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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 06:51

Confinement n°5  - L'herbier des randonneurs  1

Certains de nos amis randonneurs  ne s'intéressent pas beaucoup à la nature et aux petites fleurs qu'ils croisent le long des chemins-Marcher pour marcher, seuls comptent les kilomètres et les dénivelées dans le temps le plus court. C'est à eux que je dédie cet herbier. Aujourd'hui vous avez le temps, vous piaffez certainement de ne pas pouvoir retrouver vos sentiers, alors profitez de cette possibilité de découvrir ce que vous avez raté.

Après la brillante étude géologique de Claude, cette semaine, nous allons nous plonger dans la botanique en vous présentant les plantes que nous rencontrons au cours de nos randos. Bien sur ce ne sera pas exhaustif à moins que le confinement dure encore quelques mois (il est fou !!!) mais on va s’intéresser aux plus originales et aussi à celles... que je préfère.

Bien sûr, ces informations ne proviennent pas toutes de mon savoir (!!!), j'ai pioché sur Internet et dans mes bouquins.

 

Hepatique

(Hepatica nobilis)-Famille du bouton d’or – Ranunculaceae

Jolie petite anémone mauve ou blanche, habituée des sous-bois au sous-sol riche. Photo du 26/03/2009-Mons-Les Megalithes

Petite et au raz du sol, il faut faire attention à ne pas la piétiner.

Cette plante ne doit pas être arrachée avec ses racines, par exemple pour la planter dans un jardin car elle ne se régénère pas très efficacement et peut donc disparaître du site. L’anémone hépatique est une plante toxique.

 

Hellebore de Corse

 

(Helleborus argutifolius Viv.) Nous aimons bien cette plante car c'est la première qui se réveille avant la fin de l'hiver. Son vert très tendre attire le regard.

Mais elle particulièrement toxique, irritation de la bouche et du pharinx, hyper-salivation, vomissements, coliques, suffocation, vertiges, arrêt cardiaque.

 

Photo du 26/03/2009-Mons-Les Mégalithes

 

 

 

 

On la retrouve dans nos jardins avec de jolies fleurs bien colorées, sous l’appellation Rose de Noël.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aphyllante de Montpellier   

(Aphyllanthes monspeliensis), ou œillet bleu de Montpellier est une espèce de plante méditerranéenne. Elle appartient à la famille des Liliaceae selon la classification classique.

 Elle est aussi appelée : Bragalò, Barjavon, Bragalon, Bregaloun, Balhon, Bragala, Blavet, Giusses, Giussa, Blavet, Dragon et surnommée localement "herbe à lièvres" et est très appréciée des chevaux et des moutons.

 

C'est l'une des plantes les plus caractéristiques des garrigues de la Méditerranée occidentale, où elle fleurit abondamment au printemps, formant des touffes rappelant les joncs. Les fleurs sont bleues mauves, très rarement blanches.

Son nom signifie en grec « fleur sans feuilles ». Les feuilles sont en effet réduites à des gaines membraneuses à la base des tiges.

Son parfum est inexistant, son goût est légèrement sucré,la fleur est comestible.La photo ci-dessous a été prise le 7 mai 2008 lors de la randonnée dans la région de Coaraze (06), Rocasparviera-Le village maudit.

Mais elle est très courante et on aurait pu la trouver dans un autre de nos  blogs.

 On la confond souvent avec la plante suivante, le Lin de Narbonne

Lin de narbonne

(Linum narbonense) Nom provençal : Lin-sóuvage

Coteaux secs - principalement sur les sols rocailleux, mais aussi en plaine De la région méditerranéenne, jusque dans les Hautes-Alpes, la Drôme, l'Ardèche, la Lozère et l'Aveyron. – Portugal ; Italie ; Basse-Autriche ; Algérie.
Le Lin de Narbonne est une plante herbacée vivace à tige grêle. Les fleurs de couleur bleu ciel ont cinq pétales. Elle peut atteindre 50, voire 60 centimètres de haut. Sa floraison s’étale de mai à août jusqu’à 1700 mètres d’altitude.

Poussant  dans le même milieu que l'Aphyllante et d'une couleur identique, on les confond souvent mais cette dernière vit en touffe alors que le Lin de Narbonne est la plupart du temps isolé, parfois mélangé avec l'Aphyllante comme sur la photo ci-dessous prise le 22 mai 2008 lors de la rando à la-Montagne de la Loube dans les Maures(83).

