2026-06-11-715-2-Ampus-G2
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Nous sommes 15, dont 6 randonneurs, réunis sur le parking situé à l'entrée du beau village d'Ampus, pour découvrir cette randonnée, classée moyen x de 9,7 km pour une dénivelée de 225 m, qui sera animée par Thierry.
Il nous la présente : "Village perché de la Dracénie, Ampus a su garder l'authenticité du Haut Var. Une promenade dans les ruelles conduit à la découverte d'un jardin d'Eden jalonné par les stations du chemin de croix qui mène au panorama superbe au dessus de l'église Saint-Michel. Nous découvrirons le dolmen de Marenq et La Chapelle N.D de Spéluque, de style roman. Pique-nique au bord de la Nartuby, et retour par le vallon de Valségure, le canal de Frontignan, et le "chemin de l'eau".
Le profil ne montre pour seule difficulté qu'une montée longue.
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Il est 9h30, le ciel est bleu et la température dépasse déjà, malgré une altitude de 570 m, les 20 degrés, ce qui augure d'une belle journée.
Comme notre nombre est limité nous n'aurons pas de serre-file.
Dans un premier temps, direction la Mairie en empruntant les ruelles étroites du village.
La place est charmante, ornée d'une belle fontaine et d'une terrasse accueillante où nous prendrons le pot de l'amitié à notre retour.
Pour le moment nous attendons Thierry, qui a obtenu de se voir confier la clef de l'église que nous pourrons ainsi visiter tranquillement.
L'église Saint-Michel, construite en 1085, fut alors rattachée au monastère des Iles de Lérins.
Thierry prendra le temps de nous dire quelques mots de cette église :
"Pendant les guerres de religion l'édifice subit d'importantes dégradations, réparées le calme revenu. C'est probablement à cette époque qu'elle fut dédiée à l'archange Saint-Michel.
De pur style roman elle est d'allure massive à l'extérieur. L'intérieur révèle voûtes de plein cintre, collatéraux et abside en cul de four. Un clocher carré coiffé d'un campanile flanque la façade.
"Parmi les cloches, l'une est du 17ème siècle. D'un poids de de 150 kg, elle est classée "monument historique" au titre des objets mobiliers.
Une statue en bois représentant l'Archange Saint-Michel terrassant un dragon à figure humaine daterait de la première moitié du XVI° siècle. Cette statue a été classée comme monument historique en 1912".
En quittant l'église nous parcourrons le magnifique chemin de croix initié par Adonis Volpato, qui fut curé d'Ampus de 1961 à 1994.
Thierry nous relate le rôle joué par ce curé dont le travail est une fierté pour tout le village :
"Egalement tailleur de pierres Adonis Volpato viendra au chevet de son église. Par deux fois il fut lauréat du concours national des chefs d'oeuvre en péril. En 1962, il entreprend la restauration de l'église paroissiale. Les travaux durent quatre ans et demi....
Dans le même temps, le Père Volpato à qui l'on avait donné le terrain autour de l'église, a l'idée d'y édifier un chemin de croix. Pour cela, il fait appel à un céramiste britannique installé depuis quelques années dans le village : Geoffrey Hindy dit Geoff.
Pendant que Geoff travaille à ses panneaux de céramique, le curé prépare le terrain...il plante des centaines d'arbres, d'arbustes et des fleurs".
Les quatorze stations sont réalisées sur deux ans.
Geoff passionné par cette entreprise décide, avec l'accord de l'Abbé Volpato, de créer un quinzième panneau qui mélangera céramique et galets, plus abstrait dans sa conception".
La beauté du site nous incitera à faire une première photo de groupe au sommet du chemin de croix
sous la protection de Notre Dame
et à deux pas d'un somptueux panorama en direction du Bois des Prannes.
Nous quitterons le village en empruntant la descente de Ratton en direction du pont éponyme.
Mais avant de l'atteindre nous tenterons d'apercevoir une ancienne glacière, construite au XVIIème siècle. Elle n'est plus guère visible, son accès étant protégé par une grille.
Ce sera toutefois l'occasion pour Thierry de nous rappeler que l'usage de glace à rafraichir remonte à l'Antiquité et que de nombreuses glacières ont été construites dans le Var (une activité spécialement importante, notamment sur la Sainte Baume, du XVIIème au XIXème siècle - voir le blog G2 du 7 mai 2026).
Depuis le pont de Ratton nous pouvons contempler le cours, complètement à sec à cet endroit en ce moment, de la Nartuby d'Ampus.
Un panneau d'information, à proximité, rappelle le sabotage, par les maquisards d'Aups et d'Ampus, le 19 juillet 1944, du pont de Ratton pour gêner la circulation des véhicules de l'armée allemande.
