2026-06-11-580-Les 7 Tunnels de l'Aqueduc de Belletrud-G1
2026-06-11-580-Les 7 Tunnels de l'Aqueduc de Belletrud-G1
Nous sommes 13 sur le parking du Souterroscope de St Vallier de Thiey pour la randonnée G1 du jour.
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Joël nous présente cette randonnée inédite, plutôt sportive et pleine de surprises. Elle comporte notamment une très belle montée de 3 km cumulés le matin, et une belle descente de plus de 3 km, dont un passage bien raide l’après-midi. Le tout sera agrémenté de quelques passages insolites, comme une passerelle « rustique », quelques tunnels dont un long, un en descente et un autre en montée (une curiosité), et enfin la descente dans une grotte magnifique. L’ensemble du parcours fera 18 km pour 620 m de dénivelée.
Compte tenu de ces éléments il rappelle l’utilité d’avoir une lampe frontale et des bâtons.
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La randonnée commence par un beau chemin ombragé le long du Vallon de la Combe. Puis après une descente (qu’on trouvera bien raide à la montée au retour) nous voici arrivés devant la fameuse passerelle, sans parapet et dont les planches sont parfois cassées, espacées, ou manquantes. Mais chacun s’arme de courage et passe cet obstacle à la queue leu leu.
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Nous surplombons alors le sauvage et verdoyant Vallon de la Siagne sur le GR 510 et Joël nous explique que ce fut en fait la « vraie route Napoléon » ou passèrent l’Empereur et ses grognards au retour de l’Ile d’Elbe.
"Il faut imaginer ce qu'a dû être cette marche, sur le chemin même, là où nous sommes.
La colonne s'allonge. Il y a de la boue, de la neige fondue, cet après-midi du 2 mars 1815.
Les cavaliers ont mis pied à terre. Ils sont embarrassés dans leurs bottes et avec leurs sabres.
L'empereur marche à pied parmi ses hommes, parfois en tête, pas toujours.
Il porte sa légendaire tenue de campagne : habit vert des chasseurs de la garde, col à parements rouges, épaulettes d'or, gilet barré du grand cordon de la légion d'honneur, culotte de Casimir blanc, beau bicorne à cocarde.
Il a retroussé les pans de sa redingote et s'est muni d'un bâton. Tous trébuchent sur le mauvais dallage. On entend les grognards souffler dans la rude montée. Ils sont chargés de leur "barda" et leurs couvertures roulées sur leur havresac s'alourdissent.
Le "petit tondu" est là-bas devant avec son chapeau. Une telle expédition ne pouvait s'envisager sans argent. Depuis le départ d'Elbe c'est Peyrusse le grand argentier de l'affaire qui veille sur le trésor.
C'est deux cents millions d'or en pièces jaunes qu'il faut transporter à dos de mulets. On dit que cet argent avait été économisé sur la liste civile de Napoléon tant qu'il était en exil. Ce précieux chargement va connaître des avatars. A peu près là où nous sommes "après la borne 91", le chemin présente des à-pics. Là, un mulet glissa et tomba dans le ravin avec un coffre chargé de pièces d'or.
Toujours harcelés par la nécessité de ne pas traîner en route, les hommes ne prennent pas le temps de récupérer le chargement tombé dans un endroit difficile d'accès. Un paysan nommé Réal récupèrera le contenu".
Pour nous, ce fut plus cool, d'abord il ne pleut pas, notre barda est plus léger, nous n'avons pas de canon à tirer et nous savons où nous allons alors que les "grognards" ne savaient pas à quelle sauce ils allaient être mangés.
Comme il y a une superbe propriété au fond du vallon, Camille imaginera que ce sont les héritiers de monsieur Réal qui ont profité des écus de l'empereur...
Joli pierrier sur notre droite. On imagine très bien le mulet et son chargement d'écus roulant dans cette pente : pauvre bête !
Le chemin est bordé de grosses pierres, les chasse-roues, destinées à éviter aux chariots de basculer dans le ravin. Grosso-modo, nous sommes à 350m au-dessus de la Siagne.
Sur l'autre versant, on aperçoit parfaitement la DN 85, la route Napoléon, qui serpente parmi les montagnes.
Enfin des fleurs, de jolies Azurites (Echinops Ritro) au niveau de La Chapelle St Martin.
C’est ensuite que commence la longue montée dans la Forêt Communale de Briasq, heureusement assez ombragée avec quelques trouées permettant d’apercevoir l’Audibergue et la Montagne de Thiey. Vu l’heure matinale de levée, la pause banane prise devant la Chapelle Saint Jean sera la bienvenue.