Les Euphorbes

Les euphorbes (Euphorbia L.), nom féminin, sont des plantes dicotylédones de la famille des Euphorbiacées. Elles possèdent des inflorescences particulières nommées cyathes, particularité que les euphorbes partagent seulement avec quelques genres voisins. Comme toutes les Euphorbiaceae, ce sont des plantes toxiques, qui possèdent un latex parfois très irritant. 

Dans la région nous rencontrons 4 variétés d'Euphorbes : l'euphorbe réveille-matin dont le "latex", très toxique, était utilisé pour soigner les verrues (l'azote liquide est plus efficace !), l'euphorbe arbustive que vous trouverez au pied du Rocher St Barthélémy où elle a envahi l'ancien chemin qui rejoignait la Maison Forestière de la Batterie, la Grande Euphorbe et l'Euphorbe Hérisson. Nous nous intéresserons à ces deux dernières.  

  Euphorbe Hérisson-

(Euphorbia acanthothamos) est une petite euphorbe très jolie de forme semi-sphérique rappelant un hérisson. Au printemps elle porte des pseudo-fleurs jaunes.Cette photo a été prise le 17/04/2008 lors de la randonnée Le Thoronet-Cabasse.

Grande Euphorbe

(Euphorbia characias)  Cette variété peut atteindre 1 m. Feuillage bleu vert à grosse inflorescence. Comme précédemment son latex est toxique. Elle forme des touffes parfois importantes. Au milieu de cet ensemble verdâtre, rien ne ressemble à une fleur. En effet, celles-ci, telles qu'on se les imaginent, n'existent pas ! Ce qui ne veut pas dire qu'elles sont absentes au sens anatomique du terme. Toute la curiosité de celles des euphorbes réside dans le fait qu'elles ont perdu sépales et pétales, renommées pour l'occasion des cyathes. Pistil et étamines se nichent au coeur des petites "coupes" qui résultent en réalité de la soudure entre deux bractées florales.
C'est une plante qui s'exporte facilement dans nos jardins où elle constitue de jolis massifs, mais attention elle égrène beaucoup.

Cette photo a été prise le 28/03/2019 au cours de la rando Cabris-La chevrerie du Bois d'Amont.

Globulaire

(Globularia Alypum)- Appelée Globulaire Turbith, Séné de Provence,herbe terrible, petit globe. En anglais "Globe Daisy". C'est encore une belle petite plante bleue, basse,20 cm, en buisson qui fleurit de la fin de l'hiver au printemps

Plante vivace, commune, poussant dans les lieux rocailleux et broussailleux secs, de préférence sur calcaire, parfois aussi dans les maquis. On trouve fréquemment des buissons poussant sur de gros rochers isolés ou sur les falaises. Distribution : pratiquement tout le pourtour méditerranéen.  

Cette photo a été prise le 28/02/2008 lors d'une rando particulièrement difficile à La Mangiarde (06)

Les Orchidées

Combien d'orchidées sur terre ? Environ 25 000, sans compter les hybrides

Sous d'autres latitudes, ce sont des plantes épiphytes. Elles croissent sur la canopée, au sommet des arbres. "Leurs racines aériennes absorbent l'eau chargée de substances nutritives qui dégouline des arbres, et elles profitent de la lumière du soleil pour leur photosynthèse". Dans le Var, on répertorie une centaine d'espèces. Ici, elles ont les pieds sur terre, et sont entièrement dépendantes de leur hôte, un champignon microscopique, avec lequel elles vivent en symbiose. Aussi, il est inutile de déterrer une orchidée trouvée dans la nature, pour la replanter dans son jardin. Ôtée de son milieu, elle ne survivra pas. On observe sur les racines des orchidées, deux tubercules en général, dont l'apparence est à l'origine de leur nom, orchis signifiant testicule en grec. Ils renferment les réserves de nourriture de la plante. Tandis que l'un l'alimente et se ratatine, l'autre élabore des provisions pour l'année suivante.

Les fleurs constituent une grappe, échelonnée le long de la tige, ou rapprochée vers le sommet.Hermaphrodite, l'orchidée possède une partie mâle sous forme de deux pollinies. L'ovaire, vrillé, sert de pédoncule https://www.api-movie.fr/haut-var/les-orchid%C3%A9es-du-var/

Nous allons nous arrêter  sur 3 variétés courantes dans nos régions, la Céphalantere, l'Orchis de Robert, et la Serapias

Céphalanthere

(Cephalanthera longifolia)

Plante élancée à feuilles dressées, étroites (environ 1,5 cm de large) et engainantes (englobant la tige florale) , à inflorescence lâche de 8 à 20 fleurs d'un blanc pur .

