2025-02-27-910-Courmes-Le Champ des Idoles-G2
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Il fait 7 degrés mais le soleil est déjà présent et le ciel est bleu.
Nous sommes 15, dont 8 randonneuses, sur le parking du charmant village de Courmes, pour écouter Thierry nous présenter cette randonnée classée moyen xx de 11,3 km pour une Dh de 410m :
"une montée avec quelques marches, un peu de pente sur 3 km, un plateau sur de bonnes pistes, une descente sur des beaux sentiers, quelques passages sur des pierres, une belle randonnée qui laissera une grande part à votre imagination".
Une randonnée initiée par Alain en février 2019, et déjà reprise fin mars 2023 par Thierry, qui s'apprête à entamer aujourd'hui sa 120ème animation en 4 ans.
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Nous quittons le parking pour nous diriger vers le centre du village. Notre petit groupe est homogène, nous n'aurons pas besoin de serre-file.
Après avoir longé l'Auberge de Courmes, où nous espérons pouvoir prendre le pot de l'amitié à notre retour, et la Mairie, nous passerons devant l'église Sainte-Madeleine, surmontée de son clocheton carré en forme de pyramide, avant de sortir du village par l'escalier situé au fond de la place.
Thierry nous indique "que le premier village de Courmes dépendait de la paroisse de Coursegoules, mais il renfermait une chapelle qui jouait déjà le rôle d'église paroissiale lorsqu'elle a été agrandie pour devenir une église, en 1781 ; elle sera également dédiée à Sainte-Marie-Madeleine."
Il ajoute "qu'en 1670, l'évêque de Vence, Monseigneur Antoine Godeau, rendit visite à Courmes qui jusque là avait été jugée inaccessible par ses prédécesseurs. Il fit cette visite en décembre et alla dire la messe dans la Chapelle...après qu'il fut tombé dans la nuit deux mètres de neige...!".
Nous abordons la longue montée de 3 km annoncée par Thierry. Elle commence par un sentier caillouteux, ponctué de marches grossières,
qui nous permet de nous élever au-dessus du village et de commencer à admirer le paysage qui s'offre très rapidement à nous.
Malgré une légère brume nous pouvons déjà apercevoir le village de Cipières, reconnaissable à la silhouette rectangulaire de son château-fort dont l'origine remonte aux XIIéme ou XIIIème siècle, et celui de Gréolières, tous deux coiffés par la Montagne du Cheiron dont le sommet principal culmine à 1778 mètres d'altitude.
Nous sommes au coeur du Parc Naturel Régional des Préalpes d'Azur.
Nous continuons à monter. La pente est parfois raide
mais la récompense est là en permanence avec des vues magnifiques mises en valeur par une météo de plus en plus clémente. On distingue ici le village de Courmes que nous venons de quitter, et les falaises encadrant les gorges du Loup, un fleuve côtier de 49,3 km qui prend sa source au nord de la Montagne de l'Audibergue pour se jeter dans la Méditerranée au sud-ouest de Villeneuve-Loubet.
Nous aurons l'opportunité de contempler ce panorama tout au long de la montée qui nous aura conduit depuis Courmes, à 625 mètres d'altitude jusqu'au point culminant de notre randonnée à une hauteur de 1025 mètres.
Au fur et à mesure de notre ascension nous apercevrons le village de Gourdon, situé de l'autre côté des gorges et le dôme blanc de l'observatoire du plateau de Caussols surnommé le "Bilboquet".
A l'horizon on devine le Massif de l'Estérel avec le Mont Vinaigre et le Pic de l'Ours.
Nous ferons quelques arrêts pour nous désaltérer et profiter du paysage.
L'occasion pour Thierry de nous livrer de nouvelles informations sur le village de Courmes et l'origine de son nom :
"le 29 septembre 1176 un personnage, P. de Corma, signe comme témoin une charte (acte de donation). C'est le premier document écrit mentionnant ce nom. Des linguistes comme Ernest Nègre et Albert Dauzat indiquent que Courmes vient de l'ancien provençal "Corma" qui désigne la "cornouille", fruit du cornouiller.