« moment rare ! Denis semble sans voix »
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Joël encourage la petite troupe à poursuivre l’effort jusqu’au point le plus haut de la randonnée, le Cavalet à 958 m d’altitude, avant d’aborder le début de la descente.
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Et c’est juste avant d’aborder le Sentier de l’Aqueduc, surplombant le Vallon de la Siagne de la Pare, qu’il sait être en plein soleil, que l’animateur trouve un beau coin ombragé pour la pause pique-nique. Il profite de ce moment de détente pour nous donner quelques explications sur la construction de l’Aqueduc de Belletrud et sur toutes les péripéties de la mise en œuvre de ce projet :
"Quelques sources éparses, souvent taries, constituaient au début du XXe siècle la seule ressource pour alimenter en eau les communes du bas canton de St-Vallier. Ces sources, qui émergeaient de terrains peu profonds, étaient polluées par les eaux superficielles.
Tant et si bien qu'un hygiéniste départemental fut envoyé à Cabris le 16 novembre 1910. Son rapport fut accablant...
Il fut alors décidé, grâce à une subvention spéciale de la commission départementale, le transport d'eau potable par charrette...
Entre 1911 et 1916 un projet est élaboré pour dériver l'eau de la Siagne et mettre en place l'autorisation de travaux et les crédits. La guerre en arrêtera l'exécution....
C'est seulement en 1931 que l'eau pourra jaillir à Cabris.
Le réseau va se développer au fil des années et avec lui le syndicat en charge de sa gestion pour devenir en 1971 le Syndicat Intercommunal des Cinq Communes pour l'eau et l'Assainissement (S.I.C.C.E.A)...".
La randonnée reprend avec des vues magnifiques sur un vallon aussi sauvage et inconnu que magnifique, qui suscite de nombreux arrêts photos.
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C’est à partir du 11° km que nous abordons les fameux Tunnels. Chacun excité commence à préparer sa lampe. Les consignes de sécurité sont simples, on regarde où on met les pieds et on baisse la tête. Ces traversées de tunnel sont une aubaine pour les petits gabarits !!! Il y aura de tout : un petit tunnel très court, un long tunnel bien sombre et donc très obscur, un tunnel en descente assez glissant, et même un tunnel qui monte !!! et chacun s’interroge sur la solution utilisée pour faire monter l’eau dans la conduite.
"Comme à la Sécu, on attend son tour pour entrer"
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La traversée de ces tunnels aura été un vrai divertissement qui a enchanté chacun. Et entre chaque tunnel, les vues admirables et impressionnantes sur le profond vallon en contrebas rajoutent à ce sentiment d’être seuls dans l’immensité du paysage.
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Mais les bonnes choses ayant toujours une fin, nous abordons maintenant la longue descente attendue. Chacun suit prudemment Joël sur son tracé, et finalement tout le monde arrivera en bas sans bobo pour franchir une belle passerelle sur la Siagne.
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Puis nous retrouvons le Vallon de la Combe, parsemé de quelques trous d’eau et passages rocheux, pour découvrir la grotte des Deux Goules. On pose les sacs, mais on garde les frontales et les bâtons à cause du sol glissant. Une petite corde à nœuds facilite l’accès à la grotte qui s’étend sur 2 côtés à la fois. Chacun s’émerveille de découvrir ces stalagmites (ça monte) et stalactites (ça descend) aux formes parfois surprenantes. Joël déconseille de s’aventurer vers les deux extrémités de la grotte trop sombres et glissantes ; et un bon randonneur ne fait pas forcément un bon spéléologue.
« La Goule est une créature monstrueuse du folklore arabe préislamique qui apparait dans Les Contes des Mille et une Nuits » C’est une sorte de vampire femelle qui dévore les cadavres dans les cimetières, pour les faire revenir des morts sous une forme déformée et sauvage »
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Sur le chemin du retour la chaleur commence à arriver, et la petite descente du matin vers le GR510, va s’avérer une montée bien « casse pattes ».
Une magnifique photo de groupe pour clore cette belle randonnée.
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On prendra le pot en terrasse à St Vallier de Thiey, où les randonneurs unanimes remercieront Joël pour cette randonnée jugée par eux assez exceptionnelle. Et nous remercions tous notre ami Denis qui a tenu à offrir le pot pour fêter un évènement très proche.
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Le texte est de Joël ; les photos sont de Claude et Joël ; le blog est de Claudette et Jacques