Nous suivrons un moment cette petite route bordée de plantations d'oliviers
qui nous conduira en montée
en direction du dolmen de Marenq
que nous atteindrons après avoir suivi un étroit sentier ombragé.
Le dolmen a été découvert en 1922 et restauré en 1990. C'est l'un des rares dolmens de Provence a avoir conservé sa table de couverture, particulièrement volumineuse.
Thierry, qui s'interrogeait sur le volume de la pierre tabulaire et sa masse, ne resta pas longtemps dans l'expectative. Une rapide inspection par Jean M. livra une estimation du volume de l'ordre de 6 m3 soit une masse d'environ 10 tonnes, estimations rapidement validées par les autres sachants du groupe.
L'une d'entre nous ne résistera pas à la tentation d'explorer l'intérieur du monument.
Après cet aller et retour pour visiter le dolmen nous obliquerons à gauche et, après avoir emprunté un sentier étroit et caillouteux en forte montée, nous longerons une zone de culture offrant de jolies vues sur la campagne et la forêt.
Pour éviter une portion de route Thierry nous propose de suivre un sentier qui sera plus agréable tout en permettant de raccourcir légèrement le parcours.
Nous nous heurterons, comme cela arrive malheureusement parfois ces derniers temps, à une clôture interdisant le passage dans une propriété privée.
Nous trouverons rapidement une alternative pour poursuivre en pleine nature en empruntant le chemin de Turquet.
Les genêts en fleur offrent de beaux contrastes
avec la forêt en toile de fond.
"Sur notre circuit, la forêt est très présente. Riche en chênes verts et en chênes blancs, elle abrite de nombreuses espèces animales tels que chevreuils, sangliers et même des aigles.
Dans un proche passé, l'alimentation de nombreux gazogènes provenait de ces bois.
Aujourd'hui en hiver l'homme y "cave" la truffe, mais attention ces forêts sont surveillées".
Au long de notre périple nous nous efforcerons, sans succès, de distinguer, entre chênes verts et chênes blancs. Un peu plus tard, à l'occasion du pique-nique Thierry, avec le concours de l'I.A., nous fournira des éléments permettant de les différencier :
"En résumé le chêne vert a des feuilles petites, coriaces et persistantes, alors que les feuilles du chêne blanc sont grandes, lobées et caduques.
Pour les distinguer rapidement : en automne les feuilles du chêne blanc jaunissent alors que celles du chêne vert demeurent d'un vert foncé. En hiver le chêne vert garde ses feuilles, le chêne blanc est nu.
Le chêne blanc préfère les zones tempérées avec des sols profonds, frais et fertiles. Son tronc droit et massif au bois dur et résistant est prisé pour la charpente, les tonneaux, les meubles".
Nous longerons quelques exploitations agricoles et notamment des élevages de chèvres et de moutons jalousement gardés par des chiens peu commodes
avant d'atteindre ce site où deux charbonnières témoignent de l'époque, "entre les deux guerres, où les producteurs de charbon de bois recherchaient un appareil mobile, d'une conduite facile, demandant moins de technicité que la meule traditionnelle, et autorisant un cycle de carbonisation rapide".
A partir de là nous nous dirigerons vers le sud en direction de N.D. de Spéluque
au pied de laquelle nous nous installerons pour notre pique-nique.
Un endroit très agréable, et un moment convivial que nous prolongerons volontiers et que Thierry mettra à profit pour nous donner des précisions sur cette chapelle, malheureusement fermée, mais où un office a encore lieu chaque dimanche et les jours de fête.
"Cette petite chapelle qui remonte au Xe siècle, fut consacrée le 10 janvier 1090 par Bérenger III, évêque de Fréjus sous le nom de Beate Marie de Speluca.
On la désigne de nos jours également sous le nom de Chapelle Notre Dame du Plan. Elle a été classée monument historique par arrêté du 26 juin 1990.
Cet édifice, situé en bordure de la Nartuby, au pied du plateau des Rouvières et de celui de Canjuers comprend une nef unique, de trois travées, voûtée d’un berceau brisé et terminée par une abside en cul-de-four avec meurtrière. A gauche du choeur, la sacristie occuperait l’emplacement d’une chapelle primitive du Xe siècle.
Au temps où les Sarrasins occupaient la région dite du Fraxinet (les alentours de l’actuel village de la Garde-Freinet) ceux-ci firent irruption dans la plaine de Tourtour.
Les habitants résistèrent à l’invasion et jurèrent, s’ils remportaient la victoire, de construire une chapelle en témoignage de leur reconnaissance à la Vierge Marie.
Ils chassèrent l’envahisseur et construisirent l’édifice selon le vœu qu’ils avaient fait. En 990, Almerade, évêque de Riez, la dota d’un « Autel en Val d’Empure » consacré à la Vierge. (Autel en Val d’Empure = Acte de donation du Vallon d’Empure, Empure ayant donné le mot Ampus).