Frédéric Mistral écrira que "Courmo, Courmes" est un nom de lieu dans les Alpes-Maritimes et que Courmes, Decormis, sont des noms de familles provençales".
Selon le site du département des Alpes Maritimes : "le premier village de Courmes était situé à l'extrémité sud-est de la Serre de la Madeleine, à 1,6 km au nord de l'agglomération actuelle. Il a été abandonné à la fin du Moyen Age, sans que le territoire soit pour autant déserté. Au XVIII ème siècle, un hameau s'est reconstitué loin de l'ancien habitat, sur le site du village actuel.
Un de ces arrêts nous donnera l'opportunité de croiser un groupe d'intrépides vététistes s'apprêtant à emprunter en descente le sentier que nous venions de monter.
A partir de maintenant nous quittons le GR 51 pour partir en "hors piste", selon l'expression de Thierry et parcourir un plateau karstique, un paysage résultant des écoulements souterrains qui se mettent en place dans les roches calcaires. Peu d'arbres, des amoncellements de pierres, des ruines de bories et de bergeries.
Un panneau d'information attire notre attention.
Nous le retrouverons en différents endroits en parcourant le plateau jusqu'au village de Saint-Barnabé :
"A tous les randonneurs, marcheurs, promeneurs : depuis des siècles, voire des millénaires, une activité pastorale a été pratiquée sur ce site ! Les bergers auront construit des murets, des cabanes et aussi épierré le sol en réalisant des amas de pierres (clapiers), afin de libérer le terrain des pierres éparses et créer ainsi de nouveaux pâturages pour les troupeaux.
De nos jours, la pratique d'épierrement perdure toujours, aussi nous vous demandons de ne pas déplacer les pierres des murets et des clapiers, de ne construire aucun foyer car les feux sont interdits...Merci à tous !
Les Propriétaires, les Eleveurs, les Bergers".
Nous profitons de cet environnement dépaysant, apaisant, d'une beauté sauvage, en approchant du site qui sera le point d'orgue de cette magnifique randonnée.
C'est l'endroit choisi par Thierry pour notre pause banane, une pause qu'il met à profit pour nous préparer à la découverte de ce lieu spectaculaire dont le nom officiel a été "Le Village Nègre" avant d'être rebaptisé "Le Champ des Idoles" :
"C'est un ensemble de rochers calcaires stratifiés, étonnamment sculptés. Ils sont le résultat de l'érosion naturelle et du ruissellement des eaux de pluie. Leurs formes sont extravagantes et évocatrices... A part le plateau karstique de Caussols et celui de Saint Barnabé dans l'arrière pays grassois, ce phénomène n'existerait que dans les Andes colombiennes du parc de la Sierra Nevada Del Cocuy près d'Aureca et aussi au parc national de Tsingy de Bemaraha à Madagascar".
Nous venons d'être opportunément rejoints par trois représentants des "Randonneurs Antipolitains". Ils nous proposeront de faire pour nous la photo de notre groupe afin de nous permettre d'y apparaître au complet,
avant de nous confier être de fervents supporters du Cercle de Boulouris pour la qualité des randonnées qu'il propose, et des lecteurs assidus de ses blogs, ce qui conduira à des échanges sympathiques pendant quelques minutes.
Après cet épisode convivial nous consacrerons du temps à la visite de ce site exceptionnel, évoquant tantôt un sphinx,
tantôt un village africain.....
Par choix ce blog ne comporte qu'un nombre très limité de photos du "village" mais les blogueurs conseillent vivement de se reporter au blog réalisé par Jean-Marie à l'occasion de la randonnée animée par Alain (Courmes-Le Champ des Idoles-910-02/05/2019), et aussi à la vidéo réalisée à l'époque par André, encore présent avec Monique à la randonnée d'aujourd'hui, Le Champ des Idoles 02/05/2019.
Nous reprenons la route en direction du village de Saint-Barnabé, qui est un hameau du village de Coursegoules.
Thierry nous signale que :
"Voies romaines, militaires et vicinales s'y croisent, nous rappelant que Saint Barnabé fut un lieu de transit important pour les civilisations passées".