Elle pousse souvent en touffes, mesure de 20 à 60 cm. Confusion possible avec la Céphalanthère de Damas dont les fleurs sont moins blanches, moins nombreuses, les feuilles plus larges et ayant les gaines foliaires généralement de couleur marron 1.

Orchis de Robert

(Himantoglossum robertianum) - Du nom du botaniste G-N-Robert-(1 776-1 857)
 L'Orchis géant  ou orchis à longues bractées est une espèce d'orchidée terrestre européenne.

C'est une plante robuste, pouvant dépasser 50 cm, à inflorescence dense, fréquente en région méditerranéenne de la fin de l'hiver au début du printemps, où on peut la rencontrer notamment sur les talus herbeux des bords de routes ou de chemins.

 Le Férion (06)-05/04/2007

Longtemps protégée, elle ne l'est plus car elle est devenue très commune. Parfois seule, parfois en groupe souvent important, elle fleurit de janvier-février à Avril. On la confond souvent avec une jacinthe.

La Croix sur Roudoule (Maures)-21/05/2009

  • Serapias
     
     
    (Serapias olbia) -Serapias de Provence

    La Sérapias de Provence est endémique de Provence et de Corse, elle se distingue des autres par son labelle recourbé et sa callosité entière.C'est une plante bizarre par sa forme. Souvent en groupe sur des terrains arides. Floraison d'Avril à Mai.


    Photo du 25/03/2010-St.Tropez-Littoral 2
     

    Mais pas la peine d'aller très loin pour la trouver : voir au CRAPA de Boulouris

    Origine de son nom  : Sarapis ou Sérapis (en grec ancien Σάραπις / Sárapis) est une divinité syncrétique créée à l'époque hellénistique par Ptolémée Ier , premier souverain de la dynastie lagide, afin de se faire accepter par le monde égyptien. Sarapis rassemble des traits d'Hadès, du dieu-taureau Apis et d'Osiris

     
  •  

 

 

 

 

 

 

Alysson Maritime

(Lobularia maritima)

 

Cette plante est de la même famille que le chou ,(Brassicaceae) . Très ramifié et se présentant sous forme de touffes, l’Alysson a des feuilles étroites en forme de lance. Les fleurs de l'espèce ont une agréable odeur de miel. Elle se trouve fréquemment en bord de mer ou sur sol calcaire. Ses très petites fleurs blanches apparaissent d'avril à septembre (pratiquement toute l'année).

Fleurs et feuilles se consomment: poissons, crustacés, viandes blanches, carpaccios, salades d'été, glaces et sorbets.

Photo du 3/10/2019-L'Escalet et les deux caps-G2

 

Elle s'acclimate bien dans nos jardin sous le nom de Corbeiile d'or ou d’Alysse  odorant avec différentes couleurs. Mais attention, elle est très envahissante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oxalis

(Oxalis pes-caprae)

L'Oxalis des Bermudes, encore appelé Oxalis pied de chèvre est une espèce de plantes herbacées vivaces du genre Oxalis de la famille des Oxalidacées. Originaire d'Afrique du Sud, elle s'est dispersée dans toute l'Europe méditerranéenne, devenant envahissante.

Photo du 3/10/2019-L'Escalet et les deux caps-G2

L'épithète pes-caprae, « pied de chèvre », fait référence au dessin des feuilles.

Elles sont formées de trois folioles en forme de cœur, avec des taches brunes. A cause de cette forme on les confond souvent avec du trèfle.

 Durant la nuit ou en cas d'ombre ou de pluie, les feuilles se replient vers le pétiole et les fleurs s'enroulent en fuseau torsadé. 

Floraison printanière, Avril-Mai. Les fleurs jaunes (20 - 25 mm) sont groupées en ombelle, comprenant 2 à 8 fleurs, au bout d'une tige de 20 ou 25 cm de haut.

Il existe des variétés cultivées, Oxalis Articulata, roses, envahissantes, avec le même type de feuilles. Certaines variétés sauvages, à petite fleurs jaunes, envahissent nos jardins. Système radiculaire important d'où une éradication difficile.

