires, il trouvera un rocher bien placé, dominant ses troupes.
"Cette rando est inédite et non reconnue, à l'exception du départ et de l’arrivée. Nous sommes déjà venus à Utelle en 2005 avec Yves et en 2010 avec Roland mais sans monter à la Madone. Je vous en parlerai en détail ultérieurement, mais sachez déja qu’elle a été bâtie en 850 par des marins espagnols dont le bateau était en perdition à l’entrée du Var.
Nous sommes actuellement à La Vilette, altitude 621 m. En passant par le plateau et le col d’Amberlatte, nous gagnerons l’antenne à l’altitude de 1194m. Ensuite, en passant par la table d’orientation, nous atteindrons le Sanctuaire.
Sur la fin du parcours, j’ai prévu une petite modification, une « grimace » qui nous permettra de suivre la ligne de crête ».
Il ajoutera : « Nous n’avons qu’un groupe aujourd’hui, donc nous allons monter calmement ».
Doutes de certains participants…
Quittant le parking, nous traversons le minuscule hameau : qu’il est beau cet escalier avec ses petites campanules et sympathiques ces quelques maisons isolées
au milieu des champs d’oliviers. Mais rapidement nous quittons ce petit paradis pour l’enfer de la montée. Il est un peu plus de 9 h
et le soleil tape déjà sur ce versant sud.
De l’autre côté de la Vésubie, on aperçoit très nettement le village de Levens d’où nous sommes partis pour les crêtes du Férion et qui a été notre objectif à une autre occasion en partant du Plan du Var. Il parait très important.
Nos deux serre-files sont perplexes devant le gros serpent noir qui encombre le sentier !!!
Ce n’est qu’un gros « Plymouth » qui descend l’eau de la montagne. Pas super pour le paysage. Par contre, que de fleurs enrichissent notre environnement :
aphylantes de Montpellier, lin de Narbonne et délicates potentilles roses.
Il fait de plus en plus chaud et le soleil tape fort. A notre droite, un sacré précipice vers le Vallon des moutons. Ce n’est pas le moment de glisser. Jean propose une petite pause à l’ombre d’un petit défilé. 9 h 45. Ouf !
Au-dessus de nous, un groupe de gros oiseaux glissent dans les ascendances. « Ce sont les vautours du Verdon », nous
indique Jean. « Ils attaquent les randonneurs attardés !»
On repart jusqu’à la « pause banane ». Jean en profite pour nous parler de Utelle et de la Madone.
Comme ils sont attentifs ! Bien installés, à l'ombre.
Dès la plus haute antiquité, Utelle eut sa renommée.
L'importance du village était due à sa situation géographique. Importance du point de vue des voies de communication qui ignoraient les Vallées et serpentaient au flanc des montagnes
qu'elles traversaient par les Cols. Utelle était l'étape avant ou après Nice sur la route des Alpes ou de l'Italie.
Vers l'an 850, des Espagnols naviguant le long des côtes de Provence furent pris par une tempête terrible, près de
l'embouchure du Var. Près de périr, ils firent vœu de bâtir un oratoire dédié à la Vierge si la tempête se calmait et si leur vie était sauve.
Pendant qu'ils priaient, la Reine du Ciel leur apparut et leur montra une montagne, éclatante de lumière, qui dominait toutes les vallées de la région. Le ciel y était serein, en effet, et cette sérénité s'étendit bientôt partout, le vent cessa et la tempête fut calmée en un instant. La puissante Mère de Dieu les avait exaucés et ils érigèrent un "Pilon" commémoratif du prodige.
Le "pilon" fut agrandi, transformé. Il devint une chapelle et nous voyons bientôt les Syndics d'Utelle et le Clergé y organiser de grands pèlerinages. Les
évêques de Nice, et Rome même, encouragent cette dévotion.
Le sanctuaire eut beaucoup à souffrir des guerres. Pendant la révolution, il fut dévasté. La tourmente passée, les populations de la montagne aidèrent à
la reconstruction du sanctuaire des Miracles en 1806.
Pour fêter le millénaire de sa construction, l'on construisit un cloître autour de la chapelle qui fut inauguré en 1871. D'abord cloître ouvert, il fut très vite fermé par des murs épais ou
seules de petites fenêtres laissent entrer le jour. De l'intérieur l'on peut très bien voir les piliers et les murs postérieurs.
La statue de la Vierge est une belle œuvre très vraisemblablement du XVIIIème siècle en bois polychrome. Elle est composée d'un groupe de petits anges joufflus et rieurs, qui, soutenus par
des nuages, emportent sur leurs ailes, de la terre vers le ciel, la Vierge Marie.
Les minuscules étoiles de la Madone d'Utelle ne sont autres que des Crinoïdes, proches parents des oursins. Il y a 140 millions d’années, la mer recouvrait l’emplacement de la future région niçoise. Le fond marin était recouvert d'une pelouse à Crinoïdes de l'espèce Isocrinus peyroulensis que l’on rencontre aujourd’hui sous forme de fossiles.(cf www.madoneutelle).
Déjà apparaissent les sommets enneigés du Mercantour.