Par la suite, cette chapelle primitive étant devenue trop petite, on lui en adjoignit une autre qui fut consacrée en 1090 par Béranger, évêque de Fréjus. Il existait à la même époque un monastère et un village regroupés autour de cette église.
Quelques années plus tard, un chevalier félon, nommé Truan, et des membres de sa famille saccagèrent ce joyau de l’art roman ainsi que le monastère et le petit village. Seule fut réparée la chapelle située au milieu de la petite plaine. Elle fut pourvue d’un prieur et desservie par quatre moines.
Puis, en 1793, elle fut vendue comme bien national et achetée par Madame Autran, puis par la famille de Jerphanion qui la rendirent alors au culte. D’importantes réparations ont été entreprises depuis".
A deux pas de cette chapelle un petit pont de bois enjambe la Nartuby d'Ampus. Il sera l'occasion d'une nouvelle photo de groupe.
A partir de là nous suivrons un PR en direction du sud, matérialisé dans un premier temps par une piste large, plate et confortable
qui nous permettra d'accélérer la cadence en direction du vallon de Valségure.
Nous passerons devant ce premier retable dédié à Saint Hubert, patron des chasseurs et des forestiers.
Une pause bienvenue, à l'ombre, car il commence à faire bien chaud.
Le chemin du Plan d'Ampus, qui nous ramène en descente progressive, est caillouteux à travers le maquis.
Les endroits fortement ravinés laissent apparaître une terre rouge.
Nous atteignons un nouveau pont en bois pour franchir le Vallon de Valségure, affluent de la Nartuby d'Ampus.
La fin du chemin du Plan d'Ampus est moins caillouteuse, et surtout ombragée, ce qui est apprécié de tous.
Au bord du sentier, de nombreux figuiers de barbarie, dont celui-ci, dont la fleur magnifique parait fort appréciée par un bourdon très affairé.
Un autre retable,
et une petite chapelle, fermée elle aussi.
Nous sommes arrivés sur les hauteurs du village et allons parcourir le chemin de l'eau.
"Le chemin de l'eau met en exergue l’utilisation du canal de Fontigon, vieux de 500 ans.
L’aqueduc du village fut construit pour permettre une arrivée d’eau régulière, essentielle au bon fonctionnement du moulin à farine, du lavoir du milieu et de la fontaine de la Place de la Mairie.
Cet aqueduc assurait aux villageois une eau indispensable à l’irrigation des prés et des jardins ainsi qu’à leur propre alimentation.
Par la suite une conduite métallique fut aménagée dans la montée de l’aqueduc reliant le canal de Fontigon à une turbine, elle-même reliée à une dynamo, qui se trouve toujours dans le moulin à farine.
C’est au XVè s. qu’on construisit dans le village un moulin à farine, plus proche des habitants que l’ancien qui se trouvait au lieu-dit Moulin Vieux.
Afin d’alimenter ce nouveau moulin, on creusa le long canal de Fontigon (la Font d’Hugon) qui permit par ailleurs d’irriguer les terres et d’alimenter le village, le Tournaou, les fontaines et les lavoirs.
La source et le séculaire canal de Fontigon, sur les hauteurs de Ampus, résonnent d’un passé pas si lointain où les “bugadières” s’affairaient aux lavoirs et les hommes autour du “tournaou” (meule à aiguiser communale.
La suite du chemin de l’eau vous conduira de citerne en aqueduc au coeur du village".
Nous ferons une pause au grand lavoir pour savourer un peu de fraicheur.
Pour nous détendre Thierry nous fera la lecture d'une réponse savoureuse d'un étudiant à un devoir de chimie proposé à Nanterre sur le thème
"L'enfer est-t-il exothermique...et de ce fait a t-il gelé?".
L'eau du canal actionnait le "tournaou", meule solidaire d'une tour à aubes, qui servait à émoudre et affuter les outils. Cette meule était publique.
Une vue de l'église Saint-Michel en amorçant la descente.
La descente des marches le long de la Montée de l'Aqueduc entre le grand lavoir et la tour du moulin.
La tour du moulin vue du bas.
La porte sarrasine qui marque l'entrée du village.
La descente vers le centre du village.
C'est sur la place de la mairie que nous prendrons le pot de l'amitié et que nous remercierons Thierry pour cette belle randonnée, très documentée
avant d'emprunter cette ruelle étroite pour rejoindre nos véhicules.
Nous aurons accompli 11,4 km pour une dénivelée de 241 m
La semaine prochaine :
lundi 15 juin :
GL1-GL2-91-2-Le tour du Dramont par Denis (pique-nique des randonneurs)
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jeudi 18 juin :
G1-G2-890-2-Sainte Anastasie sur Issole par Patrick
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