D'une façon générale, les Oxalis sont comestibles mais très riches en oxalates. Attention aux reins. 

Bourrache

(Borago officinalis) Plante assez commune que l'on retrouve au bord des

chemins. Ses fleurs, de petite taille sont d'un bleu délicat. Mais son intérêt  réside  sur toutes ses propriétés médicinales. Elle fait jeu égal avec la sauge dans ce domaine.

USAGE INTERNE
•    Huile : améliore la souplesse et l'élasticité de la peau, renforce les ongles et les cheveux cassants, retarde le vieillissement de la peau, prépare la peau à l'exposition solaire, atténue les rhumatismes et les douleurs prémenstruelles.
•    Parties aériennes : actions diurétiques, émollientes, toniques, aphrodisiaques, cicatrisantes, laxatives, antitussives, expectorantes, soulagent les troubles respiratoires, fleurs sudorifiques.
USAGE EXTERNE
•    Huile : lutte contre la sécheresse de la peau, les dermatoses (herpès, eczéma, psoriasis), les rides, les vergetures.
•    Parties aériennes : action contre les irritations cutanées.

Elle a par contre quelques contre-indications

•    Les parties aériennes de la bourrache sont déconseillées aux femmes enceintes ou qui allaitent, ainsi qu'aux personnes souffrant de troubles hépatiques, à cause de leur teneur en alcaloïdes pyrrolizidiniques, qui peuvent se révéler toxiques. L'huile de bourrache, ne contenant pas d'alcaloïdes pyrrolizidiniques, ne présente aucune contre-indication connue.

La bourrache a toujours été l'objet de discussions entre Jean-Marie  et Françoise L. Extrait du blog du 08/04/2010-Fayence-Circuit des chapelles
Françoise s'exclame : " De la bourrache ! Ma bourrache, viens vite voir Jean-Marie". Il y a en effet entre eux une vielle polémique au sujet de cette plante banale. Ce coup-ci, il y aura photo, ce qui y mettra fin…jusqu'à la prochaine fois. 

Barbe de Jupiter

(Anthyllis barba-jovis)

Ses rameaux sont dressés et les plus jeunes gris argentés. Grâce au revêtement pileux des feuilles, cette espèce est particulièrement résistante aux vents violents chargés d’embruns. On la rencontre justement essentiellement sur les îles d’Hyères, la presqu’ile de Giens, et on trouve également une colonie sur le sentier du littoral au Pradet.

Photo du 08/04/2010-Bormes-Bregançon

La floraison s’étale durant le printemps (d’avril à juin). Les fleurs  blanc-jaunes sont regroupées aux extrémités des rameaux et brunissent en vieillissant. Cette espèce fait l’objet d’une protection sur l’ensemble du territoire national français, évitez donc de la cueillir.

Lors d'une rando, un garde forestier nous a indiqué qu'arracher cette plante entraînait une amende de 900€ ! Beaucoup ont péri dans l'incendie de juillet 2017 mais c'est une plante résistante, elle est repartie.

Quant à l’origine de son nom, une ancienne flore (atlas répertoriant et décrivant les espèces, et servant à déterminer et identifier les plantes) affirme que cette détermination est difficile. Qui sait ? Les anciens ont peut-être trouvé quelques rapports entre les rameaux, les feuilles soyeuses couleur argent et la barbe du père des Dieux ?...Et ils ne connaissait pas un certain Emmanuel.

Palmier DOUM

"Chamaerops humilis est l’une des deux seules espèces de palmiers natifs d’Europe,  
C'est un élément typique du faciès le plus thermophile du maquis méditerranéen.

Photo du 2010-03-25-St.Tropez- sentier Littoral N°2- 

C'est le palmier dont l'aire de répartition naturelle est la plus étendue vers le nord, avec comme limites extrêmes les localités de Hyères (France) à 43° 07' N [1], et de l'île de Capraia au large de la Toscane (Italie) à 43° 04' N.
Présent dans le département de l'Aude, en France, le palmier nain est absent de la Corse et existe encore sur le littoral de la Côte d'Azur très localement, dans le Var et les Alpes-Maritimes, où il a été aussi cultivé dans le courant du XIXe siècle dans les parcs et jardins."
Il semble également avoir été rencontré à l’état sauvage dans l’île de Malte. Le palmier nain occupait d'importantes surfaces dans le Tell algérien avant la colonisation française.
Sur le plan écologique, cette espèce est très utile pour lutter contre l'érosion et la désertification car elle se régénère naturellement après les incendies en émettant de nouveaux drageons." Cf. Wikipedia.