Encore une montée très fleurie où dominent le thym et les euphorbes hérissons. Avant de déboucher sur le plateau d’Amberlatte, vers 1000 m d’altitude, nous pouvons constater que cette zone a été cultivée dans le passé,
les traces de restanques en attestant de même que les ruines d’un hameau. Aujourd’hui y paissent des moutons.
Comme à chaque fois que nous rencontrons ces paisibles animaux, les photographes arrivent à saisir des scènes bucoliques. Mais en contraste, il y a aussi la
présence de deux cadavres d’animaux ce qui expliquerait bien la présence des vautours : la maladie, les loups, les chiens errants ?
Jean nous fait maintenant un tour d’horizon : le sanctuaire, au fond le Mercantour avec le plus haut sommet, l’Argentera en Italie, le Gelas, au sud-est Rocasiera où le groupe avait beaucoup souffert, les crêtes du Férion, à l’ouest, le Mont
Vial (une belle randonnée en 2011).
Nous abordons maintenant une petite descente qui nous conduira au col d’Amberlatte où une délicieuse prairie nous accueille. La descente s’est faite en sous-bois sur un très bon chemin : un régal !!!
« Maintenant nous allons remonter vers le pylône ». Il est là-haut et pour
l’atteindre il va falloir grimper environ 200m sur un versant sud, en plein soleil, avec pour seule végétation des buis, du thym et des cades…le désert.
Et ça monte, croyez moi ! La fameuse « grimace » de Jean est bien justifiée : "rictus" pour les randonneurs. Les vautours nous offriront un joli spectacle ce qui permettra un arrêt pour les photographier de très près… et pour souffler un peu.
Mais il avait raison, la descente confortera son choix : c’est plus facile ( !!!) par ici.
Enfin ça y est, le pylône, la table d’orientation et plus loin en contrebas le sanctuaire. En prime, une vue superbe sur le Mercantour et, cerise sur le gâteau, le
Mt.Mounier si cher à nos cœurs, surtout à celui de notre guide.
A 11 h 45 nous arrivons au sanctuaire : 2 heures ¾ de montée.
Un peu décevant le sanctuaire, l’intérieur est assez sombre. Une vilaine statue à l’extérieur ne méritera une photo que pour
témoigner de sa laideur (voir dans le bonus).
Un vent très frais souffle sur ce sommet et après une courte halte où Jean prendra une photo de sa troupe exténuée (n’en rajoute pas trop
Jean-Marie !), il nous trouvera un coin à l’abri pour le pique-nique. Il est midi pile, bravo.
Trois bouteilles de rosé vont circuler. Pas mal, il a fallu les monter jusque là.
Pas de joueurs de cartes. Peu de dormeurs. A 13 heures Jean donne le signal du départ et nous abordons la
descente par le chemin normal qui s’avérera bien difficile, pentu, caillouteux, glissant.
Ginou et Jean-Marie se retrouveront sur les fesses.
Toujours aussi peu de végétation mais les photographes parviendrons quand même à s’intéresser au mariage des euphorbes-hérisson et du thym en fleurs .
Nous retrouvons nos moutons au col où il fait une chaleur de four (vivement le sous-bois) et abordons la seconde descente vers La Vilette. Par endroit, des bouffées de chaleur remontent vers nous. Jean notera une température de
32°. Le chef a délégué la conduite pour venir encourager ses valeureux randonneurs.
Après deux heures de descente, nous avons retrouvé nos voitures. Bilan, 10 km (c’est peu) mais 750 m de dénivelée, ce qui fait
une bonne pente moyenne.
C’est à notre auberge favorite au Plan du Var que nous nous arrêterons pour ce pot bien mérité, compensant partiellement les litres (marseillais, va !) de sueur perdus.
Merci Jean, ce fut une très belle journée et une rando dont on se souviendra.
Merci à André, Claude, Jean et Jean-Marie pour les photos.
En bonus, quelques images supplémentaires.
Rassemblement à la Vilette
Paysages
Une pause qui porte bien son nom
Ce mouton noir à la queue blanche intrigua beaucoup Daniel !
Au frais dans le sous-boisAllez Chantal,c'est fini !
Mais puisque je te dis que c'est là !
Qu'elle est vilaine ! mais celle-là est déja mieux.
Pique-niqueurs
Une belle image pour finir.La semaine prochaine,
Jeudi 17 Mai à 8 H 00 : GRIMAUD ( 83 ) – La Queyrière
Randonnée sur bons chemins . Paysages agréables et points vue nombreux . Pont, château, moulin et chapelles .
L : 15 Km 838 . Dh : 710 m . D : 5 H 30 – Niveau : Moyen Médio ( 2 montées sèches ) . Repas tiré du sac .
Animateur : Mikaël - 04.94.51.65.35 – 06.65.70.10.99 Boulouris N° 545
Itinéraire d’accès : Emprunter la RN 98 et aller en direction de Fréjus, St. Aygulf, Sainte Maxime. Puis prendre à droite la D 14 et rejoindre le village de Grimaud. Il est conseillé de stationner sur le Parking du Château .
Coût du trajet A R : 80 Kms x 0 € 25 = 20 Euros