"Au printemps, une flore calcicole comprenant de nombreuses orchidées et une espèce rare de pivoine égaie les paysages rendus austères par les rigueurs de l'hiver. L'absence d'eau courante et de source en fait un territoire à l'habitat très dispersé où les rares maisons étaient encore récemment alimentées à l'aide de puits et de citernes".
Il ajoute qu'en 1944 un maquis a occupé le plateau de Saint Barnabé qui a été le lieu de parachutages d'armes.
A l'approche du village de Saint-Barnabé le sentier arboré est souple et agréable aux pas.
Un rapide coup d'oeil à La Chapelle Saint-Barnabé, dont Thierry nous rappelle qu'elle a été mentionnée en 1667, vraisemblablement construite au 17ème siècle, agrandie en 1754 puis à nouveau après 1841, sans doute dans la première moitié du 20ème siècle. Elle est aujourd'hui propriété privée.
Le temps passe et la marche nous a mis en appétit. Heureusement nous ne sommes plus très loin du lieu prévu pour le pique-nique que nous atteindrons peu après avoir longé ces prairies qui témoignent de ce que l'activité pastorale est toujours présente sur ce plateau.
L'endroit envisagé par Thierry pour notre pause déjeuner, à proximité de cette ancienne bergerie, a été affecté par un incendie et n'est plus guère praticable
mais nous trouverons un peu plus loin un site agréable, au soleil, doté de murets confortables.
Pas très loin de nous un autre groupe de randonneurs avait fait le même choix.
Nous prendrons notre temps pour ce pique-nique, comme il est d'usage en G2,
certain s'autorisant même une sieste, perpétuant en cela un usage mis régulièrement en pratique par nos ainés il n'y a pas si longtemps.
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Le printemps n'est pas encore là et les fleurs sont rares à l'exception des crocus, présents tout au long des sentiers.
Le chemin du retour nous fera passer devant deux oratoires, le premier consacré à Saint-Joseph et le second à Saint-Jean-Baptiste,
et devant d'autres alignements de pierres singuliers : un autre champ des Idoles ? Thierry nous proposera un détour pour aller satisfaire notre curiosité mais, sa proposition ayant reçu un accueil mitigé, nous poursuivrons notre route
à travers ce paysage attachant
sous un ciel magnifique.
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Il ne nous reste plus dorénavant que de la descente
avec des panoramas portant parfois jusqu'à la mer.
Le sentier pierreux que nous devrons suivre consiste en une série de lacets suivant une pente plus ou moins accentuée, parfois exigeante pour des genoux de G2, mais avec des vues tellement belles !
Une pause boisson
avant d'atteindre, au bas de la descente,
des ruines à peine visibles sous une épaisse végétation.
Le sentier se poursuit en forêt et nous sommes peut-être aux confins de l'ancien village de Courmes, localisé sur un oppidum à proximité,
comme peuvent le donner à penser cet abreuvoir
et ce puits.
Nous parcourons les derniers kilomètres, d'abord en forêt sur le plat,
avant d'aborder un nouveau sentier pierreux en descente
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qui nous ramènera en surplomb de la vallée du Loup
et du village de Courmes.
C'est à l'Auberge de Courmes, prévenue de notre arrivée par Thierry, que nous serons accueillis, de façon très bienveillante, pour prendre le pot de l'amitié.
Nous aurons parcouru 12,6 km pour une dénivelée de 430 m.
Après avoir unanimement remercié notre animateur pour cette très belle randonnée,
nous parcourrons les quelques mètres nous séparant du parking en savourant au passage la devise surmontant ce cadran solaire "carpe diem...", "cueille le jour présent sans te soucier du lendemain", qui traduit parfaitement l'état d'esprit qui a prévalu parmi nous tout au long de cette magnifique journée.
(les photos sont de Véronique, Thierry, Claudette et Jacques)
La semaine prochaine :
lundi 3 mars :
GL1-Colle Douce-232-par Dominique
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GL2-Trou de la Jarre-57 par Thierry
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jeudi 6 mars :
G1-Mont Lachens-614-1 par Patrick
G2-les Mayons-la Plaine Sauvage-921 par Dominique