Nous avons beaucoup craint pour lui lors de l'incendie de juillet 2017 mais nous avons eu la joie de le retrouver, intact en 2019.Photo du 03/10/2019-L'Escalet et les deux caps.

A Suivre

En ce temps de confinement j'espère que vous avez apprécié cette escapade parmi les fleurs de notre belle région. Mais ce n'est pas fini, il y a encore de la réserve. Je vous prépare un n° spécial sur les fleurs de  montagne, vous allez vous régaler.

Merci à tous les photographes qui ont participé à cet herbier. Et merci aussi à nos "experts" qui, avant l'arrivée de Plant'net sur nos mobiles ont permis l'identification : Annette et Guy, Annie F, Monique L, Maryse, Jean-louis, Jean-Marie, et d'autres que j'ai peut-être oubliés, pardon.

La semaine prochaine G1 et G2 : rando confinée

 

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 08:07
TUFS ET TRAVERTINS  DE PROVENCE

 

Les tufs et travertins constituent un véritable patrimoine provençal. Nous avons pu les contempler lors de nos randonnées à Villecroze, Cotignac, Barjols, la Motte, Vidauban, Carcès ou encore Saint-Zacharie.

Précisons que nous ne parlons ici que de « tuf calcaire ». En effet, le nom tuf s’applique aussi à d’autres roches sédimentaires, également poreuses et légères, mais résultant de la consolidation de débris volcaniques, de cendres. Ce sont alors des « tufs volcaniques », dont un bel exemple est le paysage turc de la Cappadoce.

Tufs volcaniques érodés

 

Il n’y a pas de définition précise et rigoureuse permettant de différentier les deux termes tuf et travertin ; mais généralement on entend par tuf, une formation jeune, de type tendre et poreux, en opposition aux travertins, roches plus anciennes qui présentent des faciès plus cohérents et indurés, car ayant été transformés par sédimentation et diagénèse.

Falaise de travertin

Les travertins anciens, se sont formés à l’Holocène (période la plus récente de l’ère Quaternaire) et ne sont plus au contact des eaux qui leur ont donné naissance. Les tufs et la source d’eau qui permet encore leur formation aujourd'hui peuvent être considérés comme une « relique » d’un phénomène important qui s’est développé il y a environ 8 000 ans et qui a donné naissance à de très grandes accumulations de travertins.

 

Selon P. Blot (https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00950467/document), le véritable initiateur de l'étude des tufs en France est Jean-Etienne Guettard (1754), qui a travaillé sur le site de Crégy, près de Meaux, avant de décrire d'autres formations, comme celles de Villecroze et de Barjols.

 

En 1897, Charles-Philippe-Ernest Munier-Chalmas découvre le pouvoir incrustant des algues. Mais ses travaux sont ignorés et redécouverts par l'Abbé P. Frémy en 1926. Depuis, les études se sont généralisées à des structures qui sont dénommées Stromatolites (ou stromatolithes), roches calcaires en forme de dôme, de chou-fleur ou de récif, qui se forment dans des eaux chaudes et peu profondes (ex en Australie) et dont des formes fossiles, datant de 3,2 milliards d'années, font partie des toutes premières formes de vies connues sur Terre.

 

Les tufs et travertins sont des roches calcaires biogéniques, c'est à dire formées grâce à des organismes vivants. Ils se forment en milieu aquatique sursaturé en « carbonates dissous », dans des sources ou des petites cascades. La présence d'algues, de mousses, de champignons ou de certaines bactéries (Cyanobactéries) fait précipiter le carbonate de calcium, qui se dépose en surface des végétaux. Peu à peu la fine pellicule devient « croute », puis les cellules végétales piégées à l’intérieur se décomposent en laissant un vide et seul le minéral subsiste.

Les encroutements les plus visibles sont cerclés
Les cavités laissées par les végétaux ( photo internet)

Dit plus techniquement,  la formation des tufs et travertins s’explique par la précipitation des carbonates (CaCO3) dans les sources et les eaux de ruissellement chargées d'ions hydrogénocarbonates (HCO3-) et d'ions calcium (Ca2+), suivant l'équation : Ca2+ + 2 HCO3- CaCO3 + H2O + CO2.

Plus le dioxyde de carbone (CO2) est consommé, soit par dégazage vers l'atmosphère (ex à la faveur de l'agitation de l'eau) soit par utilisation lors de la photosynthèse des végétaux et des bactéries, plus il y aura de formation de carbonate de calcium. Au contraire, lors d’un apport de CO2 (ex : respiration nocturne végétale) l’équilibre peur se déplacer vers la re-dissolution des carbonates. Nous sommes en présence d’un équilibre qui, de plus, est influencé par la température et la pression.

 

A Sillans, les eaux de la Bresque, après un parcours tranquille, rencontrent un « bouchon » de travertins anciens et chutent de 42 m. Nous observons ainsi une magnifique cascade avec ses voiles de mousses incrustées.

Détail du tuf en formation

 

Le ruisseau du Fauvery arrive sur les hauteurs de Barjols au niveau d’une falaise de tuf d'environ 10 m de haut. Le dénivelé important entraîne dans le Vallon des Carmes, une suite de cascades et de bassins.

Cascade du Gouffre aux Epines
Cascades des Carmes

La falaise de tuf, creusée de grottes, abrite un important complexe troglodytique de chapelles et de cellules, dernier vestige apparent du couvent des Carmes "déchaux".

 

A Cotignac une falaise de travertin de 80 m de haut et 400 m de long surplombe le village. Diverses grottes naturelles et anciens habitats troglodytiques, aménagés au Moyen-Age, sont présents dans cette roche tendre, aisée à creuser.

Ces dépôts de calcaire sont liés à la Cassole, qui prend naissance sur le flanc Est du Gros Bessillon et qui est une des rivières les plus minéralisées de la région : on peut voir des dépôts de calcite tout au long de son lit. A Cotignac, ses eaux ont incrusté des voiles de tuf sur la falaise jusqu'au début du XVIIIe siècle. Puis  la rivière a été détournée. Elle contourne maintenant le village et c’est dans le Vallon Gai qu’elle forme aujourd'hui une cascade, franchissant en un saut de 10 m le bouchon de travertin encastré dans les dolomies, et déposant de nouveaux tufs.

 

A Villecroze, le village est également dominé par un balcon de travertin, creusé de grottes naturelles, que les moines bénédictins ont utilisées pour se réfugier, lors des invasions du Xe siècle. Les grottes ont été fortifiées, au XVIe siècle, par le seigneur local. Les maçonnerie et fenêtres à meneaux sont construites avec le travertin extrait sur place. A gauche persiste une cascade de 35 m de haut, qui dépose, en petites quantités des carbonates sur, principalement, des mousses.

A l’intérieur du château-grotte sont visibles non seulement le travertin de la falaise, avec des encroutements de mousses et végétaux mais aussi de beaux exemples de concrétions calcaires, de formation purement chimique et caractéristiques de l’intérieur des grottes, avec des colonnes, draperies et stalagmites.

 

 

Près de sa source, la Nartuby traverse non seulement des calcaires mais aussi des gypses. Les eaux vont dissoudre en plus des carbonates des sulfates issus du gypse. Ce mélange entraine une diminution de la solubilité de la calcite et donc une augmentation de la formation des concrétions calcaires. Sur la commune de la Motte en Provence « Le Saut du Capelan» est la plus spectaculaire des cascades du cours de la Nartuby, qui entaille aussi ici une falaise de travertin et chute d’une trentaine de mètres dans une vasque profonde.

 

D'autres  morphologies spectaculaires ont été observées dans des cours d’eau contenant  des quantités notables de « carbonates dissous » qui vont  se déposer, en construisant des barrages ou des murs limitant des vasques appelées "gours". Quant un obstacle rend le lit du ruisseau un peu moins profond qu'ailleurs, l'eau coule plus vite et y est plus agitée, favorisant le dégazage du CO2 et donc la précipitation préférentielle du carbonate de calcium, ce qui surélève l'obstacle et amplifie le phénomène. De plus, la faible profondeur d'eau favorise la pénétration de la lumière et le développement des micro-algues et des bactéries photosynthétiques qui accélère le phénomène. A terme, ce mur peut barrer complètement le ruisseau.

L'Huveaune prend sa source à la Grotte Castelette, dans le massif de la Sainte Baume, puis court en sous-bois épais en formant des "escaliers" plus ou moins importants. Sur les bordures des vasques, l'eau s'écoule plus rapidement et cause ainsi la formation de “drapés” calcaires, typiques des "gours".

Zoom sur le drapé du bord du "gour"

 

La Bresque, en  aval de la Grande cascade de Sillans, poursuit son cours dans une forêt dense, de vasque en vasque, sautant en petites cascades les murs de travertin.

 

Vasque d'eau turquoise

Dans certaines conditions, les particules du micro-précipité de carbonate de calcium en suspension dans les eaux ont la bonne dimension et la bonne concentration pour entraîner la diffusion de la lumière et donner d'exceptionnelles couleurs bleues.

 

Pour terminer, notons que des dépôts de travertin peuvent également se développer dans les eaux captées : c'est  le phénomène des "Fontaines Moussues". Ainsi, à Barjols la fontaine Raynouard, du nom de son donateur, cache sous son aspect actuel une sculpture représentant un faune se prélassant dans une conque. Mais le calcaire accumulé au fil du temps enveloppe le tout sous une épaisse coque de tuf et de mousse. Cette enveloppe naturelle est très régulièrement taillée, afin de préserver l'équilibre du monument.

 

Merci aux animateurs qui nous ont fait découvrir ces beaux sites et aux blogueurs qui ont pris toutes ces photos.

Mais je ne remercie pas ce virus qui nous confine et sans qui ce blog n'aurait pas été écrit.

 

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 06:43

Confinement 3ème semaine : La Vallée de la Clarée dans le Briançonnais été/hiver

 

Remontons un peu dans le temps : Fin Juin 2018, nous étions un grand nombre de randonneurs du Cercle de Boulouris à nous retrouver, pour une semaine de découverte du Briançonnais

Aujourd'hui, parmi ces découvertes, j'ai choisi : la merveilleuse Vallée de la Clarée

 

Passons aux souvenirs :

 

Le Mardi 26.06.2018

Jean Ma a mené une rando G2 en conduisant les randonneurs au Lac Rond et Lac Long dans cette vallée.

Rassurons nos lecteurs, Jean se désaltère avec de l'eau...

Quelle belle photo avec ce décor magnifique en arrière plan… mais à qui appartient cette casquette que nous apercevons?

Paysages superbes tout le long de cette randonnée

 

 

 

 

 

 

 

 

Le  Mercredi 27.06.2018

C'est au tour d'Alain de mener une rando G1 en direction de l'Aiguille Rouge, également dans cette vallée

C'était, certes une randonnée très sportive mais quelle satisfaction de l'avoir faite...

Paysages différents, plutôt arides mais quel émerveillement!

 

 

 

 

 

 

Maintenant et avant le confinement : découvrons la vallée de la Clarée sous la neige

Le 11.03.2020 : quatre randonneurs composés d'un animateur, un serre file, une randonneuse et une blogueuse ont prévu une rando raquettes pour découvrir la vallée de la Clarée sous la neige au départ de Névache.

Joël, notre animateur, nous conduira pour un circuit de 7,2 kms et une DH de 442m

Après avoir chaussé nos raquettes, nous démarrons notre rando tranquillement pour nous familiariser avec "nos engins" aux pieds.

Nous quittons rapidement la D301T enneigée, interdit à la circulation en voiture, pour prendre un chemin en direction du Ruisseau de Buffère.

Après avoir franchi un pont étroit et impressionnant sur le ruisseau, nous commençons une montée un peu raide en direction de la cascade de Débaret.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le pont de Rately à 1744m, nous attaquons une montée très raide vers le refuge de la Buffère.

Il est environ 12h et compte tenu des marcheurs qui montent vers le refuge, nous avons préféré mangé en pleine nature près de ce merveilleux chalet enfoui sous la neige.

Après le repas, nous amorçons la descente avec de magnifiques vues sur la vallée, puis nous franchissons le pont de Rately.

Nous traversons un tapis de neige encadré de ciel bleu et rejoignons la route fermée à la circulation, qui nous ramènera avec quelques raccourcis vers le village de Névache.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous admirons sur notre chemin les chapelles Ste Barbe et Notre Dame de Bon Secours, et faisons notre traditionnelle photo de groupe.

Conclusion : Que ce soit en été ou en hiver, la Vallée de la Clarée garde toujours le même charme

 

C'est bientôt la fin de la 3ème semaine de confinement, nous allons bientôt nous retrouver, en attendant : Prenez soin de vous et de vos proches.

 

 

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